• Suite de notre balade dans la rue Haute

    Continuons donc ensemble la promenade rue Haute en repartant du Papillon.
    (images de Nelly et texte de Charly).

     

     

    CHEZ MOI TRAM 48.jpg

    Photo n° 1

     

    Je me demandais si tu te souviens encore de, Rita, la caniche qui traînait toujours dans le café et qui connaissait tout le monde ? C'était une brave bête avec laquelle on aimait jouer. Et puis, il y avait aussi Kaye, la chatte qui était, comme tous les chats, plus distante et qu'on voyait très peu finalement dans la salle de café.

    Et puisque nous sommes là comme il y a plus de 60 ans, je ne peux jamais repenser à cette ambiance chez Gust sans me souvenir d'une aventure dont je ris encore. Tu te souviens peut-être d'Andreike ? Un jour, il va à la toilette et, quand il rentre dans la salle, il dit à (très) haute voix : "Mouma, ik hem op men poutrelle gekacht !". Et ses bretelles qu'il avait défaites seulement devant pendaient par les boutons arrières  derrière lui !

    Hilarité générale de tout le café !

    Bon, on sort et on passe devant le magasin où s'installera Destré pour arriver à ce qui a été une corseterie - lingerie avant de devenir une agence de la Banque de Bruxelles (qui sera transférée plus tard près du pharmacien Watteyk, presque en face de Guilmot) et ensuite le salon de coiffure de Francine.

     

    On arrive donc chez Pex, au 177.

    Le vieux monsieur Pex et sa femme vivaient encore quand nous étions petits et c'est l'un de ses fils, André qui était dans l'atelier et sa femme qui tenait le magasin. De ce temps-là, des gens venaient encore de loin pour ses fameuses couques au beurre, délicieuses et d'une forme qu'on ne trouvait que dans sa boulangerie, carrée avec une petite boule au-dessus.

    A côté, au 179, c'était le magasin de ma marraine, Rosa, et mon bompa, Gust, où j'ai habité avec mes parents, Tony et Jenny, de ma naissance jusqu'à 6 ans à peu près. C'est là aussi que, après la mort de ses parents, ma mère à eu la Juperie.

    louiske.jpg


    Photo 2

     

    Puis, au 181, c'était Louiske et, au 183, un magasin de confection où nous avons eu, mes parents et moi, le magasin Boy à partir de 1954 ou 1955.

     

    charly

    Photo 3

     

    charly

    Photo 4

     


    Au 185, on arrivait chez Louis Sellekaert, le boucher qui avait été l'apprenti de son oncle Mertens et avait repris la boucherie quand celui-ci avait pris sa pension. Pourtant, pendant des années et des années, on a continué à dire qu'on allait "chez Mertens" chercher de la viande, alors que plus personne ne le voyait plus depuis longtemps et qu'on ne savait même pas si lui et sa femme étaient encore vivants.

    Avant d'arriver chez Michel, au 189-191 où tu habitais avec ta bobonne et ton bompa, on passait encore devant un magasin de pantalons, Sarto. Quand Michel a quitté ce magasin, il l'a donné à sa filleule, ma tante Micheline, qui a continué sous le nom de "Loucky".

    Quick_et_Flupke.jpg

    Photo 5

    La dernière maison, au coin de la rue des Capucins, était "Le Confort Electrique". Au début des années '50, tous les soirs il y avait un attroupement devant ce magasin où les gens venaient voir le télévision qui fonctionnait dans la vitrine et, beaucoup de gens dan le quartier ont acheté leur premier poste de télé dans ce magasin. On était privilégié parce qu'on n'avait pas besoin d'antenne, les émissions étaient diffusées depuis le sommet du Palais de Justice, donc juste au-dessus de chez nous.

     

    Anna et Pierre.jpg

    Photo 6

     

    En tournant le coin de la rue des Capucins, on arrivait chez Antoine l'antiquaire, grand pêcheur à la ligne, et chez Pierre le coiffeur dont la maman était le médecin-chef de la clinique de la poupée ou les petites filles faisaient soigner leurs poupées devenues infirmes. Puis, il y avait un vieux petit magasin de jouets, très sombre, tenu par un couple encore plus vieux : Pierre et Martha. Martha était anglaise et Pierre un grand vieillard moustachu qui s'appelait Laffont. Ils avaient deux petits-fils, le plus jeune, Pierrot, a été en classe avec moi et l'aîné Paul  est devenu prof à l'école de menuiserie au Steenpoort. Paul et sa femme ont  ouvert un petit magasin de décoration (tentures, rideaux, etc.)

    charly

    Photo 7

    plus bas, en face d'Emile André à peu près. A côté de l'école c'était le coin vert ou jaune, je ne sais plus lequel des 2, l'autre était au coin de la rue du Miroir.

     

    Lustres.jpg

    Photo 8

     

    A l'autre coin de la rue des Capucins et de la rue Blaes il y avait une lustrerie et, quand on remontait, une petite épicerie tenue par Jeuf et Maria apparentés à l'Aztèque qui fabriquait des fauteuils plus bas, de l'autre côté de la rue Blaes.

    Plus haut, dans l'hoeksken in en face d'Emile André, il y avait un petit magasin de jouets, avec une petite vitrine à gauche et la porte à droite avec un trapken op, tenu tenu par 2 vieilles madames avec un châle qu'on appelait "bei de madamekes".

    Avant d'arriver au coin, chez Michiels, il y avait encore Schapiro, tissus au kilogs  avant de revenir rue Haute.

    MICHIELS NUIT.jpg

    Photo 9

    charly

    Photo 10

     

    Michiels, c'était LE magasin de la rue Haute. Les gens y venaient pour les costumes des grandes occasions : mariages, communions, etc. Les clients venaient de partout autour de Bruxelles, parfois de loin - à une époque où les voitures étaient rares - et on voit encore sur certaines façades, comme à Beersel, la publicité de leur marque avec le tailleur assis.

     

    Yvon et Georges étaient à la direction et Yvon fut président de l'association des commerçants. Plus tard, après le décès d'Yvon, c'est sa veuve qui est restée à la caisse et les fils qui se sont investis dans la maison. Au bout de quelques années, Albert, le fils de Georges, a bifurqué vers la restauration avec la Marée Haute (là où tu as habité), La Culotte de bœuf (à la place de Sarto) et le Cheval Blanc mais encore ailleurs comme à Genval ou même à New York. Michel et sa sœur sont restés fidèles au poste et ont accueilli un nouveau département pour distribuer  Guilmot lorsque celui-ci a fermé ses portes entre la rue Christine et la rue de la Porte Rouge. Puis, quand il a fallu déposer le bilan, le magasin Michiels, qui avait fait les plus belles heures de la rue Haute a fermé. Michel est mort seulement quelques mois après.

     

    RIALTO.jpg

    Photo 11

     

    En repartant vers la rue des Renards, on passe devant le Rialto et sa remarquable façade puis on arrive au 213 où mes parents ont eu la chemiserie-chapelerie "Epsom" qu'ils ont cédée à la soeur de ma mère qui en fait "Jacques". A côté, il y avait un magasin de chaussures, "Anatole" qui, plus tard est devenu un magasin de confection.

    charly

    Photo 12 - merci à Jef Slagmulder.






    Ensuite, il y avait Benny (qui, plus tard, s'est installé un peu plus loin, dans le magasin de Trinette Slagmulder) et Parivienne tenu par les parents de Simon et Maurice. Après le déces du père, c'est Simon qui a repris sa place tandis que Maurice avait ouvert Dandy mais c'est toujours la maman qui est encore restée dans le magasin, à la caisse.

     

    DOLF.jpg

    Photo 13

     

    Enfin, nous sommes arrivés chez Dolf, le pièrenbienhâver au coin de la rue des Renards. Son fils a repris la boucherie mais il est mort assez jeune et ça a été fini de la boucherie chevaline. Il en est resté quelques unes à Bruxelles mais, aujourd'hui, c'est une espèce totalement disparue comme les triperies. La dernière a été, je pense, à Jette, rue Léon Théodore.

     

    COIN RENARS ESCARGOTS.jpg

    Photo 14


    charly

    Photo 15

     

    La rue des Renards nous donne l'occasion de relever un phénomène que nous devons à l'occupation française à partir de 1792 mais nous en parlerons ailleurs parce qu'ils valent, à eux seuls, un autre chapitre de façon à nous permettre d'avancer dans notre promenade.

    Donc, nous traversons cette rue des Renards dont l'aspect est méconnaissable pour ceux qui l'ont connue dans le temps avec ses articles pendus sur la façade des magasins et son marchand de légumes "chez Koekebakske" avec la mère et le fils coiffé de son béret qui vendaient sur la rue devant leur magasin.

    Après Dolf, c'est le café qui est toujours là même si les choses ont légèrement changé.

    On va donc encore faire une petite pause avant de reprendre la route et en profiter pour constater une demi-gueuze.

    A la prochaine pour aller jusqu'à la porte de Hal.

    Lire la suite

    Catégories : Haute rue. 9 commentaires
  • Titi fais un petit tour

    Allez on est parti, on suit le petit Ket, équipé de ses nouveaux Kets, qu’il vient juste d’acheter dans un magasin de la rue des Renards.

    Une dernière mise en garde s’impose, l’image que l’on va voir est située rue des Six Jetons et est d’une précision telle  qu’elle en est troublante !!!!!

    5 campagne

     

    Je ne suis encore qu’un petit Ket, et je ne connais pas bien mon chemin.

    Après avoir parcouru la rue Haute, je sors de Bruxelles par la porte d’Hal.

    porte de hal

    Je longe le rempart qui protège la ville, direction Porte d’Anderlecht.
    Tiens, les gens du Grand Serment sont aussi de sortie ?

    rempart

    Je passe devant la porte d’Anderlecht et remarque que les 3 moulins
    n'ont pas encore été frappé par la foudre.
     (3/9/1775)

     

    grand serment

    J’arrive porte de Flandre et là !  PATAAAT, je me suis trompé de chemin !
    Et bien alors, retour vers la porte d’Anderlecht.


    flandre

    Entre-temps  la foudre est tombée sur les moulins !


    foudre

    Après avoir parcouru plus de 200 mètres, dans la rue d’Anderlecht et une fois passé sur un petit pont.
    Petit pont, qui enjambe la  Sennette, "Zinneke"  j’aperçois à ma gauche la "chapelle de Notre Dame au Rouge".

    chapelle Notre Dame au Rouge

    Je laisse la rue d’Anderlecht sur ma droite, et continue mon chemin tout droit, par la rue de la Petite Senne et au bout de la rue à droite, LA RUE DES SIX JETONS (que Serge, Andrée et Gilbert connaissent, très, très, mais alors…. très bien)

    rue de la Petite Senne

     Une porte de la rue des Six Jetons.......

    Regardez bien la porte et en particulier le battant droit.
    On peut y voir un dessin d’enfant qui fleurissait sur les murs de nos quartiers
    C’était les tags de l’époque.
    E pour l’illustrer rappelez vous cette petite chanson :

     

    C’était une Espagnole
    De la Marolles
    elle avait des belles crolles
    A sa migeo…
    C’était une Espagnole
    De la Marolles
    elle jouait des castagnettes
    avec ses têttes
    Version francine (Marollienne)

    C’était très osé pour l’époque, hein

    Mich enfant sur porte

     

     

    Lire la suite

  • CHARLES BULS

     

    charles-buls.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     
    CHARLES BULS, DEFENSEUR DU PATRIMOINE BRUXELLOIS

    1. Un honneur bien mérité.

    étoile.jpg
    La rue de l’Etoile porte, de nos jours, le nom de rue Charles Buls. Je n’apprécie guère, en général, que l’on substitue au nom d’origine des rues celui de je ne sais quelle édilité politique ou militaire, dans le seul but de satisfaire la vanité humaine. De fait, ce genre de pratique contribue largement à l’effacement de la mémoire d’une ville. Dans le cas de Charles Buls, toutefois, étant donné l’action entreprise par cet homme politique bruxellois en faveur de la préservation du patrimoine historique, architectural et culturel de sa ville, reconnaissons que la substitution de son nom à celui de la rue de l’Etoile n’est point imméritée.

     





    2. La protection du patrimoine bruxellois.

    Charles Buls est né à Bruxelles, en 1837. Il débuta sa carrière politique en 1877 et fut successivement élu conseiller communal, échevin, puis bourgmestre (1881-1899) de la Ville de Bruxelles. Ayant reçu une éducation artistique, le jeune Charles vécut une année à Paris, de même que neuf mois en Italie. Il acquit ainsi la fibre esthétique qui, lorsqu’il fut élu bourgmestre, fit de lui un défenseur des arts et du patrimoine bruxellois, à tel point qu’on lui attribua le surnom de « bourgmestre esthète ». Il contribua à la préservation et à la restauration de plusieurs monuments et édifices de la ville. On lui doit la reconstruction de la Maison de l’Etoile (détruite sur ordre du bourgmestre De Brouckère), la sauvegarde de la Tour Noire, vestige de la première enceinte de Bruxelles ; la restauration de l’église Notre-Dame du Sablon ; l’aménagement du square du Petit-Sablon, décoré d’une multitude de jolies statuettes symbolisant les métiers et qui surmontent ses grilles en fer forgé ; la fondation, avec René Stevens, de la société des « Amis de la forêt de Soignes ». En vérité, on lui doit la préservation d’une bonne part du patrimoine historique du centre de Bruxelles, dont la Grand Place elle-même. De fait, c’est « en 1883 que la protection de celle-ci (de ses maisons et de l’Hôtel de Ville) fut assurée, au point de vue architectural, par une loi communale. Buls en avait pris l’initiative. » (Servais). Il se distingua également dans le domaine de l’éducation et de l’instruction publique : Charles Buls fut, notamment, le fondateur de l’Ecole modèle et de la Ligue de l’Enseignement.

     

    3. La honteuse mise à l’écart d’un défenseur de Bruxelles.

    Mais le 18 décembre 1899, du fait de son opposition aux projets dispendieux et mégalomaniaques du second roi des Belges, Léopold II, le bourgmestre de Bruxelles donna sa démission dans des conditions qui firent grand bruit : « Dès le début de son mayorat, Buls prit connaissance des problèmes suscités par les rapports à créer entre le haut et le bas de la ville, autrement dit le Mont des Arts. Les divergences de vues entre le chef de l’Etat et le bourgmestre sur le projet à adopter, celui du Souverain étant trop dispendieux pour les finances communales, firent que Buls ne put s’y rallier ; des manœuvres au sein du Conseil communal lui parurent insupportables et l’amenèrent à donner sa démission. Frans Van Kalken croit pouvoir ajouter à ces ressentiments le conflit d’ordre esthétique qui l’opposait à Léopold II. Le Roi, selon l’éminent historien, tenait pour un projet menant à une création grandiose du Mont des Arts. Buls voulait, lui, conserver l’étroite mais pittoresque Montagne-de-la-Cour, voie commerçante formant un trait d’union naturel entre la ville haute, le sympathique quartier du parc, le populeux centre nanti de ses grands boulevards. L’une et l’autre versions révèlent le caractère indépendant du bourgmestre. Cette indépendance n’avait d’égale que son impartialité. » (Servais) La mémoire de Charles Buls, décédé à

    Bruxelles (dans sa demeure de la rue du Beau-Site), le 13 juillet 1914 –ainsi lui auront été épargnées les horreurs et les destructions perpétrées dans nos régions par les troupes du Kaiser Guillaume II, qui envahirent la Belgique en août 1914-, sera célébrée par une plaque commémorative que l’on peut encore voir à côté du gisant t’Serclaes, dans la rue Charles Buls donc, de même que par la fontaine Charles Buls, située au bout de la rue du Marché-aux-Herbes. Charles Buls sera enterré, sans discours et dans une tombe anonyme, au cimetière d’Evere (chemin 25, pelouse 14) : il s’agit d’un simple rectangle de terre gazonnée.

    Eric TIMMERMANS.

    Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995 / La Porte de Hal, Linda Wullus, Musées Royaux d’Art et d’Histoire, 2006, p. 8 / Le français à Bruxelles aux siècles passés, L. van den Bruwaene, Rossel, 1980, p. 56-57 / Souvenirs de mon Vieux Bruxelles, Fernand Servais, Canon-Editeur (3e édition), 1965, p. 27 à 32.

  • Promenade rue Haute avec charly comme guide.

    Rue Haute promenade avec Charly côté impair .

    Merci à Charly pour les commentaires , merci à Christiane , Yves et Nelly pour les photos 

     

    Voila la première partie de la suite de mon parcours rue Haute, côté impair, dans lequel je tâcherai de parler surtout de bâtiments dont je n'ai pas relevé l'existence dans ce que j'ai lu sur le blog jusqu'ici.

    Vois ce qu'on peut en tirer de valable et ce qu'on peut y mettre éventuellement de photos. Pour ma part, je vais t'en envoyer encore quelques unes en annexe mais je ne pense pas que ça pourrait intéresser tout le monde.

    Chare1.jpg

    Photo n° 1


    Chare2.jpg

    Photo n° 2


    charr.jpg

    Photo n¨3

    les 3 premières sont prises devant le 179, chez Nelson qui était encore la maison Gust. Elles datent de la guerre ou de la libération et, à part Rosa, ma marraine, qu'on voit de dos à la porte, je ne connais pas les gens qui y figurent mais peut-être certains reconnaîtront des gens de leur famille ou des amis.

    charly-soldat-2-jpeg.gif

    Photo 4

     

    Charlyt-très-bonne.gif

    Photo 5

     Les deux suivantes me montrent en soldat de la brigade Piron qui venaient de nous libérer. Le sifflet qui est pendu à mon côté est celui de mon bompa, Gust, avec lequel il commandait les cavaliers de sa batterie d'artillerie pendant la guerre de 14-18. 

     

    Commençons donc par le commencement, la première maison de la rue. Comme par hasard : un café !

     

    PETITE RUE HAUTE.jpg

    Photo 6

     

    Je l'ai toujours connu là même si, au cours du temps, il a changé plusieurs fois de nom. Vers les années 60-70 et même peut-être au-delà, il avait pour enseigne un nom dont je me demandais où son patron était allé le chercher : chez Clodion le Chevelu.

    A l'époque, il n'y avait pas internet et il fallait (beaucoup) chercher dans les livres, les encyclopédies et autres manuels d'histoire. Dons, ça prenait plus de temps que de cliquer sur wikipedia !

    Mais j'ai fini par trouver.

    Ce Clodion n'était pas un klodereir comme on aurait pu le croire un peu vite d'après son nom mais un roi, un Franc salien dont on ne sait presque rien sinon qu'il a existé. Il serait né vers 390 et mort vers 450 et c'est le plus ancien roi de la dynastie mérovingienne qui a fondé le royaume dont héritera plus tard Clovis.

    Bon, fermons cette parenthèse culturelle pour nous intéresser aux vivants - ou ayant vécu - dans la rue Haute que nous avons connue.

    Un peu plus loin, il y avait le garage où Dikke Loué avait ses limousines qui ont servi notamment lors de certains mariages dans le quartier.

     

    RUE HAUTE 13.jpg

    Photo 7

     

    Entre ce garage et le coin de la rue du Saint Esprit (où il y avait encore un café, un de plus), on trouvait un tout petit magasin de stoppage et un vieux magasin de confection pour dames avec, à droite de la porte, une petite vitrine avec des soldats de collection (soldats de Napoléon, légionnaires romains, chevaliers, etc...) . Ce magasin était tenu par un vieux couple dont le mari, un petit bonhomme bossu, s'appelait Seldenslagh et qui, avant de s'installer à cet endroit, avait eu un autre magasin dans la rue, entre l'école et la rue Notre Seigneur.

    Il y avait aussi, d'autres l'ont signalé, un horloger-bijoutier et puis également, un petit resto sympa qui s'appelait, vers les années 70, "Les Années Folles".

    Donc, nous voila arrivés à la place de la Chapelle avec ses marchandes de scholle et autres délices de la mer.

     

    CHAPELLE CHARLY.jpg

    Photo 8

     Nous traversons la place. Je ne me souviens plus de ce qu'il y avait au coin mais on arrivait rapidement chez Dandy dont le patron était le frère aîné de Simon qui tenait Parivienne plus loin dans la rue depuis que leur père était mort. La mère, elle, est encore mongtemps restée à la caisse du magasin.

    BOUCHERIE COIN CHAPELLE.jpg

    Photo 9

     Mais n'allons pas trop vite, revenons à la hauteur de Dandy.

    triperie.jpg

    Photo 10

     

    Plus loin, presque en face du Sarma, il y avait une triperie, célèbre pour son bloempanch et qui faisait la meilleure tête de veau à la vinaigrette de Bruxelles. Ce genre de commerce a totalement disparu de notre ville, le dernier a avoir subsisté était rue de Flandre. Aujourd'hui,  les gens ne mangent plus de pis de vache ou d'autres abâts à part des morceaux "nobles" (et chers) comme des ris ou des rognons de veau et, encore parfois, de la cervelle ou de la langue (et encore : plus de boeuf devenue pratiquement introuvable, mais de veau). Mais, à présent, ce sont toujours des produits industriels, les tripiers, eux, ont disparu corps et biens !

    Peigne d'Or.jpg

    Photo 11

    A côté c'est la caverne d'Ali Baba : au Peigne d'Or, le marchand de jouets !

    Ce magasin n'a cessé de se développer au cours des années avec des voitures d'enfants, de la librairie-papeterie, du bazar, de l'eau de Cologne, etc...

    A la mort du vieux monsieur Vigneron, c'est son fils Albert qui lui a succédé . L'autre fils, l'aîné dont le prénom m'échappe pour le moment, a fait carrière dans la banque. Albert a épousé la fille de Désiron, l'horloger dont nous allons parler un peu plus loin. 

    Sur ce morceau de trottoir, on trouve encore une bonnetterie - Mettewie - et Loncke, un magasin où ma mère achetait me semble-t-il de la laine et puis on arrive au coin de la rue Notre Seigneur où se trouve le magasin de costumes Alloo.

    maison du caoutchouc.jpg

    Photo 12

     Sur l'autre coin quand on traverse la rue, on arrive au Roi du Caoutchouc.

    Personne n'a soupçonné ce qui s'était passé dans ce magasin d'imperméables pendant des années. Pendant la guerre, c'est là qu'est né le plus grand réseau d'espionnage de l'URSS : l'Orchestre Rouge.

    C'est de ce point central que s'est organisé l'espionnage soviétique des nazis mais, plus tard, après la guerre et durant longtemps, l'Orchestre Rouge a tissé son réseau un peu partout dans le monde.

    Nous voila arrivés près de l'école 10.

    Juste avant, il y avait la pharmacie Watteyck et un gazettekot qui vendait aussi des cigares, des cigarettes, du tabac et des pipes. Le patron faisait une tourné dans la rue pour livrer les journaux au domicile de ses clients. Plus tard, il a vendu, comme tous les marchands de journaux, les produits de la loterie et il a vécu à cause de ça une aventure que je vais raconter maintenant.

    Vers 1980, l'association des commerçants, comme toutes ses pareilles, organisait pour les fêtes de fin d'année une tombola en distribuant des billets à ses clients. Pratiquement à tous les coups, le gagnant de ce genre de tombola gagnait une voiture. Or, cette année-là, je me suis dit qu'il fallait faire autre chose pour se distinguer. Je me suis alors souvenu de cette blague qui racontait comment un ouvrier d'usine avait eu une idée de génie et j'ai convaincu le comité de l'association d'en faire autant.

    Dans la blague, l'ouvrier est convoqué par le patron qui lui demande comment il fait pour mener le train de vie qu'il mène avec le salaire qu'il gagne et le type lui explique son truc.

    L'ouvrier : je gagne 10.000 francs nets par mois.

    Le patron : ça je sais, j'ai regardé ta feuille de paie mais tu ne sais pas rouler avec une voiture comme la tienne avec un salaire comme le tien !

    Je te connais depuis des années et je sais que tu es honnête mais alors explique-moi comment tu fais.

    L'ouvrier : eh bien voila : chaque mois, j'organise une tombola avec un seul lot, mes 10.000 balles.

    Or, vous savez que vous avez 2.000 employés et ouvriers dans l'usine.

    Je vends donc mes billets 10 francs pièce et, comme tout le monde espère gagner 10.000 francs pour seulement 10 francs, ils m'achètent tous un billet et j'empoche 20.000 francs par mois !

    Je me suis donc dit que, pour nos clients, il fallait trouver une idée du même genre : la possibilité de gagner une grosse somme avec un billet gratuit.

    J'ai alors pensé au Lotto qui permet de gagner des milliers de fois sa mise. Mais, comme je n'avais jamais acheté un billet ou joué à aucun autre jeu de la Loterie avant,  j'ai donc téléphoné à la Loterie nationale et j'ai demandé comment marchait le lotto.

    Le gars au bout du fil a cru que je me foutais de lui mais je lui ai expliqué que j'envisageais, pour la première fois, de faire une grosse mise et il a répondu à ma question.

    Pour frapper un grand coup, le comité a décider de réunir 250.000 francs (en 1980 ou 82, je ne sais plus, mais ça faisait un tas de pognon) et de les jouer : pour l'époque c'était la plus grosse mise jamais jouée à la loterie.

    On a donc annoncé notre tombola de fin d'année : le gagnant  gagnerait la somme ce que nous aurions gagnée nous-même en misant 1/4 de million de francs au lotto !

    Succès colossal !

    Avec une mise pareille, le gros lot ne pouvait pas nous échapper !

    Le marchand de journaux nous en a voulu à mort parce qu'aucun de ses clients ne voulait jouer cette semaine-là, pour eux, les jeux étaient faits d'avance !

    De mon côté j'avais calculé, avec les bulletins multiples que nous avions remplis, quelles étaient statistiquement nos chances de faire un 6.

    Le calcul arrivait au résultat de 3% de chances de gagner et donc 97% de ne pas gagner. Conclusion, les autres joueurs se faisaient des illusions car, si les gens calculaient, ils sauraient que le seul gagnant dans cette histoire, c'est toujours la loterie. Mais malgré ça, ils restent des milliers à jour chaque semaine.

    Nous avons finalement gagné un affaire de 70 ou 75.000 francs que nous avons redistribués.

    A la fin de l'année suivante, tout le monde venait nous dire :"On va rejouer, hein, et cette année-ci, on va gagner !"

    Malheureusement, les commerçants n'ont plus voulu jouer une somme pareille et ont proposé un jeu classique qui n'a eu aucun succès et c'était fini le rêve de gagner des millions pour les clients. Pour les commerçants, ils ont vendu beaucoup moins cette année là puisque leurs clients ne rêvaient plus de s'enrichir d'un coup de baguette magique !

    Bon, allez, il est temps de sortir du gazttekot et de continuer notre excursion. 

    Nous arrivons à l'horlogerie de Désiron. Un monsieur à l'air pas facile et un cigare vissé en permanence à la bouche, ce qui explique peut-être qu'il parlait peu de peur que son cigare ne tombe. C'est sa fille qui a épousé Albert Vigneron comme je l'ai dit en parlant du Peigne d'Or. C'est chez Désiron qu'on achetait ces pendules que tout le monde avait sur sa cheminée avec un carillon Westminster.

    Et on arrive au Moulin Bleu qui vend des vêtements pour dames et ensuite chez Devillé, une chemiserie dont le patron s'est suicidé parce que son commerce périclitait.

    Il y avait encore le magasin de sport de Charly Loidts, un lutteur dont le frère Emile a été président du club de lutte de l'école 7 et la toute petite teinturerie Vervecken tenue par une toute petite madame et on arrive enfin rue du Miroir avec, au coin, le Chinois.

     

    Chinnus.jpg

    Photo 13

     

    Quand j'ai appris à lire, l'enseigne en verre de ce magasin m'a posé une colle. Il était écrit, en haut à gauche "Chinois" et, en bas à droite, "Belge". Et puis, en biais et dans un autre caractère, en haut à droite, "Détail" et, en bas à gauche, "Gros". En lisant les mots horizontalement, à la suite les uns des autres, je voyais :

    Chinois          l

                         i

                       a

                     t

                   é  

                 D

         s

       o

      r

    G            Belge

     

    Je me demandais ce que ça signifiait et pourquoi ce Chinois se disait "Gros Belge". Ce n'est qu'un peu plus tard que j'ai pensé à lire en croix : "Chinois-Belge" et "Gros-Détail" !

    Bon, on traverse la rue du Miroir et on fait le petit morceau jusqu'à la rue Saint Ghislain.

     

    jacqmotte1.jpg

    Photo 14

     

    On arrive bien sûr d'abord devant Jacquemotte et, dans un renfoncement avant que le trottoir devienne plus étroit, un magasin pour dames "Beldam" (peut-être pour faire l'équilibre avec Belom, en face au coin de la rue de l'Eventail) et ensuite Deraedt, un autre magasin de vêtements de luxe pour dames.

    Suit alors, de l'autre côté de la rue, Bata et son gérant folklorique et puis le Carly où les enfants de mon époque connu des heures inoubliables en sautant dans les arbres avec Tarzan, en galopant avec les cow-boys, en rigolant avec Laurel et Hardy ou Abbott et Costello sans parler des trois Stooges que nous on appelait De Draa Kloppers ou encore des dessins animés qui figuraient au programme entre les actualités et le film sous le titre : "complément de choix".

    Malheureusement, le "complément de choix" n'était pas toujours rigolo : parfois c'était un documentaire sur un pays ou une ville où nous n'irions jamais (De ce temps là, l'Italie était plus loin que la planète Mars aujourd"hui) qui ne nous passionnait pas et on se sentait frustré de ne pas avoir eu un film rogolo !

     

    Carly.jpg

    photo 15

    A côté, c'était Musica, un magasin de disques et appareils de radio avec sa large entrée en V dans laquelle on jouait le soir pendant que les parents étaient au café chez Gust à côté. Et enfin (ce n'est pas trop tôt), on arrivait chez Gust au Papillon, où on va se reposer un moment pour récupérer en buvant un verre avant de continuer la promenade : Santé !

    pa.jpg

    Photo 16

    Charly

    Catégories : Haute rue. 4 commentaires