Bruxelles vu par les bruxellois. - Page 3

  • LA MEMOIRE JUIVE DE L'ESPACE MAROLLES-MIDI

     

    LA MEMOIRE JUIVE DE L'ESPACE MAROLLES-MIDI

     
     

    L'ancien quartier juif des Marolles.

     
     
    Juifs de Belgique, de Bruxelles et des Marolles.
     
    Au début du 20e siècle (1905), nombre de Juifs durent fuir la Russie (qui incluait alors, notamment, une partie de la Pologne) et les pogroms organisés contre eux. Un certain nombre d'entre eux trouva refuge dans les Marolles.
     
    Lorsqu'Adolf Hitler arriva au pouvoir en Allemagne, en 1933, les Juifs d'Allemagne connurent, comme on le sait, des persécutions qui aboutirent, en définitive, à leur déportation, leur enfermement concentrationnaire et leur extermination systématique par le régime nazi.
     
     
    Au moins six millions de Juifs périrent du fait de l'Holocauste commis par le régime concentrationnaire hitlérien et ses collaborateurs. Entre 1933 et 1938, nombre de Juifs fuyant le régime nazi trouvèrent refuge dans les Marolles. On estime à 3.000 le nombre de Juifs qui habitaient les Marolles lors de l'invasion de la Belgique par les troupes nazies en 1940.
     
    Une première synagogue avait même été édifiée rue de Lenglentier. Une plaque commémorative rappelle encore aujourd'hui les déportations nazies. Nous y reviendrons.
    L'historien José Gotovitch, lui-même rescapé de la rafle des Marolles de 1942, rappelle que dans la soirée du 3 septembre 1942, les nazis débarquèrent dans les Marolles et bouclèrent totalement le quartier.
     
    La rafle pouvait commencer. Elle devait se poursuivre durant une bonne partie de la nuit. Chaque maison fut visitée. On en extirpa les Juifs présents et on les fit descendre de force dans la rue. Enfants ou adultes, tous furent embarqués dans des camions et emmenés dans la caserne "Général Dossin" à Mechelen (Malines).
     
    Pourquoi ? Parce que cette caserne était la dernière étape avant la déportation vers le sinistrement célèbre camp d'extermination d'Auschwitz. Contrairement à la police d'Antwerpen (Anvers) ou à la police vichyste, en France, lors de la rafle du Vel d'Hiv (juillet 1942), la police bruxelloise ne participa pas à cette ignominie, alors que Bruxelles subissait pourtant aussi le régime d'occupation.
    Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1942, 718 Juifs non-belges furent arrêtés dans les Marolles par l'occupant allemand. Une seconde rafle visant cette fois les Juifs belges, devait être organisée un an plus tard. Avant l'invasion allemande de 1940, la communauté juive de Belgique s'élevait à 100.000 personnes, dont 20.000 étaient des réfugiés juifs allemands.
     
    Comme de nos jours, les principales communautés juives de Belgique  se concentraient alors à Anvers (55.000) et à Bruxelles (35.000). Pas moins de 25.000 Juifs de Belgique périrent, victimes de la politique concentrationnaire nazie, entre août 1942 et juillet 1944. Aujourd'hui, la communauté juive de Belgique s'élèverait à 30.000 personnes, dont 15.000 à Antwerpen (Anvers). De nos jours, 95 % de la communauté juive de Belgique se concentrent entre Anvers et Bruxelles. Elle a toutefois perdu 70 % de ses effectifs par rapport à 1940.
     
    Les Juifs sont implantés dans nos régions depuis des siècles. Les premiers d'entre eux sont arrivés dans les années 50 et 60 de l'ère chrétienne, soit à l'époque romaine. Ils feront toutefois l'objet de persécutions durant des siècles, notamment dans notre province de Brabant. La communauté juive fut ainsi victime des Croisades : de nombreux Juifs refusant de se convertir au christianisme furent mis à mort.

    En 1261, le duc de Brabant Henri III ordonna l'expulsion des Juifs et des usuriers présents dans cette province. Au 14e siècle, les Juifs qui y habitaient encore furent à nouveau persécutés et chassés du Brabant, suite à la sordide histoire -montée de toutes pièces !- des "hosties poignardées" que nous évoquons dans l'article suivant :
     
    http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2015/08/12/du-saint-sacrement-du-miracle-a-la-foire-du-midi.html
     
    Au 15e siècle, des crypto-juifs (Juifs en apparence convertis au catholicisme mais continuant à pratiquer le judaïsme en secret et nommés marannes en péninsule ibérique) s'installèrent à Anvers. Au 16e siècle, nombre de Juifs sépharades, expulsés d'Espagne (après que la Reconquista fut menée à bien contre les Arabes musulmans en 1492), s'installèrent à Bruxelles et dans les Pays-Bas. Il faudra attendre 1713 pour voir le sort des Juifs s'améliorer sous l'influence autrichienne, puis sous les régimes français et hollandais. Des Juifs ashkénazes se joignirent ensuite aux communautés sépharades déjà présentes dans nos régions.
     
    Parmi les quartiers juifs que l'on compte à Bruxelles au fil des ans et des siècles, on peut citer, outre les Marolles, le quartier du Mont des Arts et du Cantersteen, de même que la commune bruxelloise de Saint-Gilles (Obbrussel). On peut constater une cohérence et une continuité géographiques certaines de la présence juive au coeur de la ville. A noter qu'à l'origine, les populations juives s'installaient souvent à proximité des lieux de pouvoir politique. Ce fut le cas des Juifs du Mont des Arts qui se crurent un temps à l'abri des murs de feu l'imposant palais ducal du Coudenberg, situé, environ, à l'emplacement de l'actuelle place Royale.
     
    Cette situation pouvait, à la rigueur, les protéger des accès de violence de la populace chrétienne, toujours prompte, dans les moments difficiles, à trouver un simpliste mais confortable bouc émissaire dans la population juive. Mais lorsque le pouvoir endetté se tournait à son tour contre les Juifs, accusés de tous les maux financiers -alors que c'est le pouvoir lui-même qui leur imposait de ne pouvoir pratiquer que certains métiers, notamment financiers !-, plus rien ne pouvait les protéger d'une noblesse qui voyait dans la confiscation des biens juifs, une manière aisée de renflouer ses caisses...
     
    Herschel Grynszpan et la commémoration de la rafle nazie des 3-4 septembre 1942.
    Le dimanche 3 septembre 2017, à l'initiative de l'Association pour la Mémoire de la Shoah (AMS), Bruxelles a célébré, dans les Marolles, le 75e anniversaire des rafles nazies opérées contre la population juive bruxelloise, dans la nuit du 3 au 4 septembre 1942.
    Dans la foulée, un certain nombre d'initiatives furent prises pour entretenir la Mémoire de la Shoah et du fait juif à Bruxelles :
     
    - Inauguration du square Herschel Grynszpan (coin des rues Brigittines/Miroir/Tanneurs) :
    Herschel Feidel Grynszpan est né le 28 mars 1921, à Hanovre, en Allemagne, de parents juifs polonais, originaires de Radomsko, en Pologne (territoire russe jusqu'au rétablissement d'un territoire polonais, en 1919, par le traîté de Versailles). Les époux Grynszpan quittent la Pologne russe, en 1911, et vont s'établir à Hanovre. De leur union naîtra, le 28 mars 1921, Herschel Grynszpan. La famille vit pauvrement.
     
    En 1933, Adolf Hitler accède au pouvoir et, en 1935, Herschel envisage de partir pour la Terre d'Israël, qui est alors la "Palestine mandataire britannique". Il compte se rendre chez une tante qui vit à Bruxelles et y attendre son visa pour la "Palestine mandataire". Il quitte donc Hanovre en juillet 1936 et arrive à Bruxelles à la fin du mois. Il est accueilli par des parents de la famille Grynszpan, au n°37 de la rue des Tanneurs. Mais sa situation n'évolue pas et il décide, finalement, de franchir la frontière française clandestinement, le 15 septembre 1936.
     
    Il subsiste un temps à Paris grâce à son oncle Abraham. D'octobre 1936 à août 1938, il tente d'obtenir des papiers en règle : en vain. Il se retrouve bientôt interdit de séjour dans quatre pays : France, Belgique, Allemagne et Pologne. Qui plus est, le 3 novembre 1938, il apprend l'expulsion de ses parents vers le camp polonais de Zbaszynek.
     
    Exaspéré par le manque de réaction de ses proches envers la tragédie que vivent les Juifs d'Allemagne, il rompt avec son oncle trois jours plus tard et s'installe à l'Hôtel de Suez, rue de Strasbourg, 17. Le lendemain, lundi 7 novembre 1938, au petit matin, il écrit une lettre d'adieu à ses parents, au dos d'une photo de lui. Il écrit : "Mes chers parents, je ne pouvais agir autrement. Que D.ieu me pardonne. Mon cœur saigne lorsque j'entends parler de la tragédie des 12.000 Juifs. Je dois protester pour que le monde entier entende mon cri et cela, je suis contraint de le faire. Pardonnez-moi. Herschel." Puis, il se procure une arme, un 6,35 mm, dans une armurerie du Faubourg Saint-Martin (n°61), "La Fine Lame".
     
    Il rejoint ensuite l'ambassade d'Allemagne, où il prétend remettre un document important. Il est accueilli par le troisième conseiller de l'ambassade, Ernst vom Rath, qui lui demande l'objet de sa visite. Herschel sort son arme, tir à cinq reprises sur Von Rath, avant de se laisser arrêter par la police française. Hitler montera l'affaire en épingle, notamment en élevant vom Rath au rang de Conseiller de 1ère classe afin d'aggraver l'acte de Herschel, et l'utilisera comme prétexte pour multiplier les persécutions contre les Juifs d'Allemagne, notamment durant la sinistrement célèbre Nuit de Cristal. Herschel sera incarcéré dans la prison de Fresnes. Après un parcours judiciaire de deux ans, Herschel est transféré à la prison d'Orléans, lors de l'invasion allemande de juin 1940. Dans la cohue générale, il finit par se retrouver seul et libre à Toulouse. Finalement, le gouvernement Pétain-Laval livrera Herschel Grynszpan aux nazis.
     
    Il sera déporté au camp de concentration de Sachsenhausen (30 km au nord de Berlin) et y décèdera probablement, à une date indéterminée.  
    - Pose de 21 pavés de Mémoire : Il fut aussi décidé d'ajouter 21 nouveaux "pavés de mémoire" dans la rue des Tanneurs. Ceux-ci s'ajoutent aux 201 autres déjà posés en Région bruxelloise. Et ce nombre devrait continuer à augmenter dans les dix années à venir. Un pavé de mémoire est un carré de béton d'environ 10 cm de côté, surmonté d'une plaque de laiton ou de cuivre. Ces pavés sont posés devant ce qui fut le domicile des personnes déportées. On y grave dans la langue du lieu "Ici habitait" suivi du nom, de la date de l'arrestation, du lieu de la déportation, de la date de naissance, de même que de la date et du lieu de décès. Les 29 et 30 octobre 2014, de même que le 15 février 2015, 35 pavés de mémoire avaient été placés dans les rues de Bruxelles, à la demande de la Fondation Auschwitz. L'inventeur de ces pavés de mémoire ou Stolperstein, l'artiste Günther Demnig, les pose depuis 1993, pour toutes les victimes du IIIe Reich.
     
    On compte aujourd'hui au moins 45.000 pavés en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Pologne et en Belgique.
    - La soirée de commémoration du 3 septembre 2017, comprenait aussi un parcours guidé dans l'ancien quartier juif/Marolles, la clôture (20h30) se faisant à l'église Notre-Dame de la Chapelle, sous les auspices du cardinal Josef De Kesel.
     
    C'est en 2011 que l'ASBL Mémoire d'Auschwitz lançait un projet de reconnaissance de la mémoire juive du quartier des Marolles. Pour en savoir plus sur cette action et sur les pavés de mémoire, il est possible de consulter les sites suivants :
     
     
     
    La présence juive et la Shoah à Bruxelles : le circuit "Marolles-Midi".
    Divers lieux, dans les Marolles et, plus généralement, à Bruxelles (circuit "Marolles-Midi"), rappellent le passé juif de la ville, de même que les persécutions et les crimes nazis dont les Juifs de Bruxelles furent les victimes :
     
    - Rue des Tanneurs :
    N°52 : Ancien emplacement des établissements Nova où était établi le photograveur Jacques de Wespin. C'est à cette adresse que la résistance Louise de Landsheere sera arrêtée par la Gestapo. Louise de Landsheere créa une filière d'évasion vers l'Angleterre et publia la Libre Belgique clandestine. Arrêtée et soumise à des interrogatoires cinq mois durant, elle sera finalement condamnée à sept ans de travaux forcés qu'elle effectuera en Allemagne jusqu'à la Libération. Elle revint en Belgique en 1945 et rédigea ses mémoires qu'elle ne publiera qu'en 1989, année de son décès.
     
    N°167-169 : L'Entr'Aide des Travailleuses était établie à cette adresse, dès 1931. Elle fut rebaptisée récemment Entr'Aide des Marolles. Durant la deuxième guerre mondiale, l'Entr'Aide des Travailleuses a joué un rôle majeur dans le sauvetage de nombreux enfants juifs.
     
    La "klinikske", comme on l'appelait dans le quartier, était dirigée par la Baronne Van der Elst, qui, après la rafle du 3 septembre 1942, cacha chez elle les deux filles du Grand rabbin Salomon Ullman. Le mari de la directrice, le Baron Van der Elst, faisait, quant à lui, partie du réseau de résistance "Socrate" qui aidait les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire), question que j'aborderai brièvement dans mon entrée concernant le n°3 de la rue des Bogards.
     
    - Rue Roger Van der Weyden, 25-27 :
     
    En 1933, fut créé le Comité d'Aide et d'Assistance aux Victimes de l'Antisémitisme en Allemagne. Il donna suite, en 1938, , au Comité d'Assistance aux Réfugiés Juifs, situé à l'adresse susmentionnée, dont le but fut d'accueillir les Juifs fuyant l'Allemagne, l'Autriche (annexée) et la Tchécoslovaquie (démembrée). Mais, à l'approche de la guerre, la vague migratoire s'accentua et, sous la pression des problèmes économiques, de la peur des infiltrations ennemies et de la montée de l'antisémitisme, les autorités belges durent fermer les frontières.
     
    Le Comité édicta alors des recommandations appelant les réfugiés à la discrétion; peintes sur le mur de la cour intérieure de l'immeuble, certaines sont encore en partie visibles. Voici quelle en était la teneur (texte en allemand doublé d'une traduction en français) : "Réfugiés ! Méritez l'hospitalité qui vous est accordée en Belgique ! Conduisez-vous toujours de manière exemplaire. Respectez les usages du pays. Ne vous faites pas remarquer. Evitez de parler à haute voix dans les rues et endroits publics. Exercez vous-mêmes la discipline. Il s'agit de votre propre intérêt."
     
    Voilà comment on mettait rudement en garde, à cette époque, la génération des Albert Einstein et des Stefan Zweig, des Juifs d'Europe, des citoyens européens donc, fuyant le régime nazi ! A comparer à certaines attitudes excessivement "compréhensives" dont font preuve aujourd'hui, dans un contexte très différent, quoique d'aucuns tentent de nous faire accroire, certains gouvernements européens en matière de politique d'asile...
     
    - Rue de la Prévoyance, 42 (à gauche de la vitrine, près de la porte du n°40) : Plaque murale commémorative, rédigée en français et en marollien. Placée par Andrée Longcheval, l'épouse du marionnettiste José Géal, alias Toone VII, cette plaque rappelle la liesse teintée d'une tristesse feinte et de pure façade, dans laquelle les Marolliens, pleins d'ironie, célébrèrent les "funérailles" d'Adolf Hitler, le dimanche 10 juin 1945. Le cortège prit son départ à cette adresse.
     
     
    - Rue de Lenglentiers, (1a façade arrière de l'école communale n'06) : Plaque murale apposée le 20 septembre 1987. Ce monument a été élevé à la mémoire des Juifs des Marolles victimes du nazisme et du racisme. Ce dernier mot étant aujourd'hui utilisé dans de nombreux sens et se trouvant, de ce fait, largement galvaudé, complétons en précisant "victimes du nazisme, des théories raciales nazies (racialisme suprématiste) et de la judéophobie". Important à souligner à une époque où, précisément, la haine des Juifs connaît une fort recrudescence. Avant l'invasion allemande, une synagogue se situait dans cette rue (n°18).
     
    - Place du Jeu de Balle : Un abri antiaérien datant de la deuxième guerre mondiale existe sous la place du Jeu de Balle.
     
    - Rue des Minimes, 21 - Le Musée juif : Avant le mois de février 2014, je n'avais jamais visité le Musée juif de Belgique. Le 1er février de cette année-là, j'avais décidé, avec quelques amis, de m'y rendre et de le visiter enfin. Nous fûmes chaleureusement accueilli par un jeune homme, Alexandre Strens, préposé à l'accueil du musée, qui nous proposa un café et qui, à la fin de la visite, nous offrit un certain nombre de catalogues du musée. Il est rare me direz-vous que l'on retienne le nom du préposé à l'accueil d'un musée, ni même qu'on le connaisse. Si je connais et que j'ai retenu le nom d'Alexandre Strens, c'est, non-seulement du fait de la grande amabilité dont il avait fait preuve à notre égard, lors de notre visite, mais aussi  parce qu'il nous a quitté définitivement, brutalement, le 6 juin 2014. Quelques semaines après notre visite, le samedi 24 mai 2014, un individu nommé Mehdi Nemmouche, un Algérien doté de la nationalité française, s'introduisait dans le musée, un fusil d'assaut AKM (parent de l'AK-47 Kalachnikov) à la main.
     
    L'assassin, sympathisant des terroristes de Daesh, tua froidement quatre personnes, un couple de touristes israéliens, Emanuel et Miriam Riva, âgés respectivement de 54 et de 53 ans, Dominique Sabrier, une française de 66 ans travaillant bénévolement au musée et Alexandre Strens, 25 ans, qui devait mourir de ses blessures quelques jours plus tard. Le musée fut ensuite fermé pour transformations et je tentai plusieurs fois, sans succès, d'y retourner. Là, il semble qu'une exposition s'y tiendra du 13 octobre 2017 au 18 mars 2018. Quoiqu'il en soit, je ne manquerai pas d'y retourner prochainement.
     
    - Rue Vanderhaegen n°? : Mme Marie Vermeylen (Keysers, premier mariage et Joly, seconde noce), grand-mère d'un copain du nom de Jean-Pierre Keysers, est née le 3 mai 1899 à Bruxelles. Elle travaillait pour le journal Le Soir, dès avant la deuxième guerre mondiale, comme crieuse de journaux. Pendant l'Occupation, si la Libre Belgique évoluait dans la clandestinité, Le Soir, lui, avait pignon sur rue et fut considéré comme un journal collaborationniste. A la libération, si la direction et les rédacteurs furent inquiétés, il n'en fut pas de même pour les ouvriers et les petits employés, tel mon grand-père, Louis Habay, qui y travaillait alors comme simple correcteur. C'est que ma mère, Bernadette Habay, allait naître le 1er novembre 1943 ! Et ma grand-mère, Elisabeth Nys, devait supporter au mieux cette grossesse, dans les conditions que l'on devine. Mon grand-père et Mme Vermeylen ont donc, plus que probablement, dû se croiser durant la guerre. Mais du fait de son emploi, Mme Vermeylen a également participé à la distribution du "faux Soir", un pastiche du journal réalisé par la Résistance et dont nous évoquons brièvement l'histoire ci-après, dans l'entrée consacrée à la rue de Ruysbroeck. Mais Mme Vermeylen fit bien mieux, en cachant dans une cheminée de son domicile de la rue Vanderhaegen (quartier de la Querelle), un couple de Juifs. On peut voir Mme Vermeylen sur la photo ci-jointe, accompagnée d'une très jeune fille, qui n'est autre que la tante et la marraine de JP Keysers. Cette personne, hélas, est décédée récemment, et ni Jean-Pierre, ni moi, ne pouvons vous en dire plus. Au moins aura-t-on pu rappeler les actes résistants de Mme Vermeylen.
     
    - Rue des Bogards, 3 : C'est à cette adresse qu'avait pris ses quartiers l'Ober-Feldkommandantur et son "office d'embauche", termes qui désignaient, en fait, le Service du Travail Obligatoire (STO) dont la mission était de réquisitionner et d'expédier des citoyens des pays conquis pour travailler en Allemagne, afin d'y remplacer dans le secteur économique, les hommes partis pour le front. Nombreux furent ceux qui tentèrent, avec plus ou moins de succès, de s'y soustraire. on les nommait les réfractaires. Mon grand-oncle, Corneille De Mesmaeker, fut de ceux-là. En 1942, il fut donc convoqué par l'Ober-Feldkommandantur...où il ne se rendit jamais. Il resta caché jusqu'à la Libération. Mon grand-oncle et ma grand-tante, Maria Vercaeren, vivait, à cette époque, au 31, rue de l'Abattoir, à Anderlecht. Les autorités d'occupation vinrent évidemment inspecter les lieux, pour tenter d'y débusquer mon grand-oncle. Ma grand-tante aimait à nous raconter qu'un tisonnier tenu discrètement à la main, elle vit l'inspectrice -si je me souviens bien- s'approcher à quelques pas de mon grand-oncle, caché dans un recoin. Elle nous disait toujours que si l'inspectrice avait trouvé mon grand-oncle, elle l'aurait frappé avec le tisonnier, à quoi mon père, Georges Timmermans, ajoutait : "Et je sais qu'elle l'aurait fait !".
     
    - Rue du Poinçon, 18 : En 1926, s'établit à cette adresse, le Syndicat des Tramwaymen. Diverses associations d'extrême-gauche s'y installèrent également. L'établissement était doté d'une imposante salle de réunion et d'un café où se retrouvaient nombre de réfugiés, notamment des Juifs, ayant fui le nazisme dans les années 1930.
     
    - Rue Philippe de Champagne, 52 : En 1939, Belhicem, le siège belge de l'organisation internationale de coordination de réfugiés Hicem, était établi à cette adresse. Il réunissait plusieurs associations caritatives juives dont le but était d'améliorer le quotidien des exilés fuyant le nazisme. Mais en 1940, l'immeuble, dont le propriéraire était juif, est réquistionné par l'occupant. En 1941, Kurt Asche, le chargé d'affaire juive de la Gestapo invite le collaborateur flamand Pierre Beeckmans à installer au n°52 de la rue Philippe de Champagne, la "Centrale antijuive pour la Flandre et la Wallonie" (Landelijke Anti-Joodse Centrale voor Vlaanderen en Wallonië) qu'il vient de créer. Dès 1937, Beeckmans administre les éditions de l'organisation antijuive Volksverwering fondée par René Lambrichts. Beeckmans se servira des archives de Belhicem pour informer la Gestapo, établie à l'avenue Louise (n°453), ce qui favorisera l'arrestation et la déportation de nombreux Juifs vers le camp d'extermination d'Auschwitz.
     
    - Boulevard du Midi, 56 : L'Association des Juifs de Belgique (AJB) était établie à cette adresse. Contrairement à ce que ce nom pourrait laisser penser, cette association a été fondée par les autorités d'occupation, le 25 novembre 1941, soit la Militärverwaltung et la Gestapo. Le Grand rabbin de Belgique, Salomon Ullmann, en devint le président. Il démissionna toutefois après les rafles de l'automne 1942 et fut remplacé par Marcel Blum, le président du Consistoire israélite de Bruxelles. l'AJB servit de paravent pour les autorités nazies. Par ce biais, elles voulaient convaincre les Juifs que leur intention était de les envoyer dans des camps de travail, cachant ainsi leurs véritables desseins, à savoir leur déportation "vers l'Est" et leur extermination. Lorsque des doutes commencèrent à poindre, les Juifs se distancèrent de l'AJB. C'est pour cette raison que les autorités d'occupation décidèrent d'organiser des rafles, dont celles de l'automne 1942, et ce, afin d'atteindre le quota de Juifs à déporter, exigé par Berlin. Cette situation devait évidemment poser de graves problèmes de conscience aux responsables de l'AJB. Mais faut-il rappeler que la marge de manoeuvre des Juifs sous l'Occupation était inexistante ? Il faut voir dans l'action de l'AJB une tentative de mener une politique du moindre mal et non un acte de collaboration. L'AJB devait rester active jusqu'à la veille de la Libération, en septembre 1944.
     
    - Rue de Ruysbroeck, 35 : C'est à cette adresse que fut imprimé, à 50.000 exemplaires, le "faux Soir", sur les rotatives de Ferdinand Wellens. Le "faux Soir" fut un pastiche anti-nazi et anti-collaborationniste du journal Le Soir, tiré alors à 300.000 exemplaires et qui répondait aux voeux de l'occupant. Il fut distribué le 9 novembre 1943 dans le but de ridiculiser ce dernier. Nous évoquons cette question dans un autre article :
     
    http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2013/08/09/temp-f5f730b5b9f954a621837ad962b40454-7892405.html
     
    - Rue Van Lint, 14 (Anderlecht) : On trouvait à l'origine de cet acte de résistance, des membres du Front de l'Indépendance, le principal mouvement de résistance belge à l'occupant nazi. Or, les membres du Front de l'Indépendance se réunissaient -et se réunissent encore- dans un vaste hôtel de maître sis 14, rue Van Lint, à Anderlecht. Mais cet immeuble abritait également, à l'arrière, l'imprimerie-photogravure de Pierre Lauwers, qui y réalisa la plaque photogravée pour la réalisation du "faux Soir". On y établit, en 1946, un Musée de la Résistance qui devint, en 1972, le Musée National de la Résistance.
     
    - Avenue Clémenceau, 70 (Anderlecht) : Le 20 mai 1943, au couuent du Très Saint Sauveur, alors établi à cet endroit, 14 enfants juives et leur accompagnatrice furent sauvées des mains de la Gestapo, et donc, de la déportation et d'une mort certaine. Participèrent à ce sauvetage, Floris Desmedt, Andrée Ermel, Jankiel Parancevitch, Tobie Cymberknopf, Bernard Fenerberg et Paul Halter. Une plaque rappelant ce sauvetage a été apposée sur la façade de l'ancien couvent, le 20 mai 2003.
     
    - Rue Jean Volders, 32 (Saint-Gilles) : Un membre du réseau Orchestre rouge, Abraham Raichmann, habitait cette maison. Orchestre rouge était un réseau de résistance, effectuant une mission de renseignement à destination de l'Union soviétique. Il fonctionna de 1941 à 1943. Une plaque rappelant l'existence d'Orchestre rouge est apposée sur la façade de cette maison. Etrangement, le nom de Raichmann n'y apparaît pas. Arrêté par la Gestapo, il finira par parler sous la torture, attitude qui lui sera reprochée et qui tranche singulièrement avec celle des principaux héros du réseau à savoir Léopold Trepper et surtout, Zosha Poznanska. Je ne me permettrai, pour ma part, d'émettre le moindre jugement sur une question aussi grave que l'attitude humaine face à la torture
     
    - Rue des Atrébates, 101 (Etterbeek) : Trois émetteurs d'Orchestre rouge sont déployés sur le sol bruxellois, à Uccle, à Molenbeek et à Etterbeek. En novembre 1941, les Allemands localisent l'un des trois émetteurs, celui d'Etterbeek. Il est situé au 101, rue des Atrébates, où l'occupant organise une descente, le 12 décembre 1941. A cette occasion, certains collaborateurs du réseau seront arrêtés et emmenés au Fort de Breendonk, où ils seront exécutés. Une plaque rappelant ces événements est apposée sur la façade de cette maison.
    Pour en savoir plus sur la plupart de ces lieux de mémoire, consultez le site http://marolles-jewishmemories.ne/fr

     

  • Le duc de Croy

     File:Charles-Alexandre de Croÿ (1581-1624).jpg

     LASSASSINAT DU DUC DE CROY

     

    1. L’Hôtel du duc de Croÿ.

     

    On peut voir, en l’église Notre-Dame de la Chapelle, l’entrée d’une chapelle dominée par le monument funéraire de Charles-Alexandre, duc de Croÿ (1581-1624). Celui-ci, dit-on, serait enterré au pied du pilier. On peut d’ailleurs voir le buste du défunt placé entre les statues de ses deux patrons : Charlemagne et le pape Alexandre. Charles-Alexandre fut tué en 1624 dans son hôtel situé sur l’emplacement des anciennes « rue de la Chèvre, de la Fusée, de lArtifice, et entre les rues aux Laines et des Minimes » (« Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles », p.161). Entre la rue aux Laines et la rue des Minimes se dresse aujourd’hui le « mastodontesque » Palais de Justice de Poelaert. A noter que cette « rue de la Chèvre », contre toute attente, ne devait point son nom à un quelconque caprin vadrouilleur, mais à une énorme machine de guerre conçue par le général espagnol Spinola pour le siège d’Ostende. Cette rue était la continuation d’une « rue du Jockey-Bleu », qui avait déjà disparu à la moitié du 19ème siècle. L’hôtel du duc de Croÿ se situait à l’angle de la rue de la Chèvre (rue du Prévôt).

     

    plan-1.jpg

    Extrait du Plan POPP - 1ere section 1866
    Quartier de la Marolle
    rue de la chèvre - rue d'Artifice - rue de la Fusée

     

    2. Spinola, un général amoureux.

     

    Lorsque Charles-Alexandre épousa Geneviève d’Urfé, celle-ci s’était déjà éprise d’amour pour le général Spinola, cité plus haut. On doit à ce dernier la chute d’Ostende qui résistait depuis trois années, tout en occasionnant de lourdes pertes aux assiégeants. Spinola était d’origine génoise. Illustre commandant des forces espagnoles, il est également connu pour être le vainqueur de Bréda. Retz devait ultérieurement le comparer à César et à Condé. On le retrouvera également sur le théâtre italien en tant qu’assiégeant de Mantoue : « Spinola lassiégeait depuis près de deux ans ; Toiras défendait la citadelle, qui tenait toujours. Mazarin réussit enfin à négocier une trêve entre Espagnols et Français (début septembre 1630). » (Mazarin, p.31-33). Mais revenons à nos amours bruxelloises… Spinola était immédiatement tombé amoureux de Geneviève, il fut toutefois rappelé à Madrid par Philippe III où le roi le fit chevalier de la Toison d’Or. Entre-temps, Geneviève épousa le duc de Croÿ. Ce dernier, dont la santé s’était altérée, décida de se retirer dans son hôtel de la « rue de la Chèvre » (ou de la rue du Prévôt), à Bruxelles. Geneviève l’y suivit. Mais un jour, celle-ci rencontra fortuitement Spinola qui, sans attendre, lui avoua son amour. Hélas pour le général espagnol, il dût sur-le-champ apprendre des lèvres de sa bien-aimée la triste vérité : elle avait été mariée à Charles-Alexandre de Croÿ pour des raisons politiques… Charles Aznavour aurait pu chanter leur histoire, mais celle-ci devait, en définitive, tourner au drame, sur fond de crime passionnel.

     

    3. Un page fidèle et meurtrier.

     

    Spinola devint triste et sombre sans que personne ne sache pourquoi, à l’exception d’un jeune page qui demanda à son maître de lui pardonner une indiscrétion s’il parvenait à lui rendre sa bien-aimée. Spinola, transporté de joie, accepta, peut-être inconsidérément, peut-être en connaissance de cause, l’histoire ne le dit pas précisément… Quoiqu’il en soit, le page sortit sans ajouter un mot. Le soir venu, le duc de Croÿ se promenait dans son pavillon, comme il en avait l’habitude. Une petite lucarne s’ouvrit soudain, le canon d’une arquebuse y parut, un coup de feu se fit entendre et Charles-Alexandre de Croÿ s’effondra, frappé par une fusée emboîtée de fer, que son meurtrier avait placé dans l’arquebuse.

     

    4. Nulle fin heureuse…

     

    Spinola, que Geneviève, dès qu’elle fut veuve, accepta d’épouser, fut évidemment fortement soupçonné, mais personne n’osa l’attaquer de front. Toutefois, la pression de la rumeur publique se fit telle que l’union fut retardée de huit ans. L’infante Isabelle parvint finalement à favoriser ce mariage, mais alors que Spinola, qui était en Italie, se préparait à retrouver sa future épouse, il succomba subitement et jamais le mariage de Geneviève et du vainqueur d’Ostende ne put être célébré. Quant à l’auteur de l’attentat, il resta introuvable. On accusa un innocent du crime commis par le page et on l’enferma, trente-deux ans durant, dans la prison de Vilvorde. Ce n’est que sur son lit de mort que l’assassin, réfugié en Italie, avoua l’assassinat du duc de Croÿ. On dit que celui qui paya de sa liberté le geste du meurtrier, demanda, comme il aurait été incapable d’assurer seul sa subsistance, de rester en prison.

     

    5. Une version (peut-être) historique.

     

    Le page qui était en fait au service de Charles-Alexandre, duc de Croy et marquis d’Havré (et non de Spinola), avait été souffleté par son maître et, pour se venger de lui, décida de le tuer d’un coup d’arquebuse (précisons, à toutes fins utiles, que le duc de Croy avait été nommé depuis quelques mois à un haut poste financier). Le meurtre fut perpétré le 9 novembre 1624, dans l’hôtel du duc, sis rue du Pévot, entre 22 et 23 heures. On s’en doute, des recherches furent rapidement et massivement organisées, en vain cependant : l’assassin resta introuvable. On arrêta donc un innocent qui paya le meurtre du duc de Croy de trente-deux années de prison. Lorsque sur son lit de mort le meurtrier avoua enfin son crime et que l’innocence du malheureux prisonnier fut finalement reconnue, ce dernier demanda de rester en prison, n’étant plus capable de pourvoir à sa subsistance. On le laissa donc à la prison de Vilvorde et le gouvernement lui alloua une petite pension. Par cette triste fin, l’histoire rejoindrait donc la légende.

    Eric TIMMERMANS

    Sources : Brochure de léglise Notre-Dame de la Chapelle (2004) / Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p.137 / Dictionnaire historique des rues, placesde Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 1, A. Henne et A. Wauters, 1968, p. 57 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 2, A. Henne et A. Wauters, 1969, p. 40 / Légendes bruxelloises, Victor Devogel, TEL/ Paul Legrain (Editions Lebègue Cie, 1914), p. 217 à 227 / Mazarin, Pierre Goubert, Fayard, 1990.

  • Léon Lepage

    L'Athenée Léon LEPAGE 

     

    À l'occasion du centenaire de l’Athénée Léon Lepage, une soirée de retrouvailles aura lieu dans les salons du stade Roi Baudouin au Heysel (sous la tribune officielle).

    Dès maintenant, nous vous invitons à bloquer dans votre agenda le samedi 21 avril 2012 à partir de 19 heures 30.

    Un cocktail dînatoire (aux environs de 40 €) est prévu.
    Pour parfaitement organiser l’évènement, il nous est indispensable de connaître le nombre de participants. Nous vous demandons donc de nous confirmer au + vite, et avant le 14 février 2012, votre présence à cette soirée par mail 100all@hotmail.be

     

     

    gilbert delepeleere

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    Extrait de "Bruxelles 1000 une Histoire Capitale" - volume 3 - Jacques Dubreucq

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    Pêle-mêle d'anciennes photographies d'école de la Ville,oû l'on retouve dans le désordre,l'école communale n°13,l'école moyenne B de la rue du Peuplier, l'école moyenne rue Léon Lepage et rue des Riches-Claires le jardin d'enfants de la rue du Char, l'école primaire n°6 du boulevard du Midi  et l'école normale charles Buls du boulevard Maurice Lemonnier.
     
    P.S :Il y a peu de chances que l'un d'entre vous se reconnaisse sur ces photos car....la plupart de ces photos ont été prises au début des années 1900!Ecrit par Jef Slagmulder.

     

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    Ci-dessus un ouvrage (parmi d'autres) de Georges Winterbeek, remarquez la signature en dessous du monument.

     

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     Monsieur G. Van Boxem

     

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  • La Grande Boucherie.

     

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    C'est le 17 janvier 1567, que LA GRANDE BOUCHERIE, fut inaugurée, son coût étant de 38,000 florins.

     

    On sait que les bouchers bruxellois de l'ancien régime formaient une corporation d'une extraordinaire puissance, Leur maison était à l'origine une sorte de dépendance de la « Broodhuys » (maison du Roi).

     

     

  • La Maison de la Louve

     

     

    LA MAISON DE LA LOUVE

     

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    Historique de la Maison de la Louve (Grand-Place, n°5).
     
    Cette maison est déjà connue en 1340. Elle se nomme alors Den Wolf (le Loup). Elle fut originellement construite en bois.
    Au début du 17e siècle, elle apparaît comme étant la propriété du serment des Archers dont elle est naturellement le siège. C’est la raison pour laquelle on lui donne parfois le nom de « Maison des Archers ».
     
    Entre 1641 et 1643, sa façade est réédifiée en pierre. Mais dans la nuit du 11 au 12 octobre 1690, un incendie la ravagea, aussi fut-elle reconstruite en pierre selon les plans de l’architecte Pierre Herbosch (1690-1691).

    De fait, le serment des Archers consentit, une fois de plus (il l’avait déjà fait en 1641), à dépenser des sommes considérables pour la reconstruire…quatre ans avant le bombardement (1695), durant lequel le « Loup » fut partiellement détruit (la façade résistera toutefois presque entièrement et servira sans doute de référence pour la reconstruction de l’ensemble de la Grand Place).

    Un tableau peint par Daniel van Heil représente la destruction de 1690. Il est conservé au Musée de la Ville (Maison du Roi).
     
    La maison de la « Louve » fut reconstruite en 1696, assez sommairement et pas à l’identique pour ce qui est de la façade, dont le pignon est alors non conforme à celui de 1690-1691. Le « Loup », devenu la « Louve », resta la propriété du serment des Archers jusqu’au 18e siècle, suite à quoi elle fut vendue par ledit serment.

    A noter qu’au lendemain de sa reconstruction, les propriétaires de la « Louve » permirent à une corporation moins fortunée, soit celle des Serruriers et des Horlogers, d’y louer une salle de réunion. Toujours au 18e siècle, on trouve la maison de la « Louve », liée au nom de la famille Triponetty, comme nous le rappellerons ultérieurement par une anecdote. En 1798, sous la Révolution, la maison fut vendue comme bien national.
     
    Dans le courant du 19e siècle, la « Louve » appartint à un propriétaire privé. On y établit un estaminet, puis une imprimerie. La façade de la « Louve » fut totalement restaurée par P.V. Jamaer, entre 1890 et 1892, ce qui permit à la maison de retrouver son lustre de 1690 (pignon).
     
    Au début du 20e siècle, on y trouve à nouveau un estaminet, avant qu’une banque ne s’y installe en 1912. Une banque y est toujours installée de nos jours (2017).
    Description de la Maison de La Louve.
     
    Edifiée en pierre de taille et flanquée des maisons du « Sac » (nord) et du « Cornet » (sud), la « Louve » est une maison de style baroque (italo-flamand). La façade évoque le thème général de la ville. Elle renvoie également à l’architecture et aux décors provisoires des fêtes et commémorations diverses qui se déroulaient en ville et, principalement, sur la Grand-Place. De fait, l’architecte Pierre Herbosch, dont on sait hélas bien peu, déployait une importante activité dans ce domaine (réalisation de peintures à l’occasion d’un feu d’artifice dans le parc du Coudenberg,  conception de décors à l’occasion du mariage de Charles II d’Espagne, etc.). La façade de la « Louve » apparaît comme une transposition des constructions provisoires de Herbosch. Exceptionnelle de par sa décoration symbolique articulée autour d’un thème unique, elle est composée de trois travées dont nous allons à présent examiner les détails :

     

    1°) La louve romaine.

     

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    La maison de la « Louve » voit son nom illustré par un dessus de porte orné d’une grande enseigne représentant la célèbre Louve romaine allaitant Romulus et Remus, fondateurs mythiques de la ville de Rome. Cet ensemble est associé à une amphore qui figure le Tibre. Pourquoi donc le loup d’origine est devenu louve romaine ? Peut-être parce Rome illustre le thème général de la façade, à savoir, la ville ? Mais rien n’est certain.
     

    2°) Les attributs des Archers : la porte d’entrée, le premier étage et le fronton apollonien.

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    Bien évidemment, la Maison des Archers se voit décorée de motifs évoquant ce serment :
     
    a) Sur la porte d’entrée, on trouve les attributs des Archers, trophées avec carquois, arcs et flèches.
     
    b) Les grilles disposées de part et d’autre de la porte d’entrée (motifs de lettres entrelacées, monogrammes), évoquent les noms des deux patrons du serment des Archers : Antonius, à gauche, soit saint Antoine, et Sebastianus, à droite, soit saint Sébastien.
     
    c) Au premier étage, orné de grandes fenêtres, on peut observer divers attributs des archers (carquois, flèches, casques, cuirasses, boucliers). A noter que le balcon du premier étage provoqua les reproches de la corporation des Bateliers occupant la maison voisine du « Cornet ». Mais les Archers surent faire valoir leurs droits.
    d)Le fronton triangulaire, quant à lui, figure le dieu Apollon archer perçant le serpent Python de ses flèches. Au premier étage, lyre et carquois, rappellent également le dieu grec. Le fronton est encadré de deux torchères décorées de carquois et de « cailloux à feu » qui garnissent le collier de la Toison d’Or. De fait, le serment était, à l’origine, sous les ordres des ducs de Brabant et de Bourgogne.
     

    3°) Les quatre statues allégoriques du deuxième étage.

     

    Grand Place

    Quatre statues flanquées d’une inscription latine ornent la façade, soit (de gauche à droite) :
     
    a)La Vérité : HIC VERUM, firmamentum imperii (=Ici la Vérité, soutien de l’empire !). Son animal-attribut est un aigle, réputé être l’animal qui peut regarder le plus distinctement le soleil. Cette allégorie montre également un livre sur lequel figurent les mots EST EST  et NON NON.
     
    b)La Fausseté : HINC FALSUM, insidlae status (=Arrière la Fausseté, écueil de l’Etat !). Son animal-attribut est le renard et elle porte un masque. Le mot latin Falsum peut être aussi traduit par « mensonge ».
     
    c)La Paix : PAX FIT, salus generis humani (=Vive la paix, salut du genre humain !). Son animal-attribut est, bien évidemment, la colombe ; deux l’accompagnent. Elles portent un faisceau de flèches liées d’une branche d’olivier.
    d)La Discorde : DISCORDIA LONGE (longé), eversio reipublicae (=Loin d’ici la discorde, ruine des affaires publiques !). Son animal attribut est le chien ; deux l’accompagnent. Cette allégorie est représentée sous les traits d’une femme aux cheveux mêlés de serpents (à l’instar de la gorgone Méduse). Ceux-ci se disputent  un os. La Discorde brandit un flambeau ardent.
    A chacune de ces allégories correspond, au 3e étage, comme nous allons le voir, une tête en médaillon d’un empereur romain.
     

    4°) Les quatre empereurs romains du troisième étage.

     

    3 étage.jpg

    Le troisième étage est percé de trois paires de baie alternant avec des ornements dorés surmontés de médaillons figurant le portrait de quatre empereurs romains :
    a)Le premier : Caes : Nerva : Aug : Trajan, avec pour attributs un soleil éclairant le monde et des tournesols. Il est placé au-dessus de l’allégorie de la Vérité.
     
    b)Le deuxième : Caes : Aug : Faust : Genev : Tibère, avec pour  attributs, une cage à oiseau, un filet et un masque. Il est placé au-dessus de la Fausseté/Mensonge.
     
    c)Le troisième : Caes : Aug : D : T : P : P : Auguste, avec pour attributs  un globe terrestre et des palmes. Il est placé au-dessus de la Paix.
     
    d)Le quatrième : Caes : Dict : Quart : Jules César, avec pour attributs un cœur saignant, des serpents et des flambeaux entrecroisés. Il est placé au-dessus de la Discorde.
     
    Mais pourquoi établir de telles relations entre ces portraits d’empereurs romains et les allégories précitées ? C’est ce qu’explique les courtes maximes latines qui accompagnent les statues allégoriques :
     
    a)Trajan est associé au « soutien de l’Empire » (Vérité).
     
    b)Tibère est associé aux « pièges de l’Etat » (Fausseté/Mensonge).
     
    c)Auguste est associé au « salut du genre humain » (Paix).
     
    d)César est associé à la « ruine de la République » (Discorde).
     

    5°) Le Phénix et le chronogramme.

     

    maison la louve finale.jpg

     

    Le pignon du fronton est surmonté par un phénix renaissant de ses cendres et surgissant des flammes. C’est là le symbole de la reconstruction de la maison en 1691, après l’incendie de1690, comme l’indique le chronogramme associé au Phénix. Ce chronogramme, associé au phénix, fut donc inscrit une première fois en 1691 et fut rétabli, avec le phénix, au lendemain du bombardement de 1695. Un nouveau phénix remplaça l’ancien en 1852. Quant au chronogramme de 1691, il sera intégralement restitué au cours de la rénovation de 1890-1892. Et voilà ce que dit ce chronogramme :
    CoMbVsta InsIgnIor resVrreXI eXpensIs sebastIanae gVLDae,  ce qui signifie : « brûlée, je renais plus somptueuse par les soins de la gilde de Sébastien ».
    Premièrement, on sait que saint Sébastien est le patron des archers. Deuxièmement, si l’on additionne les lettres que nous reprenons en gras et en majuscules, et qui correspondent à des chiffres romains, le « V » pouvant être aussi bien cette lettre que la lettre « U » et correspondant, en chiffres romains, au chiffre « 5 », nous obtenons la date de la première reconstruction de la maison de la « Louve », soit 1691 :
    C (100) + M (1000) + V (5) + I (1) + I (1) + I (1) + V (5) + XI (11) + X (10) + I (1) + I(1) + V (5) + L (50) + D (500) = 1691.
     
    Une anecdote : Etienne Triponetty et le « Mannequin-Qui-Pisse » :
    C’est le 7 juillet 1761 que naît, dans la maison de la « Louve », Etienne-Michel-Joseph Triponetty, petit-fils d’un banquier de Coire, devenu bourgeois de Bruxelles en 1716 et décédé en 1744.
     
    La tombe du grand-père d’Etienne est d’ailleurs toujours visible dans l’église Notre-Dame-de-la-Chapelle . Quant à la mère d’Etienne, elle tient alors un commerce de dentelles dans la maison de la « Louve ». Etienne, quant à lui, est écrivain . Il est notamment l’auteur de Variétés et bagatelles poétiques (1788) et du Rimailleur Bruxellois ou Résultat inutile de vingt-cinq ans de délassement (1805).
     
    Toutefois, le récit qui nous intéresse tout particulièrement est le suivant : Métamorphoses du Parc de Bruxelles en cinq rêves : Dédiées au plus ancien bourgeois de la même ville, Le Célèbre Mannequin-Qui-Pisse. » Il apparaît que certains citoyens bruxellois, passablement timorés, jugèrent un jour que le célèbre Menneken Pis –car c’est de lui qu’il s’agit !- , pourtant un symbole largement et anciennement enraciné dans la tradition bruxelloise, était par trop indécent et ils écrivirent en ce sens au pape Benoît XIV.
     
    Dans l’ouvrage précité, Etienne Triponetty commenta ce ridicule épisode de la manière suivante :
    « J’ai cru mieux ne pouvoir dédier cet ouvrage / Qu’à celui qui toujours captiva notre hommage : / De plusieurs potentats le premier favori ; (1) / De divers gouverneurs le serviteur chéri ; (2) Ami des jeunes gens, le vrai patron des belles / Pour qui souvent leurs doigts tressèrent des dentelles : / Fidèle à ton pays, d’un pape protégé, (3)
     
    (1) Référence au duc de Bavière et à Louis XV qui se plurent à orner la statue du Menneken Pis en lui donnant des habits.

    (2) Référence à Charles de Lorraine et Marie Elisabeth qui lui firent présents d’autres habits.

    (3) Référence au pape Benoît XIV qui, sollicité par les âmes timorées précitées, afin que soit proscrite la figure du Menneken Pis et qu’elle soit jugée contraire aux bonnes mœurs, s’en était fait reproduire un modèle et qui répondit : « Mingat in aeternum ! » : « Qu’il pisse à jamais ! ».
     
    Ce qui a motivé l’opposition au Menneken Pis, nous ne le savons pas. S’agissait-il d’une réaction excessive de quelques prudes ou a-t-on relevé soudainement que le nom du petit bonhomme de Bruxelles était lié à celui, scandaleux, de Duquesnoy ? Y-a-t-il eu confusion entre le nom de Jérôme Duquesnoy père, tailleur de pierre au métier des Quatre-Couronnés, à qui la ville de Bruxelles commanda, en 1619, le Menneken Pis de bronze tel que nous le connaissons et qui remplaça l’antique statue de pierre, et Jérôme Duquesnoy fils, qui acheva le tombeau de l’évêque Triest à Saint-Bavon mais qui fut également soupçonné du meurtre de son frère et exécuté à Gand pour sodomie ? Sans doute ne le saurons-nous jamais .
     
    Quant à Etienne Triponetty, il mourra jeune, en octobre 1805, à Bruxelles. Mais notre bref rappel biographique concernant la famille Triponetty n’est pas encore totalement terminé. En effet, elle était propriétaire d’une maison de campagne située à Grand-Bigard (Groot-Bijgaarden), dans la périphérie immédiate de l’actuelle Région de Bruxelles-Capitale. Or, le 20 août 1832, le Bulletin der Eygendommen de la commune de Grand-Bigard indique que Franciscus Timmermans, maréchal ferrant de son état et aïeul de l’auteur de ces lignes, est le nouveau propriétaire de la maison de campagne en question, ainsi que des biens attenants.
     
    La théorie alchimique de Saint-Hilaire.
     
    Un auteur du nom de Paul de Saint-Hilaire a développé une idée originale : la Grand-Place peut faire l’objet d’une lecture alchimique ! Bien que nous ne suivons pas Monsieur de Saint-Hilaire sur cette voie quelque peu incertaine, nous reprenons cette théorie originale dans le contexte des légendes et traditions bruxelloises.
     
    Définissons brièvement ce qu’est l’alchimie : « L’alchimie est une discipline qui peut se définir comme « un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux ». L’un des objectifs de l’alchimie est le grand œuvre, c’est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, principalement des métaux « vils », comme le plomb, en métaux nobles comme l’argent ou l’or. Un autre objectif classique de l’alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie via un élixir de longue vie. La pratique de l’alchimie et les théories de la matière sur lesquelles elle se fonde, sont parfois accompagnées, notamment à partir de la Renaissance, de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles. » L’alchimie traditionnelle peut donc poursuivre trois buts : métallique (la légendaire transformation matérielle du plomb en or), médical (médecine universelle et élixir de jouvence) et métaphysique (démarche personnelle, philosophico-spirituelle).
    L’une des phases du processus alchimique se nomme la Coagulation. En termes de chimie hermétique, nous dit Paul de Saint-Hilaire « c’est donner une consistance aux choses fluides, non en en faisant un corps compact, mais en les desséchant de leur humidité superflue et en réduisant le liquide en poudre, puis en pierre. » Pour M. de Saint-Hilaire, le bloc ouest de la Grand Place, représente, avec ses sept maisons –le « Roi d’Espagne », la « Brouette », le « Sac », la « Louve », le « Cornet », le « Renard » et la « Tête d’Or »- les sept étapes de ce travail, la maison de la « Louve » symbolisant la quatrième de celles-ci. Il se réfère ainsi à plusieurs éléments de la façade, dont nous avons donné une explication plus prosaïque, il est vrai :
    -La Louve : « Sur une terrasse, une louve n’ayant que quatre mamelles allaite deux enfants nus, face à un vase renversé d’où s’échappe un liquide. » Le terme de Loup, nous dit l’auteur, désigne pour les Adeptes, « le suc mercuriel qui est aussi leur liquide dissolvant ». Et si la louve a été préférée à ce stade du processus c’est, toujours selon la même source, parce qu’elle allaite Romulus et Remus, enfants de Mars, dieu sous les auspices duquel s’achève l’opération alchimique en cours. Cela dit, comme nous l’avons vu, la premier nom de cette maison était bien le « Loup »… Mais, selon la théorie alchimique, les quatre mamelles de la louve signifient qu’il faut réserver « autant de parts de ce suc mercuriel pour une utilisation ultérieure, panacée qu’est l’eau de Jouvence et qui en est issue ».
    -Le vase renversé (placé près de la tête de la louve) : le « suc mercuriel » précité « est fait du mâle et de la femelle, du mercure animé de son soufre, matières sorties d’une même racine et réduites à l’état liquide en un tout homogène, comme nous l’indique le vase dont il s’écoule. »
    -Romulus et Remus : pour ce qui est des jumeaux, Paul de Saint-Hilaire pense trouver l’explication chez Nicolas Flamel : « Il te faut donc faire deux parts et portions de ce corps coagulé, l’une desquelles servira d’Azoth pour laver et mondifier l’autre, qui s’appelle Leton qu’il faut blanchir ».
    -Apollon et le serpent Python : toujours d’après Nicolas Flamel, « celuy qui est lavé est le Serpent Python, qui ayant pris son estre de la corruption du limon de la terre assemblé par les eaux du déluge, quand toutes les confections estoient d’eau, doit estre occis et vaincu par les flesches du Dieu Apollon, par le blond Soleil, c’est-à-dire, par nostre feu, esgal à celuy du Soleil ». Ce qui, selon Paul de Saint-Hilaire, explique la présence du dieu Apollon au fronton triangulaire de la maison de la Louve, placé entre deux pots de flammes et décochant un de ses traits en direction du serpent Python.
    -Carquois et lyre : au balcon de la façade, l’étui de l’archer est quatre fois posé sur la lyre, un autre attribut d’Apollon, ce qui, selon la même source, relève de la même théorie alchimique.

    Eric TIMMERMANS
    Sources : « Les maisons de la Grand-Place, sous la direction de Vincent Heymans, CFC-Editions, Collection Lieux de Mémoire, 2002 / « Bruxelles, notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles », Eug. Bochart (1857), Editions Cultures et Civilisations, 1981 / « Ilot Sacré, Georges Renoy, Rossel, 1981, p.69-70 / « Lecture alchimique de la Grand-Place de Bruxelles », Paul de Saint-Hilaire, Editions du Cosmogone, 2002, p.88-89.

    Photo de Pierrot Heymbeeck - septembre 2017.
     
     
     

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    Vu sur la grande place de Bruxelles en septembre 2017.