• LES RUES DE BRUXELLES SOUS LA REVOLUTION FRANCAISE

    LES RUES DE BRUXELLES SOUS LA REVOLUTION FRANCAISE

     

    « Finalement, les seuls à garder leur bon sens et leur sang-froid sont les Bruxellois. Cela ne surprend pas l’officier d’état-major Basil Jackson, qui note avec une certaine aigreur qu’une « bonne moitié d’entre eux étaient français de cœur et prêts à accueillir en amis Napoléon victorieux. » (Jean-Claude Damamme, La bataille de Waterloo).

           

    1. Bruxelles français (1794-1814) : quelques dates.

     

    Le 26 juin 1794 (8 messidor an II), les troupes françaises commandées par le général Jean-Baptiste Jourdan défont les armées coalisées autrichiennes, britanniques et hanovriennes, à Fleurus (Wallonie). C’est là une victoire décisive de la France qui s’assure ainsi le contrôle des Pays-Bas autrichiens pour une vingtaine d’années. Bruxelles connaîtra donc toutes les phases ultérieures de l’évolution politique de la France, dont le Consulat et l’Empire. De fait, sous la pression des Coalisés, les Français seront contraints d’abandonner la ville, en février 1814.

     

    Selon une loi du 31 août 1795 (14 fructidor an III), les anciens Pays-Bas autrichiens sont divisés en neuf départements. La ville de Bruxelles est rattachée au département de la Dyle dont elle sera le chef-lieu et qui correspond globalement aux frontières de l’ancien Brabant.

     

    Le 9 juillet 1796 (21 messidor an IV), un premier arrêté, signé par Nicolas Rouppe (qui deviendra commissaire du département de la Dyle le 21 janvier 1797 et qui sera élu bourgmestre (maire) de Bruxelles, de 1830 à 1838) envisage de débaptiser les rues de Bruxelles portant des dénominations à connotation religieuse ou aristocratique. Ledit arrêté précise notamment :

     

    « Considérant…qu’on indique assez souvent les rues par leurs anciens noms, proscrits depuis l’entrée victorieuse des troupes républicaines, et rappelant pour la plupart l’ancien régime… Il est défendu à tout imprimeur, colporteur ou autre, d’imprimer, afficher ou distribuer des avis, billets de vente ou annonces quelconques…spécifiant les rues par des noms qu’elles portaient avant. » (Bruxelles, notre capitale, p. 162).

     

    Le 27 mai 1798 (8 prairial an VI), dans un second arrêté, est publiée la liste des noms de rues « qui blessent autant la saine raison que le régime républicain » et qui, en tant que telles, sont appelées à être débaptisées. Une cinquantaine de rues sont concernées.

     

    Mais certaines artères seront également tracées sous le régime révolutionnaire. Le 26 novembre 1799 (6 frimaire an VII), il sera ainsi décidé de baptiser les nouvelles rues du Grand Béguinage et de ses alentours en s’inspirant d’un dictionnaire d’arbres et d’arbustes. Et ces noms se sont maintenus jusqu’à nos jours.

     

    Le 15 juillet 1801 (26 messidor an IX), Joseph Bonaparte, frère du Premier Consul, Napoléon Bonaparte, et envoyé par ce dernier, l’administrateur Emmanuel Crétet et le cardinal Consalvi, Secrétaire d’Etat et représentant du pape Pie VII, signent le Concordat. Le 15 août, le Concordat est ratifié par le pape.

     

    Le 5 décembre 1804, trois jours après le couronnement de Napoléon, les rues et places de Bruxelles se voient restituer leurs anciennes dénominations.   

     

    2. Les rues bruxelloises débaptisées ou percées sous la Révolution.

     

    -Alexiens (Rue des) : Rue de la Révolution.

    -Arenberg (Rue d’) : Rue François Anneessens.

    -Béguinage (Rue du) : Rue de la République. Nombre de rues du quartier du Béguinage et du Grand Hospice portent des noms d’arbres et d’arbustes. L’on pourrait croire que ces dénominations sont toutes récentes, et que, comme semble le penser Eugène Bochart (1857), elles découlent d’une passion bucolique de hasard : « Le grand béguinage ressemblait autrefois à une petite ville, il était sillonné de jolis jardins, comme l’indiquent les rues et impasses du Cyprès, du Bouleau, du Sureau, du Lilas, du Marronnier, du Romarin, du Peuplier, de la Serpette, de la Ruche, de la Belette, du Muguet, de l’Acacia et de la Pensée. Les cinq premières existent encore, les autres ont été démolies successivement pour élargir et embellir ce quartier. » Il n’en n’est rien. En effet, c’est le 26 novembre 1799 (6 frimaire an VII du calendrier révolutionnaire), que l’on décidera de choisir tous les noms destinés aux voies de communication du Grand-Béguinage et de ses alentours dans un dictionnaire d’arbres et d’arbustes. Pour notre part, nous constatons aujourd’hui la subsistance, dans ce quartier, d’une « rue des Cyprès », d’une « rue du Rouleau » (et étrangement pas  du Bouleau), d’une « Cité du Sureau », d’une « rue du Lilas », d’une « rue du Marronnier » et d’une « rue du Peuplier ».   

    -Berlaimont (Rue de) : Cul-de-sac de l’Education, puis rue de l’Education.

    -Bogards (Rue des) : Rue J.-J. Rousseau.

    -Bois-Sauvage (Rue du ; anciennement : « Derrière Sainte-Gudule », « Rue de l’Eventail », « Rue Walter le Sauvage », « Rue du Soufflet ») : Nom adopté en 1811.

    -Boulet (Rue du) : Percée en 1795, cette rue reçoit son nom définitif le 26 novembre 1798. Elle doit son nom au fait que les Français avaient établi à cet endroit, dans le couvent des Chartreux, un arsenal.

    -Bourse (Place et rue ; alors « place et rue des Récollets ») : Place et rue du Caillou.

    -Brigittines (Rue des) : Rue du Dix-Août.

    -Capucins (Rue des) : Rue du Sans-Souci (à ne pas confondre avec une rue d’Ixelles actuelle).

    -Chapelle (Place de la) : Place de la Pourvoyance (Quiévreux) ou de la Prévoyance (Bochart).

    -Chapelle (Rue de la ; alors « rue du Curé ») : Rue du Petit-Coq.

    -Chartreux (Rue des) : Rue de l’Arsenal.

    -Dansaert (Rue Antoine ; cette artère a remplacé deux anciennes voiries démolies : la rue de Jéricho et la ruelle de la Cuiller ; nous donnons ici le nom qui fut celui de la rue de Jéricho sous la Révolution, artère qui s’étendait du Vieux Marché aux Grains (rue du) au Nouveau Marché aux Grains (place du)) : Rue des Munitions.

    -Diable (Rue du ; aujourd’hui disparue) : Rue de la Malice.

    -Dominicains (Rue des) : Rue de la Démolition.

    -Douze-Apôtres (Rue des) : Rue de la Démocratie.

    -Ducale (Rue) : Rue de l’Egalité.

    -Ecuyer (Petite rue de l’; ancienne « rue du Gentilhomme » ; aujourd’hui disparue) : Rue du Télégraphe.

    -Empereur (Boulevard de ; alors « rue de l’Empereur ») : Rue du Peuple.

    -Evêque (Rue de l’) : Rue des Innocents.

    -Grands Carmes (Rue des) : Rue de la Constitution.

    -Madeleine (Rue et Petite rue de la) : Rue et Petite rue  du Capitole.

    -Martyrs (Place des ; à l’époque « place Saint-Michel ») : Place de la Blanchisserie.

    -Minimes (Rue des) : Rue de l’Amitié.

    -Montagne de l’Oratoire (Rue) : Rue Montagne de la Philosophie.

    -Nom de Jésus (Rue du) : Rue de Mucius Scaevola (personnification du courage).

    -Notre-Dame-de-Grâce (Rue) : Rue des Piques.

    -Notre-Dame-du-Sommeil (Rue) : Rue du Calendrier Républicain.

    -Notre-Seigneur (Rue) : Rue de la Vieillesse (Quiévreux) ou Rue Voltaire (Bochart, Devogel).

    -Paroissiens (Rue des) : Rue des Amis.

    -Petits Carmes (Rue des) : Rue de la Jeunesse.

    -Ravenstein (Rue ; alors « rue Saint-Laurent ») : Rue des Droits de l’homme.

    -Royale (Rue) : Rue de la Liberté, puis rue Impériale.

    -Rempart des Moines (Rue du) : Rue du Rempart Cisalpin.

    -Sainte-Anne (Rue) : Rue de la Fécondité.

    -Sainte-Catherine (Rue) : Rue du Commerce.

    -Saint-Christophe (Rue) : Rue de la Ménagerie.

    -Saint-Ghislain (Rue) : Rue du Courage.

    -Sainte-Gudule (Parvis/Place) : Place du Beffroi.

    -Saint-Jacques du Coudenberg (Eglise) : Durant la Révolution, la croix du dôme de l’église Saint-Jacques fut remplacée par un grand bonnet phrygien et le drapeau de la Nation. Sur le fronton, l’on écrivit en grandes lettres « Temple de la Loi », termes qui en 1797 furent remplacés par ceux de « Temple de la Raison ». Les révolutionnaires donnèrent également à cet édifice le surnom de « Capitole de Bruxelles ».

    -Saint-Jean (Place) : Place du Marché-au-Lin.

    -Saint-Roch (Rue) : Rue de l’Oubli.

    -Saint-Roch (Ruelle) : Cette simple ruelle de communication qui reliait le Cantersteen à la défunte rue des Trois-Têtes, fut rebaptisée Rue de l’Innocence.

    -Saint-Pierre (Rue) : Rue de la Clef.

    -Samaritaine (Rue de la) : Rue de la Prudence.

    -Samedi (Place du ; à l’époque « rue du Samedi ») : Rue de Solon.

    -Terarken (Rue) : Rue de la Postérité.

    -Visitandines (Rue des) : Rue du Contrat Social.

     

     

    Eric TIMMERMANS.

    Sources : Bruxelles, notre capitale - Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 162-163 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / La bataille de Waterloo, Jean-Claude Damamme, Perrin, 1999/2009, p. 130 / Légendes bruxelloises, Victor De Vogel, TEL Paul Legrain, 1914, p.231-232.

     

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  • VANDER ELST, rue

    VANDER ELST, rue

    Commence rue de Laeken ; finit rue des Hirondelles.

    Cette rue communiquait primitivement à la Senne, où l'on débarquait les pierres des carrières de Dieghem et de Melsbroeck, pour alimenter les fours à chaux qu'y possédait le métier des maçons, et que les béguines, dites les Pauvres-Claires, qui avaient leur couvent sur l'emplacement de la rue des Hirondelles, obtinrent de faire détruire vers la fin du XVe siècle.

    Eug. Bochart Dictionnaire Historique des rues, places... de Bruxelles, page 545. (1857.

     

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    Photo (1) prise par Pierrot Heymbeeck, le 20 août 2015


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    Photo (2) prise par Pierrot Heymbeeck, le 20 août 2015


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    Photo (3) prise par Jean d'Osta.





     

  • Photos de Bruxelles

    Première parution, le 5 avril 2014


    Quelques anciennes maisons de Bruxelles.

     

     

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    Photo 1

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    Le Coiffeur de la petite rue des Longs Chariots, n° 6.

     

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    La Maison de l'étoile était située au coin du Platesteen et rue des teinturiers.

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    Maison de la Poste
    rue Fossé aux Loups.

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    Photo 5

    Les poids de la ville de Bruxelles.

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    Plan de la ville en 1453.

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    Hospice Pacheco.

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    Fontaine - rue de la Montagne n° 10.

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    rue Sainte Catherine 

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    Photo 10
    Maisons de la rue de l'évêque. 

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    Photo 11
    Enseigne d'une maison de la rue de la Montagne.

      

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  • Gastronomie Bruxelles

     GASTRONOMIE BRUXELLOISE : TROIS RECETTES D’OMELETTE

     

    1.Omelette bruxelloise.

     

    Prendre deux beaux harengs fumés, enlever la peau, lever les filets et retirer avec soin les arêtes ; placer les filets les uns à côté des autres dans un plat creux, les couvrir de lait frais, puis laisser tremper une heure durant. Ensuite, égoutter et éponger les harengs dans un linge, les passer dans un peu de beurre fondu, puis les faire légèrement frire, les diviser en petits carrés et les lier avec deux cuillerée de sauce tomate et une cuillerée de madère. Casser quatre œufs frais dans un bol, avant de les assaisonner de sel et de poivre. Ajouter une forte pincée de ciboulette hachée et quelques noisettes de beurre fin. Battre au moyen d’une fourchette et verser le tout dans une poêle contenant deux cuillerées de beurre bouillant, remuer vivement afin de lier l’omelette ; étendre sur le centre les morceaux de hareng, les enfermer en pliant l’omelette en portemanteau, renverser sur un plat chaud, après l’avoir laissée légèrement colorer et servir immédiatement.

     
    2.Omelette des Halles.

     

    Prendre deux beaux harengs demi sel et fumés, les débarrasser soigneusement des arêtes et peaux, les placer dans un plat, les arroser d’un peu de beurre fondu puis les mettre au four pas trop chaud. Dans le même temps, couper un oignon en fines tranches et les mettre dans une poêle avec un morceau de beurre ; cuire de belle couleur dorée. Ajouter deux pommes de terre cuites et coupées en fines tranches, les faire rissoler également et verser par-dessus quatre œufs battus comme pour une omelette, mais avec très peu de sel. Faire cuire l’omelette sans la laisser sécher, c’est-à-dire peu cuite, et la glisser sur les filets de harengs. Servir immédiatement.

     
    3.Omelette au hachis.

     

    Cette recette permet d’accommoder des restes de viande cuite, porc, veau ou autre. Hacher environ 100 gr de restes de viande, hacher également 50 gr de lard maigre ou de jambon  et mettre ce dernier hachis dans une poêle avec un peu de beurre et un oignon haché. Faire cuire durant quelques minutes sans laisser trop colorer et ajouter à la viande hachée mise dans un bol, quatre œufs. Assaisonner selon son goût en tenant compte du fait que le lard ou le jambon peut déjà avoir apporté son lot de sel. Bien battre le tout pour faire le mélange du hachis avec les œufs et faire chauffer du beurre dans la poêle à omelette. Aussitôt chaud, y verser le mélange, l’étaler sur toute la surface de la poêle et laisser cuire jusqu’à ce que l’on juge que le dessous est assez solide. Retourner comme une crêpe et laisser cuire encore une ou deux minutes. Servir immédiatement. Si l’on craint de briser l’omelette en la retournant, la passer dans le four une ou deux minutes, ce qui aura pour effet de cuire le dessus ; glisser ensuite l’omelette sur une assiette et servir. Les quantités reprises dans cette recette sont prévues pour deux personnes.

     

    Sources : Cuisine et Folklore de Bruxelles, Brabant, Gaston Clément, Editions « Le Sphinx » S.A., 1972, p. 21-22.

     

    Eric TIMMERMANS.

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