Boitsfort

  • La Maison Haute

     

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    Photo Pierrot Heymbeeck

    LA MAISON-HAUTE, ANCIENNE VENERIE DE WATERMAEL-BOITSFORT

     

    1. Une ancienne vénerie.

     

    La commune du sud de Bruxelles que l’on nomme Watermael-Boitsfort n’est pas de celles que le touriste visite habituellement, du moins pas dans un contexte citadin. De fait, sur les 1293 hectares que couvrent le territoire de Watermael-Boitsfort, 750 sont occupés par la Forêt de Soignes. La commune fera donc principalement la joie des promeneurs et des amoureux de la nature. Toutefois, se serait commettre envers elle une grande injustice, que d’ignorer l’existence sur son sol d’un élément au moins du patrimoine bruxellois ancien, je veux parler de la Maison-Haute, sise au numéro 2 de la place Antoine Gilson où se situe également la maison communale (n°1) de Watermael-Boitsfort.  Nombre de rues, lieux et places de Bruxelles furent débaptisées afin de mettre à l’honneur quelque obscur homme politique local dont le nom devait effacer à jamais une dénomination d’origine qui nous aurait sans doute permis d’en savoir plus sur l’histoire locale ou le folklore de la commune. Watermael-Boitsfort ne fait pas exception. Ainsi, comme le souligne justement le journaliste Louis Quiévreux, évoquant la place Gilson, « cette jolie place, toute vivante de reliques architecturales du passé, dont un des coins s’amorce à la très vieille venelle champêtre dite « Hondenberg » [Colline des Chiens], ne mérite pas le nom impersonnel dont on l’a affublée. » (Bruxelles, notre capitale, p. 191). Tant la maison communale que la Maison-Haute ont toutefois l’avantage de se dresser à peu de distance d’une zone forestière qui constitue la principale beauté naturelle de la région bruxelloise.

     

    2. Un édifice du 17ème siècle.

     

    Nous voilà donc à cette place si mal nommée « Antoine Gilson » d’où nous pouvons voir la maison communale et admirer la Maison-Haute. Bien que l’édifice ait été agrandi malencontreusement au 19ème siècle (suite à l’incendie de 1883), rappelons qu’il était, à l’origine, de style Louis XIV et que nous le devons aux plans de l’architecte Germain Boffrand (Nantes, 1667 / Paris, 1754) auquel un certain Michel Cafmeyer commanda la réalisation dudit édifice, vers la fin du 17ème siècle. Le 16 mai 1687, ledit Cafmeyer obtint enfin, après plusieurs demandes infructueuses, un demi-bonnier de terre sur le territoire de « Bouchefort », moyennant reconnaissance annuelle d’un chapon. Dès qu’il fut en possession de sa terre, Cafmeyer fit entamer la construction de la Maison-Haute. L’importance des dépenses fut telle, qu’en 1713, année de la mort de Cafmeyer (dont la pierre tombale est encore visible en l’église Saint-Clément), alors que la construction n’était même pas achevée, ses héritiers eurent encore à payer des notes d’entreprise. Plusieurs hauts dignitaires de la Vènerie, sur laquelle nous reviendrons plus loin, acceptèrent, dit-on, de participer financièrement à l’édification de la Maison-Haute, voilà pourquoi les armoiries sculptées de ces hauts personnages furent placées aux croisillons des cinq fenêtres de l’étage ; on comptait notamment le blason de Charles VI, les armoiries de Lorenzo del Marmol et les armes du grand veneur, Philippe-François de Rubempré. Mais ces blasons ont été enlevés au début de la seconde guerre mondiale. « On voyait, précisa, en 1950, Georges Smets à Louis Quiévreux, jusqu’en 1940, sur cette façade, de vieux écussons de bois sculptés aux armes des Villegas, des Beughem, des Del Marmol et des Rubempré. (…) Je les ai fait enlever pour les sauver des graves atteintes du temps. » (Bruxelles, notre capitale, p. 192). M. Smets les fit poser sur les murs de la salle à manger. Depuis, il semble que la dernière propriétaire des lieux les ait repris. A la fin du 19ème siècle, la Maison-Haute possédait encore un immense jardin qui fut, hélas, coupé en deux, afin de permettre le percement de l’avenue Delleur. Remarquons que la Maison-Haute est également surmontée de deux girouettes métalliques anciennes, découpées en forme de hure de sanglier. C’est là un rappel symbolique du métier de veneur qu’exerça en son temps Michel Cafmeyer. Mais au fait, pourquoi nommer cet édifice la Maison-Haute ? Tout simplement parce que, jadis, elle dominait une grande partie de la localité.

     

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    Photo Pierrot Heymbeeck

    3. L’intérieur de l’édifice.

     

    Au début des années 1951, Louis Quiévreux rencontra l’occupant des lieux, M. Georges Smets, un descendant de Michel Cafmeyer. Nous avons déjà évoqué la salle à manger où M. Smets avait fait poser les nobles écussons originellement placés en façade, voici la description qu’en fit Louis Qui Évreux : « Cette salle à manger est superbe. Un vieux poêle ne dépare pas une cheminée monumentale portant des étains et des cuivres. Le bac à charbon, c’est une auge de pierre portant, incisés, le nom d’un Depage, ancien propriétaire, et la date 1834. Le plafond aux caissons sculptés, est majestueux. Au-dessus de la cheminée, pendent les bois du dernier cerf tué dans la forêt de Soignes, par Charles de Lorraine, en juin 1780, quelques jours avant la mort du duc. » (Bruxelles, notre capitale, p. 192-193) Et de poursuivre sa visite en ces termes : « L’escalier qui mène aux étages est en chêne et amorcé d’un départ orné d’un chien, car nous sommes ici au centre de l’ancienne vénerie de Brabant. Partout, je vois de belles portes du temps, hautes, massives, avec leurs ornements authentiques. Partout aussi, des meubles d’époque, des toiles, des décorations. » (Ibid., p. 193). Sur le site officiel de la commune de Watermael-Boitsfort, il est ainsi précisé, en ce début d’année 2011, que, de l’habitation d’origine, ne subsiste que deux chambres aux cheminées monumentales, situées au rez-de-chaussée. L’une a été transformée en bar, mais son cachet authentique, traditionnel, a été préservé. Quant à l’autre, il s’agit de la salle à manger qui est aujourd’hui la salle des fêtes. Le reste du bâtiment sert de bureaux à l’administration communale. La partie ancienne de l’édifice a été classée le 6 novembre 1961.

     

    4. Les écuries.

     

    A droite de l’édifice se trouvent les anciennes écuries dont Louis Quiévreux a relevé pour nous cette anecdote : « Cinq porches brabançons s’y remarquent. Selon une curieuse coutume, des fers à cheval, cloués à l’extérieur des écuries, portent les noms de chevaux qui habitèrent ces lieux, où, désormais, plus aucun hennissement ne retentit. Je note les noms de Tom et de Bob (1897), de Don Quichotte, de Marcus (1873), de Chaperon Rouge (1883), de Saintoin (1903) et de beaucoup d’autres animaux qui connurent les courses exaltantes dans la forêt et dont les âmes doivent encore vagabonder, ici, galopantes. » (Bruxelles, notre capitale, p. 193). Les écuries ont été restaurées et servent aujourd’hui de complexe socio-culturel; il s’agit du siège du centre culturel francophone de Watermale-Boitsfort « La Vénerie ».

     

    5. Le Cafmeyer d’Espagne.

     

    La Maison-Haute est aussi connue sous le nom « Cafmeyer d’Espagne ». Nous avons à plusieurs reprises fait allusion au métier de veneur, au grand veneur ou encore à la vénerie. Il se trouve que Michel Cafmeyer, qui fit construire la Maison-Haute, fut, au 17ème siècle, veneur des ducs de Brabant, c’est-à-dire une personne chargée de faire chasser les chiens courants (chasse à courre). Un jour, Cafmeyer entreprit un voyage en Espagne pour offrir au roi Charles II, de la part de la vénerie, une meute de chiens courants brabançons. On imagine sans peine les difficultés que durent représenter pour notre veneur, ce long voyage de Bruxelles à Madrid, avec une trentaine de canidés ! Enfin parvenu à l’Escurial, notre homme demanda audience au roi, mais il lui fut répondu qu’il devrait attendre son tour durant au moins plusieurs semaines, ce qui ne lui plut guère. Aussi alla-t-il se planter à bonne distance des fenêtres de l’appartement royal et commença-t-il à sonner du cor. A cet appel, Charles II, qui était un passionné de chasse, ordonna que Cafmeyer et ses chiens furent reçus sur l’heure. On admira la meute, on congratula le veneur, et ce dernier, de retour dans nos bonnes vieilles terres boitsfortoises et bruxelloises, fit construire la Maison-Haute à laquelle on donna, tout naturellement, le nom de « Cafmeyer d’Espagne ». Authentique ou légendaire, l’histoire est jolie et mérite de rester dans nos mémoires.

     

    6. Les Hugo à Boitsfort.

     

    Victor Hugo était accompagné dans son exil bruxellois par son fils, Charles-Victor Hugo. Celui-ci épousa une demoiselle Alice Lebaene et le jeune couple décida un jour de partir en excursion à Boitsfort. Mais voilà que le soir venu, les jeunes gens n’avaient pas encore regagné le domicile familial, aussi commença-t-on à s’inquiéter. Soudain, un cocher sonna et remit le message suivant, signé par Charles-Victor :

     

    A Boitsfort,

    En sourdine,

    Charles dîne

    Et boit fort.

    Repas tendre.

    Pardonnez

    Et dînez

    Sans attendre…

     

    Alice et Charles se sont-ils arrêtés à la Maison-Haute ? Peut-être, toutefois l’histoire ne le dit pas.

     

     

    Eric TIMMERMANS

     

    Sources : « Bruxelles, notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 191-194.

     

     

     

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    Photo source internet

     

  • Boitsfort

     

     

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    Photo 1

    Cartes de

    HISCIWAB = Histoire et Sciences à Watermael-Boitsfort

    Le ket fait semblant d'allumer "le réverbères". Ce n'est pas une godasse pêché, c'est celui du gamin, pieds nus pour monter mieux!

     

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    Photo 2

     

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    Photo 3

    La Place Wiener.

                 C'est sous le mayorat de Léopold Wiener(7ème bourgmestre de Watermael-Boitsfort) que l'on combla l'étang de la"Villa"(qui allait devenir la Maison Communale). Les terrains ainsi récupérés furent lotis et l'on y consrtuisit des rues et l'actuelle place Wiener.        

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    Photo 4

     

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    Photo du 14 janvier 2010 

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    Photo 5

     

    Photo 5 & 6 -La rue Middelburgh est une des artères les plus anciennes de Boitsfort. Partant de la place Wiener,comme sur la photo,elle rejoint la chaussée de la Hulpe à hauteur du grand étang de Boitsfort,anciennement appelé étang du Moulin car un moulin domanial s'imposait face à l'étang.

    C'est l'arrêt des facteurs et wattmans à "l'arrêt du tram". Dans la vitrine de la papeterie une belle collection de cartes postales.

     

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     Photo 6

    La même rue quelques décénies  plus tard.

     

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    Photo 7

     

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    Photo 8

    Photos 8 & 9 = "Le Repos des Chasseurs".
    Les Boitsfortois nommaient l'endroit"Chez Rosse Michel". Avant l'actuel bâtiment du restaurant, l'ancien propriétaire(Ceuppens) y avait installé un atelier de mécanique automobile.

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    Photo 9

     

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     Photo 10

     

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    Photo 11

    Photos 11 & 12 = La Place Keym, en 1959, où passait le tram 33 que JacquesBrel utilisait pour aller manger des frites chez Eugène!

    Ce n'était pas Eugène Keym,échevin à Watermael-Boitsfort depuis 1904 jusqu'après la 1ère guerre mondiale. Pendant celle-ci,il a assuré l'intérim du bourgmestre Henri Delleur. 

     

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    Photo 12

     

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    Place Keym le 14 janvier 2012

     

     

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    Photo 13

     

    Photos 13 & 14
     

    Le café de la Salle d'attente, tenue par la Veuve Van Cutsem.
     
    Actuellement, garage Renault.
     
    On doit à l'architecte E.-J.Robert, un employé de la SNCB qui en établit les plans en 1884, la charmante station de Watermael toute proche, qui inspira longtemps le peintre Paul Delvaux, à l'époque où il vivait à proximité, avenue des Campanules.

     

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    Photo 14

     

     

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    Photo 15

     

    Nous sommes dans le haut de la rue Théophile Vander Elst.
    S'y rejoignent à gauche le deuxième tronçon de la rue Vander Elst qui part de la place Keym, et à droite la rue des Bouleaux.
    Hors photo , à gauche , se trouve le haut de la rue des Epicéas et à droite, la rue Frémineur et l'avenue Coloniale.

     

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    Photo 16

     

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    Photo 17

     

    Ici, nous voyons la rue Théophile Vander Elst qui, cette fois , descend vers la place Eugène Keym (à gauche) à noter que le tram y passait dans les deux sens et à droite, un chemin qui deviendra dans les annèes 1950 la rue des Epicéas.

     

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    Photo 18

     

     

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    Photo 19

     

    Café-laiterie de la Pêche Royale, actuellement "Les Pêcheries", située le long de la rue Homonyme.

    Cette rue a formé durant des siècles une très importante liaison entre Watermael et Auderghem car elle apparaît sur la carte du Comte de Ferraris (1771).
    Elle figure aussi dans l'Atlas des communications Vicinales (1843) où elle est nommée Diepeweg.

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    Photo 20

     

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    Quartier des "Pêcheries"
    Années 70
    Dressage pour chiens, francine fait la moue, elle est mécontente du résultat. 

     

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    Photo 21

     

    Nous sommes Place Eugène Keym (anciennement Place de Watermael).
    A gauche , la rue des Bégonias, à droite la rue des Cèdres qui mène à l'église Saint-Clément.

    A l'extrême gauche et hors photo ancienne, toutes les rues actuelles, soit Sauvagine, Martin-Pêcheur et Col Vert ne sont pas encore tracées, et l'on se rendait à Ixelles en remontant la rue du Roitelet (y compris en tram...) 

     

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    Photo 22

     

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    Eglise Saint-Clément - Photo des années 70, Pierrot Heymbeeck

     

     

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    Photo 23

    L'étang dit "de Boitsfort" en 1908. Il a été amputé deux fois :d'abord vers 1866, puis dans les années 1950 pour faciliter l'entrée de Bruxelles lors de l'exposition Universelle de 1958.

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    Photo 24

     

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    Photo 25

     

    Presque rien n'a changé! Nous voici à l'angle du Dries, qui passe de droite à gauche de la photo.
    Devant nous,l a rue de l'Elan avec ses logements sociaux(aujourd'hui"Ville et Forêt").
    Derrière nous (ou plutôt derrière les photographies), la rue de l'Elan s'élance vers l'avenue Emile Van Becelaere. 

     

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    Photo 26

     

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    Photo 27

     

    Photos 27 & 28 -De mémoire d'homme, le coin droit du lieu où se rejoignent l'avenue de Visé et l'avenue du Bois de la cambre a toujours été un café ou un restaurant (le coin gauche également).

    Notons que l'avenue de Visé, en référence aux massacres allemands à Visé en 1914, s'est appelée tour à tour "rue d'Ixelles" puis "rue du Tram".

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    Photo 28

     

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    Photo 29

     

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    Photo 30

     

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    Photo 31

     

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    Photo 32

     

    La Place Wiener.
    C'est sous le mayorat de Léopold Wiener (7ème bourgmestre de Watermael-Boitsfort) que l'on combla l'étang de la "Villa" (qui allait devenir la Maison Communale). Les terrains ainsi récupérés furent lotis et l'on y consrtuisit des rues et l'actuelle place Wiener.        

     

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    Photos de Janvier 2012 

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    Une des premières stations sur la ligne du Luxembourg inaugurée en 1854, avec un air de pinpants, propre, immaculé.

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