• Photos de la Famille CH. HANSSENS

     

     Famille HANSSENS - HERREMANS
    rue du Fort - Saint-Gilles

     

     

     

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    Photo 1


    Pierrot, après quelques recherches je trouve que la famille HANSSENS aurait ouvert cette Brasserie de la Rose Blanche en 1926; dans le bottin de 1910 il y a une boucherie chevaline au n° 10 rue du Fort au nom de HANSSENS Ch. En 1926 et 1926 plus rien au n° 10 mais une boucherie chevaline au n° 43 rue de Fort au nom de HANSSENS Ch. En 1927 au n° 43 toujours rue du Fort et au nom de HANSSENS Ch. se trouve la Brasserie de la Rose Blanche...ça correspond bien avec tes deux photos, cette famille a ouvert un café après avoir tenu une boucherie chevaline. Ecrit par Nicolas Luppens

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    Un membre de la même famille

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  • Charles Baudelaire

                 CHARLES BAUDELAIRE OU LE SPLEEN DE BRUXELLES

                                   ET L’ANTRE DU GRAND MIROIR

     

     

    « La Belgique se croit toute pleine d’appas ; elle dort. Voyageur, ne la réveillez pas. » (Amœnitates Belgicae - Le Rêve belge, Charles Baudelaire).  

     

    1. Baudelaire et sa déception belge.

     

    Un jour, alors que je détaillais la vitrine d’une librairie d’occasion qui était située rue du Midi, j’y aperçus Pauvre Belgique de Baudelaire. Exaspéré par l’une de ces crises politiques dont la Belgique a le secret (était-ce celle de 2007 ?), je ne me fis point prier et entrai pour me procurer derechef cet ouvrage dans lequel le poète maudit voue aux gémonies –avec parfois, reconnaissons-le, quelque excès- le royaume des Saxe-Cobourg Gotha et son peuple.

     

    Alors que je me préparais à sortir, ma bible baudelairienne sous le bras, je me fis sympathiquement apostropher par un vieil anarchiste qui, désignant ledit ouvrage, me lança : « et ce qu’il a dit à l’époque est encore bien plus vrai aujourd’hui ! » Je souris et compris que, l’un comme l’autre, faisions nôtres, en cet instant et, il est vrai, non sans quelque esprit provocateur, ces quelques mots assassins du poète : « On me demande une épitaphe / Pour la Belgique morte. En  vain / Je creuse, et je rue et je piaffe ; / Je ne trouve qu’un mot : « Enfin ! » (Epitaphe pour la Belgique, Ch. Baudelaire).

     

    De fait, je dois bien reconnaître que si je me réclame clairement de mes racines bruxelloises, je ne me suis jamais senti « belge ». Je ne nourris donc pas le moindre « ressentiment patriotique » à l’égard de Baudelaire. Ceci dit, ses généralisations et ses insultes à l’égard de nos vieux Pays-Bas méridionaux et de ses peuples, furent parfois, il est vrai, d’un goût douteux. Mais l’on oublie souvent que si Baudelaire se montra si acrimonieux à l’égard de la Belgique, c’est parce qu’il y fut incompris, qu’elle déçut au plus haut point les espérances qu’il avait placées en elle, et que s’il se trouvait dans cette Belgique qu’il finit par haïr, c’était aussi par dégoût pour cette France du Second Empire qui ne lui avait point fait meilleur accueil.

     

    2. De Paris à Bruxelles.

     

    Auguste Poulet-Malassis (1825-1878) rencontre Baudelaire en 1850. C’est là le début d’une longue collaboration. Poulet-Malassis ouvre (1855) une librairie à Paris (rue de Buci) et signe le contrat de publication des Fleurs du mal le 30 décembre 1856. Mais l’ouvrage est condamné pour outrage à la morale publique et six des poèmes (Les bijoux ; Le Léthé ; A celle qui est trop gaie ; Lesbos ; Femmes damnées (premier poème) ; Les métamorphoses du vampire) devront être retirés. Poulet-Malassis et son associé, Eugène de Broise, devront verser chacun 100 francs d’amende. Mais le 24 mai 1861, Baudelaire cède à l’éditeur le droit de reproduction exclusif de ses œuvres littéraires parues ou à paraître, de même que ses traductions d’Edgar Allan Poe. Son goût pour les auteurs marginaux finit toutefois par mener Poulet-Malassis à la faillite, le 2 septembre 1862. Criblé de dettes, il est emprisonné (12 septembre), puis s’exile en Belgique où il recommence à faire imprimer clandestinement des textes sulfureux. Baudelaire le rejoindra à Bruxelles moins de deux années plus tard. De fait, également endetté, le poète doit prendre, lui aussi, la route de l’exil. Sous le titre Les Epaves, Baudelaire parviendra à faire publier (hors juridiction française) les six pièces condamnées accompagnées de seize nouvelles. Il rencontrera également Félicien Rops qui illustrera Les Fleurs du mal. C’est aussi Rops qui conseillera au poète de s’installer à l’hôtel du « Grand Miroir », à  Bruxelles.

     

    3. Charles Baudelaire à Bruxelles.

     

    Baudelaire arrive à Bruxelles, le 24 avril 1864 et nourrit « le double dessein de faire éditer par Lacroix trois de ses volumes et de faire au Cercle artistique et littéraire cinq conférences, ou plutôt cinq lectures, dont l’ensemble lui était payé cent francs. » (« Souvenirs de mon vieux Bruxelles », Servais, p. 217).

     

    L’auteur des « Fleurs du mal » prit donc ses quartiers à l’hôtel du « Grand Miroir » situé alors au n°28 de la rue de la Montagne. Il compta parmi les clients les plus illustres de cet établissement. Baudelaire aurait occupé la chambre 34 (selon Quiévreux qui, cependant, avoue douter de l’exactitude de l’information) ou la chambre n°39, située au second étage (selon Luytens). Mais peu importe : le « Grand Miroir » a depuis longtemps disparu.

     

    Dans sa chambre du « Grand Miroir », le poète ne trouve qu’un confort médiocre : « La chambre était modestement meublée : un lit en faux acajou, un canapé usé, pas d’abat-jour, des tentures décolorées. Le pensionnaire y ajouta bientôt une cage avec une chauve-souris qu’il nourrissait de lait et de mie de pain. » (« Souvenirs de mon vieux Bruxelles, Servais, p. 217).

     

    Il y paie alors 6,50 francs or par jour, ce qui pour ce personnage largement endetté, qui ne cesse de réclamer de l’argent à Madame Aupick, sa mère, représente une fortune. Vivant sur la corde raide, Baudelaire aura tôt fait de surnommer l’hôtelière du « Grand Miroir », « la Bougresse » ou encore « Le Monstre du Grand Miroir » ! Baudelaire se plaignait en tout cas des prix, selon lui, prohibitifs, pratiqués par cet hôtel : « Dans une lettre adressée à un ami parisien, le poète s’est plaint des prix excessifs de son hôtel : 2 F la chambre, 2 F le repas de midi, 2,50 F le dîner du soir. Il ajoutait : « Pour réduire les frais, je prends presque tous mes repas ailleurs. » (Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, p. 215).

     

    Ces critiques étaient-elles dues à un quelconque rejet de Bruxelles et des Bruxellois ? Nullement : le « Grand Miroir » était tenu à l’époque par un Parisien nommé Lepage et son épouse, d’origine picarde. Mais il est vrai que le poète maudit sera bien vite déçu dans son espoir d’être mieux compris à Bruxelles qu’à Paris. A l’invitation du Cercle Artistique et Littéraire, Baudelaire donna, de mai à juin 1864, cinq conférences à la Maison du Roi (sise Grand Place), consacrées à Eugène Delacroix et Théophile Gautier. Le succès sera des plus médiocres et lors de sa conférence du 11 mai sur Gautier, alors qu’il parlait, le poète vit même progressivement la salle se vider de ses auditeurs ; au bout de deux heures, ladite salle se trouva pratiquement vide.

     

    Dégoûté par son pays d’accueil, le poète écrira « Pauvre Belgique », ouvrage dans lequel il donne libre cours à toute la hargne et à tout le mépris qu’il dit éprouver à l’égard de la Belgique et de ses habitants. Il y restera toutefois durant deux ans.

     

    En mars 1866, lors d’une visite à l’église Saint-Loup, à Namur, Baudelaire, dont la santé décline depuis des mois, perd connaissance, victime de troubles cérébraux : les premiers symptômes d’aphasie et d’hémiplégie font leur apparition.

     

    Un soir, alors qu’il s’était enivré à la place Royale (qui n’était pas encore le « no man’s land » administratif que nous connaissons aujourd’hui et qui était alors peuplé de divers établissements renommés), Baudelaire se fit reconduire par son ami Neyt au « Grand Miroir ». Le surlendemain, dans sa chambre, le poète reçut le coup de grâce : il était désormais hémiplégique.

     

    Il est alors « transporté, rue des Cendres, dans un institut qui remplaça, dit-on, l’hôtel où la duchesse de Richmond donna son fameux bal, la veille de Waterloo. Baudelaire, délirant, blasphémant, épouvante les nonnettes, qui le prennent pour un possédé et qui se débarrassent de lui sans tarder. Transporté à Paris, il y meurt un an plus tard », soit en 1867 (« Bruxelles, notre capitale », Quiévreux, p.91). Au sujet du bal de la duchesse de Richmond, il fut effectivement donné, en l’honneur du duc de Wellington, dans un salon de la rue de la Blanchisserie (qui s’étend de la rue des Cendres à la rue du Marais), la veille de ce jour du 18 juin 1815, au cours duquel furent brisés les derniers espoirs de Napoléon Ier et de l’Empire français. Mais revenons à notre sujet. L’institut sis rue des Cendres, évoqué par Louis Quiévreux, correspond « à la clinique Sainte-Elisabeth, à Bruxelles, où il [ndr : Baudelaire] scandalisait les bonnes sœurs par ses jurons » (« Souvenirs de mon vieux Bruxelles », Servais, p. 218).

     

    Notons toutefois que Daniel-Charles Luytens évoque, quant à lui, « l’Hôpital Saint-Jean [qui] a fait place au Passage 44. Baudelaire y fut transporté d’urgence en avril 1866. Poulet-Malassis dira : « L’intelligence disparaît. L’homme se réduit peu à peu à la vie végétative. » » (« Ils ont choisi Bruxelles, Luytens, p.26). De fait, l’hôpital Saint-Jean, établi originellement place Saint-Jean, où un hospice existait déjà au 12e siècle, fut transféré à cet endroit en 1843. La construction du nouvel hôpital commença en 1838 : « En face du Jardin Botanique, le boulevard vit s’élever, dès 1838, un très vaste édifice de pierre grise, le nouvel hôpital Saint-Jean, à la place des ruines de l’ancien hôtel Pachéco. » (Jean d’Osta, p. 157) Désaffecté en 1935, suite aux interminables travaux de la Jonction Nord-Midi, l’hôpital Brugmann (situé à Jette), ayant en outre, été inauguré, dès 1923, pour le remplacer, on commencera sa démolition en 1949. Ce n’est toutefois que 20 ans plus tard que l’on inaugura, au même endroit, le gigantesque complexe du Crédit Communal (actuellement Belfius) qui comprend, notamment, au n°44, le Passage 44. Mais cet hôpital là, comme nous pouvons le constater, n’était pas situé rue des Cendres. Par contre, une clinique Saint-Jean existe encore de nos jours au n°32 du boulevard du Jardin Botanique ; elle se situe entre la rue des Cendres et la rue du Marais. Il faut donc la distinguer de l’hôpital Saint-Jean, désaffecté en 1935. Dès lors, Baudelaire a-t-il été transporté à l’hôpital Saint-Jean ou à la clinique Sainte Elisabeth ?

     

    Jean d’Osta nous donne la réponse, bien qu’il confonde les histoires de Verlaine et de Baudelaire (p.64), prêtant au premier l’hémiplégie et les « jurons sataniques » du second et à Baudelaire, près d’une vingtaine d’années de vie supplémentaires dues à Verlaine : l’auteur des Fleurs du mal, mort en 1867, n’a pu être soigné à la clinique Sainte-Elisabeth en 1886, quant à Verlaine, il est décédé à Paris, en 1896, près de trente ans après Baudelaire. En 1866, alors que Baudelaire (45 ans) est frappé d’hémiplégie à Bruxelles, le jeune Verlaine (22 ans) fréquente les cafés et les salons littéraires parisiens. Ajoutons, pour corser encore un peu notre propos, que Verlaine a bien eu affaire aux services policiers et hospitaliers bruxellois, mais c’était le 10 juillet 1873, alors que, sous l’emprise de la boisson, il venait de blesser son ami Rimbaud d’un coup de pistolet…

     

    Ayant rectifié ces quelques erreurs d’ordre historique et littéraire, au demeurant bien excusables au vu de la tâche immense entreprise par Jean d’Osta en vue de la préservation de la mémoire bruxelloise, le travail d’une vie entière, rappelons-le, rendons la parole à cet auteur qui nous désigne avec précision l’endroit où Baudelaire fut admis à Bruxelles, avant son rapatriement vers Paris : « Au siècle passé, le plus important bâtiment de cette rue [ndr : la rue des Cendres] était la clinique des Sœurs hospitalières des Saints-Jean et Elisabeth. Elles s’y étaient établies « à leur compte » en 1851, alors que précédemment elles étaient attachées (et logées) au grand hôpital Saint-Jean tout proche. Cette clinique, agrandie jusqu’à la rue du Marais, a maintenant son entrée dans cette rue, mais ce fut bien par la rue des Cendres qu’y entra » -et c’est ici que nous nous permettons de rectifier les propos de Jean d’Osta-, un jour de 1866, le poète Baudelaire, terrassé par une attaque d’hémiplégie ; il y resta deux semaines, durant lesquelles les murs ont retenti sans cesse de ses épouvantables blasphèmes. » (Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, p. 64).

     

    Quoiqu’il en soit, le 2 juillet 1866, Baudelaire, désormais privé de la parole mais parfaitement lucide, est ramené par sa mère à Paris. Le 4 juillet, le poète entre à la maison de santé du docteur Duval (rue du Dôme). Charles Baudelaire meurt de la syphilis, le 31 août 1867, dans les bras de sa mère. Le 2 septembre, ses obsèques sont organisées à Saint-Honoré-d’Eylau, avant son inhumation au cimetière Montparnasse (6e division) auprès du général Aupick. Sa mère les y rejoindra en 1871. 

     

    4. Le Bruxelles de Baudelaire.


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    Alsemberg (Chaussée d’) n°621 : Auberge « Au spijtigen Duivel » (Uccle). Baudelaire, dit-on, y composait des poèmes et aimait particulièrement l’endroit. L’établissement dont il s’agit serait l’actuelle auberge, une autre, plus ancienne, ayant, dit-on, été située en face de celle-ci et ayant été abandonnée vers 1840, mais rien n’est certain à ce propos.

     

    Astronomie (Av. de l’) n°3bis : L’immeuble où les Hugo organisèrent les Mercredis de la rue de l’Astronomie a été démoli. Il est dit que Baudelaire participa de nombreuses fois à ces rencontres littéraires.

     

    Cendres (Rue des) : C’est là, où se situe actuellement la clinique Saint-Jean (n°32 boulevard du Jardin Botanique / rue du Marais, 104), qu’était établie la clinique Sainte-Elisabeth où Baudelaire fut admis d’urgence, en 1866.

     

    Chapelle (Place de la) : En l’église Notre-Dame de la Chapelle, Baudelaire, tout comme, bien plus tard, Michel de Ghelderode, fut fasciné par la statue de Notre-Dame de la Solitude. Le poète venait souvent méditer devant la statue qu’il qualifiait de « terrible ». Il est dit que Baudelaire aimait particulièrement cette église, avis que l’auteur de ces lignes partage entièrement.

     

    Fossé-aux-Loups n°30-32 : L’Hôtel de la Poste était situé à cet endroit. Le 30 septembre 1864, Baudelaire, très fâché de n’avoir pu, quatre jours plus tôt, accompagner Nadar dans le ciel de Bruxelles, y fut invité à un grand banquet organisé par ledit Nadar, alias Félix Tournachon. A cette soirée, étaient notamment présents Alexandre Dumas, de même que Charles et François Hugo.

     

    Madeleine (Rue de la) n°87 : On situait à cet endroit, proche de l’Hôtel du Grand Miroir, la Librairie du Père Rosez que fréquentait Baudelaire.

     

    Maison du Roi (Grand Place) : C’est là qu’entre mai et juin 1864, Baudelaire donna cinq conférences au succès plus que mitigé.

     

    Mercelis (Rue) n°37 : C’est dans cette rue d’Ixelles que se situait la maison d’Auguste Poulet-Malassis, éditeur de Baudelaire.

     

    Montagne (Rue de la), n°28 : Ancienne adresse du « Grand Miroir » où le poète s’installa.

     

    Neuve (Rue) :

     

    *n°37 : A cette adresse, située au coin de la rue Saint-Michel, Baudelaire fréquentait les salons de M. Léopold Collart.

     

    n°52 (actuel n°64) : Invité chez le sénateur et agent de change Crabbé, Baudelaire donna à cette adresse, une conférence à laquelle une douzaine de notables vinrent assister. Le bâtiment est un hôtel transformé en magasin. Il existe encore de nos jours.

     

    Porte de Schaerbeek : Le 26 septembre 1864, Nadar fait élever son ballon « Le Géant » dans le ciel bruxellois. A son grand désappointement, Baudelaire ne pourra être du voyage.

     

    Putterie : Dans ce quartier situé dans les alentours de l’actuelle Gare centrale, Baudelaire fréquentait vraisemblablement une hostellerie, qui tenait semble-t-il beaucoup de la maison close- nommée La Reine-Mère. L’endroit n’a pu être situé avec plus d’exactitude.

     

    Royale (Place) :

     

    *n°5-6 : A l’époque, adresse de l’hôtel « Le Globe ». Le poète y dîna, le 26 septembre 1864, en compagnie de Georges Barral, le bras droit de Nadar. Baudelaire y logea également. Le jour même, ledit Nadar fit élever dans le ciel bruxellois son ballon « Le Géant », mais malgré son désir, Baudelaire ne put être de l’expédition : « Ce Georges Barral, secrétaire de la Société d’Automotion Aérienne, était venu participer à l’ascension de Nadar dans son ballon Le Géant, en présence de Léopold Ier. Il a laissé de ses cinq journées avec Baudelaire un récit curieux, publié par Maurice Kunel. Les deux hommes visitèrent Waterloo, assistèrent au banquet offert à l’aéronaute par le bourgmestre Anspach, Dumas fils et les Hugo, et causèrent longuement de l’Académie française où Baudelaire briguait le fauteuil Lacordaire. » (« Souvenirs de mon vieux Bruxelles », Servais, p. 217). En fait, il semble qu’à cette époque, Baudelaire avait abandonné son projet académicien depuis plusieurs années. Le poète posa effectivement sa candidature à l’Académie au fauteuil Lacordaire en décembre 1861. Mais Sainte-Beuve lui conseilla de renoncer, ce que Baudelaire fit, le 10 février 1862 (« Les fleurs du mal et autres poèmes », Baudelaire, p. 25).

     

    *n°10 : Au coin de la rue Royale et de la place du même nom, se situait le Café de l’Amitié. Si l’établissement a été supprimé, le bâtiment, lui, subsiste. C’était l’établissement de prédilection de Baudelaire. Certains disent qu’il y buvait du faro, bien que le poète se soit montré, comme on le sait, particulièrement sévère à l’égard de ce breuvage.

     

    -Villa Hermosa (Rue) : Une taverne nommée Au Prince de Galles se situait dans cette rue et était fréquentée par Baudelaire en compagnie des intellectuels anglais en visite à Bruxelles. Si la taverne a depuis longtemps disparu, un tronçon de la rue existe toujours à la Montagne de la Cour.

     

    -Waterloo (Boulevard de) n°42 : Ancienne adresse des éditeurs Lacroix et Verboekhoven, la maison d’origine a été abattue et a été remplacée par l’Hôtel Hilton. Baudelaire leur rendit visite à plusieurs reprises dans le but de faire éditer ses œuvres. En 1875, ladite maison d’édition se situait au n°42 de la rue de Ruysbroeck.

     

    -Wavre (Chaussée de), n°29 : Dans la quinzième maison à droite en quittant la porte de Namur, l’on pouvait trouver l’auberge Chez Bienvenu (établissement tenu par la veuve Bienvenu). Baudelaire y déjeunait en compagnie de Poulet-Malassis. Après le séjour de Baudelaire, l’auberge sera abattue à deux reprises.

     

    5. Un mot sur le Grand Miroir.

     

    La rue de la Montagne est une très ancienne rue de Bruxelles connue depuis le milieu du 13e siècle. Jadis, du fait de la grande quantité d’auberges que l’on pouvait y trouver, elle servait de station pour les voitures de rouliers. Au numéro 28 de cette rue l’on trouvait naguère l’auberge du Miroir, l’une des plus anciennes auberges de Bruxelles. De fait, elle est d’ores et déjà mentionnée en 1289 (ou 1286).

     

    En 1419, dit-on, Jacqueline de Bavière, lasse des mauvais agissements de son époux, Jean IV, s’enfuit du palais ducal situé à la place des Bailles (actuelle place Royale) et vint se réfugier, en compagnie de sa mère et d’un domestique, à l’auberge du Miroir. Le séjour de cette illustre personnalité aurait eu pour conséquence de rehausser la réputation de l’auberge qui substitua à son nom, L’auberge du Miroir, celui, plus prestigieux, d’Hôtel du Grand Miroir. L’établissement accueillit dès lors une clientèle plus distinguée et, on peut le penser, plus fortunée. Au 19e siècle, le Grand Miroir était encore un établissement très en vogue.

     

    Son nom proviendrait, dit-on, de celui de son propriétaire, Englebert de Spéculo (de « spiegel » = « miroir ») qui, en outre, selon la tradition légendaire, aurait été l’inventeur d’un célèbre biscuit bruxellois : le « speculoos » ! Mais l’hôtel tiendrait plus vraisemblablement son nom du Spiegelbeek, un « ruisseau du Miroir », jadis situé à proximité (« Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, p. 215). Et Fernand Servais de renchérir : « son nom est dû, semble-t-il, au ruisseau ou plutôt à l’égout à ciel ouvert qui traversait le quartier : le Miroir, ainsi nommé sans doute à cause des reflets que ses eaux présentaient, en été, sous le soleil. L’auberge vint s’installer là, dans une dépendance de la « Maison des Orfèvres », laquelle était surmontée d’une tour qui s’effondra en 1696. Elle ne tarda pas à s’agrandir et à s’agrémenter d’une cour d’où partaient, deux jours par semaine, les diligences pour Bois-le-Duc et Bréda. »

     

    Le Grand Miroir ferma ses portes en 1914 lorsqu’éclata le premier conflit mondial.

     

    Jean d’Osta remarque qu’en 1950 les lettres de l’enseigne du « Grand Miroir » était encore lisibles au-dessus de sa porte délabrée (« Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles », Jean d’Osta, p.215).

     

    En 1955, Fernand Servais note que la façade du n°28 a elle-même disparu : « Ainsi s’en va peu à peu le « vieux-Bruxelles » -et l’on peut dire que le sort de l’immeuble portant le n°28 attriste nos vieux concitoyens : car cet immeuble n’est autre que L’Hôtel du Grand Miroir, le plus ancien de la capitale et aussi le plus chargé de souvenirs. »     

     

     

    Eric TIMMERMANS

     

     

    Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 (p. 89-92) / Dictionnaire encyclopédique de l’histoire de France, Charles Le Brun, Maxi-Livres, 2002 (p. 29) / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995 (p. 64, 157, 215) / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Ils ont choisi Bruxelles, Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2004 (p. 25-27) / Les fleurs du mal et autres poèmes, Charles Baudelaire, GF Flammarion, 1964/1989 (p. 25-27, 234-235) / Souvenirs de mon vieux Bruxelles, Fernand Servais, Canon éditeur, 1965, (p. 215-219).

  • KI sé c'est OU ?

     

     

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    KI sé c'est OU ?

     

     

     

     

     

    Jef Slagmulder a fait un tour dans Bruxelles, il a vu de belles vitrines, mais plus moyen de connaître les noms des rues grrr.

    Un visiteur peut-être ?

     

     

     

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    Photo 1: Place de la Chapelle 10 1000 Bruxelles - merci Elise

      

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    Photo 2: Rue Charles Hanssens 6. Actuellement, restaurant le IIIème acte.
    Merci à Raul pour l'info.

     

     

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    Photo 3: 29 rue de Rollebeek 1000 Bruxelles -Merci Elise

     

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     Photo 4: Place du Grand Sablon 5, 1000 Bruxelles - Merci Elise

     

     

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    Photo 5: Rue du page, 45 1050 Bruxelles - Merci Elise

     

     

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     Photo 7: Avenue de la Toison d'Or 52, 1000 Saint-Gilles - Merci Elise

     

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    Photo 8: 75 Avenue de la Couronne 1050 Ixelles - Merci Elise

     

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     Photo 9: 27 Place Jourdan 1040 Etterbeek - Merci Elise

     

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    Photo 10

     

    Photo 10: La Manufacture. Rue Notre Dame du Sommeil 12.
    http://www.manufacture.be/fr/photos/l-etage.html

    Écrit par : Raul.

     

     

     

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    Photo 11: Rue au Beurre 31, 1000 Bruxelles - Merci Elise

     

  • Bisschot

    reflec.2[1].jpgKI sé c'est KI ?

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Photo 1 

    Annette et sa sœur Trinette Walmaegh; Trinette a épousé Louis Bisschot et Annette son frère Jean, c'étaient les grands parents de mon mari.

     

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    Photo 2


    photo 2 et 3 noces d'or de Pétronille Lovenfosse et son mari Jean les familles et amis proches sont tous du quartier des bas fonds et/ou la Marolle, peut être connaissez vous l'une ou l'autre tête....les grands parents de mon mari habitaient dans les blocs de la rue du miroir ( année 20-30) amitiés de Georgette ex Bisschot!

     

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    Photo 3