• Gérard Lardé

    Première parution ; novembre 2009



    La Boite à images de Gérard Lardé

    Un ket de Notre Dame-au-Rouge
    de 1920 à 1970

     

     

    Gérard Lardé
    Photo 1

    Gérard dans le petit parc de la Place Anneessens
    à l'arrière on aperçoit le début de la rue des Vierges

     

     

    Sans titre - 4
    Photo 2

    Ecole gardienne de la rue de la Buanderie
    sur cette photo se trouve plusieurs amies d'André BOLSIUS
    Monique De Gyns, Jenny Tondeur, André Aketer, Marie Jeanne, Pierrot César, Pierrot Heymbeeck. 

     

    Hofstade
    Photo 3

    Ecole 4 

    A 1 Benjamin RODRIGUEZ - A 2 Pierrot HEYMBEECK - A 3 Tony WAUTERS - A 4 Georges CROMBE

    B 1 Jean DEBOUDT - B 2 Pierrot CESAR - B 3 Louis TALON - B 4 Gérard Lardé - B 5 Maurice KOLL - B 6 Jef VANDENBORGHT - B 7 Marcel COSSIN

     

     

    Ecole 4 Crombé + Gérard
    Photo 4

    La cour de l'école 4

     

     

    Gérard Lardé cour école 4
    Photo 5

     

     Encore la cour de l'école 4

     

    ecole 4 gérard + léon
    Photo 6

    L'école 4 en voyage scolaire

     

     

    Gérard + bome
    Photo 7

    Ecole 4 - A 3 Gérard Lardé
    Le gars du milieu a un petit problème quelques part.

     

    Gérardin
    Photo 8

    Pierre Gérard, parrain de... Gérard Lardé

     

     

    Match Baré Gérardin
    Photo 9

    Match Baré (père d'Arthur et oncle de Serge) contre "Gérardin" Pierre Gérard
    Phoro Filma Press -  5, rue de la Poterie 5

    Le match eut lieu dans une salle située rue des Navets

     

     

    foot 25
    Photo 10

    Equipe de foot du quartier - années 1925 ?

     

    foot 30
    Photo 11

    Equipe de foot du quartier - années 1930 ?

     

     

    Royal IV
    Photo 12

    Equipe des jeunes du Royal IV
    Place Anneessens
    B 1 Gérard Lardé

     

     

    Basket 3
    Photo 13

     

    A 1 Benjamin A 2 Veugelen - A 3 Gérard (surnom Speck)

    Basket 2
    Photo 14

    A 1 Benjamin - A 2 Charles Middagh - A 3 Roger Feugelen - A 4 Gérard Lardé -
    B1 Monsieur Vrankx (prof de gym à Charles Buls), B 2 Fons Panneels - B 3 René,Picollo

     

     

     

    Gérard + Gust + Jean
    Photo 15

    Kermesse Notre Dame-au-Rouge

    A 1 Gérardé Lardé A 2 Gust Lardé - A 3 Jean VANDENBORGHT (Jerry - Lewis).

     

     

    rue du Vautour - Gust et Gérard
    Photo 16

    rue du Vautour, dans le fond la rue d'Anderlecht

    Gérard et Gust sur une "trot"

     

    rue du Vautour - Marcel + Jean Pierre Peeters
    Photo 17

     rue du Vautour

    Ligne blanche du terrain de balle pelote

     

     

     

    Jean MERTENS
    Photo 18

    Jean, le fils de "MASTIC" et de Julienne.

     

    Jefke
    Photo 19

    Le ptit Jef

     

    Jefke Gérard et Pierke
    Photo 20

     Au Revoir à tous

    A 1 le ptit Jef - A 2 Gérard - A 3 Pierke CALOENS -  DCD

     

    Gérard Lardé

     

     

    15novembre 006
    Photo Nelly Kekenbosch

     

    A 1 Marie Jeanne (femme de Gérard - A 2 Gérard - A 3 Pierrot

  • La rue des Visitandines

     

    22-rue-de-visitandines.jpg

     Photo n° 1 - rue des Visitandines, 22.

     

                                               LA RUE DES VISITANDINES


    1.De la rue d’Argent à la rue des Visitandines (17e siècle).

     

    A l’origine, cette rue, longue de 130m, et qui se trouve dans le prolongement de la rue de la Chapelle, était connue sous le nom de « rue d’Argent ». C’est au coin qu’elle forme avec la rue des Brigittines que se trouve l’ancienne église des Sœurs de Sainte-Brigitte (Brigittines). La rue, qui existait déjà au 15e siècle, reçut sa dénomination actuelle en 1670, du fait de la présence en ces lieux du couvent des sœurs de la Visitation de Notre-Dame. Ces religieuses, établies primitivement à Mons, avaient demandé, dès 1648, l’autorisation de fonder un établissement à Bruxelles. Le magistrat s’y opposa car elles ne pouvaient prouver qu’elles pouvaient subvenir à leurs besoins sans être à la charge des habitants. Le conseil de Brabant en décida finalement autrement en 1660. Les Visitandines virent, en outre, leur demande appuyée par le puissant prince de Condé. Comme le magistrat voulait plaire à ce dernier, il accepta la demande des religieuses, tout en continuant à exiger qu’elles ne vivent pas à la charge de la population. Par la suite, la maison mère de Mons envoya quatre religieuses à Bruxelles où elles achetèrent l’hôtel de feu la douairière de Chimay. Elles en obtinrent l’amortissement en 1687. Ce couvent était toutefois peu étendu et la chapelle se trouvait dans une salle. Sur un plan de 1782, la rue des Visitandines est nommée « rue du Jardin Rompu » (« Gebroken hof », soit, plus précisément, « ferme en ruine »).

     

    plan.jpg

    2.Sous le régime français (1792/1794-1814).

     

    En 1797, sous le régime français, les Visitandines furent obligées de quitter Bruxelles. Le couvent fut transformé en caserne de gendarmerie. Les Français rebaptisèrent la rue des Visitandines, « rue du Contrat Social ». Mais en 1812, sous le Premier Empire, on la connaît à nouveau sous le nom de rue des Visitandines.

     

    3.Sous le régime hollandais (1815-1830).

     

    Sous la domination hollandaise, on en fit un hôpital pour les convalescents. Les Visitandines eurent beau réclamer leur propriété, elle ne leur fut jamais rendue. Et en 1829, la ville de Bruxelles l’abandonna aux Sœurs-Noires.


    4. Dans le royaume de Belgique.

     

    Au milieu du 19ème siècle, Eugène Bochart dresse un portrait peu flatteur de la rue des Visitandines, lorsqu’il souligne que dans les ruisseaux de cette rue « grouillent pêle-mêle, au milieu de tas d’ordures, de malheureux enfants dégoûtants de malpropreté. » (Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles, p.545). C’est alors, effectivement, une rue extrêmement pauvre et populeuse. A cette époque, la rue des Visitandines comptait pas moins de neuf impasses dans lesquels s’entassaient 521 habitants. On a retenu les noms des impasses de l’Amitié, de Beersel, du Hêtre, Deneubourg, des Nonnes, Saint Thomas, de la Tentation, Van Calck et de la Pivoine. Cinq d’entre elles existaient encore en 1920 et l’impasse Deneubourg était la plus connue : on y comptait 134 habitants qui étaient presque tous des fripiers, des brocanteurs et des trieurs de vieux vêtements destinés au Vieux-Marché. Dès 1954, toute cette industrie disparut pour laisser la place à des blocs d’habitations sociales. Dans la valse des expropriations, on compte M. De Clercq, propriétaire du Grooten Hof, la brasserie-jardin des arbalétriers. Un pas supplémentaire vers l’insipide modernité : le dernier café-guinguette de Bruxelles fut sacrifié sur l’autel d’un prétendu « progrès ». Et les voix qui s’élevèrent pour la défendre le firent en vain. Cet estaminet si typiquement bruxellois avait « son comptoir et ses tables anciennes, ses naïves peintures, son jardin aux tables ombragées par de grands arbres, ses stands de tir à l’arbalète, le grand escalier extérieur menant à la salle du premier étage où se réunissent les sociétés d’arbalétriers, plus vivantes que jamais, salle dans laquelle on pouvait voir non seulement les emblèmes et les coupes d’honneur, mais encore les cahiers de procès-verbaux remontant à plusieurs siècles, et des archives du « Grand Serment Royal et Noble des Arbalétriers. » (Jean d’Osta). Certains des murs de cet établissement étaient tricentenaires : il s’agissait des vestiges du petit couvent des Visitandines qui furent réutilisés et aménagés en brasserie vers 1830.

     

    Eric TIMMERMANS.

     

    Sources : « Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles », Jean d’Osta, Le Livre, 1995 / « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981.

     

  • Les Brigittines

     LETRANGE DESTIN DE LEGLISE DES BRIGITTINES

     

    pour-le-blog.jpg

    Photo 1
    Francine Köhne - octobre 2013

     

    1. Le site des Brigittines.

     

    1.1. La rue des Brigittines.

     

    L’église des Brigittines, bien que située au numéro 5 de la rue de la Chapelle, longe les restes peu glorieux de la rue des Brigittines, amputée de son tiers inférieur par la jonction ferroviaire Nord-Midi. En compensation, on donna également le nom de cette dernière à l’artère qui longe le viaduc ferroviaire entre la rue de la Chapelle et la rue Vanderweyden. La rue des Brigittines, qui monte de la rue du Poinçon pour rejoindre le point de rencontre des rues de la Chapelle, Notre-Seigneur et des Visitandines, était déjà connue à l’époque médiévale. Elle ne porta toutefois pas toujours le nom qui est le sien aujourd’hui. A l’origine, on la connaissait sous la jolie appellation de « rue de la Fontaine du Hêtre » (ou Buckborrestraat en thiois) tout simplement parce que dans sa partie inférieure, qui resta longtemps agricole, était établie une fontaine munie d’une pompe et ombragée par un hêtre, ce qui est confirmé par un document des archives de Saint-Géry daté de 1485. Le tracé de la rue des Brigittines n’évolua pratiquement plus entre 1567 et le début du 20ème siècle. A noter encore que c’est à l’emplacement de la rue des Brigittines, vraisemblablement dans la première moitié du 14ème siècle, que s’établit la première tannerie bruxelloise autour de laquelle d’autres tanneries allaient se regrouper par la suite.

     

    1.2. Une église abandonnée dans un quartier dévasté.

     

    Image étrange et paradoxale que celle de cette église des Brigittines enlevée au culte depuis plus de deux siècles et qui se dresse encore dans un quartier qui est la représentation même de ce type de désastre urbanistique que l’on a baptisé du nom de « bruxellisation ». « La rue des Brigittines traverse aujourdhui un site désert et désolé. Elle na plus une seule des soixante maisons particulières quelle posséda. Qui se souvient encore de sa « Salle Rubens », rendez-vous des étudiants de lUniversité de la rue des Sols ? On a oublié ses épiceries populaires, ses cafés, son bollewinkel, son brocanteur, ses beaux balcons de fer forgé. On a oublié aussi que les Républicains français donnèrent à la rue des Brigittines un nom plus laïque : rue du Dix-Août (avec un trait dunion). Mais que sest-il donc passé le 10 août ? » (Jean d’Osta). Mais la prise des Tuileries, Monsieur d’Osta, le 10 août 1792 ! Cela va sans dire ! Encerclée par le chemin de fer, la piste en béton des jeunes adeptes de la planche à roulettes et les logements sociaux construits par le Foyer Bruxellois au début des années 1970, l’église des Brigittines résiste toujours, malgré une histoire, comme nous allons le voir, particulièrement mouvementée.

    1.jpg
    Photo 2

     

    2. Létablissement dun lieu de culte.

     

    2.1. Lorigine dun ordre.  

     

    C’est en 1346, à l’initiative de Brigitte de Suède (1302-1373) qu’est créé l’ordre du Saint-Sauveur, dit des Brigittines. Il s’agit, à l’origine d’un ordre contemplatif essentiellement féminin (60 religieuses et 25 religieux réunis sous l’autorité d’une abbesse). En 1466, on note que le monastère « Maria-Troon » est installé à Dendermonde, en Flandre. C’est le premier monastère de ce type à s’établir dans les Pays-Bas méridionaux. Nombre de maisons des Brigittines eurent à souffrir des guerres des religions et des progrès de la Réforme (16ème). Aussi, de nombreux monastères furent-ils construits dans le courant du 17ème siècle.

     

    2.2. Les Brigittines à Bruxelles.

     

    Le 5 février 1621, le magistrat de Bruxelles autorisa les Brigittines, originaires de Dendermonde, à s’installer dans la ville. Toutefois, ce n’est que le 23 juillet 1623 que la fondatrice, Barbara Tasse, abbesse du Couvent de Termonde, et six sœurs, recevront de l’archevêque de Malines, Jacques Boonen, l’autorisation de s’installer à Bruxelles. De fait, cette installation à Bruxelles était conditionnée par la possession d’un avoir susceptible de permettre l’acquisition d’un immeuble et de pourvoir aux besoins de la communauté. L’Infante Isabelle donna également son accord le 8 août et les sœurs s’installèrent à Bruxelles le 18 octobre. Elles s’établirent au coin de la rue des Brigittines (n°2) et de la rue des Visitandines (n°1) qui, à l’époque, portait le nom de « rue d’Argent ». C’est à cet endroit qu’elles firent, ultérieurement, bâtir un couvent. La construction de ce dernier commença en 1652. En 1624, c’est l’infante Isabelle elle-même qui posa la première pierre d’une chapelle que les Brigittines voulaient établir à la rue Haute, où elles vécurent d’ailleurs durant une trentaine d’années (en face du couvent de Saint Pierre), dès 1625. Toutefois, concernant la chapelle, elles changèrent d’avis et firent finalement édifier une église, à l’endroit où elle est encore visible de nos jours, entre 1643 et 1701. A noter que plusieurs personnages de haut rang se firent enterrer dans l’église des Brigittines : Charles de Locquenghien, baron de Melsbroeck, décédé en 1670, de même que Lord Bruce, comte d’Ailesbury et sa seconde épouse, Charlotte d’Argenteau, comtesse d’Esneux. En 1693, on bénit solennellement une cloche qui fut hissée dans la tour de l’église, mais lors du bombardement de 1695, cette tour fut détruite. Le monastère fut également fortement touché. Mais ce n’est pas l’artillerie du maréchal de Villeroy qui mit un terme à la vocation religieuse de l’église des Brigittines, mais bien la politique de l’empereur autrichien Joseph II.

     

    3. Une église qui servit à tout et à tous.

     

    3.2. Sous le régime autrichien.

     

    Le 17 mars 1783, un édit promulgué par Joseph II décrète, dans l’ensemble des Pays-Bas autrichiens, la suppression des maisons religieuses, considérées comme inutiles. Son but est, en fait, de limiter le poids immobilier et économique excessif des religieux (tout particulièrement les contemplatifs). C’est ainsi que, parmi bien d’autres congrégations religieuses, les Brigittines furent supprimées. Les reliques qu’elles possédaient furent transférées en l’église Notre-Dame de la Chapelle. Là commença pour l’église des Brigittines, un parcours bien étrange. En 1786, une partie des bâtiments du couvent, exception faite de l’église, servit de casernement pour les grenadiers d’Alviuzy, puis de pharmacie militaire. En 1789, sous la direction du libraire Ermens, on réunit dans l’ancien couvent des livres provenant des abbayes et des couvents supprimés. On procéda, par la suite, à la vente de ces livres. Il semble que l’église servit également de…temple protestant. En 1792, c’est dans l’ancien couvent des Brigittines que furent détenus les prisonniers de guerre français, capturés le 7 janvier, à Tournai. L’ancien couvent et son église serviront ainsi, à plusieurs reprises, de dépôt pour des prisonniers de guerre. 

     

    3.2. Sous le régime français.

     

    En 1794, l’église des Brigittines est reconvertie en chauffoir public avec lits pour les indigents. En 1797, on pouvait encore voir dans l’église des Brigittines, une statue du Bon Pasteur, mais elle fut enlevée par les soldats français, au mois de décembre. En 1798, le Conseil municipal voulut remplacer ce chauffoir par une école destinée à des élèves issus de la « petite bourgeoisie » mais les bâtiments des Brigittines furent finalement vendus comme « bien national » à un particulier et servirent bientôt à entreposer du bois et des tonneaux de bière.

     

    3.3. Dans la Belgique du 19ème siècle.

     

    En 1839, l’église fut transformée en abattoir et en boucherie par un nouveau propriétaire. En 1851, celui-ci y exécuta d’importants travaux de restauration et sépara la nef en deux niveaux : le rez-de-chaussée resta une boucherie publique, mais le premier étage devint une salle de conférence et une salle de bal pour certains jours de fête. Celle-ci était essentiellement fréquentée par les dentellières et les nombreux ouvriers des fabriques que comptait alors ce quartier. On y dansa le dimanche pendant plus de trente ans et l’on y tint nombre de réunions politiques. Ultérieurement, le rez-de-chaussée allait être aménagé en hall d’exposition industrielle, puis en centre de tri postal. A la fin du siècle, l’église tomba en désuétude et sombra dans l’oubli.

     

    3.4. Dans la Belgique du 20ème siècle.

     

    En 1911, commencèrent les travaux de la désastreuse « Jonction Nord-Midi ». Ils furent arrêtés temporairement par la guerre, en 1914. Lorsqu’ils reprirent, on envisagea de raser le quartier, vestige d’un passé et de traditions qui font figure d’injures au modernisme triomphant dont Bruxelles aura, au cours de son histoire, tant à souffrir. La rue des Brigittines fut partiellement détruite : ne seront temporairement épargnés que le haut de la rue, avec la petite église et quelques maisons y attenantes. On reconnut toutefois que l’église des Brigittines représentait un intérêt historique et architectural indéniable. Aussi le conseil communal décida-t-il de la conserver, lors de sa séance du 13 mars 1922, décision qui devait être confirmée par un arrêté royal, le 20 juillet de la même année. On décida également de rénover l’église, rénovation qui ne sera cependant effectivement réalisée qu’une cinquantaine d’années plus tard… Le 30 juin 1953, l’église, quoique désaffectée en tant que bâtiment religieux, fut classée dans son entièreté. Au début des années 1960, bien qu’étant dans un état lamentable, l’église des Brigittines survécut, seule, à l’œuvre de démolition des excavateurs. En 1963, elle devint un centre pour archives et le siège de diverses sociétés folkloriques et historiques. Plusieurs projets suivront, tous avortés. Des travaux de restauration furent enfin entrepris, entre 1970 et 1975. En 1974, on plaça des vitraux, mais ils furent détruits à coups de pierre par des vandales. Le « Foyer Bruxellois » fit construire, à l’emplacement de l’ancien couvent, un horrible immeuble de onze étages nommé « Complexe des Brigittines ».  Bref, le « nouveau Bruxelles » avançait ses pions. Les Brigittines accueillirent bientôt des spectacles de danse et de théâtre. Aussi, durant les années 1990, la Chapelle des Brigittines obtint-elle progressivement les moyens nécessaires pour devenir un centre dit « d’Art contemporain du Mouvement et de la Voix ».

     

     

     

    lan-popp.jpg

     

     

    Lire la suite

  • LEXIQUE DE TERMES BRUXELLOIS

                                         LEXIQUE DE TERMES BRUXELLOIS

     

    A la mémoire de ma grand-tante paternelle, Maria Vercaeren, et de mon grand-oncle paternel, Corneille De Mesmaecker.

     

    A.

     

    -Allez / Alleï ! : Au moins aussi courant que le célèbre « une fois », le terme allez, que l’on prononce volontiers alleï à Bruxelles, se retrouve dans de nombreuses phrases et dans de nombreuses situations. Cela relève pratiquement du tic de langage. Ex. : Alleï, dis, fieu, tu vas quand même pas te mettre à chialer, mènant, hein ? (Allez, dis, mon vieux, tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer, maintenant, hein ?). ; Bon, allez, on va peut-être tout doucement y aller ?; Mais alleï, fieke, est-ce que tu peux me dire, mènant, pourquoi moi j’aurais été lui dire ça, alleï !

    -Amaï : Exclamation très courante mais également assez ingrate, amaï est pratiquement intraduisible. Elle sert à exprimer l’étonnement, l’incrédulité, l’admiration ou la consternation.

    -Arranger : En français, le verbe « arranger » apparaît comme un synonyme de « mettre en ordre », de « résoudre ». Mais à Bruxelles, se faire arranger, c’est se faire rouler dans la farine, se faire escroquer ! Quant à être bien arrangé ou salement arrangé, cela signifie que vous êtes mal en point, parce que vous êtes malade, parce que vous êtes blessé ou parce que vous êtes ivre, par exemple ! Être scheille arrangé, cela veut donc dire que vous êtes complètement bourré !

    -Aubette : Désigne un kiosque à journaux, un abri-bus. Ex. : Vite, on va aller se mettre sous l’aubette pasqu’y pleut.

    -Autostrade : Terme désuet, dérivé de l’italien « autostrada » et servant à désigner une autoroute ou, à tout le moins, une importante artère vouée à la circulation automobile. A Bruxelles, on prononce « autostraat », vraisemblablement parce que le mot « straat » (« rue » en thiois), s’est aisément confondu avec le suffixe « strade », et on l’utilise au féminin « une autostrade », comme « une autoroute ». Ex. : Astableef, dis, t’as vu le carambolage d’hier soir sur cette austrade qu’on a toujours dit qu’elle était dangereuse ?

    -Aven taaid : Ancien temps, époque révolue, jadis, naguère.

    -Awel ! : Eh bien ! S’exprime pour souligner une incompréhension, une incrédulité, une stupéfaction. Ce terme s’accompagne souvent du mot « merci » qui est supposé souligner la stupéfaction. Ex. : Et donc, malgré tout ce que cet ivrogne a fait, on la réengagé ? Awel, merci ! On pourrait également dire awel, ça alors ! L’expression totalement francisée existe aussi : Eh bien merci !

    -Après : A Bruxelles, « après » peu parfois signifier « dedans », « de quelque chose », « à quelque chose ». Ex. : « Tiens, tu vois cette belle pomme ? Tu veux une fois mordre après » ? (…tu veux en manger un morceau ?) / « Dis, ça fait une heure que j’essaie d’attraper cette corde qui est pendue là. Toi qui es plus grand, tu peux une fois tirer après ? »

    -Astableeft) ! (astablééft) : S’il vous plait. S’apparente clairement au néerlandais als u blieft. Toutefois, si ce terme peut s’utiliser dans le sens d’origine, en accompagnement d’une demande, d’une requête, tout comme « s’il vous plait », il peut aussi servir à signifier quelque chose comme « et quoi encore », « que va-t-on encore essayer de me faire croire ou faire » ou encore, « c’est vraiment absurde, n’importe quoi ! ». Ex. : « Et tu me dis qu’il est parti ce matin pour aller aider ce type qui l’a pourtant viré comme un malpropre ? Astableeft ! La forme sans « t », astableef, est également très courante.

     

    B.

     

    -Babbeleir (« babbelère ») : Bavard, quelqu’un qui aime bavarder. Provient du verbe néerlandais babbelen qui signifie, « bavarder ». En franco-bruxellois, on lui a appliqué la former infinitive française « er », ce qui donne babbeler (« babbelé »). Ex. : Tiens, encore en train de babbeler ce babbeleir, n’a-t-il vraiment rien d’autre à faire de sa journée ? Le féminin de babbeleir est babbelès Citons aussi la babbeltrut ou « commère » ; le terme « trut » est toutefois péjoratif et désigne originellement une femme laide ; mais aujourd’hui, on désignerait plutôt par ce terme une femme stupide.   

    -Bais’ (« bèèss ») : Un baiser, un bisou. Ex. : Alleï, donne-moi une fois une bais’, dis !

    -Bal : Equivalent de l’argot français « balle », « rond ». Ex. : Eh bien moi je peux te dire que je n’ai plus un bal sur moi !

    -Bas (« ba ») : Généralement, en français, les bas désignent un vêtement essentiellement féminin (ex. : « bas nylon »). Mais à Bruxelles, le terme bas peut également désigner les chaussettes masculines.

    -Ballekes : Boulettes de viande de différentes grandeurs, telles les grosses boulettes à la sauce tomate qu’à Liège on nomme « boulets », soit des petites boulettes que l’on même par exemple dans la soupe. Ex. : Va au fond de la casserole, sinon tu n’auras pas de ballekes ! A noter qu’en burgonsch (argot bruxellois), les ballekes désignaient jadis les seins des femmes.

    -Bazoef (« bazouf ») : Grand mangeur, goinfre, mais également…déchets de restaurant.

    -Bèke ! (« bèè-ke ») : Onomatopée qui désigne une expression de dégoût ; comparable à « pouah ! » ou « beurk ! », par exemple. On appuie généralement fort sur le « è » (bèèke !), on escamote parfois le « e » final (bèèk !) ou encore, on ajoute un « s » final (bèèkes !), il arrive aussi que l’on s’en tienne à « bèè ! ». Ex. : Bèèke ! Tu as marché dans un caca de chien !

    -Bibberer (« bibberé ») : Trembler. Ce verbe franco-thiois pourrait avoir tendance à être associé à la boisson (« biberonner »), d’autant plus que la fameuse tremblote de l’ivrogne aurait tendance à nous conforter dans cette idée, mais c’est là un faux ami. De fait, bibberer doit être rapproché du burgonsch, bibber (=froid).

    -Bich : Viande, chair. Avoir la chair de poule se dit, avoir la kieke bich. Voir aussi « Bichkes ».

    -Bichkes (« bich-kes ») : Bestioles, puces, parasites ; le terme peut aussi comprendre les animaux, les « bêtes », en général. Le terme peut aussi être appliqué à toutes les sortes de démangeaison. Ex. : Encore en train de te gratter ! T’as des bichkes ou quoi ? Pour la chair de poule, on utilisera plus précisément le terme de kiekebich, « kieke » désignant ici le volatile susmentionné. Jean d’Osta donne toutefois à ce mot, qu’il orthographie keekebiche, une autre signification, à savoir « insignifiant, nul ». Voir aussi « Bich ».

    -Blafter : Faire des saletés en mangeant ou en buvant, répandre sur soi de la nourriture ou de la boisson. Ex. : Dis, regarde un peu ta cravate : t’as de nouveau blafté dessus !

    -Bloempanch (« bloumpannch ») : Gros boudin piqué de cubes de graisse.

    -Bodding : Pudding, gâteau fait à base de vieux pain. Ma grand-tante utilisait le terme de « bodding » pour désigner ce genre de gâteau.

    -Boentje (Avoir un)  (« bountch-e ») : Être amoureux, avoir un béguin pour quelqu’un. Ex. : Alleï, je vais enfin oser te le dire : j’ai un boentje pour toi !

    -Bolleke : En burgonsch, « nœud » ; aujourd’hui : petite boule.

    -Boma :Grand-mère.

    -Bompa(« bomm-pa ») : Grand-père.

    -Broebeleir (« broubelère ») : Un bègue, quelqu’un qui s’embrouille dans son discours, qui se répète. De ce terme dérive le verbe (infinitif) franco-bruxellois broebeler (« broubelé »).Ex. : Qu’est-ce qu’il est encore en train de broebeler celui-là ? Le mot et le verbe sont globalement des synonymes de totteleir et de totteler.

    -Brol : Fourbi, bazar, truc, machin. D’usage très courant. Ex. : Cest quoi tout ce brol que tas laissé devant ta porte ? ou encore : Tiens, cest quoi ce brol que tu tiens dans ta main ? On peut rapprocher ce terme de « bucht ».

    -Blinquer (se prononce comme « requinquer ») : Briller. D’où faire blinquer, « faire briller ». Allez, va jouer, mémé doit  faire blinquer les cuivres ! (nettoyer les objets en cuivre jusqu’à ce qu’ils brillent).

    -Bucht (« bught ») : Vieilleries, rebut. Confondu parfois avec « brol ». Ex. : Pourquoi veux-tu absolument garder tout ce bucht qui est dans ton grenier ?

     

    C.

     

    -Caberdouche : Cabaret. Plus généralement, « débit de boissons ». Voir aussi « Stameneï »

    -Cafétaria : A Bruxelles, on appelle la cafétéria une « cafétaria ». C’est là une déformation d’origine germanique, thioise.

    -Cajoubereir (« cajouberère ») : Quelqu’un qui fouille dans les immondices.

    -Carabistouilles : Sottises, bêtises.

    -Caricoles : Petits escargots noirs qui se vendent bouillis. Très répandus à Bruxelles jadis. On les nomme aussi « caracoles » (terme d’origine espagnole), mais en burgonsch, on les nommait « rollekes ».

    -Cervelas : Grosse saucisse grillée qu’il convient de distinguer de la fricadelle. Le cervelas, qui aurait été inscrit au patrimoine culinaire suisse en 2008, fait aussi intégralement partie du patrimoine culinaire bruxellois. Un refrain, tout empreint d’un double sens que je ne dois pas expliquer au lecteur, fait d’ailleurs référence à un dikke cervelas, tralala ! (un gros cervelas, tralala !). On trouve les cervelas dans les friteries ou baraques à frites, que l’on nomme à Bruxelles « fritures ». Le nom de cervelas viendrait de l’italien cervellata (cerveau), peut-être parce que jadis on y agglomérait différentes sortes de viandes, dont de la cervelle.

    -Chuste : Directement  dérivé de « juste », ce terme, en burgonsch, désigne la loi, la justice mais également la vérité, ce qui est vrai :  Chuste est chuste, newo ? (Ce qui est juste est juste, pas vrai ?). La forme complètement francisée « juste est juste » existe également.

    -Clacher : Claquer, balancer, bâcler. Ex. : Quant tu penses que j’ai vendu ce tableau très cher, alors que je n’ai fais que clacher de la peinture sur la toile ! En burgosch, klache (« kla-che ») signifie « peindre ». Plus étrangement, on appelle aussi les pauses-cafés, des cafés-claches.

    -Clignoteur : A Bruxelles, le clignotant d’une voiture est nommé le « clignoteur ».

    -Cloche (au pied) : A Bruxelles, avoir une cloche au pied, ce n’est pas se promener avec une cloche d’église ou de marine accrochée au pied, mais souffrir d’une cloque ou d’une ampoule.

    -Chef : Si l’on vous interpelle à Bruxelles, en vous lançant un dis, chef, ce n’est nullement parce qu’on vous a reconnu une autorité particulière, mais tout simplement parce que l’on essaie d’établir avec vous un rapport de proximité. Généralement, cela se dit à quelqu’un que l’on connaît, mais d’aucuns n’hésitent pas en user dans la rue, notamment pour vous vendre une quelconque camelote, ce qui relève de l’impolitesse. Normalement, le chef s’utilise de la même manière que le fieu.

    -Contre son goût : Vient du thiois teige z’n goeste (de « tegen », contre ; « zijn », son ; « goest » ; goût) et signifie de mauvais gré. Ex. : Celui-là, on voit bien qu’il vient travailler contre son goût !

     

    D.

     

    -Deftig (« dèft-egh ») : Digne, mais aussi trop bien de sa personne, compassé, se donnant une apparence trop sérieuse. Le sens de ce terme est volontiers ironique. Ex. : Ouïe, ouïe, le voilà qui vient, deftig et tout, dis ; on dirait qu’il va à un mariage !

    -Deuvel : Diable. Rappelons qu’une bière blonde, très appréciée à Bruxelles, et dont le volume d’alcool monte à 8,5 %, porte le nom de « Duvel », qu’en France on prononce « duvèle », mais qu’à Bruxelles on prononce plus généralement à la manière thioise, « dûvel ». Et c’est pas pour rien si elle rappelle le nom du maître de toutes les débauches !

    -Dikkenek : De « dikke » (=gros) et « nek » (=cou), gros cou. Un prétentieux. Quelqu’un qui se monte du col. Synonyme : un stoeffer.

    -Doef (« douf ») : Etouffant, lourd. Se dit généralement d’un climat orageux. Ex. : Il fait vraiment doef aujourd’hui, tu ne trouves pas ? Mais ce terme peut également être utilisé d’une tout autre manière. Ainsi dira-t-on de quelqu’un qui se saoule, qu’il est en train de prendre une doef ou qu’il a pris une doef la veille, qu’il a pris une cuite.

    -Dom / Dommerik : En burgonsch, ces termes ont trait au chapeau. Aujourd’hui, ils auraient plutôt respectivement pour signification « sot, stupide, vulg. : con » et « sot, cancre, rustre, empoté ».

    -Doppage / Doppe : A Bruxelles, le terme doppage n’a pas forcément la signification qu’on lui connaît habituellement. Si d’ailleurs, le dopage (avec un seul « p »), désigne la prise de produits illicites dans le cadre d’une épreuve sportive, à Bruxelles, le doppage (avec deux « p »), désigne l’activité qui consiste à se rendre au bureau de chômage pour « aller doppe », c’est-à-dire tamponner sa carte, au temps où l’on tamponnait ! Je ne sais si cela se pratique encore comme ça aujourd’hui, mais les termes doppe et doppage ont subsisté.

    -Drache (« drach’ ») : Désigne une pluie relativement violente. Ex. : Je crois qu’on va avoir droit à une fameuse drache aujourd’hui ! De là découle le verbe franco-bruxellois dracher. Ex. : Mais qu’est-ce qu’il a pu dracher cette été : il n’y a plus de saison !

     

    E.

     

    -Erm :Pauvre, malheureux. Ma grand-tante utilisait régulièrement cette expression précédée de l’exclamation « och » (« ogh »), och erm ! Ex. : Och erm ! On va quand même pas le laisser partir sous cette pluie ?

    -Ettekeis : Voir Hettekeis.

     

    F.

     

    -Fafoule : Un hâbleur, une grande gueule.. Faire le fafoule, c’est « faire le malin ».

    -Fieke (« fîî-ke ») : Diminutif féminin que l’on utilise familièrement lorsqu’on s’adresse à une femme, voire à une jeune femme. Le sens de ce terme est semblable à celui du fieu masculin. Ex. : Dis, fieke, et si on allait au cinéma, ce soir ? ; Arrête un peu ton cirque, hein, fieke !

    -Fieu : Vieux, mon vieux. Très courant dans le langage bruxellois. On l’utilise en s’adressant familièrement à un homme, à un garçon, mais jamais lorsqu’on s’adresse à une femme ou à une jeune fille que l’on nommera fieke. Ex. : Dis, fieu, t’as pas bientôt fini de faire tout ce chambard ? ; Alleï, fieu, dis ! Puisque je t’ai dit que j’ai fait ça pour rire ! C’était une blague, rien de sérieux ! 

    -Flâ/Flâve (« flaa / flaa-ve ») : Se dit d’un être insipide, fâcheux, fade, sans relief, insignifiant, mou. Ex. : Quel flâve peï, celui-là !(Quel mollasson, celui-là !). Mais il existe aussi, je me sens flâ (mou, vide, fatigué).

    -Flauskes (« flôs-kes ») : Bêtises, sornettes, fadaises, fantaisies, fictions. Nous utilisons notamment pour cette rubrique un ouvrage de Jean d’Osta, intitulé « Les Flauwskes de Jej Kazak », qui concerne justement les parlers bruxellois !

    -Floche : Quand nous étions enfants (dans les années 1970, en ce qui me concerne !), la floche était cette espèce d’étrange serpillère que l’on pendait au-dessus des carrousels des foires et dont il fallait nous emparer pour gagner éventuellement un tour supplémentaire !

    -Flotjesbier (« flotchesbier ») : Désigne, généralement avec une certaine condescendance, une bière particulièrement peu goûteuse et très légère.

    -Foert (« four-t ») : Zut, flûte, dans le sens « je laisse tomber, je m’en fous, j’en ai marre ». Ex. : Quoi, ils veulent encore qu’on aille à cette réunion ? Foert, hein !

    -Fricadelle : Rendue célèbre par le film Bienvenue chez les Cht’is, la saucisse panée nommée « fricadelle », est également bien présente dans le patrimoine culinaire bruxellois. On la trouve dans les baraques à frites qu’à Bruxelles on nomme « friture », où l’on peut aussi consommer des cervelas. Celui-ci est aussi gros que la fricadelle est longue, ceci dit afin d’apprendre à les distinguer.

    -Friture : A Bruxelles, ce que l’on nomme ailleurs une « baraque à frites » ou une « friterie », se nomme une « friture ». Ce terme, qui devrait normalement désigner le produit de la friterie, est directement dérivé de la forme thioise frituur. Ceci explique cela.

    -Froesjeler (« frouchelé ») : Chipoter, faire des choses étranges, pas claires, voire malhonnêtes. Ex. : Mais qu’est-ce qu’il froesjel encore, celui-là ? Le terme peut avoir un sens commun, désignant, par exemple, le fait de fouiller dans des papiers, mais également avoir un sens plus péjoratif, soit, par exemple, commettre des malversations. Ex. : Ces gens ne veulent se faire élire que pour mieux froesjeler, un point c’est tout ! On l’utilise également pour qualifier, soit quelqu’un qui chipote, soit quelqu’un qui se livre à des activités malhonnêtes voire délictueuses. Ex. : Je sais très bien que ce type est un froesjeler ! Dans ce cas, on ne prononcera pas le terme comme le verbe franco-bruxellois à l’infinitif, mais on dira « frouchelère ». On peut aussi utiliser le terme froesjeler dans le sens de flirter, se faire des papouilles : Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de froesjeler dans les buissons, ces deux-là ?

     

    G.

     

    -Gelupe (t’es) : En burgonsch, t’es gelupe (« tès gelu-p(e) ») signifie « c’est d’accord ».

    -Godverdoeme (« god-v(f)er-dou-me ») : Maudit soit Dieu, Nom de Dieu (juron). Il existe une version raccourcie : Verdomme ! ou encore Verdoemme !

     

    H.

     

    -Hamelaaik (« aamelaak ») : Hypocrite, sournois.

    -Half-en-half : Littéralement « moitié-moitié ». Se dit plus particulièrement composée pour moitié de vin blanc et pour moitié de vin mousseux (ou de champagne, pour ceux qui en ont les moyens !). Chez Véro, à la brasserie Schuman, au rond-point du même nom, voilà des années que je perpétue la tradition bruxelloise de l’half-en-half !

    -Hettekeis (« ettekeïs ») : Fromage fort salé de Bruxelles, fait à base de lait écrémé, salé et séché. Certains aiment à le comparer au Herve, dont l’odeur est particulièrement forte, or, la force du Hettekeis réside surtout dans son goût extrêmement salé. Le Hettekeis et le Herve comptent parmi les plus vieux fromages de nos régions. A ne pas confondre avec le Plattekeis.

    -Hochepot : (« ho-che-pote ») : Un incroyable mélange, un maelström. Ex. : Ma ça est quoi ça ici tous ces gens ! Ca est un echten (vrai) hochepot ! Et, de fait, le hochepot est également un plat qui comprend de nombreux ingrédients, viandes et légumes.

     

    J.

     

    -Jan (Faire de son) (« yann ») : Râler, rouspéter, faire des ennuis, vulgairement : faire de sa gueule. Ex. : Dis, arrête un peu de faire de ton Jan !  La forme m’est familière, mais j’aurais tendance à la confondre erronément avec l’expression faire de son stoef qui signifie, elle, « se vanter ».

     

    K.

     

    -Kaker : Défèquer. Ex. : Tu dois de nouveau aller kaker ? Astableef ! Partant de là, vous devinerez avec aisance ce que les termes bekakt par les chiens signifient…

    -Kapot (« capote ») : Cassé, foutu, fichu, mort. Ex. : Alleï, tes kapot, fieu ! (Allez, c’est foutu, vieux !).

    -Kastar : Costaud, malabar, un as, quelqu’un qui sait y faire, mais aussi quelqu’un de particulier, qui sort de l’ordinaire. Ex. : Eh bien, pour sauter en parachute comme ça, moi je dis qu’il faut être un fameux kastar !

    -Kavitje (« kavitche ») : Petite cave. Débit de boissons.

    -Ket / Ketje (« ket-che ») : Garçon de Bruxelles, pendant bruxellois du titi parisien. Parmi les ketjes célèbre, on citera, bien évidemment, Woltje (« wolt-che »), la célèbre petite marionnette du Théâtre de Toone ! Un ket, sans le diminutif « je » est également un garçon, mais plus âgé.

    -Kip-Kap : Tête pressée (Wallonie), pâté de tête (France). Il s’agit, en définitive, d’un pâté de tête de cochon.

    -Klachkop : Un chauve. On dit aussi d’un chauve : Il est complètement klache celui-là !

    -Klet (« klète ») : Peut signifier un coup, à l’instar de klache. Ex. : Alleï, klet, c’est tombé par terre ! A la vue d’un objet qui vient de tomber, on dira aussi, klet mariette ! Mais dire de quelqu’un que c’est une klet, c’est dire qu’il est un idiot, un cave, une tache, un écervelé, un sot. Ex. : Espèce de klet !

    -Klop : Coup. Ex. : Il a reçu un klop sur sa tête ! Le verbe franco-bruxellois klopper (frapper) est à mettre en rapport avec ce mot. Toutefois, ce verbe peut être utilisé dans un sens bien différent. De fait, il peut également signifier « convenir », « coïncider ». Ex. : Je pense qui si on additionne ce montant à un autre, ça peut klopper (ou cloper).

    -Kloej (« clouche ») : Une portion d’un élément liquide. Ex. : Dis, mais moi une fois une kloej de genièvre en plus, astableeft !

    -Kluterie / Kluuterâ (« kluuterie » / « kluuteraa ») : Niaiserie, sottise, mauvaise blague, absurdité. Vulgairement et littéralement : une couillonnade.

    -Kluutzak : Un sot. Vulgairement et littéralement : un couillon.

    -Knabeler (« knabelé ») : Verbe franco-bruxellois qui signifie « mâchonner ». Ex. : Mais qu’est-ce que tu knabel encore ?

    -Knul (Autres orthographes : « Kneul » ou « Knël ») : Un garçon. Mais le terme peut aussi prendre une forme péjorative : un immature, vulgairement : un jeune con. Ex. : Il court toujours après cette fille qui se moque de lui ? Allez, dis, quel knul ! A ne pas confondre avec le terme « snul », bien que la forme péjorative de knul s’en rapproche.

    -Koechkes (« couchkes ») ou Koech (« couche ») : Coi, silencieux, tranquille. Se tenir koech ou kouchkes. Jean d’Osta précise que koech peut également désigner un coche, une voiture, voire même une moto.  Ex. : Depuis son histoire avec les flics, là, il se tient koechkes, hein ?

    -Kochevrâ (ou kosjvrâ ) : Nettoyeuse, femme d’ouvrage (de « koche », nettoyer, et « vrâ », « vrouw » en néerlandais, femme). Ex. : Il paraît que la direction a décidé de faire passer un examen d’huissier à nos kochevrâ. ; Alleï, fieke, on a pas le choix, il faut qu’on koche (« koche-e », ou « coche-e ») !

    -Kot : Studio, chambre, endroit où l’on vit, où l’on travaille. Se dit beaucoup des chambres d’étudiant appelées systématiquement « kot » ou « kot étudiant ». Mais l’on peut également dire à quelqu’un qui retourne dans son bureau, dans un contexte professionnel : Dis, si tu retournes dans ton kot, tu peux lui donner ce document en passant ? Ou, à propos d’un studio ou d’un appartement (mais pas d’une maison) : Eh bien, je pense que tu es bien dans ton kot, là, hein ?

    -Krollekop : Une tête surmontée de cheveux frisés. Ex. : Hé, t’as vu ce krollekop ? Cette forme m’est toutefois moins familière que la version franco-bruxelloise « crolé ». Ex. : Hé, t’as vu ce crolé ? Dans la même idée, on dira également de quelqu’un de frisé qu’il a des croles / kroles, des « boucles ». Le terme est clairement dérivé de la forme thioise d’origine.

    -Krotsje ! (« krotche ») : Terme affectueux utilisé de différentes manières. Il peut désigner une petite amie, mais également être utilisé par un parent vis-à-vis de l’enfant. On peut le rapprocher du terme « chou », en français » : « ma krotsje » apparaît comme un synonyme de « mon chou ». Le terme a d’ailleurs été totalement francisé en « crotte », « ma crotte » n’étant pas une insulte, comme on pourrait peut-être le penser, mais un terme affectueux ! En effet, à Bruxelles, le mot krot peut aussi désigner, la misère, la dèche, le fait d’être dans la m… ! On parlera aussi de « crottes de nez » ou de « crottes de chien », de quoi entretenir l’ambigüité !

    -Krum : De travers, courbe, bancal. Nous lui préférons toutefois le terme schief. 

    -Kus men kluut ! : De kus (embrasse), men (mes), kluut (parties génitales masculines…).

    -Kweebus : Toqué, doux dingue. Peut s’utiliser de manière affectueuse à l’égard d’un enfant, par exemple : Hé, petit kweebus ! Je me souviens de ce terme qu’utilisait parfois affectueusement mon père à mon égard, lorsque j’étais enfant. Sens : Petit fou !

     

    L.

     

    -Là-avec : Avec cela. Pour dire que l’on est familier de quelque chose, on dit que l’on est habitué là-avec. On peut aussi dire, désignant par exemple un parapluie : peut-être qu’il va dracher ; il vaut mieux que tu prennes ça là-avec ! L’usage de cette expression se perd.

    -Labbekak : Un mollasson, un incapable, peu viril, trouillard, poltron, peureux, pleutre. Vu que « labbe » a un rapport avec le fait de « faire de la lèche » et que « kake » se rapporte à la matière fécale, nous laissons au lecteur le soin d’établir lui-même la traduction qui lui conviendra le mieux… Ex. : Oï-oï, ça se dit écrivain et ça n’ose même pas traduire une petite insulte bruxelloise dans son papier ! Alleï, dis, quel labbekak ce peï ! 

    -Leuigenoet (« luigenoût ») : Un menteur.

    -Loempig (« loumpegh ») : En burgonsch, ce terme signifie « lourd ». On utilise plus souvent aujourd’hui la forme « loempe » (« loum-pe ») qui peut désigner quelqu’un de lourd, d’empoté, de peu dégourdi.

    -Loerik (« loûrik ») : Un fainéant.

    -Loque : Serpillère, plus généralement n’importe quel morceau de tissu utilisé pour le nettoyage (peau de chamois, etc.). On utilise donc une loque humide pour nettoyer le sol. On précisera même, à cette occasion, que l’on utilise une loque à reloqueter, verbe qui désigne justement le fait de nettoyer le sol avec une « loque » humide.

     

    M.

     

    -Maft : Borné, nigaud, fou. Ainsi, en burgonsch, nomme-t-on le carnaval maftendag soit le « jour des fous ». Ex. : M’enfin, il est complètement maft ce type !

    -Mankepuut (ou Mangke Puut) : Boiteux.

    -Matante : Tante, ma tante. Désignait aussi jadis le Mont de Piété ; « allez chez ma tante » pouvait ainsi désigne le fait d’aller mettre des objets en gage.

    -Meï (ou meye, meie) : S’applique plus particulièrement à une femme âgée, plus généralement à une femme adulte, mais normalement pas à une jeune fille. L’équivalent masculin est peï.

    -Mènant : Forme contractée du mot « maintenant ». Extrêmement courante à Bruxelles.

    -Miche-Mache : Boue. Lorsqu’enfants nous nous ingénions, pour une raison fantaisiste ou l’autre, et que nos parents nous trouvaient, boueux et pataugeant, ils nous lançaient généralement sans aménité : « Mais qu’est-ce que c’est que tout ce miche-mache ? »

    -Mijole : Utérus. C’est également le nom d’un jeu populaire qui consiste à jeter des jetons/pièces dans des….trous numérotés.

    -Mo : Déformation de « mais ». Ex. : Mo alleï, qu’est-ce que tu fais mènant ? (Mais enfin, que fais-tu maintenant/à présent ?).

    -Mooiertoel (« mouyer-toûl ») : Dérive du néerlandais « moedertaal » qui signifie « langue maternelle ».

    -Mokke/Mokske : Le terme mokke s’applique plus généralement à une jeune femme (désirable), alors que celui de mokske peut désigner plus précisément une « petite amie », mais la frontières entre les deux termes paraît bien fluctuante. Ex. : Jan m’a présenté sa mokske hier après-midi. La forme argotique de Zele –mosse- serait proche de sa vraisemblable origine espagnole, mozza (servante, jeune fille).

    -Mononcle : Oncle, mon oncle. Je me souviens que mon père utilisait parfois se terme pour désigner mon grand-oncle. Sous sa forme thioise on connaît ce terme sous la forme Menoenkel (« menounkel »). Ex. : Dis, faudrait une fois penser à aller rendre visite à Menoenkel Jean, tu crois pas ?

     

    N.

     

    -Newo (« niewô ») : Déformation des mots néerlandais « niet waar » (=pas vrai). Utilisé souvent sous une forme interrogative. Ex. : C’est quand même incroyable ce qui s’est passé hier, newo (pas vrai ?) ?

     

    O.

     

    -Occoje : Occasion.

    -Och erme ! : Voir « Erm ».

    -Och God en Hiere ! : Ô Dieu et Seigneur ! Exclamation plaintive.

    -Onnuuuzel : Niais, innocent.

    -Opagemak ! :Signifie à son aise, tranquille, doucement. Vient du néerlandais « op on gemakske ». Les formes françaises « à notre aise », « à son/ton/notre/votre aise », « tout doucement », « y a pas le feu au lac », sont également très courantes. Ex. : Durant le repas de Réveillon, nous allons manger, mais à notre aise ou encore : Bon, il est 23h, on va tout doucement y aller. A Bruxelles, cela ne signifie pas que vous avez tout le temps devant vous, mais qu’au contraire il est temps de vous bouger le train, même si on essaie de vous le dire de la manière la moins rude possible !

    -Ouïe-ouïe ! (« ouyouye » ou « oyoye ») : Utilisé une fois –ouïe !- , le terme exprime la douleur, mais dédoublé, il exprime divers états d’esprit qui vont de l’embarras jusqu’à la lassitude, en passant par l’étonnement et l’aveu d’impuissance. Ex. : Ouïe-ouïe, alors là, toi, tu me poses une colle, zenne ! ; ouïe-ouïe, dis, tu vas pas encore nous rabattre les oreilles avec tes histoires !; ouïe-ouïe, là, je sens que ça va aller mal pour toi ! Se dit aussi Oï-oï !

     

    P.

     

    -Paf (Être ou  rester) : Être ou rester stupéfait, coi, sans voix, bouche bée. Ex : Eh bien quand elle m’a dit ça, moi, j’en suis resté paf ! 

    -Pape : De la pape n’est d’autre que de la bouillie. Le riz au lait se nommera, par exemple, de la « pape au riz ». Ainsi, nos pieux ancêtres se faisaient ils parfois, jadis, une idée toute simple du paradis céleste : Manger de la pape au riz chez saint Pierre, avec des cuillères en or, voilà ce qu’est l’éternelle félicité ! Authentique témoignage de la simplicité paysanne de naguère, que je m’empresse de conserver ici ! 

    -Paroche (« paro-ghe ») : Paroisse. Mais ce terme est utilisé dans un sens particulier, synonyme de débit de boissons (estaminets, caberdouches, etc.). Pour dire qu’il ne faut pas exagérer et faire tous les bars du coin, l’on dira : Bon, on va tout de même éviter de faire toutes les paroche, sinon c’est sûr qu’on va être scheilezat (mort bourré, ivre-mort, complètement noir) !

    -Pasjakroet (« pachakrout ») : Un incapable.

    -Patteikes (« patteï-kess ») : Petits gâteaux, biscuits.

    -Peï (ou peye, peie) : S’applique plus particulièrement à un homme âgé, plus généralement à un homme adulte, mais normalement pas à un jeune homme. Ainsi n’est-il pas rare d’entendre ce qui pourrait paraître une répétition, soit un vieux peï.

    -Peperkoek (« pépercouque ») : Pain d’épices. Gâteau. Egalement terme affectueux dont mon père usait lorsque j’étais enfant.

    -Pink (Voir) : Voir pink, signifie ne pas avoir les yeux en face des trous. Ex. : M’enfin tu vois tout de même bien que ce mur est peint en jaune et pas en bleu ; tu vois pink ou quoi ?

    -Pinnemouche : Bonnet pointu. Peut, s’appliquer à divers types de couvre-chefs mous (casquette, etc…).

    -Plattekeis : Fromage blanc que l’on mange étalé sur une tartine et accompagné de radis rouges. A ne pas confondre avec le Hettekeis (voir ce nom).

    -Plek : Colle. Ex. : Mais ça plek ce truc ! (Mais ça colle ce truc) ou encore, marchant dans une flaque de boisson sucrée séchée, Ca plek partout ici !  On peut également plekker de partout à cause de la chaleur et de la transpiration !

    -Poe (Alan) : A Bruxelles, si vous entamez une conversation à propos de ce célèbre auteur, ne vous étonnez pas d’entendre vos interlocuteurs vous parler d’un certain « Edgard Alan Poû », en lieu et place d’ « Edgard Alan Pô ». Cela vient du fait que le  « oe », en néerlandais, se prononce « ou ». Et cela a influencé la manière dont les francophones de Bruxelles prononce ce nom.

    -Poeppers (« pouppers ») : Avoir les « poeppers » signifie « avoir la frousse ». Ex. : Cette fois je peux te dire qu’il a eu les poeppers !

    -Potverdekke (« potferdekke » ; à la française : « potferdek ») : Nom d’une pipe ! Peut-être moins connu que le célèbre godverdoeme (« godferdoumme » ; à la française « godferdoum » / « godferdom »), potverdekke n’en n’est pas moins très répandu à Bruxelles. Verdekke, est la forme condensée de potverdekke !

    -Proet (« prout ») : Jean d’Osta traduit ce terme par « bavardage », mais il m’est  personnellement connu, depuis mon plus jeune âge, comme désignant…un pet ! Ex. : T’as lâché un prout dans l’ascenseur ! Ca stink (ça pue !) ! On peut aussi l’utiliser dans le sens « zut », « flûte » : Eh bien moi je te dis proet !

    -Puuteler (« puutelé ») : Tripoter, peloter. Ex. : Je l’ai encore vu en train de puuteler cette fille, hier soir ! De là vient aussi le qualificatif de puuteleir (« puutelère »), « peloteur ».

     

    R.

     

    -Rammeling : Raclée. Ex. : Maintenant tu vas la recevoir ta rammeling. Synonyme de toefeling.

    -Réclame : De la publicité. Ex. : Verdomme, j’ai encore trouvé plein de réclames dans ma boîte aux lettres / Moi, je n’en peux plus avec toute cette réclame à la télévision, qui coupe les films ! Ce terme est surtout en usage chez les anciennes générations.

    -Rot (« rott ») : Pourri. Ex. : Il a vraiment une rotte kop ce peï ! (Il a vraiment une tête pourrie ce type, il est vraiment tordu, vicieux).

    -Ruses : Problèmes, sujets de discorde, de dispute. Ex. : J’ai encore eu des ruses avec mon patron ! Mais on peut également dire : Il essaie encore de lui faire des ruses, en un mot : de lui chercher misère. De vouloir lui causer des ennuis.

     

    S.

     

    -Salut en de kost ! : La santé et la nourriture ! Il semble qu’il s’agisse là d’un salut que l’on adressait jadis aux voyageurs. Aujourd’hui, cette expression est plutôt utilisée dans le sens « après moi, les mouches ! ». Ex. : Le jour où je gagne à la loterie, je me tire de ce bureau et vous dis à toutes et à à tous, salut en de kost ! ou encore, C’est ça, il est encore parti hier soir en où laissant tout le travail et…salut en de kost !

    -Scheil (« skeil ») : Bigleux, qui louche, qui n’a pas les yeux en face des trous. De ce mot dérive celui de scheilzat (ivre au point de voir double, de loucher, complètement bourré).

    -Schief (« skief ») : De travers, tordu. De ce terme vient notamment le sobriquet que les Marolliens expropriés avaient donné en sont à l’architecte Poelaert, qui réalisa notamment l’éléphantesque palais de justice de Bruxelles : Schieven architek’ (« l’architecte de travers »). Une autre insulte bruxelloise découle du même mot : Schieve lavabo (intraduisible).

    -Schuun : Beau, joli. Ex. : Alleï, eh ben ça c’est schuun, tiens !

    -Seulement : « Seulement », utilisé en fin de phrase, signifie « ne vous gênez pas », « allez-y franchement ». Ex. : « Tiens, prends cette chaise et assieds-toi seulement, moi je resterai debout » / « Tu veux encore un morceau de gâteau ! Mais prends seulement, n’hésite pas ! »

    -Slaches : Pantoufles, savates, plus généralement, chaussures. Ex. : Dis, t’as déjà vu dans quel état sont tes slaches ?

    -Slaptitude : Faiblesse. Ex. : Awel aujourd’hui, j’ai comme une petite slaptitude, tiens !

    -Slum, slummerik : Malin, habile, retors.

    -Sluur : Une brave femme à plaindre.  Peut aussi être utilisé péjorativement : une pauvre idiote. Une femme laide, pauvre, sale.

    -Smeirlap (« sméérlop ») : Saligaud, cochon, ordure.

    -Smochterer (« smochteré » ou « schmochteré ») : Verbe franco-bruxellois qui vient du thiois « smochteren », qui signifie manger entre les repas, manger salement ou encore se goinfrer de sucreries. Un mangeur de friandises se dit donc un smochtereer (« smochterère »). 

    -Snottebelle (« snotebèl ») : Des crottes de nez, de la morve. Ce terme est pour moi largement lié à l’univers scolaire. En cours de récréation, nous utilisions ce terme couramment ! Ex. : Tu as des snottebelle ! Nous utilisions généralement en début d’exclamation l’onomatopée bèèk, bèèke, bèèkes, pour exprimer notre dégoût. Ex. : Bèèke, tu as des snottebelle !

    -Snotneus : Un morveux. De snot (morve) et neus (nez).

    -Snul : Un idiot, un imbécile, un niais. Ex. : Celui-là ? Mais ça c’est une fois un snul, tiens !

    -Splitser (« splitsé ») : Diviser, scinder, séparer. Ex. : On se demande s’ils vont finalement le splitser ce fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ; mais aussi : Bon, je crois qu’ils vont finalement provoquer le splitsing de la Belgique !

    -Sproeit (« sprouït ») : Jet (d’eau). En dérive le verbe franco-bruxellois sproeiter (« sprouïté » ; jaillir). Ex : Fais attention, cette bouteille d’eau gazeuse a été agitée, si tu l’ouvres trop vite, l’eau va sproeiter !

    -Stameneï (“sta-me-neye”) : Un estaminet, un debit de boissons. Voir aussi « Caberdouche ».

    -Steif/Staaif (« steïf ») : Raide, guindé. Ex. : Et tu crois que ce soldat va rester steif comme ça, pendant des heures, dans sa guérite ? Astableef ! D’où également, staave nek (litt. : « cou raide »), « torticolis ».

    -Stinker (« sting-ké ») : Puer, chlinguer. Ex. : Quest-ce que ça peut stinker ici ! ou encore, Bêke, ça stink (« sting-k ») vraiment fort dans cet ascenseur ! Sûrement un qui a lâché un proet (« prout ») !D’où aussi le terme stinkedekeis, « fromage puant ».

    -Stoeffer («stouf-er ») : Un vantard, quelqu’un qui aime se mettre en avant. Ex. : Ca c’est un vrai stoeffer tu sais ! De là vient aussi l’expression, faire de son stoef (« stouf ») !, action de se vanter, d’en remettre une couche. Ex. : Ca y est, il est encore en train de faire de son stoef ! Le féminin de stoeffer est stoefesse.

    -Stoemelings (« stoumelinks ») : En cachette, derrière le dos. Ex. : T’as encore été faire ça en stoemelings toi, hein ?

    -Stoemerik (« stou-me-rik ») : Idiot.

    -Stoemper (“stoumm-pé”) : Pousser, écraser. Ex. : Pour rentrer dans ce métro, moi je te dis qu’il va falloir stoemper, zenne ! On rapprochera de ce verbe le nom d’un célèbre plat régional : le stoemp. Il s’agit d’une purée de pommes de terre et de légumes, mélangés et mixés. Et avant l’invention de l’électroménager, il est évident que pour bien mélanger les pommes de terre et les légumes, il fallait, à l’aide de l’ustensile de cuisine adéquat, stoemper (écraser) le tout avec vigueur !

    -Straf : Si Jean d’Osta traduit par « fort, malabar », j’aurais tendance à entendre par ce mot « grave, fort de café. Ex. : Tu te rends compte que cet automobiliste a renversé cette personne et ne s’est même pas arrêté ? Da dès straf, zenne ! Le « da dès » est une déformation du néerlandais « dat is », « cela est », qui peut parfois devenir, en bruxellois francisé, « ça est ». Ex. : Ca est grave, quand même !

    -Stroet (« stroûût ») : Rue, directement dérivé du mot néerlandais « straat ». On connaît aussi le diminutif strotje (« petite rue »).

    -Stuk : Morceau. Egalement stukske, « petit morceau ». Ex. : Bon, allez, je vais me laisser faire et prendre un morceau de ton gâteau, mais juste n’stukske (un petit morceau), hein, parce que je suis au régime !

    -Stuut : Coup, exploit, plus généralement, un événement extraordinaire ou invraisemblable. Ex. : Eh bien, je vais te dire : il lui est encore arrivé à stuut à celui-là ! En français on dirait plus volontiers : Il lui encore arrivé un truc (bizarre) à celui-là !

    -Sukkeleir (« sukkelère ») : Terme qui traduit un apitoiement volontiers condescendant, voire méprisant. Un sukkeleir est un pauvre type, un malheureux, quelqu’un qui n’a pas de veine, on dirait aujourd’hui, un « perdant ». Le féminin de sukkeleir est sukkeleis (« sukke-laisse »).

    -Stukkske (« stuk-ske »): Petit morceau. Ce terme peut s’appliquer à peu près à tout ce qui peut se diviser, un territoire, un gâteau, etc. Ex. : Tu veux encore un morceau de gâteau ? Oui, mais alors rien quun stukkske : je suis au régime ! ; Ils ont complètement refait le parc, fieu, et ils lon divisé en trois stukkskes (on prononce alors le « s » final) comme ça ! Ca est tout de même incroyable !

     

    T.

     

    -Tenè, tenè ! (« tenet, tenet ») : Tiens, tiens ! Sens : « ça c’est bizarre » ! Ex. : Et tu as retrouvé ce collier volé comme ça, par hasard, dans ton tiroir ? Tenè, tenè, tenè !

    -Tich : Désigne le pénis, mais peut constituer également un surnom mi-affectueux, mi-moqueur à l’égard d’une personne. Diminutif : tichke.

    -Toefeling (« toufeling ») : Une raclée. Ex. : Toi, tu vas te ramasser une toefeling ! Synonyme : une rammeling.

    -Tof : Bien, beau, sympathique, chouette. On peut le dire d’une situation ou d’une personne. Ex. : Eh bien ça c’est tof !, mais aussi, Eh bien ça c’est une fois un toffe peï, tiens ! (le tof d’origine est ici accordé) : Eh bien ça c’est une fois un chouette type, tiens ! Le terme tof vient vraisemblablement de l’expression juive mazel-tov.

    -Tomber de son sus : Tombé évanoui, mais, plus généralement, dans le langage courant, être stupéfait, rester baba, ne pas en revenir. Ex. : Ca lui a fait un tel choc qu’il en est tombé de son sus !

    -Totteleir  (« tottelère ») : Un bègue, quelqu’un qui s’embrouille dans son discours, qui se répète. On en a également fait un verbe (infinitif) franco-bruxellois, soit totteler : Hé, arrête un peu de totteler, fieu ! Ainsi désignera-t-on également le bégaiement ou l’embrouillement de langage, du tottelage.

    -Trekt a plan ! : Littéralement : tire ton plan ! Très fréquemment utilisé sous sa forme française. Signifie, débrouille-toi ! Mais dans sa version française, tire son plan veut également signifier « se débrouiller ». Ex. : Oué, toi tu tires toujours ton plan pour rencontrer la jeune fille du troisième étage, en stoemelings, ça j’ai déjà vu aussi !

    -Trut : Se disait semble-t-il, à l’origine, d’une femme laide (D’Osta) mais cela se dit, plus généralement, d’une idiote, d’une sotte.

     

    V.

     

    -Verdomme/Verdoemme (« verdom-me », « verdoum-me ») : Voir Godverdoeme.

    -Vlan ! : Onomatopée que l’on peut comparer à paf ! Ex. : Allez, vlan, la voilà encore montée sur ses grands chevaux ! Le Vlan est aussi le nom d’un journal gratuit de petites annonces.

    -Vogelpik : Désigne le jeu de fléchettes. Mais au sens figuré, cela peut aussi signifier « hasard ». Ex. : Ils ont choisi ce type pour ce poste au vogelpik ou comme au vogelpik, ou encore : La loterie ? Ca est du vogelpik !

    -Volle gaz / Volle speed / Volle petrol :  (« vol-le-gaz / vol-le-spiid / vol-le-pètrol ») : Vite, aller vite, plus vite que ça, et que ça saute. Ex. : La voiture a traversé le boulevard, et je peux vous dire qu’elle allait volle gaz ! ; Le chat ? Il est passé, là, volle speed, devant mes pieds, à la poursuite d’une souris ! ; Bon, d’accord, vous allez me changer cette voiture de place, et volle petrol !

     

    W.

     

    -Wageler (« wagueler ») : Tituber, branler. Ex. : Quand tu deviens vieux, tu vois ça à tes dents qui commencent à wageler. / Regarde un peu ce peï qui sort du stameneï, comme il wagel ! (parce qu’il est saoul, zat).

    -Wéék-End : A Bruxelles, on ne dit pas « wiik-end », comme l’exige une prononciation à l’anglo-saxonne, mais « wéék-end ». Cela vient du fait qu’en néerlandais, on prononce le mot « week » (semaine), non point « wiik », mais « wéék ». 

     

    Y.

     

    -Yenda ! : Oui-da ! Eh bien ça alors !

     

    Z.

     

    -Zat : Ivre, soûl. De ce terme en dérivent d’autres tels que zatlap (« ivrogne », lap, en burgonsch, signifie « langue ») et  scheilezat (« skeïle-zat », complètement bourré, noir). Une variante encore : kriminijlzat, ivre à un point « criminel », complètement défoncé !

    -Zelle/Zenne (« zel-le », « zen-ne ») : Hein ! Sais-tu ! Tu sais ! Ex. : Oué mais celui-là c’est sacré zievereir, zenne ! 

    -Zinne (« zin ») : Saute d’humeur, folie passagère. Avoir une zinne.

    -Zinneke : Désigne à l’origine un chien bâtard. A servi ensuite à désigner quelqu’un qui est le résultat de plusieurs cultures ; le Bruxellois étant réputé être le fruit d’un mélange de cultures thioise et française, fut donc nommé « zinneke » (alors que le surnom traditionnel des Bruxellois est « kiekfretters », soit « mangeurs de poulet »), mais il s’agit là d’une déviance linguistique que l’on a ensuite généralisé, notamment dans le contexte multiculturel. Mais il y a plus étonnant : en burgonsch (argot bruxellois), le terme zinneke désignait en fait, un lapin.

    -Zivereir / Zieverer / Ziever (« zieverère » / « zieveré » / « ziever ») : Un radoteur, quelqu’un qui raconte des sottises. De ce terme dérive le verbe (inifnitif)  franco-bruxellois zieverer (radoter, dire des bêtises). Ex. : Quel zievereir ce type ! ou Qu’est-ce qu’il peut zieverer ! ou encore, Dis, fieu, là tu ziever sérieusement, hein ! Citons aussi : Quel ziever ! (Quel radotage !)ou Mais c’est du ziever tout ça ! (Mais c’est des histoires tout ça, des sottises, du radotage, bref, des choses fausses ou/et sans intérêt). De là découle également le terme zieverderaa (« sottises »). Ex. : Mais puisqu’on te dit que ce sont des zieverderaa tout ça !

    -Zot : Fou, maboul, dingue. Ex. : Mais il est complètement zot celui-là !

    -Zuur smoel (« zuur smowl ») : Litt. « figure de vinaigre ». Visage antipathique, tirer la tête, faire vilaine figure. Ainsi, littéralement, l’on dira aussi, pour dire de quelqu’un qu’il a l’air fâché, de mauvaise humeur, etc. : « Il en tire une figure, celui-là ! » De là aussi, par exemple, « j’en ai marre de voir sa figure, à celle-là ! ».

    -Zwaagt ! (« zwaaght ») : Tais-toi ! Vulgairement : ta gueule !

    -Zwanze : Blague, coup tordu, fête. On utilise le terme de différente manière, soit, par exemple, c’est une zwanze ou c’est typiquement de la zwanze. Le terme est difficilement traduisible. Disons que la zwanze est une forme d’humour typiquement bruxelloise, parfois drôle, mais aussi parfois un peu lourde lorsqu’elle est répétitive, et pas toujours de bon goût.

     

     

    Eric TIMMERMANS.

     

    Sources : Glossaire d’argot bruxellois (Burgonsch), Paul Hermant, Le Folklore brabançon n°73-74 – 13e année (1933-1934), p. 53-92 / Histoire d’Ixelles, André Gonthier, Imprimerie H. De Smedt, 1960, p. 205-206 /  Les « Flauwskes » de Jef Kazak, Jean d’Osta, La Belgothèque - Paul Legrain, 1983.

  • Bruxelles Processions



    Le dimanche 3 août 1952 à 10h45, la procession Notre Dame-au-Rouge, pris son départ devant l'église du Bon Secours.

    Après avoir traversé la Place Fontainas et parcouru une centaine de mètres dans la rue d'Anderlecht, la procession entra, non sans difficulté, dans la rue des Navets, en effet, à cause du petit tunnel l'entrée dans la rue  n'a jamais été aisée pour la procession et même impossible pour certain véhicule.

    Navets
    Mr Cooremans, Bourgmestre de 1956 à 1975 rentre dans la rue des Navets

    Les habitants de mon impasse s'étaient regroupés à l'entrée de celle-ci pour voir passer  la châsse de Notre Dame-au-Rouge, portée par quatre hommes, dans un grand silence et un regard figé comme la statue qu'ils portaient.

    proc4


    Au passage de la procession de nombreuses personnes s'agenouillaient, sur le sol, qui était couvert de sable blanc et de pétales de fleurs, d'une façade à l'autre, sur une corde, pendaient des petits drapeaux ainsi que des petites lampes de toutes les couleurs.
    Les communiants du quartier et de l'année faisaient partie de notre procession.

    proc1

    proc3


    Processions du Saint Rosaire respectivement en 1923 et 1954.

    Les processions se déroulent suivant un rituel bien défini. En tête des processions s'avance la croix, portée par un clerc entre deux acolytes qui tiennent des flambeaux.

    Les fidèles suivent puis les chantres et le clergé.

    L'officiant ferme la marche. Il y a  différentes processions : les processions   de bénédiction, votive, de translation  des reliques, de pèlerinage ou encore commémoratives.

     Guillaume Kekenbosch

     

    Numériser0003

    Numériser0002 copie

    Numériser0001

     

    vm mouton bleu 3 portes1

    Point bleu  
    Coin de la  rue Blaes  "Au Mouton Bleu"

    Point 
    jaune
    AU coin  de la rue de la Plume "St Eloi"
    Point vert
    "Au Bienvenu" puis après est allé coin rue de l'Hectolitre
    Point brun orange
    coin rue des Radis:   "au Volle Pot"
    Point rouges
    "Aux 3 portes"
    mauvea Plume
    NickyLuppens