Bruxelles vu par les bruxellois. - Page 2

  • Les Bruxellois à la Mer.

     sujet de décembre 2008.

    Les Bruxellois prennent l'air à la mer

     

     

     

    Les Plages Belges-1

     

    Départ en Bus

     

    Maurice + Swa + Jojo +  De Joncker

    A 1 - Swa "de Pruimer" A 2 Maurice le marchand de journaux et le petit Ket, Jojo.

    En Moto

     

    oct j

     

    En Side Car

    Side Car1

     

    Et en voiture (presque)

     

     

    Et en voiture

    Pierrot, en panne sur l'Autoroute de la mer 

     

    Ostende

     

    Les Parents de Guillaume Kekenbosch
    et Jeannine sont déjà sur Place.

     

     

     

     

    MES PARENTS ET MA FEMME A OSTENDE

     

    Sans attendre de passer à la pension

     

     

     

    La-Boule-d-Or

    Boma Bich, met ses pieds dans l'eau.
    C'est la première fois que la Boma de Nelly, voit la mer.

     

     

    boma_dans_l'eau[1]

     

     

    Jean_et_r..[1]

    A1 :Jean Bich A2 : Nelly A3 : René Liégeois le cousinde Bich.
    B1: Jean B2: Anna, les parents de René. Les parents d'Anna ont tenu le café "Au Coq" de nombreuses années rue Montserrat avant Jean Bich. B3 : Rosine, ma mère.B4 : Harriette, une soeur de Wis du Papillon.

     

     

    tram moustache ostende

    Merci à Jeannine Goossens, pour la photo du tram de la mer.

     

     

     

    Blankenberghe

     

     

    francine à Blankenberg

    francine un dimanche au bord de la mer du Nord

     

     

    Arthur-à-la-mer

    Arthur Baré

     

     

    Les  PARENTS de Guillaume  à BLANKENBERG

    Les Parents de Guillaume

     

     

     

     

    Léon Pars, vacance juin 07+printemp 07 074

     

     

    Léon Paris et son épouse

     

     

     

    Middelkerke-1

     

     

    Andrée et Marie-Jeane g

    Andrée et Marie Jeanne

     

     

     

    arthur_(2)[1]

     

    Serge et la papa d'Arthur

     

    famille e

     

    famille g

     

     

    Westende

     

     

     

    francine et ses deux enfants

    francine et ses deux enfants

     

     

     

    groupe ecole 1

     

     

    Marie J

     

     

    Marie Jea

     

     

     

    Nieuport

     

     

    Un Soldat à la Mer

     Pierrot - Caserne de Lombardsyde - 1962

     

     

    Beeck 007

     

     

     

     

     

     

     

    Marie Jean

     Andrée et Marie Jeanne

     

     

     

     

    Une Bruxelloise à la Mer

     

     

     

    Nieuport - Patrick et sa Maman

     

     

     

    Heyst-Sur-Mer

     

     

    à la mer-1

     

     

     La Maman de Serge et la photo ci-dessous Serge

     

     

     

    à la mer-2

     

     

     Knocke-Sur-Mer

     

     

    Jacky - merci à Guillaume Kekenbosch

     

     Le Ket de Jeannine et Guillaume - ci-dessous leur petit fils.

     

     

    mer02 2003 3 Guillaume Keekenbosch

     

     

     

     

    Et voilà la mer c'est fini

     

    Et voilà, retour sur les grands Boulevards pour la Maman d'Andrée et son Mari.

     

     

     

     

     

     

     

  • Moules

     

     

     

    Moules, un pistolet, "mostout saus" et un petit verre de vin blanc.
    30 moules pour Madame et 20 pour monsieur ;)

    (le citron, c'est pour le fun)

     

     

    Moules.jpg

    Photo de juillet 2017.

  • Schaerbeek


    Schaerbeek
    anciennes cartes postales

     

     

     

    0

    Carte 1

     

     

    1

    Carte 2

     

     

    2
    Carte 3

    Aujourd'hui la rue de Quatrecht

     

     

    3

    Carte 4

    Cette église date du dix-neuvième siècle et est l'oeuvre de Louis Overstraeten.

     

     

    4

     Carte 5

    Inauguré le 15 août 1865 et sera détruit par un incendie en août 1897.

     

     

    5

     Carte 6

     

    6
    Carte 7

     

    La rue L'Olivier, nom d'un valereux militaire qui né en 1792 à Bruxelles servi dans l'armée de la République  Française.

     

     

    8

     

    Carte 8

    Cette impasse insalubre était située rue  l'Olivier

     

     

     

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      Carte 9

     

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     Carte 10

    rue empruntée par nos Rois pour aller au boulot

     

     

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     Carte 11

     

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     Carte 12

     

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    Carte 13

    Le 27 mars 1871, le conseil communal approuvait la convention conclue avec le BELGIAM STREET RAILWAY and OMNIBUS Cy pour l'établissement de la première ligne de tram de Schaerbeek.

     

     

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    Carte 14

    Un dernier coup d'oeil à la rue du Brabant : le tram à cheval ne risque pas d'écraser ni le livreur de la boulangerie, ni la dame qui s'apprête à traverser la rue.

     

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    Carte 15

    De quoi M. STEYAERT; pouvait-il être fier ? De ses suberbes machines à broder, dernier cri du progrès.

     

    16

     Carte 16

    Il avait une bonne clientèle, Léopold FEYENS, au coin de la place Liedts.

     

     

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    Carte 17

    Les deux passerelles remplaçant de vieux passages à niveau reliaient la rue de Cologne (rue d'Aerschot) à la rue du Progrès.

     

     

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    Carte 18

    Le Goulot de la Mort ou comme disait le bourgmestre KENNIS "le moulin à saucisse"

     

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     Carte 19

     

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     Carte 20

     

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    Carte 21

    Au coin de la rue du Progrès - "Le Café Brasserie des Deux-Ponts"

    A droit le cheval de renfort qui aidera son congénère à faire franchir au tram la pente assez forte vers les ponts qui franchissent les voies de chemin de fer.

     

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    Carte 22

    La rue du Gallait, qui était qu'amorcées en 1866, est très tôt devenue une grande artère commerçante.

     

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     Carte 23

    Sept rues se rencontrent place Pavillon, où passe le tram à cheval

     

     

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     Carte 24

    nous avons traversé la place et devant nous s'ouvre la rue Gallait avec, à gauche, la rue des Ailes et la rue Quinaux.
    Au trois coins les noms ont changé ; le pharmacien s'appelle Théâtre, le café Brasserie es l'Horloge et la boulangerie porte le nom de Sitoor.
    De nos jours (2010) alles es weg !

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     Carte 25

    Nous regagnons le haut de la commune et, de la place Lehon, nous voyons la maison communale. La gardes-civiques est présente.

     

     

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     Carte 26

    Le 9 place Colignon, en face de l'hôtel de ville, est aujourd'hui une maison privée.
    Au début du siècle (1900), c'était le décor à la René Clair "LA BRASSERIE DE LA BECASSE" de G. FLON, qui tenait une pension bourgeoise.

     

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     Carte 27

    Le tram vicinal venant d'Haecht, le "Boerentram", salue d'un jet de vapeur l'hôtel communal. Contruit en plein champ en 1887.

     

     

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     Carte 28

    Le 17 avril 1911, un incendie ravagea l'hôtel communal.
    Nombreux ont été les habitants de la commune qui participèrent au sauvetage du mobilier.

     

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     Carte 29

    La police a réquisitionné une remorque d'un vicinal pour y organiser une permanence.

     

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     Carte 30

    Le buste du roi est Sauf... OUF

     

     

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     Carte 31

    Pour cette occasion on put voir le courage des pompiers schaerbeekois, un corp de volontaires formé en 1878 et qui était commandé, par M. Joseph MELAERTS.
    Ci-dessus le jeune lieutenant PANIELS et son chef.

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     Carte 32

     

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     Carte 33

     

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     Carte 34

    La reine Marie-Henriette, femme de Léopold II, aimait beaucoup les chiens griffons.
    Passant un jour par la place Liedts, elle suivit une servante qui promenait trois griffons havanais. Le propriétaire habitait rue Vandeweyer, galament, il offrit à la reine le plus jeune des trois, fils des deux autres.
    Très souvent par la suite la reine se rendit rue Vandeweyer pour permettre à son griffons de dire bonjours à ses parents.

     

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     Carte 35

    Avec les rochers artificiels disposés sur ses pentes, l'endroit évoquait un coin célèbre de la ville de BERNE et il fut bientôt connu de tout Bruxelles sous le nom de
    "CAGE AUX OURS"

     

     

     

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     Carte 36

    Dans le jardin de la "laiterie WARANDEVELD" tenu par le marchand de beurre VAN AERSCHOT, on allait déguster des tartines au fromage blanc, des omelettes, du lait bien frais et comme de bien entendu, de la bière.
    Le bon air à la campagne quoi.

     

     

     

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    Carte 37

    "TUT TUT TUT,  do de train en de stousse goe vouch"
    En souvenir de mon beauf André Hofmans

      

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    Carte 38

     

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    Carte 39

     

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    Carte 40

    A l'angle des rues Chaumontel et Zénobe Gramme, les bâtiments de l'institut de la Sainte-Famille cachent aux passants les restes du château Helmet.

     

     

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    Carte 41

    La rue du Tilleul, séparant Schaerbeek d'Evere, reliait le hameau d'Helmet à la chaussée de Louvain.

     

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     Carte 42

    Avec de-ci de-là une remise abritant la charrette qui chaque matin, emportait un chargement de légumes à destination des marchés de Bruxelles.

     

     

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     Carte 43

    La rue de l'Agriculture (et non de l'Horticulture) traversait la chaussée d'Helmet et la chaussée d'Haecht, parrallèlement à la rue du Tilleul.

     

     

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     Carte 44

    La rue du Lion, qui aboutissait à l'avenue Monplaisir, a disparu au cours de l'aménagement des terrains devant la gare et de la rue Anatole France. (1907-1908)

     

     

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     Carte 45

    Le Baron ROOSE s'était fait contruire à Helmet un joli château qu'il baptisa "MONPLAISIR".

    Bonaparte et Joséphine y étaient venus passer les troupes en revue (27 septembre 1803).

     

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     Carte 46

    On n'a pas dû faire un grand effort d'immagination pour baptiser cette rue, dont les fermes sont construites selon le type dit "façade longue", le plus répandu dans cette partie de la région Bruxelloise.

     

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     Carte 47

     

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     Carte 48

    Le Nieuwen Vos, ( à droite) avec sa prétentieuse façade de briques et les glaçes ornées de son rez-de-chaussée nous attire certes moins que son vis-à-vis "in de Vos" chaulé, ou l'auberge "In de Zwaluw"

     

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    Carte 49

    La rue ou la chaussée reste inconnue?

     

     

     

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     Carte 50

     

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     Carte 51

    Il n'est pas loin de midi, le garçon-boucher rentre de sa tournée de livraison et deux ménagères sont allées chercher à l'école les deux petites filles.
    Au fond, la chaussée fait un coude où débouche, à gauche la rue de la Bruyère.

     

     

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     Carte 52

    Tout en remblai, le premier tronçon du boulevard Lambermont date de 1906.

    Sa création à nécessité la contruction de plusieures ouvrages d'art, dont ce pont qui enjambe la chaussée d'Haecht

     

     

    53

     Carte 53

    Bordant le boulevard Lambermont, l'hôpital dont la construction décidée en 1894, fut confiée à l'achitecte KUHNEN fut ouvert aux public le 23 septembre 1905.

     

     

    54

    Carte 54

    Au long du ruisseau qu'alimentait une source très pure, quelques guinguettes s'étaient établies entres les taillis et à l'ombre des grands arbres.
    Mi paysans, mi cabaretiers, leurs habitants menaient  une vie laborieuse.
    Pour les enfants la vallée étaient un vrai petit paradis

     

     

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     Carte 55

    Vue générale de la vallée Josaphat vers 1884, prise vers le village de Schaerbeek.
    A l'avant plan à droite, le chemin suivant la vallée, à gauche, le château d'amour, au fond d'une drêve l'accès. A droite la propriété Martha entourée d'un mur.

     

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     Carte 56

    A l'horizon, la silhouette de l'hôtel de ville.
    Adroite la maison du garde barrière qui veillait sur le passage à niveau de la petite rue au Bois.

     

     

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     Carte 57

    Montant la garde à l'entrée de la vallée Josapha, l'ancien château des VAN WAELHEM, bâti au seizième siècle.

     

     

    58

     Carte 58

    Entre deux plateaux couverts de cultures maraichères, la vallée avait gardé sa parure sylvestre!

    Lesc paysans des alentours venaient y chercher le bois, comme autrefois

     

     

  • François Anneessens

    anneessens

     

    C’est un colporteur Bruxellois qui servit de modèle à Thomas Vinçotte pour la statue.

    Cette dernière qui fut inaugurée en 1889 en présence d’une foule énorme.
    Source : programme de la kermesse de 1960 – J. COPIN.

     

     

                                        LA RESISTANCE D’ANNEESSENS

     

     

     

    1. Une place et sa statue.

     

    Si on longe le boulevard Lemonnier, sur le trottoir de droite, en venant de la Bourse, on échoue inévitablement sur une place au milieu de  laquelle se dresse une statue somme toute aussi anodine et banale que ne l’est ce quartier devenu sans réel intérêt, celle d’un certain François Anneessens, Doyen des métiers de Bruxelles. Celui-ci, comme son nom l’indique, a donné son nom au lieu.

    Rappelons toutefois que cette place se nommait jadis « place du Vieux Marché ». Or, si vous évoquez ce nom aujourd’hui, à Bruxelles, personne ou presque ne l’associera à la place Anneessens, mais bien à la place du Jeu de Balle située dans le quartier de la rue Haute. Il se trouve qu’à l’origine, le « Vieux Marché de Bruxelles » était établi sur l’actuelle place Anneessens. Ceci explique cela.

     

    Dès l’an 1639, date à laquelle la ville autorisa l’installation en ce lieu d’un « marché perpétuel de vieilleries », celui-ci se tint, sur une surface de terre battue, tous les jeudis et vendredis, de l’aube à la nuit tombée. On y tenait commerce de vieux vêtements ainsi que de brocante.

     

    Le 27 mai 1812, sous le Ier Empire, autorisation fut officiellement donnée aux fripiers de s’établir et d’étaler sur les voies publiques, jusqu’à la rue d’Anderlecht. Les marchands de « brol » (bric-à-brac, en bruxellois) firent leur ce quartier qui eut longtemps la réputation d’être le paradis des brocanteurs.

     

    La place du Vieux Marché fut entièrement pavée en 1842 et devint, en 1870, la place Joseph Lebeau. En 1873, il semble que la vue de ce marché populaire commença à choquer les regards des édilités et des élites bruxelloises, au point qu’elles décidèrent de transférer den â met (le Vieux Marché, en bruxellois) à la place du Jeu de Balle. Cachez cette plèbe que je ne saurais voir. Et ainsi fut-il fait.

     

    En 1889, on décida d’ériger sur cette place une statue de François Anneessens qui allait désormais, tout naturellement, donner son nom au lieu. Certes, me direz-vous, mais sur quelle base a-t-on pu recréer le visage de cet Anneessens dont vous ne nous avez encore rien dit ? Prenez patience, il me faut d’abord vous expliquer l’origine du visage de la statue : c’est simple, on ne le récréa pas, on le créa sur base d’un modèle. Et quel modèle ! De fait, le visage que l’on a donné à la statue d’Anneessens (œuvre du sculpteur Thomas Vinçotte) n’est autre que celui d’un certain Bernard Braekman, marchand ambulant de « caricoles » (petits escargots autochtones de couleur noire, que l’on sert bouillis) qui était tellement fier d’être ainsi passé à la postérité qu’il se faisait lui-même appeler Anneessens ! En cette année du centenaire de la Révolution, grâce à Bernard Braekman, le bon peuple de Bruxelles reprenait possession de cette « place du Vieux Marché » dont on avait cru bon l’évincer une quinzaine d’années plus tôt.

    Anneessens..jpg
    Merci à Raymond Van Thournout pour l'image

    Bien que le Vieux Marché ait été transféré à la place du Jeu de Balle, comme nous l’avons dit, la population bruxelloise continua longtemps à désigner la place Anneessens sous le nom de « Vieux Marché ». Cet usage s’est totalement perdu de nos jours.

     

    2. Vous avez dit « caricoles » ?

     

    Au fait, puisque nous en sommes à parler de « caricoles » (ou karikol, karrekol, karakol…), il convient de remettre les pendules à l’heure. Aujourd’hui, en déambulant dans les rues de Bruxelles, surtout à la saison touristique, vous pourrez voir nombre de vendeurs d’escargots, mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit là que rarement de vraies « caricoles ». Ce terme désigne précisément les bigorneaux (de couleur noir) et plus précisément l’espèce Littorina littorea, et non point les buccins qui sont cinq fois plus gros. Il arrive toutefois de plus en plus souvent, hélas, que l’on use du terme « caricoles » pour désigner les buccins ou bulots (Buccinum undatum). Certes, depuis le XVIe siècle, suite au percement du canal de Willebroeck qui relie Bruxelles au Rupel, les Bruxellois ont pris l’habitude de consommer nombre de produits de la mer et pas seulement des bigorneaux. Toutefois, dans la nomenclature bruxelloise de cette gastronomie marine, les gros buccins n’ont jamais porté le nom de « caricoles » mais vraisemblablement celui, particulièrement étrange, de chenuesekluete, c’est-à-dire…testicules de chinois (« Caricole », wikipédia, 25 mai 2010). Ce sont ces derniers, cuits dans un bouillon relevé, que l’on vous sert aujourd’hui le plus généralement dans les rues de Bruxelles. Quant à savoir d’où nous vient ce nom de « caricole » : « Ne recherchons pas dans le dictionnaire le nom de ce dernier vocable. Il a été conservé au quartier des marolles depuis l’occupation espagnole et désigne cette variété d’escargots connue en France sous le nom de « petits gris ». » (Le Vieux Koekelberg, Folklore brabançon n°151, sep. 1961, Joseph De Mul, p. 371)

     

    3. Anneessens : d’une rue l’autre.

     

    On connaît également une « rue Anneessens », que l’on trouve à peu de distance de là, entre la rue de la Senne et la place du Jardin aux Fleurs.

     

    Toutefois, ce ne fut pas la première artère bruxelloise à porter le nom de l’héroïque Doyen des métiers de Bruxelles. De fait, ce sont les révolutionnaires français qui, débaptisant systématiquement toutes les appellations faisant référence à la religion ou à la noblesse, décidèrent de rebaptiser la rue d’Arenberg du nom d’Anneessens. De fait, la résistance de celui-ci au pouvoir impérial autrichien donna aux révolutionnaires l’idée de lui rendre hommage en tant que héros du peuple, à l’exemple d’un Etienne Marcel (prévôt des marchands de Paris qui, au 14e siècle, prendra la tête d’un mouvement réformateur cherchant à instaurer une monarchie contrôlée ; Etienne Marcel a donné son nom à une station du métro parisien et une statue équestre a été élevée en son honneur, près de l’Hôtel de Ville de Paris) qui devint un mythe républicain à la fin du XIXe siècle. Toutefois, dans un cas comme dans l’autre, l’image que l’on a voulu donner de ces personnages correspond vraisemblablement peu à leur réalité historique véritable.

     

    En 1814, lorsque les Français furent contraints au retrait, le nom des d’Arenberg retrouva la place sur la plaque de rue (qui prolonge les rues de l’Ecuyer et de Loxum) qui lui est encore dédiée aujourd’hui. Exit donc, François Anneessens, l’ « homme du peuple » !

     

    Il fallut ensuite attendre l’année 1851 pour que le Conseil communal de Bruxelles songe enfin à honorer à son tour la mémoire d’Anneessens, en donnant à une « rue du Moulin », qui avait été tracée dans les années 1840 et qui se situait dans le quartier de l’île Saint-Géry, le nom d’Anneessens qui est encore le sien aujourd’hui. La rue Anneessens ne sera entièrement bâtie que vers les années 1880-1890.

     

    Mais qui était François Anneessens ?


    4. François Anneessens.

     

    François Anneessens (1660-1719) était ardoisier-tourneur de son état et le Doyen des métiers de Bruxelles. Il était membre du corps de métier connu sous le nom de Quatre-Couronnés, auquel appartenait la maison n°18 de la Grand-Place dite « la Colline », il était aussi capitaine du Grand Serment des Arbalétriers et membre du conseil de fabrique de l’Hôpital Saint-Jean. Anneessens vécut rue de l’Hôpital (n°17).

     

    A cette époque, Bruxelles faisait partie des Pays-Bas autrichiens et dépendait de l’autorité de l’empereur Charles VI. Ce dernier nomma, comme gouverneur général, un homme du nom d’Hercule Turinetti, marquis de Prié, qui devait se montrer particulièrement maladroit dans l’exercice de ses fonctions. Comme les métiers refusaient catégoriquement de renoncer à leurs anciens privilèges et qu’on voulait les y forcer, une insurrection populaire éclata à Bruxelles, en 1718. Devant cette forte réaction bruxelloise, Turinetti céda temporairement aux exigences de la foule, puis revint sur les concessions qu’il avait faites avant, finalement, de faire arrêter François Anneessens.

     

    Le nom de Borgval est aujourd’hui encore donné à une rue du centre de Bruxelles qui se situe dans le prolongement de la rue des Pierres, au-delà du boulevard Anspach. Cette artère, qui communique avec la rue et la place Saint-Géry, est généralement considérée comme le berceau de la ville de Bruxelles. Or, c’est également dans cette rue, qui était jadis une impasse, qu’au temps d’Anneessens se réunissaient, dans un estaminet nommé « La Lanterne d’Or » (Luytens) ou « Borgval » (Bochart), les représentants des métiers de Bruxelles. Et c’est là, dit-on, que se trouvait François Anneessens, le doyen des métiers, lorsqu’il fut arrêté et reçut l’ordre de se rendre chez le marquis de Prié.

     

    Aujourd’hui encore, la « Tour du Coin », un vestige de la première enceinte situé au coin du boulevard de l’Empereur et de la rue de Rollebeek, porte le nom de « Tour Anneessens » parce que l’on suppose que le Doyen des métiers de Bruxelles y fut emprisonné, alors qu’en toute logique, il a vraisemblablement été incarcéré, du 14 mars au 19 septembre 1719, dans la Steenpoort (=Porte de pierre), soit l’une des sept anciennes portes, aujourd’hui toutes disparues, de la première enceinte de Bruxelles, qui s’élevait jadis au bas de la rue de Rollebeek. De fait, avec l’Amigo, la Steenpoort constituait alors l’une des deux prisons de Bruxelles.

     

    Pour l’anecdote, ajoutons que c’est dans la Steenpoort, qui était reliée par des couloirs à la « Tour du Coin », qu’était, en outre, organisée la torture des prisonniers, raison pour laquelle on l’avait surnommée, en bruxellois, Pijntorre, la « tour des douleurs ».

     

    Finalement, les doyens acceptèrent de payer le nouvel impôt mais Anneessens ne voulut rien entendre et continua de résister, aussi fut-il condamné à mort.

     

    Le 19 septembre 1719, François Anneessens était décapité sur la Grand place, devant la Maison du Roi, puis inhumé en l’église Notre-Dame de la Chapelle. Son mémorial se trouve contre le pilier d’entrée de la chapelle du Saint Sacrement.

     Eric TIMMERMANS.

     
    Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 18, 153-154, 325. / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Ils ont choisi Bruxelles, Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2004 / Promenades bruxelloises, la première enceinte, Ville de Bruxelles, Cellule Patrimoine historique.

  • Antoine Wiertz

     

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    ANTOINE WIERTZ, LE PHILOSOPHE AU PINCEAU


    1. Avant Bruxelles.

     

    Antoine-Joseph Wiertz (1806-1865) est né à Dinant (Wallonie), sous le Ier Empire, le 22 février 1806. Dès l’âge de dix ans, le jeune Antoine fait preuve d’une rare dextérité en sculptant des grenouilles en bois dans la boutique de son père, tailleur d’habits à Dinant. En 1820, grâce à la protection d’un mécène, M. Paul de Maibe, il entre à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers. Un séjour en Italie suite à l’obtention d’un prix de Rome, en 1832- l’amènera à s’intéresser aux sujets mythologiques (ex. : Les Grecs et les Troyens se disputant le corps de Patrocle, 1835-1836).Applaudi à Anvers, honoré à Rome, Wiertz sera boudé à Paris. De là lui viendra une rancœur tenace à l’encontre de la France qui se traduira dans certaines de ses œuvres, tel que son Napoléon aux enfers. Ce tableau, toutefois, traite aussi, de manière plus générale, de la situation des peuples, face à la guerre, de même que d’autres tableaux : De la chair à canon, Le dernier canon, La Paix. De fait, Wiertz se pose en artiste engagé, dénonçant ici la misère du peuple (ex.: Faim, folie, crime), militant là pour l’abolition de la peine de mort et la démocratie. Il rêve d’accrocher ses toiles pacifistes dans les lieux publics. Il excelle également dans la réalisation des portraits, mais prétend ne peindre ceux-ci que pour des raisons alimentaires, destinant ses seuls tableaux à l’édification de sa gloire.

     

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    2. Wiertz à Bruxelles.

     

    Après le décès de sa mère, Wiertz s’installe définitivement à Bruxelles (1844). Il s’établit d’abord dans un hangar désaffecté de la rue des Renards (qui donne sur la place du Jeu de Balle).où il peindra notamment Le triomphe du Christ et La belle Rosine. Le moins que l’on puisse dire est qu’Antoine Wiertz, personnage rebelle, maniaque, fantasque, exalté, idéaliste, intransigeant, n’a pas une piètre opinion de lui-même ni de ses œuvres dont la qualité est telle, selon lui, qu’elles ne peuvent se payer qu’en millions ou ne point se vendre : mieux valait encore mourir de faim à côté d’elles ! Ne se veut-il pas la synthèse de Raphaël, de Michel-Ange et de Rubens ? Aussi, si ses expositions remportent un franc succès, il ne vend pratiquement rien, sinon quelques portraits. Vraisemblablement, on retrouve le peintre-sculpteur –car, ne l’oublions pas, Wiertz fut aussi un sculpteur ; il fut également littérateur et réalisa un grand nombre d’études- au n°106 du boulevard du Midi, mais la maison qu’il occupât a été démolie (Luytens). Sa réputation désormais bien établie, Wiertz demande au ministre de l’Intérieur, Charles Rogier, de léguer son œuvre à l’Etat en échange du financement, par celui-ci, de la construction d’un atelier susceptible d’accueillir ses œuvres immenses. En outre, le peintre-sculpteur émet le souhait qu’à sa mort, cet atelier soit transformé en refuge artistique ou en musée. Antoine Wiertz a trouvé le terrain idéal : un remblai du chemin de fer du Luxembourg, situé en plein chantier, isolé et peu coûteux. L’artiste veut y établir un « temple humaniste », soit un cube (35x15x15 m) recouvert d’une verrière et décoré notamment de fresques ; de celles-ci, seule celle du Démon de l’orgueil sera réalisée. S’agit-il là d’un hasard ? L’Etat belge financera donc l’atelier de Wiertz, mais au compte-gouttes et en engrangeant un nombre toujours croissant de tableaux. La maison-atelier de Wiertz fut finalement construite et, vers la moitié des années 1850, le peintre vint donc installer « dans la rue Terrade (aujourd’hui : rue Vautier), son atelier qui, après sa mort, devait devenir le Musée Wiertz. » (Histoire d’Ixelles, Gonthier, p. 210). C’est dans cet atelier, qu’après avoir poursuivi son œuvre quinze années durant lesquelles il exécutera les nombreuses œuvres qui décorent aujourd’hui son musée, qu’Antoine Wiertz devait trépasser, le 18 juin 1865, cinquante ans, jour pour jour, après la défaite de Bonaparte à Waterloo, personnage central de son Napoléon aux enfers déjà évoqué.

     

    3. Le Musée Wiertz.

     

    Le Musée Wiertz est bien peu visité et on commet là envers lui une bien grande injustice. Il est vrai que trouver la trace de cet édifice, adossé au parc Léopold et écrasé par le Musée des Sciences naturelles voisin, doté, il faut le dire, de collections d’une grande richesse, allant des dinosaures aux minéraux en passant par les plus invraisemblables insectes, n’est guère chose aisée. Ceci dit, égoïstement, j’ai toujours apprécié cet isolement, cette situation en retrait de l’ancien atelier du peintre Wiertz. Y entrer, c’est se couper du brouhaha et de l’agitation du monde d’aujourd’hui, c’est plonger dans un univers de silence, de paix et de recueillement. On visite le Musée Wiertz comme on visite un monastère : à pas feutrés, en chuchotant et en contemplation. Juste après le petit couloir d’accès, on découvre des pièces en enfilade aux murs couverts de tableaux traitant des sujets les plus variés, environnement chaleureux décoré de personnages fantastiques symbolisant les vanités humaines, d’atroces cauchemars, des scènes de chute angélique au milieu desquelles Satan trône en personne. Juste à côté, se dresse une salle immense aux murs d’une hauteur vertigineuse portant des toiles aussi grandioses que sombres, tant par leur taille que par le sujet qu’elles nous livrent : ici des anges affrontent des démons, là, les Grecs disputent aux Troyens le corps de Patrocle. Combien de fois mes pas m’ont-ils mené dans ce sanctuaire du numéro 62 de la rue Vautier ? Combien de fois ai-je trouvé refuge en ces lieux ? Mais un jour, après une réfection du musée, certes réussie (2010), le « monde d’aujourd’hui », celui du business pragmatique, de la spéculation et de l’argent-roi, a décidé que le musée n’ouvrirait plus ses portes le week-end, faute de personnel (ben voyons !), de moyens, de visiteurs. Le musée n’est donc plus accessible aux laborieux que nous sommes, à moins, bien sûr, de demander un congé ou de recruter vingt personnes susceptibles d’allonger ensemble quelques dizaines d’euros : les groupes, eux, sont admis. Finies donc les visites individuelles à l’ermitage de Wiertz. Depuis, une fronde s’est organisée, exigeant la réouverture du musée durant certaines heures du week-end. L’avenir nous dira si celle-ci l’emportera. Nous le souhaitons ardemment.

    Eric TIMMERMANS

     

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    Sources : « Un grand peintre dinantais : Antoine Wiertz (1806-1865) », Michel Hubert, 1er avril 2007 sur www.genedinant.be  / « Histoire d’Ixelles », André Gonthier, 1960, p. 210 / « Ils ont choisi Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2004, p.315 

     

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    Photo de Pierrot Heymbeeck

    Monument Wiertz, place Raymond-Blyckaerts, à Ixelles.