Personnages Populaires - Page 2

  • Henri Stroobant

     

     

     

     

     

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    Photo de Yves Keymolen

     

    Presque tous les gens de la Marolle se faisaient enterrer par les pompes funèbres Henri Stroobant
    Petite fille, francine et d'autres enfants jouaient avec le fils Philippe dans l'atelier entre les cercueils.

     

     


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    rue Haute, à droite le cinéma RIALTO

     

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    rue Haute, à droite le cinéma CARLY

     


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    Le tram 48, traverse la rue Haute et s'engage Place de la Chapelle.
    Nous sommes en avril 1958.

     

  • Marchands Ambulants

     

     

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    On peut lire sur la charette de la laitière "LAIT GARANTI PUR"
    Au laitier de la Marolle, il était fréquent de lui poser la question
    TES GIN WOUTER IN A MELK ?

     

     

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    Quai du Charbonnage - Molenbeek Saint-Jean

     

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    Merci à Guillaume Kekenbosch - Molenbeek Saint-Jean.

     

     

     

     

     

     

  • Jef Bourgeois

     
    Artiste peintre,Prince des Marolles et conservateur du musée des marionnettes de Toone.
     
     

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    Les deux Géants, représentent les Grands Parents de Jef Slagmulder (voir une étoile est née sur le blog). Jef Bourgeois se trouve à l'extrème gauche. 

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    Jef Bourgeois entre les parents de Jef.

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    Les gens entrent dans l'église de la Chapelle.

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    Funérailles de Jef  Bourgeois eu lieu en mars  1986 - Merci à Jef Slagmulder pour les photos.
     
     
     

                                 JEF BOURGEOIS, LE PEINTRE DES MAROLLES

     

    « Un Marollien, Monsieur, et surtout un « breugelien », naît, vit et meurt philosophe !... » (Jef Bourgeois (1).

     

    1. Jef en deux mots.

     

    Jef Bourgeois naquit le 26 octobre 1896, rue de la Philanthropie, dans le quartier de la rue Haute, où il passa toute sa jeunesse. C’est par la rue de la Philanthropie que l’on accédait à l’impasse des Liserons où Toone I (Antoine Genty) avait établi son théâtre. C’est dire à quel point Jef Bourgeois était prédestiné au rôle de défenseur des Toone qui allait être le sien des décennies durant ! A l’âge de 17 ans, Jef entra comme aide-sculpteur aux établissements Wolfers, où il travailla durant un demi-siècle, secondant son maître, Marcel Wolfers. Las, la sculpture ne permettait pas à Jef d’améliorer son ordinaire, aussi décida-t-il de se tourner vers la peinture. Il fréquenta ainsi plusieurs peintres de renom et s’adonna lui-même à l’art du grand Breughel pour lequel il éprouvait une authentique passion. On lui doit des dizaines de tableaux représentant notamment La chambre à coucher de Toone. De fait, les marionnettes de Toone étaient sa spécialité, et nous verrons que sans plusieurs interventions de celui que l’on surnomma « le peintre des Marolles », voire même le « prince des Marolles », le Théâtre de Toone, qui constitue véritablement l’âme du Vieux Bruxelles, aurait disparu depuis bien longtemps. Jef Bourgeois était un peintre naïf qui aimait les couleurs chatoyantes. En mai 1962, il obtint le 1er prix au concours de peinture organisé par les Antiquaires du Sablon. Mais Jef Bourgeois vit aussi lentement dépérir ses Marolles, en proie à bien des bouleversements sociaux et démographiques, ainsi qu’à l’accroissement de l’emprise d’un certain folklore quelque peu pédant, superficiel et dénué de toute sincérité. Tout passe, les hommes et les choses. Il en fut également ainsi pour Jef Bourgeois qui s’éteignit un jour de l’année 1983*

    *Jef Bourgeois est donc décédé le 6 mars 1986. Pierrot, pourrais-tu ajouter cette info à mon texte sur Jef Bourgeois ? :-) Merci Eric.

     

    2. L’antre de la rue Haute.

     

    La seconde « maison-atelier-musée » de Jef Bourgeois –la première, celle du n°180 de la rue Haute, ayant été détruite par une bombe volante en 1944-, telle que la nomma en 1969 Marcel Vermeulen, était située aux numéros 205-207 de la rue Haute, celle-là même où Toone VI-Welleman devait être intronisé « roi de la marionnette », le 6 octobre 1952, au cinéma Rialto. Une plaque commémorative placée à cette adresse et que l’on doit à Verhasselt, représente Jef Bourgeois. « Qui se douterait, écrit Marcel Vermeulen (1), passant rue Haute, qu’entre deux commerces de jeune mine, un étroit passage défendu par une porte anonyme, ouvre sur un monde oublié ? C’est une impasse en « bretelle », aux murs lépreux, aux poutres qui datent de l’époque espagnole. Au fond, à gauche, on longe l’atelier d’un tailleur, puis, par un escalier de poupée, on accède à la maison-atelier-musée de Jef Bourgeois. Et, dès le seuil, des marionnettes vous saluent. On se croirait dans le vieux Palerme. Mais non, on est dans les Marolles ! » Et le journaliste de nous décrire ensuite, avec une grande minutie, l’antre de Jef Bourgeois : « On y voit de tout, dans un mélange de bon goût : bronzes, étains, cuivres, peintures et sculptures d’artistes réputés, plantes vertes et fleurs séchées, petits chevaux de bois et « poesjenelles », pots à bière et objets du folklore bruxellois, images religieuses et, tout à côté, des images grivoises. Un antiquaire aurait, ici, des palpitations. »   

     

    3. La rue des Minimes et l’ancien « atelier-musée » (rue Haute n°180).

     

    Natif de la rue Haute, Jef Bourgeois habita aussi la rue des Minimes, non loin de Jules Destrée, qui occupait le numéro 45. Cet homme politique et écrivain, considéré comme l’un des pères du régionalisme wallon, devait passer les quinze dernières années de sa vie dans cette maison, où il décéda le 2 janvier 1936. Destrée recevait nombre d’artistes, de journalistes et d’hommes politiques, que Jef rencontrait ou invitait parfois chez lui : « Ce que j’ai pu en voir du monde alors ! Et dans mon jardin, en plein cœur de la ville ! Plein d’oiseaux et de fleurs, et j’avais des arbres fruitiers, entre autre un fameux cerisier ! Tout le monde appréciait mes cerises, y compris les merles…et les ketjes ! » (1). En 1944, Jef Bourgeois est installé au n°180 de la rue Haute. Mais dans la nuit du 22 novembre de cette année funeste, une « bombe volante », soit un V1 allemand (le seul à avoir frappé Bruxelles-Ville !), tomba dans le jardin de Jef et souffla tout son atelier. Le malheureux artiste fut sauvé de justesse par une solide poutre qui maintint son lit à l’étage et se retrouva dans son lit à contempler le désastre : sa précieuse collection avait été anéantie ! « Si vous aviez connu mon « musée » de cette époque-là ! Hélas ! il n’en est pratiquement rien resté, et il m’a fallu vingt-cinq ans pour constituer celui-ci, patiemment, sous par sou… » (1). Il faut croire que le régime nazi nourrissait une haine particulière à l’égard des Marolles et de l’âme bruxelloise, à moins qu’il ne faille, plus rationnellement, s’en remettre au grand manque de précision des armes de cette époque. Quoiqu’il en soit,  ce V1 pulvérisa également la porte de la cave de Toone, alors située impasse de Varsovie (rue Haute n°184), non loin de chez Jef Bourgeois. La voûte de la cave s’effondra et pas moins de 75 marionnettes disparurent dans le sinistre.

     

    4. Le défenseur de Toone.

     

    Au temps de l’enfance de Jef, le quartier des Marolles comptait une dizaine de théâtres de marionnettes que notre futur « peintre des Marolles » fréquentait avec la plus grande assiduité. Et chaque soir, ces théâtres faisaient salles combles.  On dit que le cœur de Jef Bourgeois, grand amateur de théâtre et familier de l’écrivain Michel de Ghelderode, appartenait pour moitié à son quartier et pour l’autre moitié aux marionnettes. Dans ce quartier des Marolles où une partie de la vie sociale s’organisait autour des poesjenellekelder (caves de marionnettes), comment s’en étonner ? Le plus connu de ces théâtres était, et est aujourd’hui plus que jamais, celui de Toone qui, comme nous l’avons dit, doit en grande partie sa survie au dynamisme et aux interventions de Jef Bourgeois qui le sauva plus d’une fois du désastre. Ainsi, en 1931, lorsque Toone V (Daniel Vanlandewijck) décida de bazarder ses marionnettes, Jef racheta le jeu avec l’aide financière du maître-sculpteur Marcel Wolfers, patron de Jef mais également protecteur de Toone. Finalement, Toone V les récupéra pour à nouveau les vendre, mais cette fois, à des brocanteurs. C’est là que Jef Bourgeois va alerter l’opinion publique et créer, avec Wolfers et Dupierreux, l’association des « Amis de la Marionnette ». Celle-ci loua une cave rue Christine, alors que Jef entreprenait de racheter les armures des marionnettes et le « Lion de Flandre », vendu par Vanlandewijck. En 1932, c’est le facétieux Jef qui tenait la corde du rideau qui se refusait obstinément à tomber sur la « représentation scandaleuse » conspuée à l’époque par les puritains : on y voyait Woltje s’activer avec énergie dans un lit également occupé par une mokske de son choix ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fit parler de Toone ! En 1937, c’est Jef Bourgeois qui fournit à Toone VI-Welleman, le matériel nécessaire pour assurer la succession des Toone V. C’est Jef encore qui, avec José Géal (Toone VII), écuma tout Bruxelles pour trouver une maison pour les marionnettes, expulsées des Marolles par la promotion immobilière, en 1963. Comment s’étonner, dès lors, que parmi tous les titres qu’on lui a donné, c’est celui de « Conservateur du Musée de Toone » que Jef Bourgeois préférait.

     

     

    Eric TIMMERMANS

    Bruxelles, le 23 juillet 2012.

     

    Sources : « Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 120-121, 257 / « Ils ont choisi Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2004, p.51 & 103 / « Jef Bourgeois, le peintre des Marolles », Marcel Vermeulen, Le Soir, 27/04 – 28/04/1969 (1) / Toone et les marionnettes de Bruxelles, A. Longcheval et L. Honorez, Paul Legrain, 1984, p. 111, 117-119 / Traditions de Bruxelles, Alain Viray, Marabout, 1979, p. 127.