Koekelberg

  • Histoires de Koekelberg

                                  HISTOIRES ET ANECDOTES DE KOEKELBERG

     

    1. La Montagne de Couques.

     

    Avec 1,17 km², Koekelberg apparaît, après Saint-Josse (1,14 km²), comme la seconde des plus petites communes de Bruxelles. Limitrophe de Jette, de Ganshoren et de Berchem-Sainte-Agathe, elle est aussi partiellement enclavée dans le territoire de la commune de Molenbeek Saint-Jean  Mais d’où vient ce nom de Koekelberg qui sonne si étrangement aux oreilles francophones ? Voici deux tentatives d’explication. Un jour, un habitant de Roubaix, originaire de Koekelberg, demanda un extrait d’acte de naissance pour rejoindre la Légion étrangère, mais il expédia sa demande, non au bourgmestre de Koekelberg, comme on aurait pu s’y attendre ; mais à « Monsieur le Maire de la Montagne du Couques » ! Aussi inattendu que cela puisse paraître, la lettre du futur légionnaire arriva à destination, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer au lecteur une explication du nom de Koekelberg. Koekel viendrait ainsi du verbe thiois « koekeloeren » (contempler) ou de « kijken » (regarder), quant au mot « berg », il se traduit généralement par « montagne », donc, littéralement, « Montagne d’où l’on regarde » (nous précisons l’origine de ce terme au point suivant). Ce nom, dit-on, de même que celui de la rue Montagne-aux-Anges, feraient référence au relief primitif du sol de la vallée de la Senne et au souvenir d’un temps lointain où il existait des montagnes à Koekelberg (De Mul). Soit. Mais cette explication ne fait guère l’unanimité. Ainsi pense-t-on que le nom de Koekelberg pourrait aussi bien provenir de la juxtaposition des éléments « koek » (tourteau ; en bruxellois, le terme féminin « koek », francisé en « couque », peut désigner diverses sortes de biscuits ou de viennoiseries, ex. : une couque au beurre, une couque de Dinant) suivi de « berg » (colline) pour désigner une colline en forme de tourteau ou de mamelon (de nos jours, le point le plus haut de la commune de Koekelberg culmine à 60 m, et se situe à proximité de la Basilique), mais cela n’est également qu’une hypothèse. Il semble, en définitive, que ce soit la famille des Coekelberg, peut-être attestée depuis 1144 (mais un doute subsiste), attestée avec certitude depuis 1255 (année où un certain Gauthier de Coekelberg est cité dans un acte pour l’abbaye de la Cambre), qui a donné son nom à la commune (Guide Koekelberg, CFC, p. 3). 

     

    2. La Guerre des Marolles.

     

    « Bandes urbaines ». Ces termes nous renvoient instantanément à l’actualité de notre début de 21ème siècle, à tel point que nous en sommes venus à penser que ce phénomène relève de la nouveauté. Il n’en n’est rien, même si, reconnaissons-le, le trafic de stupéfiants, les immenses sommes d’argent qu’il génère et le trafic d’armes qu’il finance, ont profondément bouleversé la nature de ces bandes, particulièrement depuis le début des années 1970, sans même parler des changements démographiques liés à une certaine réalité migratoire. Rappelons toutefois que les « quartiers difficiles », où la police hésitait à s’aventurer, de même que les bandes et leurs batailles rangées (mais, certes, pas à l’arme automatique, comme on l’entend trop souvent de nos jours !) ont existé de tous temps. Notre-Dame-aux-Neiges, les Marolles ou le quartier du Canal n’apparaissent pas dans l’histoire de Bruxelles comme des havres d’ordre et de tranquillité, mais comme des quartiers passablement rebelles à l’ordre établi et surtout frappés par une paupérisation, par une misère qui, tout naturellement, soudent leurs habitants face à l’adversité et expliquent aisément leur propension à la révolte. Ainsi n’était-il pas rare de voir, le dimanche matin, les « mauvais garçons » de la rue Saint-Martin, à Molenbeek, partir en guerre contre ceux des Marolles. Ces fils de « Meulebeek » (Molenbeek en patois) faisaient alors leur jonction avec les troupes du « Duivelshoek » (le Coin du Diable) et partaient sus à l’ennemi marollien qui n’était d’ailleurs pas en reste. Croyez-vous que les gens paisibles de Koekelberg n’avaient dès lors plus d’autre choix que de se calfeutrer chez eux ? Il ne pouvait en être question : la population se rassemblait sur la « Montagne de Koek », pour observer et suivre de loin l’évolution des rixes et des affrontements dans le quartier de la rue Haute, chère aux Marolliens, et à Obbrussel (les hauteurs du village de Saint-Gilles). Ainsi, selon Joseph De Mul, pourrait ainsi être expliquée l’étymologie du nom de Koekelberg en tant que « Montagne d’où l’on regarde ». Une explication, comme nous l’avons dit, qui en vaut une autre.   

     

    3. Un mot sur la basilique.

     

    A l’origine, c’est un Panthéon, digne de celui de Paris, que le roi Léopold II (1880) voulait édifier en lieu et place de cette étrange pâtisserie aux allures indigestes que constitue ce que l’on nomme aujourd’hui, la « Basilique de Koekelberg » (ou « Basilique du Sacré-Cœur »). Il n’est pas possible, hélas, d’évoquer cette commune sans en évoquer également sa basilique, aussi désastreuse fut-elle d’un point de vue architectural. Nous eûmes, certes, put limiter les dégâts susmentionnés si l’on avait choisi le projet de basilique néo-gothique conçu, vers 1905, par l’architecte P. Langerock. Las, au lendemain de la première guerre mondiale, on adopta de préférence le projet de l’architecte Van Huffel, et Bruxelles se vit dès lors affligé de ce lourd édifice à coupole et à minarets, visible de toutes les hauteurs de la ville. Ainsi, le cardinal Mercier, qui entre 1914 et 1918 avait soutenu ce projet de basilique, vint le 19 juin 1919, sur le plateau de Koekelberg, devant un rassemblement d’environ 100.000 personnes, renouveler le vœu d’ériger une basilique qui commémorerait la victoire de 1918. Après la mort du cardinal Mercier, c’est le cardinal Van Roey qui poursuivit l’action favorable à l’érection de la basilique. En définitive, si le roi Léopold II en posa la première pierre en 1905, ladite basilique ne fut consacrée qu’en 1951 et ne fut réellement achevée qu’en 1971. En outre, l’éléphantesque édifice moderne, qui écrase aujourd’hui de sa masse la commune de Koekelberg, ne correspond en rien, comme nous l’avons dit, au projet d’origine, puisque c’est une basilique de style néo-gothique qui aurait dû être édifiée, suivant les plans de la cathédrale gothique idéale, mis au point par Viollet-le-Duc. Mais pour des raisons budgétaires ce projet ne put être réalisé et voilà pourquoi nous héritâmes du gros gâteau architectural que nous connaissons. Pour comble de tout, la basilique dite de Koekelberg se dresse, pour l’essentiel, sur le territoire de la commune limitrophe de Ganshoren : « le Plateau de Koekelberg englobe trois communes et, à part son entrée principale, la Basilique de Koekelberg est érigée sur le territoire de Ganshoren en grande partie. » (Folklore brabançon n°151, p. 357).

     

    4. Un descendant des Stuart ?

     

    4.1. Un mot sur les Stuart.

     

    La Maison des Stuart fut fondée au 12e siècle par un certain Walter Fitzalan. Le premier de ses membres à monter sur le trône d’Ecosse, en 1371, fut Robert II Stuart qui fonda ainsi la dynastie des Stuart. Mais c’est évidemment Marie Stuart, que la reine d’Angleterre Elisabeth Ière fit décapiter le 24 juillet 1567, qui apparaît comme le membre le plus célèbre de cette famille. Sa mort n’entraîna toutefois pas la fin de la dynastie, que du contraire, puisque le fils de Marie, Jacques, monta sur le trône d’Ecosse avec l’assentiment de la couronne d’Angleterre dont il devait lui-même hériter. Anne de Grande-Bretagne (1655-1714) fut le dernier monarque de Grande-Bretagne issu de la famille des Stuart. Citons toutefois trois prétendants malheureux au trône : Jacques François Stuart (1688-1766), Charles Edouard Stuart (1720-1788) et Henri Benoît Stuart (1725-1807).

     

    4.2. Le comte de Kregersman : le dernier prétendant des Stuart ?

     

    Mais l’histoire des Stuart ne s’arrête pas là et se poursuit peut-être à Koekelberg… Dans la première moitié du 20ème siècle vivait à Koekelberg un noble vieillard de belle prestance qui se prétendait seul descendant de l’illustre lignée des Stuart et, de ce fait, légitime héritier de la triple couronne royale de France, d’Angleterre et d’Ecosse. Il s’agissait du comte de Kregersman, né Gantois et possesseur de ce qu’il disait être un souvenir de famille vraiment unique, à savoir une bague portant en son chaton le sceau de Jacques II, roi d’Angleterre. Or, il se trouve que Jacques II, déposé lors de la Glorieuse Révolution (1688-1689), trouva refuge auprès de son cousin Louis XIV. Il fut définitivement défait par le protestant Guillaume III d’Orange, en 1690, lors de la bataille de la Boyne. Jacques II serait également passé par les Pays-Bas méridionaux et notamment par Bruges, d’où il tenta de rallier ses partisans via Calais. Et c’est à Bruges que Jacques II aurait aimé l’aïeule de Kregersman, à qui il finit par faire don de la bague susmentionnée afin de permettre une reconnaissance ultérieure de sa descendance. Cette histoire est-elle véridique ? Qui sait ? Le pauvre comte de Kregersman, malgré ses demandes répétées, ne reçut cependant jamais le moindre subside du gouvernement britannique. Il finit par s’éteindre dans la misère et emporta dans la tombe, à sa demande expresse, le précieux anneau royal.

     

    5. Le roi des voleurs.

     

    A Koekelberg sévit jadis un certain Vandesande que l’on surnomma le « roi des voleurs », tant il mit d’habileté à échapper à la Justice. En outre, il était parvenu à flatter et à corrompre les petites gens en leur réservant une part de ses prises. Il se donnait ainsi des airs de « Robin des Bois » qui lui assuraient la sympathie et la protection des gens de son quartier, celui de la Cité Dedoncker, à Koekelberg, qui constituait le quartier général où il conservait son trésor, fruit des rapines réalisées dans la partie riche du haut de la ville. La Cité Dedoncker avait dès lors pris l’allure d’une véritable caverne d’Ali Baba et de repaire de hors la loi, alors qu’elle était, à l’origine, une simple maison de campagne. Quant à la police, dotée de faibles effectifs, elle n’osait guère s’aventurer dans un pareil coupe-gorge ! Mais tout à une fin et, par la suite, le « roi des voleurs » ayant disparu et ses troupes s’étant, on ne sait comment, dispersées, la Cité Dedoncker fut ravalée au rang de cloaque parsemé d’habitations miséreuses.

    Eric TIMMERMANS.

      

    Sources : Koekelberg – Guide des communes de la Région Bruxelloise, Guides CFC-Editions, 2000, p. 3, 45-48 / Le Vieux Koekelberg, Joseph De Mul, Folklore brabançon n°151, 1961, p. 356, 357, 364-366, 368, 377-378, 381-382.

  • Koekelberg

     

     

    C’est une loi du 5 avril 1841 qui donne le jour à la commune de Koekelberg. Jusqu’à cette  date, le hameau de Koekelberg était uni à celui de Berchem-Sainte-Agathe  pour former une seule entité communale.

    Bien des causes avaient poussé à cette séparation. Depuis plusieurs années déjà, le canal de Charleroi avait provoqué l’apparition d’une  zone industrielle qui s’étendait sur Molenbeek et sur la partie basse de Koekelberg.

    Berchem était resté par contre un hameau agricole, peuplé de quelques familles  paysannes nettement plus aisées que leurs voisines.

    Il est vraisemblable que la construction de la nouvelle église Sainte-Anne à Koekelberg a provoqué l’hostilité déclarée des habitants de Berchem, déjà conscients de subvenir très largement aux frais occasionnés par la mendicité et le paupérisme de leurs concitoyens Koekelbergeois.

     

    3.jpg
    Extrait du plan de Bruxelles et faubourgs en 1842, par Persenaire. (A.V.B.)

     

    vue générale.jpg
    Vue aérienne de la maison communale

     

    2.jpg
    Carte n° 1

    Première Église Sainte-Anne

    Charles Duyver.jpg
    Autre vue de l'église et à droite une publicité pour la maison Charles Duyver,  rue Van Artevelde

     

    4.jpg
    Carte n° 2

     

    D'abord prairies wallonnées, séparées de la ville par la tranchée creusée pour le chemin de fer, il accueillait les troupeaux de vaches et moutons des agriculteurs du cru.

    En 1868, les conseils communaux de Koekelberg, Ganshoren et Jette décident de la création d'un parc, successivement appelé "plateau", "Parc de Koekelberg" et enfin "Parc Elisabeth", en souvenir selon certain de notre Reine qui en compagnie du Roi Albert, aimait s'y promener.

    C'est en 1904 que la construction d'une Basilique nationale est décidée. Dès 1905, Léopold II pose la première pierre. Les tas de sable accumulés à cause des fondations et des déblais sont tels que pendant longtemps les gosses des quartiers viendront y passer des journées entières.

    Seuls les moutons de la rue Herkoliers sont absents et on n'y chasse plus les papillons ni les "prinkères".Mais le kiosque est toujours là et le plateau reste le lieu de promenade privilégié des sportifs et des badauds.

     

     

    5.jpg
    Carte n° 3

     

    6.jpg
    Carte n° 4

    7.jpg
    Carte n° 5

     

     

    8.jpg
    Carte n° 6

     

    La décision prise par les conseils communaux de Ganshoren, Jette et Koekelberg de créer un grand parc sur le plateau, en 1868, posait un problème d'urbanisation. Comment relier le parc à la ville, c'est à dire à la place Sainteclette ou porte du Rivage ?

    Il fallut 12 ans pour réaliser l'assiette de la chaussée, en 1880. Mais quel boulevard ! De loin le plus long et sans doute le plus large de la capitale. Le tout en ligne droite. Il comprenait deux chaussées séparées par une double rangée de marronniers.

    Au n° 250 se trouve la Maison Stepman. C'est là que Charles Stepman, sculpteur de renom passa sa vie. Il y constitua un véritable musée, où se réunissait aussi le cercle d'art Eugène Simonis qu'il avait fondé. A sa mort, en 1964, la maison fut reprise par la commune qui en fit sa maison de culture. Chaque année, des expositions de peintures ou d'oeuvres d'art y sont organisées.

    1.jpg
    Carte n° 7

    La place Simonis - la gare

    Aucun Koekelbergeois n'ignore  que Simonis a été un sculpteur remarquable !
    Et que les statues de Godefroid de Bouillon et des deux lions qui ornent les escaliers de la bourse c'est son oeuvre.

    Vers 1909, un bioscope fut exploité au n° 18, dans la salle de ce qui était encore il y a peu "le Mayeur". Cette actraction constituait une nouveauté et annonçait les salles obscures des années 1960.

    Au début du siècle, on avait bâti une gare qui surmontait le pont de franchissement du Boulevard Léopold II. Cette construction était complétée par deux bâtiments, de part et d'autre de la ligne de chemin de fer, soit en contre-bas de la voirie. Ceux-ci servirent de hangards aux jardiniers locaux jusqu'en 1945. 

    9.jpg
    Carte n° 8

     

    lomme.png
    Carte n° 9
     Merci à Guillaume Kekenbosch pour la belle carte.
    Tu es sur la photo Guillaume ?

     

    11.jpg
    Carte n° 10

    Rue Van Bergen

     

    sans-titre.png
    Carte n° 11

    Le patron son épouse et un groupe de tireurs à l'arc
    Merci à Guillaume Kekenbosch pour la photo

     

    12.jpg
    Carte n° 12

    Ancienne Maison communale.


    La rue Sainte Anne nous conduit à la place Vanhuffel.

    Le quartier de l'église Saint Anne, riche en commerces multiples, est l'un des plus anciens de la commune. En 1839, la chapelle établie près du "grand étang" dit de Schmitz est désaffectée. Elle est remplacée par une nouvelle église paroissiale construite sur la place communale. Cette église était bâtie en recul de 15 m, sur la voirie. Ses côtés comme son arrière servaient de cimetière. C'est là que reposaient Eugène Simonis et l'écrivain flamand Félix Vande Sande. En 1916, le cimetière est désaffecté à son tour.

    13.jpg
    Carte n° 13

     

    14.jpg
    Carte n° 14

     

    15.jpg
    Carte n° 15

     

    sans-titre.png
    Carte  n° 16

     

     

    rue de l'église.png
    Carte n° 17 - merci à Guillaume Kekenbosch pour les cartes 16 et 17

    A droite les deux vitrines de la PAPETERIE MODERNE.

     

     

    papeterie moderne.jpg
    Carte n° 18

     

    chez Netje.jpg
    Carte n° 19

     

    De Wageneer.jpg
    Carte n° 20

     

    maestro126.jpg
    Carte n° 21.

     

    sans-titre.png
    Carte n° 22