LEXIQUE DE TERMES BRUXELLOIS

                                     LEXIQUE DE TERMES BRUXELLOIS

 

A la mémoire de ma grand-tante paternelle, Maria Vercaeren, et de mon grand-oncle paternel, Corneille De Mesmaecker.

 

A.

 

-Allez / Alleï ! : Au moins aussi courant que le célèbre « une fois », le terme allez, que l’on prononce volontiers alleï à Bruxelles, se retrouve dans de nombreuses phrases et dans de nombreuses situations. Cela relève pratiquement du tic de langage. Ex. : Alleï, dis, fieu, tu vas quand même pas te mettre à chialer, mènant, hein ? (Allez, dis, mon vieux, tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer, maintenant, hein ?). ; Bon, allez, on va peut-être tout doucement y aller ?; Mais alleï, fieke, est-ce que tu peux me dire, mènant, pourquoi moi j’aurais été lui dire ça, alleï !

-Amaï : Exclamation très courante mais également assez ingrate, amaï est pratiquement intraduisible. Elle sert à exprimer l’étonnement, l’incrédulité, l’admiration ou la consternation.

-Arranger : En français, le verbe « arranger » apparaît comme un synonyme de « mettre en ordre », de « résoudre ». Mais à Bruxelles, se faire arranger, c’est se faire rouler dans la farine, se faire escroquer ! Quant à être bien arrangé ou salement arrangé, cela signifie que vous êtes mal en point, parce que vous êtes malade, parce que vous êtes blessé ou parce que vous êtes ivre, par exemple ! Être scheille arrangé, cela veut donc dire que vous êtes complètement bourré !

-Aubette : Désigne un kiosque à journaux, un abri-bus. Ex. : Vite, on va aller se mettre sous l’aubette pasqu’y pleut.

-Autostrade : Terme désuet, dérivé de l’italien « autostrada » et servant à désigner une autoroute ou, à tout le moins, une importante artère vouée à la circulation automobile. A Bruxelles, on prononce « autostraat », vraisemblablement parce que le mot « straat » (« rue » en thiois), s’est aisément confondu avec le suffixe « strade », et on l’utilise au féminin « une autostrade », comme « une autoroute ». Ex. : Astableef, dis, t’as vu le carambolage d’hier soir sur cette austrade qu’on a toujours dit qu’elle était dangereuse ?

-Aven taaid : Ancien temps, époque révolue, jadis, naguère.

-Awel ! : Eh bien ! S’exprime pour souligner une incompréhension, une incrédulité, une stupéfaction. Ce terme s’accompagne souvent du mot « merci » qui est supposé souligner la stupéfaction. Ex. : Et donc, malgré tout ce que cet ivrogne a fait, on la réengagé ? Awel, merci ! On pourrait également dire awel, ça alors ! L’expression totalement francisée existe aussi : Eh bien merci !

-Après : A Bruxelles, « après » peu parfois signifier « dedans », « de quelque chose », « à quelque chose ». Ex. : « Tiens, tu vois cette belle pomme ? Tu veux une fois mordre après » ? (…tu veux en manger un morceau ?) / « Dis, ça fait une heure que j’essaie d’attraper cette corde qui est pendue là. Toi qui es plus grand, tu peux une fois tirer après ? »

-Astableeft) ! (astablééft) : S’il vous plait. S’apparente clairement au néerlandais als u blieft. Toutefois, si ce terme peut s’utiliser dans le sens d’origine, en accompagnement d’une demande, d’une requête, tout comme « s’il vous plait », il peut aussi servir à signifier quelque chose comme « et quoi encore », « que va-t-on encore essayer de me faire croire ou faire » ou encore, « c’est vraiment absurde, n’importe quoi ! ». Ex. : « Et tu me dis qu’il est parti ce matin pour aller aider ce type qui l’a pourtant viré comme un malpropre ? Astableeft ! La forme sans « t », astableef, est également très courante.

 

B.

 

-Babbeleir (« babbelère ») : Bavard, quelqu’un qui aime bavarder. Provient du verbe néerlandais babbelen qui signifie, « bavarder ». En franco-bruxellois, on lui a appliqué la former infinitive française « er », ce qui donne babbeler (« babbelé »). Ex. : Tiens, encore en train de babbeler ce babbeleir, n’a-t-il vraiment rien d’autre à faire de sa journée ? Le féminin de babbeleir est babbelès Citons aussi la babbeltrut ou « commère » ; le terme « trut » est toutefois péjoratif et désigne originellement une femme laide ; mais aujourd’hui, on désignerait plutôt par ce terme une femme stupide.   

-Bais’ (« bèèss ») : Un baiser, un bisou. Ex. : Alleï, donne-moi une fois une bais’, dis !

-Bal : Equivalent de l’argot français « balle », « rond ». Ex. : Eh bien moi je peux te dire que je n’ai plus un bal sur moi !

-Bas (« ba ») : Généralement, en français, les bas désignent un vêtement essentiellement féminin (ex. : « bas nylon »). Mais à Bruxelles, le terme bas peut également désigner les chaussettes masculines.

-Ballekes : Boulettes de viande de différentes grandeurs, telles les grosses boulettes à la sauce tomate qu’à Liège on nomme « boulets », soit des petites boulettes que l’on même par exemple dans la soupe. Ex. : Va au fond de la casserole, sinon tu n’auras pas de ballekes ! A noter qu’en burgonsch (argot bruxellois), les ballekes désignaient jadis les seins des femmes.

-Bazoef (« bazouf ») : Grand mangeur, goinfre, mais également…déchets de restaurant.

-Bèke ! (« bèè-ke ») : Onomatopée qui désigne une expression de dégoût ; comparable à « pouah ! » ou « beurk ! », par exemple. On appuie généralement fort sur le « è » (bèèke !), on escamote parfois le « e » final (bèèk !) ou encore, on ajoute un « s » final (bèèkes !), il arrive aussi que l’on s’en tienne à « bèè ! ». Ex. : Bèèke ! Tu as marché dans un caca de chien !

-Bibberer (« bibberé ») : Trembler. Ce verbe franco-thiois pourrait avoir tendance à être associé à la boisson (« biberonner »), d’autant plus que la fameuse tremblote de l’ivrogne aurait tendance à nous conforter dans cette idée, mais c’est là un faux ami. De fait, bibberer doit être rapproché du burgonsch, bibber (=froid).

-Bich : Viande, chair. Avoir la chair de poule se dit, avoir la kieke bich. Voir aussi « Bichkes ».

-Bichkes (« bich-kes ») : Bestioles, puces, parasites ; le terme peut aussi comprendre les animaux, les « bêtes », en général. Le terme peut aussi être appliqué à toutes les sortes de démangeaison. Ex. : Encore en train de te gratter ! T’as des bichkes ou quoi ? Pour la chair de poule, on utilisera plus précisément le terme de kiekebich, « kieke » désignant ici le volatile susmentionné. Jean d’Osta donne toutefois à ce mot, qu’il orthographie keekebiche, une autre signification, à savoir « insignifiant, nul ». Voir aussi « Bich ».

-Blafter : Faire des saletés en mangeant ou en buvant, répandre sur soi de la nourriture ou de la boisson. Ex. : Dis, regarde un peu ta cravate : t’as de nouveau blafté dessus !

-Bloempanch (« bloumpannch ») : Gros boudin piqué de cubes de graisse.

-Bodding : Pudding, gâteau fait à base de vieux pain. Ma grand-tante utilisait le terme de « bodding » pour désigner ce genre de gâteau.

-Boentje (Avoir un)  (« bountch-e ») : Être amoureux, avoir un béguin pour quelqu’un. Ex. : Alleï, je vais enfin oser te le dire : j’ai un boentje pour toi !

-Bolleke : En burgonsch, « nœud » ; aujourd’hui : petite boule.

-Boma :Grand-mère.

-Bompa(« bomm-pa ») : Grand-père.

-Broebeleir (« broubelère ») : Un bègue, quelqu’un qui s’embrouille dans son discours, qui se répète. De ce terme dérive le verbe (infinitif) franco-bruxellois broebeler (« broubelé »).Ex. : Qu’est-ce qu’il est encore en train de broebeler celui-là ? Le mot et le verbe sont globalement des synonymes de totteleir et de totteler.

-Brol : Fourbi, bazar, truc, machin. D’usage très courant. Ex. : Cest quoi tout ce brol que tas laissé devant ta porte ? ou encore : Tiens, cest quoi ce brol que tu tiens dans ta main ? On peut rapprocher ce terme de « bucht ».

-Blinquer (se prononce comme « requinquer ») : Briller. D’où faire blinquer, « faire briller ». Allez, va jouer, mémé doit  faire blinquer les cuivres ! (nettoyer les objets en cuivre jusqu’à ce qu’ils brillent).

-Bucht (« bught ») : Vieilleries, rebut. Confondu parfois avec « brol ». Ex. : Pourquoi veux-tu absolument garder tout ce bucht qui est dans ton grenier ?

 

C.

 

-Caberdouche : Cabaret. Plus généralement, « débit de boissons ». Voir aussi « Stameneï »

-Cafétaria : A Bruxelles, on appelle la cafétéria une « cafétaria ». C’est là une déformation d’origine germanique, thioise.

-Cajoubereir (« cajouberère ») : Quelqu’un qui fouille dans les immondices.

-Carabistouilles : Sottises, bêtises.

-Caricoles : Petits escargots noirs qui se vendent bouillis. Très répandus à Bruxelles jadis. On les nomme aussi « caracoles » (terme d’origine espagnole), mais en burgonsch, on les nommait « rollekes ».

-Cervelas : Grosse saucisse grillée qu’il convient de distinguer de la fricadelle. Le cervelas, qui aurait été inscrit au patrimoine culinaire suisse en 2008, fait aussi intégralement partie du patrimoine culinaire bruxellois. Un refrain, tout empreint d’un double sens que je ne dois pas expliquer au lecteur, fait d’ailleurs référence à un dikke cervelas, tralala ! (un gros cervelas, tralala !). On trouve les cervelas dans les friteries ou baraques à frites, que l’on nomme à Bruxelles « fritures ». Le nom de cervelas viendrait de l’italien cervellata (cerveau), peut-être parce que jadis on y agglomérait différentes sortes de viandes, dont de la cervelle.

-Chuste : Directement  dérivé de « juste », ce terme, en burgonsch, désigne la loi, la justice mais également la vérité, ce qui est vrai :  Chuste est chuste, newo ? (Ce qui est juste est juste, pas vrai ?). La forme complètement francisée « juste est juste » existe également.

-Clacher : Claquer, balancer, bâcler. Ex. : Quant tu penses que j’ai vendu ce tableau très cher, alors que je n’ai fais que clacher de la peinture sur la toile ! En burgosch, klache (« kla-che ») signifie « peindre ». Plus étrangement, on appelle aussi les pauses-cafés, des cafés-claches.

-Clignoteur : A Bruxelles, le clignotant d’une voiture est nommé le « clignoteur ».

-Cloche (au pied) : A Bruxelles, avoir une cloche au pied, ce n’est pas se promener avec une cloche d’église ou de marine accrochée au pied, mais souffrir d’une cloque ou d’une ampoule.

-Chef : Si l’on vous interpelle à Bruxelles, en vous lançant un dis, chef, ce n’est nullement parce qu’on vous a reconnu une autorité particulière, mais tout simplement parce que l’on essaie d’établir avec vous un rapport de proximité. Généralement, cela se dit à quelqu’un que l’on connaît, mais d’aucuns n’hésitent pas en user dans la rue, notamment pour vous vendre une quelconque camelote, ce qui relève de l’impolitesse. Normalement, le chef s’utilise de la même manière que le fieu.

-Contre son goût : Vient du thiois teige z’n goeste (de « tegen », contre ; « zijn », son ; « goest » ; goût) et signifie de mauvais gré. Ex. : Celui-là, on voit bien qu’il vient travailler contre son goût !

 

D.

 

-Deftig (« dèft-egh ») : Digne, mais aussi trop bien de sa personne, compassé, se donnant une apparence trop sérieuse. Le sens de ce terme est volontiers ironique. Ex. : Ouïe, ouïe, le voilà qui vient, deftig et tout, dis ; on dirait qu’il va à un mariage !

-Deuvel : Diable. Rappelons qu’une bière blonde, très appréciée à Bruxelles, et dont le volume d’alcool monte à 8,5 %, porte le nom de « Duvel », qu’en France on prononce « duvèle », mais qu’à Bruxelles on prononce plus généralement à la manière thioise, « dûvel ». Et c’est pas pour rien si elle rappelle le nom du maître de toutes les débauches !

-Dikkenek : De « dikke » (=gros) et « nek » (=cou), gros cou. Un prétentieux. Quelqu’un qui se monte du col. Synonyme : un stoeffer.

-Doef (« douf ») : Etouffant, lourd. Se dit généralement d’un climat orageux. Ex. : Il fait vraiment doef aujourd’hui, tu ne trouves pas ? Mais ce terme peut également être utilisé d’une tout autre manière. Ainsi dira-t-on de quelqu’un qui se saoule, qu’il est en train de prendre une doef ou qu’il a pris une doef la veille, qu’il a pris une cuite.

-Dom / Dommerik : En burgonsch, ces termes ont trait au chapeau. Aujourd’hui, ils auraient plutôt respectivement pour signification « sot, stupide, vulg. : con » et « sot, cancre, rustre, empoté ».

-Doppage / Doppe : A Bruxelles, le terme doppage n’a pas forcément la signification qu’on lui connaît habituellement. Si d’ailleurs, le dopage (avec un seul « p »), désigne la prise de produits illicites dans le cadre d’une épreuve sportive, à Bruxelles, le doppage (avec deux « p »), désigne l’activité qui consiste à se rendre au bureau de chômage pour « aller doppe », c’est-à-dire tamponner sa carte, au temps où l’on tamponnait ! Je ne sais si cela se pratique encore comme ça aujourd’hui, mais les termes doppe et doppage ont subsisté.

-Drache (« drach’ ») : Désigne une pluie relativement violente. Ex. : Je crois qu’on va avoir droit à une fameuse drache aujourd’hui ! De là découle le verbe franco-bruxellois dracher. Ex. : Mais qu’est-ce qu’il a pu dracher cette été : il n’y a plus de saison !

 

E.

 

-Erm :Pauvre, malheureux. Ma grand-tante utilisait régulièrement cette expression précédée de l’exclamation « och » (« ogh »), och erm ! Ex. : Och erm ! On va quand même pas le laisser partir sous cette pluie ?

-Ettekeis : Voir Hettekeis.

 

F.

 

-Fafoule : Un hâbleur, une grande gueule.. Faire le fafoule, c’est « faire le malin ».

-Fieke (« fîî-ke ») : Diminutif féminin que l’on utilise familièrement lorsqu’on s’adresse à une femme, voire à une jeune femme. Le sens de ce terme est semblable à celui du fieu masculin. Ex. : Dis, fieke, et si on allait au cinéma, ce soir ? ; Arrête un peu ton cirque, hein, fieke !

-Fieu : Vieux, mon vieux. Très courant dans le langage bruxellois. On l’utilise en s’adressant familièrement à un homme, à un garçon, mais jamais lorsqu’on s’adresse à une femme ou à une jeune fille que l’on nommera fieke. Ex. : Dis, fieu, t’as pas bientôt fini de faire tout ce chambard ? ; Alleï, fieu, dis ! Puisque je t’ai dit que j’ai fait ça pour rire ! C’était une blague, rien de sérieux ! 

-Flâ/Flâve (« flaa / flaa-ve ») : Se dit d’un être insipide, fâcheux, fade, sans relief, insignifiant, mou. Ex. : Quel flâve peï, celui-là !(Quel mollasson, celui-là !). Mais il existe aussi, je me sens flâ (mou, vide, fatigué).

-Flauskes (« flôs-kes ») : Bêtises, sornettes, fadaises, fantaisies, fictions. Nous utilisons notamment pour cette rubrique un ouvrage de Jean d’Osta, intitulé « Les Flauwskes de Jej Kazak », qui concerne justement les parlers bruxellois !

-Floche : Quand nous étions enfants (dans les années 1970, en ce qui me concerne !), la floche était cette espèce d’étrange serpillère que l’on pendait au-dessus des carrousels des foires et dont il fallait nous emparer pour gagner éventuellement un tour supplémentaire !

-Flotjesbier (« flotchesbier ») : Désigne, généralement avec une certaine condescendance, une bière particulièrement peu goûteuse et très légère.

-Foert (« four-t ») : Zut, flûte, dans le sens « je laisse tomber, je m’en fous, j’en ai marre ». Ex. : Quoi, ils veulent encore qu’on aille à cette réunion ? Foert, hein !

-Fricadelle : Rendue célèbre par le film Bienvenue chez les Cht’is, la saucisse panée nommée « fricadelle », est également bien présente dans le patrimoine culinaire bruxellois. On la trouve dans les baraques à frites qu’à Bruxelles on nomme « friture », où l’on peut aussi consommer des cervelas. Celui-ci est aussi gros que la fricadelle est longue, ceci dit afin d’apprendre à les distinguer.

-Friture : A Bruxelles, ce que l’on nomme ailleurs une « baraque à frites » ou une « friterie », se nomme une « friture ». Ce terme, qui devrait normalement désigner le produit de la friterie, est directement dérivé de la forme thioise frituur. Ceci explique cela.

-Froesjeler (« frouchelé ») : Chipoter, faire des choses étranges, pas claires, voire malhonnêtes. Ex. : Mais qu’est-ce qu’il froesjel encore, celui-là ? Le terme peut avoir un sens commun, désignant, par exemple, le fait de fouiller dans des papiers, mais également avoir un sens plus péjoratif, soit, par exemple, commettre des malversations. Ex. : Ces gens ne veulent se faire élire que pour mieux froesjeler, un point c’est tout ! On l’utilise également pour qualifier, soit quelqu’un qui chipote, soit quelqu’un qui se livre à des activités malhonnêtes voire délictueuses. Ex. : Je sais très bien que ce type est un froesjeler ! Dans ce cas, on ne prononcera pas le terme comme le verbe franco-bruxellois à l’infinitif, mais on dira « frouchelère ». On peut aussi utiliser le terme froesjeler dans le sens de flirter, se faire des papouilles : Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de froesjeler dans les buissons, ces deux-là ?

 

G.

 

-Gelupe (t’es) : En burgonsch, t’es gelupe (« tès gelu-p(e) ») signifie « c’est d’accord ».

-Godverdoeme (« god-v(f)er-dou-me ») : Maudit soit Dieu, Nom de Dieu (juron). Il existe une version raccourcie : Verdomme ! ou encore Verdoemme !

 

H.

 

-Hamelaaik (« aamelaak ») : Hypocrite, sournois.

-Half-en-half : Littéralement « moitié-moitié ». Se dit plus particulièrement composée pour moitié de vin blanc et pour moitié de vin mousseux (ou de champagne, pour ceux qui en ont les moyens !). Chez Véro, à la brasserie Schuman, au rond-point du même nom, voilà des années que je perpétue la tradition bruxelloise de l’half-en-half !

-Hettekeis (« ettekeïs ») : Fromage fort salé de Bruxelles, fait à base de lait écrémé, salé et séché. Certains aiment à le comparer au Herve, dont l’odeur est particulièrement forte, or, la force du Hettekeis réside surtout dans son goût extrêmement salé. Le Hettekeis et le Herve comptent parmi les plus vieux fromages de nos régions. A ne pas confondre avec le Plattekeis.

-Hochepot : (« ho-che-pote ») : Un incroyable mélange, un maelström. Ex. : Ma ça est quoi ça ici tous ces gens ! Ca est un echten (vrai) hochepot ! Et, de fait, le hochepot est également un plat qui comprend de nombreux ingrédients, viandes et légumes.

 

J.

 

-Jan (Faire de son) (« yann ») : Râler, rouspéter, faire des ennuis, vulgairement : faire de sa gueule. Ex. : Dis, arrête un peu de faire de ton Jan !  La forme m’est familière, mais j’aurais tendance à la confondre erronément avec l’expression faire de son stoef qui signifie, elle, « se vanter ».

 

K.

 

-Kaker : Défèquer. Ex. : Tu dois de nouveau aller kaker ? Astableef ! Partant de là, vous devinerez avec aisance ce que les termes bekakt par les chiens signifient…

-Kapot (« capote ») : Cassé, foutu, fichu, mort. Ex. : Alleï, tes kapot, fieu ! (Allez, c’est foutu, vieux !).

-Kastar : Costaud, malabar, un as, quelqu’un qui sait y faire, mais aussi quelqu’un de particulier, qui sort de l’ordinaire. Ex. : Eh bien, pour sauter en parachute comme ça, moi je dis qu’il faut être un fameux kastar !

-Kavitje (« kavitche ») : Petite cave. Débit de boissons.

-Ket / Ketje (« ket-che ») : Garçon de Bruxelles, pendant bruxellois du titi parisien. Parmi les ketjes célèbre, on citera, bien évidemment, Woltje (« wolt-che »), la célèbre petite marionnette du Théâtre de Toone ! Un ket, sans le diminutif « je » est également un garçon, mais plus âgé.

-Kip-Kap : Tête pressée (Wallonie), pâté de tête (France). Il s’agit, en définitive, d’un pâté de tête de cochon.

-Klachkop : Un chauve. On dit aussi d’un chauve : Il est complètement klache celui-là !

-Klet (« klète ») : Peut signifier un coup, à l’instar de klache. Ex. : Alleï, klet, c’est tombé par terre ! A la vue d’un objet qui vient de tomber, on dira aussi, klet mariette ! Mais dire de quelqu’un que c’est une klet, c’est dire qu’il est un idiot, un cave, une tache, un écervelé, un sot. Ex. : Espèce de klet !

-Klop : Coup. Ex. : Il a reçu un klop sur sa tête ! Le verbe franco-bruxellois klopper (frapper) est à mettre en rapport avec ce mot. Toutefois, ce verbe peut être utilisé dans un sens bien différent. De fait, il peut également signifier « convenir », « coïncider ». Ex. : Je pense qui si on additionne ce montant à un autre, ça peut klopper (ou cloper).

-Kloej (« clouche ») : Une portion d’un élément liquide. Ex. : Dis, mais moi une fois une kloej de genièvre en plus, astableeft !

-Kluterie / Kluuterâ (« kluuterie » / « kluuteraa ») : Niaiserie, sottise, mauvaise blague, absurdité. Vulgairement et littéralement : une couillonnade.

-Kluutzak : Un sot. Vulgairement et littéralement : un couillon.

-Knabeler (« knabelé ») : Verbe franco-bruxellois qui signifie « mâchonner ». Ex. : Mais qu’est-ce que tu knabel encore ?

-Knul (Autres orthographes : « Kneul » ou « Knël ») : Un garçon. Mais le terme peut aussi prendre une forme péjorative : un immature, vulgairement : un jeune con. Ex. : Il court toujours après cette fille qui se moque de lui ? Allez, dis, quel knul ! A ne pas confondre avec le terme « snul », bien que la forme péjorative de knul s’en rapproche.

-Koechkes (« couchkes ») ou Koech (« couche ») : Coi, silencieux, tranquille. Se tenir koech ou kouchkes. Jean d’Osta précise que koech peut également désigner un coche, une voiture, voire même une moto.  Ex. : Depuis son histoire avec les flics, là, il se tient koechkes, hein ?

-Kochevrâ (ou kosjvrâ ) : Nettoyeuse, femme d’ouvrage (de « koche », nettoyer, et « vrâ », « vrouw » en néerlandais, femme). Ex. : Il paraît que la direction a décidé de faire passer un examen d’huissier à nos kochevrâ. ; Alleï, fieke, on a pas le choix, il faut qu’on koche (« koche-e », ou « coche-e ») !

-Kot : Studio, chambre, endroit où l’on vit, où l’on travaille. Se dit beaucoup des chambres d’étudiant appelées systématiquement « kot » ou « kot étudiant ». Mais l’on peut également dire à quelqu’un qui retourne dans son bureau, dans un contexte professionnel : Dis, si tu retournes dans ton kot, tu peux lui donner ce document en passant ? Ou, à propos d’un studio ou d’un appartement (mais pas d’une maison) : Eh bien, je pense que tu es bien dans ton kot, là, hein ?

-Krollekop : Une tête surmontée de cheveux frisés. Ex. : Hé, t’as vu ce krollekop ? Cette forme m’est toutefois moins familière que la version franco-bruxelloise « crolé ». Ex. : Hé, t’as vu ce crolé ? Dans la même idée, on dira également de quelqu’un de frisé qu’il a des croles / kroles, des « boucles ». Le terme est clairement dérivé de la forme thioise d’origine.

-Krotsje ! (« krotche ») : Terme affectueux utilisé de différentes manières. Il peut désigner une petite amie, mais également être utilisé par un parent vis-à-vis de l’enfant. On peut le rapprocher du terme « chou », en français » : « ma krotsje » apparaît comme un synonyme de « mon chou ». Le terme a d’ailleurs été totalement francisé en « crotte », « ma crotte » n’étant pas une insulte, comme on pourrait peut-être le penser, mais un terme affectueux ! En effet, à Bruxelles, le mot krot peut aussi désigner, la misère, la dèche, le fait d’être dans la m… ! On parlera aussi de « crottes de nez » ou de « crottes de chien », de quoi entretenir l’ambigüité !

-Krum : De travers, courbe, bancal. Nous lui préférons toutefois le terme schief. 

-Kus men kluut ! : De kus (embrasse), men (mes), kluut (parties génitales masculines…).

-Kweebus : Toqué, doux dingue. Peut s’utiliser de manière affectueuse à l’égard d’un enfant, par exemple : Hé, petit kweebus ! Je me souviens de ce terme qu’utilisait parfois affectueusement mon père à mon égard, lorsque j’étais enfant. Sens : Petit fou !

 

L.

 

-Là-avec : Avec cela. Pour dire que l’on est familier de quelque chose, on dit que l’on est habitué là-avec. On peut aussi dire, désignant par exemple un parapluie : peut-être qu’il va dracher ; il vaut mieux que tu prennes ça là-avec ! L’usage de cette expression se perd.

-Labbekak : Un mollasson, un incapable, peu viril, trouillard, poltron, peureux, pleutre. Vu que « labbe » a un rapport avec le fait de « faire de la lèche » et que « kake » se rapporte à la matière fécale, nous laissons au lecteur le soin d’établir lui-même la traduction qui lui conviendra le mieux… Ex. : Oï-oï, ça se dit écrivain et ça n’ose même pas traduire une petite insulte bruxelloise dans son papier ! Alleï, dis, quel labbekak ce peï ! 

-Leuigenoet (« luigenoût ») : Un menteur.

-Loempig (« loumpegh ») : En burgonsch, ce terme signifie « lourd ». On utilise plus souvent aujourd’hui la forme « loempe » (« loum-pe ») qui peut désigner quelqu’un de lourd, d’empoté, de peu dégourdi.

-Loerik (« loûrik ») : Un fainéant.

-Loque : Serpillère, plus généralement n’importe quel morceau de tissu utilisé pour le nettoyage (peau de chamois, etc.). On utilise donc une loque humide pour nettoyer le sol. On précisera même, à cette occasion, que l’on utilise une loque à reloqueter, verbe qui désigne justement le fait de nettoyer le sol avec une « loque » humide.

 

M.

 

-Maft : Borné, nigaud, fou. Ainsi, en burgonsch, nomme-t-on le carnaval maftendag soit le « jour des fous ». Ex. : M’enfin, il est complètement maft ce type !

-Mankepuut (ou Mangke Puut) : Boiteux.

-Matante : Tante, ma tante. Désignait aussi jadis le Mont de Piété ; « allez chez ma tante » pouvait ainsi désigne le fait d’aller mettre des objets en gage.

-Meï (ou meye, meie) : S’applique plus particulièrement à une femme âgée, plus généralement à une femme adulte, mais normalement pas à une jeune fille. L’équivalent masculin est peï.

-Mènant : Forme contractée du mot « maintenant ». Extrêmement courante à Bruxelles.

-Miche-Mache : Boue. Lorsqu’enfants nous nous ingénions, pour une raison fantaisiste ou l’autre, et que nos parents nous trouvaient, boueux et pataugeant, ils nous lançaient généralement sans aménité : « Mais qu’est-ce que c’est que tout ce miche-mache ? »

-Mijole : Utérus. C’est également le nom d’un jeu populaire qui consiste à jeter des jetons/pièces dans des….trous numérotés.

-Mo : Déformation de « mais ». Ex. : Mo alleï, qu’est-ce que tu fais mènant ? (Mais enfin, que fais-tu maintenant/à présent ?).

-Mooiertoel (« mouyer-toûl ») : Dérive du néerlandais « moedertaal » qui signifie « langue maternelle ».

-Mokke/Mokske : Le terme mokke s’applique plus généralement à une jeune femme (désirable), alors que celui de mokske peut désigner plus précisément une « petite amie », mais la frontières entre les deux termes paraît bien fluctuante. Ex. : Jan m’a présenté sa mokske hier après-midi. La forme argotique de Zele –mosse- serait proche de sa vraisemblable origine espagnole, mozza (servante, jeune fille).

-Mononcle : Oncle, mon oncle. Je me souviens que mon père utilisait parfois se terme pour désigner mon grand-oncle. Sous sa forme thioise on connaît ce terme sous la forme Menoenkel (« menounkel »). Ex. : Dis, faudrait une fois penser à aller rendre visite à Menoenkel Jean, tu crois pas ?

 

N.

 

-Newo (« niewô ») : Déformation des mots néerlandais « niet waar » (=pas vrai). Utilisé souvent sous une forme interrogative. Ex. : C’est quand même incroyable ce qui s’est passé hier, newo (pas vrai ?) ?

 

O.

 

-Occoje : Occasion.

-Och erme ! : Voir « Erm ».

-Och God en Hiere ! : Ô Dieu et Seigneur ! Exclamation plaintive.

-Onnuuuzel : Niais, innocent.

-Opagemak ! :Signifie à son aise, tranquille, doucement. Vient du néerlandais « op on gemakske ». Les formes françaises « à notre aise », « à son/ton/notre/votre aise », « tout doucement », « y a pas le feu au lac », sont également très courantes. Ex. : Durant le repas de Réveillon, nous allons manger, mais à notre aise ou encore : Bon, il est 23h, on va tout doucement y aller. A Bruxelles, cela ne signifie pas que vous avez tout le temps devant vous, mais qu’au contraire il est temps de vous bouger le train, même si on essaie de vous le dire de la manière la moins rude possible !

-Ouïe-ouïe ! (« ouyouye » ou « oyoye ») : Utilisé une fois –ouïe !- , le terme exprime la douleur, mais dédoublé, il exprime divers états d’esprit qui vont de l’embarras jusqu’à la lassitude, en passant par l’étonnement et l’aveu d’impuissance. Ex. : Ouïe-ouïe, alors là, toi, tu me poses une colle, zenne ! ; ouïe-ouïe, dis, tu vas pas encore nous rabattre les oreilles avec tes histoires !; ouïe-ouïe, là, je sens que ça va aller mal pour toi ! Se dit aussi Oï-oï !

 

P.

 

-Paf (Être ou  rester) : Être ou rester stupéfait, coi, sans voix, bouche bée. Ex : Eh bien quand elle m’a dit ça, moi, j’en suis resté paf ! 

-Pape : De la pape n’est d’autre que de la bouillie. Le riz au lait se nommera, par exemple, de la « pape au riz ». Ainsi, nos pieux ancêtres se faisaient ils parfois, jadis, une idée toute simple du paradis céleste : Manger de la pape au riz chez saint Pierre, avec des cuillères en or, voilà ce qu’est l’éternelle félicité ! Authentique témoignage de la simplicité paysanne de naguère, que je m’empresse de conserver ici ! 

-Paroche (« paro-ghe ») : Paroisse. Mais ce terme est utilisé dans un sens particulier, synonyme de débit de boissons (estaminets, caberdouches, etc.). Pour dire qu’il ne faut pas exagérer et faire tous les bars du coin, l’on dira : Bon, on va tout de même éviter de faire toutes les paroche, sinon c’est sûr qu’on va être scheilezat (mort bourré, ivre-mort, complètement noir) !

-Pasjakroet (« pachakrout ») : Un incapable.

-Patteikes (« patteï-kess ») : Petits gâteaux, biscuits.

-Peï (ou peye, peie) : S’applique plus particulièrement à un homme âgé, plus généralement à un homme adulte, mais normalement pas à un jeune homme. Ainsi n’est-il pas rare d’entendre ce qui pourrait paraître une répétition, soit un vieux peï.

-Peperkoek (« pépercouque ») : Pain d’épices. Gâteau. Egalement terme affectueux dont mon père usait lorsque j’étais enfant.

-Pink (Voir) : Voir pink, signifie ne pas avoir les yeux en face des trous. Ex. : M’enfin tu vois tout de même bien que ce mur est peint en jaune et pas en bleu ; tu vois pink ou quoi ?

-Pinnemouche : Bonnet pointu. Peut, s’appliquer à divers types de couvre-chefs mous (casquette, etc…).

-Plattekeis : Fromage blanc que l’on mange étalé sur une tartine et accompagné de radis rouges. A ne pas confondre avec le Hettekeis (voir ce nom).

-Plek : Colle. Ex. : Mais ça plek ce truc ! (Mais ça colle ce truc) ou encore, marchant dans une flaque de boisson sucrée séchée, Ca plek partout ici !  On peut également plekker de partout à cause de la chaleur et de la transpiration !

-Poe (Alan) : A Bruxelles, si vous entamez une conversation à propos de ce célèbre auteur, ne vous étonnez pas d’entendre vos interlocuteurs vous parler d’un certain « Edgard Alan Poû », en lieu et place d’ « Edgard Alan Pô ». Cela vient du fait que le  « oe », en néerlandais, se prononce « ou ». Et cela a influencé la manière dont les francophones de Bruxelles prononce ce nom.

-Poeppers (« pouppers ») : Avoir les « poeppers » signifie « avoir la frousse ». Ex. : Cette fois je peux te dire qu’il a eu les poeppers !

-Potverdekke (« potferdekke » ; à la française : « potferdek ») : Nom d’une pipe ! Peut-être moins connu que le célèbre godverdoeme (« godferdoumme » ; à la française « godferdoum » / « godferdom »), potverdekke n’en n’est pas moins très répandu à Bruxelles. Verdekke, est la forme condensée de potverdekke !

-Proet (« prout ») : Jean d’Osta traduit ce terme par « bavardage », mais il m’est  personnellement connu, depuis mon plus jeune âge, comme désignant…un pet ! Ex. : T’as lâché un prout dans l’ascenseur ! Ca stink (ça pue !) ! On peut aussi l’utiliser dans le sens « zut », « flûte » : Eh bien moi je te dis proet !

-Puuteler (« puutelé ») : Tripoter, peloter. Ex. : Je l’ai encore vu en train de puuteler cette fille, hier soir ! De là vient aussi le qualificatif de puuteleir (« puutelère »), « peloteur ».

 

R.

 

-Rammeling : Raclée. Ex. : Maintenant tu vas la recevoir ta rammeling. Synonyme de toefeling.

-Réclame : De la publicité. Ex. : Verdomme, j’ai encore trouvé plein de réclames dans ma boîte aux lettres / Moi, je n’en peux plus avec toute cette réclame à la télévision, qui coupe les films ! Ce terme est surtout en usage chez les anciennes générations.

-Rot (« rott ») : Pourri. Ex. : Il a vraiment une rotte kop ce peï ! (Il a vraiment une tête pourrie ce type, il est vraiment tordu, vicieux).

-Ruses : Problèmes, sujets de discorde, de dispute. Ex. : J’ai encore eu des ruses avec mon patron ! Mais on peut également dire : Il essaie encore de lui faire des ruses, en un mot : de lui chercher misère. De vouloir lui causer des ennuis.

 

S.

 

-Salut en de kost ! : La santé et la nourriture ! Il semble qu’il s’agisse là d’un salut que l’on adressait jadis aux voyageurs. Aujourd’hui, cette expression est plutôt utilisée dans le sens « après moi, les mouches ! ». Ex. : Le jour où je gagne à la loterie, je me tire de ce bureau et vous dis à toutes et à à tous, salut en de kost ! ou encore, C’est ça, il est encore parti hier soir en où laissant tout le travail et…salut en de kost !

-Scheil (« skeil ») : Bigleux, qui louche, qui n’a pas les yeux en face des trous. De ce mot dérive celui de scheilzat (ivre au point de voir double, de loucher, complètement bourré).

-Schief (« skief ») : De travers, tordu. De ce terme vient notamment le sobriquet que les Marolliens expropriés avaient donné en sont à l’architecte Poelaert, qui réalisa notamment l’éléphantesque palais de justice de Bruxelles : Schieven architek’ (« l’architecte de travers »). Une autre insulte bruxelloise découle du même mot : Schieve lavabo (intraduisible).

-Schuun : Beau, joli. Ex. : Alleï, eh ben ça c’est schuun, tiens !

-Seulement : « Seulement », utilisé en fin de phrase, signifie « ne vous gênez pas », « allez-y franchement ». Ex. : « Tiens, prends cette chaise et assieds-toi seulement, moi je resterai debout » / « Tu veux encore un morceau de gâteau ! Mais prends seulement, n’hésite pas ! »

-Slaches : Pantoufles, savates, plus généralement, chaussures. Ex. : Dis, t’as déjà vu dans quel état sont tes slaches ?

-Slaptitude : Faiblesse. Ex. : Awel aujourd’hui, j’ai comme une petite slaptitude, tiens !

-Slum, slummerik : Malin, habile, retors.

-Sluur : Une brave femme à plaindre.  Peut aussi être utilisé péjorativement : une pauvre idiote. Une femme laide, pauvre, sale.

-Smeirlap (« sméérlop ») : Saligaud, cochon, ordure.

-Smochterer (« smochteré » ou « schmochteré ») : Verbe franco-bruxellois qui vient du thiois « smochteren », qui signifie manger entre les repas, manger salement ou encore se goinfrer de sucreries. Un mangeur de friandises se dit donc un smochtereer (« smochterère »). 

-Snottebelle (« snotebèl ») : Des crottes de nez, de la morve. Ce terme est pour moi largement lié à l’univers scolaire. En cours de récréation, nous utilisions ce terme couramment ! Ex. : Tu as des snottebelle ! Nous utilisions généralement en début d’exclamation l’onomatopée bèèk, bèèke, bèèkes, pour exprimer notre dégoût. Ex. : Bèèke, tu as des snottebelle !

-Snotneus : Un morveux. De snot (morve) et neus (nez).

-Snul : Un idiot, un imbécile, un niais. Ex. : Celui-là ? Mais ça c’est une fois un snul, tiens !

-Splitser (« splitsé ») : Diviser, scinder, séparer. Ex. : On se demande s’ils vont finalement le splitser ce fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ; mais aussi : Bon, je crois qu’ils vont finalement provoquer le splitsing de la Belgique !

-Sproeit (« sprouït ») : Jet (d’eau). En dérive le verbe franco-bruxellois sproeiter (« sprouïté » ; jaillir). Ex : Fais attention, cette bouteille d’eau gazeuse a été agitée, si tu l’ouvres trop vite, l’eau va sproeiter !

-Stameneï (“sta-me-neye”) : Un estaminet, un debit de boissons. Voir aussi « Caberdouche ».

-Steif/Staaif (« steïf ») : Raide, guindé. Ex. : Et tu crois que ce soldat va rester steif comme ça, pendant des heures, dans sa guérite ? Astableef ! D’où également, staave nek (litt. : « cou raide »), « torticolis ».

-Stinker (« sting-ké ») : Puer, chlinguer. Ex. : Quest-ce que ça peut stinker ici ! ou encore, Bêke, ça stink (« sting-k ») vraiment fort dans cet ascenseur ! Sûrement un qui a lâché un proet (« prout ») !D’où aussi le terme stinkedekeis, « fromage puant ».

-Stoeffer («stouf-er ») : Un vantard, quelqu’un qui aime se mettre en avant. Ex. : Ca c’est un vrai stoeffer tu sais ! De là vient aussi l’expression, faire de son stoef (« stouf ») !, action de se vanter, d’en remettre une couche. Ex. : Ca y est, il est encore en train de faire de son stoef ! Le féminin de stoeffer est stoefesse.

-Stoemelings (« stoumelinks ») : En cachette, derrière le dos. Ex. : T’as encore été faire ça en stoemelings toi, hein ?

-Stoemerik (« stou-me-rik ») : Idiot.

-Stoemper (“stoumm-pé”) : Pousser, écraser. Ex. : Pour rentrer dans ce métro, moi je te dis qu’il va falloir stoemper, zenne ! On rapprochera de ce verbe le nom d’un célèbre plat régional : le stoemp. Il s’agit d’une purée de pommes de terre et de légumes, mélangés et mixés. Et avant l’invention de l’électroménager, il est évident que pour bien mélanger les pommes de terre et les légumes, il fallait, à l’aide de l’ustensile de cuisine adéquat, stoemper (écraser) le tout avec vigueur !

-Straf : Si Jean d’Osta traduit par « fort, malabar », j’aurais tendance à entendre par ce mot « grave, fort de café. Ex. : Tu te rends compte que cet automobiliste a renversé cette personne et ne s’est même pas arrêté ? Da dès straf, zenne ! Le « da dès » est une déformation du néerlandais « dat is », « cela est », qui peut parfois devenir, en bruxellois francisé, « ça est ». Ex. : Ca est grave, quand même !

-Stroet (« stroûût ») : Rue, directement dérivé du mot néerlandais « straat ». On connaît aussi le diminutif strotje (« petite rue »).

-Stuk : Morceau. Egalement stukske, « petit morceau ». Ex. : Bon, allez, je vais me laisser faire et prendre un morceau de ton gâteau, mais juste n’stukske (un petit morceau), hein, parce que je suis au régime !

-Stuut : Coup, exploit, plus généralement, un événement extraordinaire ou invraisemblable. Ex. : Eh bien, je vais te dire : il lui est encore arrivé à stuut à celui-là ! En français on dirait plus volontiers : Il lui encore arrivé un truc (bizarre) à celui-là !

-Sukkeleir (« sukkelère ») : Terme qui traduit un apitoiement volontiers condescendant, voire méprisant. Un sukkeleir est un pauvre type, un malheureux, quelqu’un qui n’a pas de veine, on dirait aujourd’hui, un « perdant ». Le féminin de sukkeleir est sukkeleis (« sukke-laisse »).

-Stukkske (« stuk-ske »): Petit morceau. Ce terme peut s’appliquer à peu près à tout ce qui peut se diviser, un territoire, un gâteau, etc. Ex. : Tu veux encore un morceau de gâteau ? Oui, mais alors rien quun stukkske : je suis au régime ! ; Ils ont complètement refait le parc, fieu, et ils lon divisé en trois stukkskes (on prononce alors le « s » final) comme ça ! Ca est tout de même incroyable !

 

T.

 

-Tenè, tenè ! (« tenet, tenet ») : Tiens, tiens ! Sens : « ça c’est bizarre » ! Ex. : Et tu as retrouvé ce collier volé comme ça, par hasard, dans ton tiroir ? Tenè, tenè, tenè !

-Tich : Désigne le pénis, mais peut constituer également un surnom mi-affectueux, mi-moqueur à l’égard d’une personne. Diminutif : tichke.

-Toefeling (« toufeling ») : Une raclée. Ex. : Toi, tu vas te ramasser une toefeling ! Synonyme : une rammeling.

-Tof : Bien, beau, sympathique, chouette. On peut le dire d’une situation ou d’une personne. Ex. : Eh bien ça c’est tof !, mais aussi, Eh bien ça c’est une fois un toffe peï, tiens ! (le tof d’origine est ici accordé) : Eh bien ça c’est une fois un chouette type, tiens ! Le terme tof vient vraisemblablement de l’expression juive mazel-tov.

-Tomber de son sus : Tombé évanoui, mais, plus généralement, dans le langage courant, être stupéfait, rester baba, ne pas en revenir. Ex. : Ca lui a fait un tel choc qu’il en est tombé de son sus !

-Totteleir  (« tottelère ») : Un bègue, quelqu’un qui s’embrouille dans son discours, qui se répète. On en a également fait un verbe (infinitif) franco-bruxellois, soit totteler : Hé, arrête un peu de totteler, fieu ! Ainsi désignera-t-on également le bégaiement ou l’embrouillement de langage, du tottelage.

-Trekt a plan ! : Littéralement : tire ton plan ! Très fréquemment utilisé sous sa forme française. Signifie, débrouille-toi ! Mais dans sa version française, tire son plan veut également signifier « se débrouiller ». Ex. : Oué, toi tu tires toujours ton plan pour rencontrer la jeune fille du troisième étage, en stoemelings, ça j’ai déjà vu aussi !

-Trut : Se disait semble-t-il, à l’origine, d’une femme laide (D’Osta) mais cela se dit, plus généralement, d’une idiote, d’une sotte.

 

V.

 

-Verdomme/Verdoemme (« verdom-me », « verdoum-me ») : Voir Godverdoeme.

-Vlan ! : Onomatopée que l’on peut comparer à paf ! Ex. : Allez, vlan, la voilà encore montée sur ses grands chevaux ! Le Vlan est aussi le nom d’un journal gratuit de petites annonces.

-Vogelpik : Désigne le jeu de fléchettes. Mais au sens figuré, cela peut aussi signifier « hasard ». Ex. : Ils ont choisi ce type pour ce poste au vogelpik ou comme au vogelpik, ou encore : La loterie ? Ca est du vogelpik !

-Volle gaz / Volle speed / Volle petrol :  (« vol-le-gaz / vol-le-spiid / vol-le-pètrol ») : Vite, aller vite, plus vite que ça, et que ça saute. Ex. : La voiture a traversé le boulevard, et je peux vous dire qu’elle allait volle gaz ! ; Le chat ? Il est passé, là, volle speed, devant mes pieds, à la poursuite d’une souris ! ; Bon, d’accord, vous allez me changer cette voiture de place, et volle petrol !

 

W.

 

-Wageler (« wagueler ») : Tituber, branler. Ex. : Quand tu deviens vieux, tu vois ça à tes dents qui commencent à wageler. / Regarde un peu ce peï qui sort du stameneï, comme il wagel ! (parce qu’il est saoul, zat).

-Wéék-End : A Bruxelles, on ne dit pas « wiik-end », comme l’exige une prononciation à l’anglo-saxonne, mais « wéék-end ». Cela vient du fait qu’en néerlandais, on prononce le mot « week » (semaine), non point « wiik », mais « wéék ». 

 

Y.

 

-Yenda ! : Oui-da ! Eh bien ça alors !

 

Z.

 

-Zat : Ivre, soûl. De ce terme en dérivent d’autres tels que zatlap (« ivrogne », lap, en burgonsch, signifie « langue ») et  scheilezat (« skeïle-zat », complètement bourré, noir). Une variante encore : kriminijlzat, ivre à un point « criminel », complètement défoncé !

-Zelle/Zenne (« zel-le », « zen-ne ») : Hein ! Sais-tu ! Tu sais ! Ex. : Oué mais celui-là c’est sacré zievereir, zenne ! 

-Zinne (« zin ») : Saute d’humeur, folie passagère. Avoir une zinne.

-Zinneke : Désigne à l’origine un chien bâtard. A servi ensuite à désigner quelqu’un qui est le résultat de plusieurs cultures ; le Bruxellois étant réputé être le fruit d’un mélange de cultures thioise et française, fut donc nommé « zinneke » (alors que le surnom traditionnel des Bruxellois est « kiekfretters », soit « mangeurs de poulet »), mais il s’agit là d’une déviance linguistique que l’on a ensuite généralisé, notamment dans le contexte multiculturel. Mais il y a plus étonnant : en burgonsch (argot bruxellois), le terme zinneke désignait en fait, un lapin.

-Zivereir / Zieverer / Ziever (« zieverère » / « zieveré » / « ziever ») : Un radoteur, quelqu’un qui raconte des sottises. De ce terme dérive le verbe (inifnitif)  franco-bruxellois zieverer (radoter, dire des bêtises). Ex. : Quel zievereir ce type ! ou Qu’est-ce qu’il peut zieverer ! ou encore, Dis, fieu, là tu ziever sérieusement, hein ! Citons aussi : Quel ziever ! (Quel radotage !)ou Mais c’est du ziever tout ça ! (Mais c’est des histoires tout ça, des sottises, du radotage, bref, des choses fausses ou/et sans intérêt). De là découle également le terme zieverderaa (« sottises »). Ex. : Mais puisqu’on te dit que ce sont des zieverderaa tout ça !

-Zot : Fou, maboul, dingue. Ex. : Mais il est complètement zot celui-là !

-Zuur smoel (« zuur smowl ») : Litt. « figure de vinaigre ». Visage antipathique, tirer la tête, faire vilaine figure. Ainsi, littéralement, l’on dira aussi, pour dire de quelqu’un qu’il a l’air fâché, de mauvaise humeur, etc. : « Il en tire une figure, celui-là ! » De là aussi, par exemple, « j’en ai marre de voir sa figure, à celle-là ! ».

-Zwaagt ! (« zwaaght ») : Tais-toi ! Vulgairement : ta gueule !

-Zwanze : Blague, coup tordu, fête. On utilise le terme de différente manière, soit, par exemple, c’est une zwanze ou c’est typiquement de la zwanze. Le terme est difficilement traduisible. Disons que la zwanze est une forme d’humour typiquement bruxelloise, parfois drôle, mais aussi parfois un peu lourde lorsqu’elle est répétitive, et pas toujours de bon goût.

 

 

Eric TIMMERMANS.

 

Sources : Glossaire d’argot bruxellois (Burgonsch), Paul Hermant, Le Folklore brabançon n°73-74 – 13e année (1933-1934), p. 53-92 / Histoire d’Ixelles, André Gonthier, Imprimerie H. De Smedt, 1960, p. 205-206 /  Les « Flauwskes » de Jef Kazak, Jean d’Osta, La Belgothèque - Paul Legrain, 1983.

Commentaires

  • Mon Bonpa m'avait expliqué certains termes:
    -CLACHER: façadeclash= peintre en bâtiment. Il m'avait dit que c'était le terme péjoratif utiliser pendant la guerre pour désigner Hitler sans le nommer.

    - FLOCHE : ausi gland des anciens bonnets de police des soldats, il parlait de la floche de son pinemouche.
    Aussi, trace incongrue laissée dans le caleçon: "Tu as encore fait une floche dans ton slip".

    -SCHIEVE: Mon Bonpa disait scheivetrompette pour parler du trombonne a coulisse.

    - OCH ERME: aussi quel malheur. Petite histoire que m'a raconté un brusseleir: A la libération un américain embarque une fille à l'hôtel, chaque fois qu'elle enlève un vêtement il dit "O.K." Puis il se déshabille a son tour et chaque fois la fille fait aussi "O.K." mais quand à la fin il retire son caleçon la fille dit "Och erme!"

  • Je crois plutôt qu'il s'abit du "schoeiftrompet" du flamand "schuiven" (glisser - coulisser) ...

  • Une autre blague circulait/
    A la libération les américains étaient très friands des schuune maaskes de Bruxselles. Mais prudents deux GI's décident d'aller chez la pharmacien pour acheter des préservatifs. Malheureusement ils ne connaissent pas la langue. Alors le premier sort son "engin" et dépose un billet de 20 francs à côté. Le pharmacien ne comprend pas. Alors le deuxième fait la même chose (exhibition et 30 francs). Le pharmacien comprend de moins en moins! Soudain, il croit avoir compris et il éclate de rire. Il fait de même: il exhibe son engin et, tout heureux, il raffle les 50 francs. C'est lui qui avait la plus longue et donc il a gagné!

  • Dans un univers quantifié, on ne peut pas ajouter des carottes et des poireaux, en univers qualé tout est dans tout. Nous retrouvons ici les intuitions d’Anaxagore : >, tout participe et conspire à tout.

  • "Tof ?" peut aussi interrogativement signifier "d'accord ?" ex : "Je te donne 20 balles pour ce brol, tof ? Ja, 't es goot, tof !"

  • N'oublions pas que la rue haute fut aussi dite Joode stroet.

  • Tof est un emprunt à l'hébreu où le mot signifie "bon" comme dans "mazel tof", littéralement "bonne étoile", formule utilisée pour souhaiter "félicitations" ou "bonne chance" par exemple. Ce mot, repris en yiddisch, a été entendu tellement souvent rue Haute que tout le monde l'a adopté et l'a inclus à notre bruxellois.

  • Né à Bruxelles en 1938.......j'adore retrouvé les expressions de ma jeunesse.....mais où puis je trouver encore des mots......il y en a tellement oublié. Merci

  • Oui, c'est vrai... "Manger des boules, tu veux une boule", à la place de "bonbon", on disait ça aussi... Et avec les bonbons Napoléon, c'était d'autant plus vrai que ces bonbons étaient sphériques ! :-)

  • Pas mal du tout, et les phases d'illustrations sont justement pleines de zwanze, c'est plaisant! Il y a quelques petites variantes de ce que j'ai connu ("maf" au lieu de "maft", "bleffer" au lieu de "blafter"), et j'en rajouterais quelques-unes :
    - "boule" : bonbon. Même s'il n'est pas sphérique.
    - "A pûten af" (littéralement "tes pattes en bas") - équivalent de "pas touche !" : "Bompa c'est quoi cet outil je peux l'avoir ?" - "A pûten af! c'est dangereux !"
    - "Dashterer" (nom : dasthereir") - à la base "gâcher" comme du plâtre, délayer, mais utilisé de manière imagée, par exemple : "Tu as fait un petit volcan avec ta puréï pour mettre la sausss', mais mènan arrête de dastherer et mange, verdomme!"
    - "Praniledûs" (littéralement "boîte à pralines) - la tête. : "Il a pris un klop sur sa praniledûs".
    - "Vie ma" ("voor mij" - pour moi). "Il reste une boule ici qui veut ?" - "' t es vie ma".

  • A propos de "A pûte van de koech", j'ajouterais que cette formule se complétait souvent d'une précision qui lui donnait plus de force : "A pûte van de koech : ge raeit ni mei !"
    Le bruxellois est certainement la langue la plus imagée et qui offre le plus de nuances depuis qu'on ne parle plus le grec ancien !
    En da dian a kas !

  • Quelqu'un pourrait il me donner le sens /la traduction.. de "tatchenulle"?
    (comme çà se prononce)
    Merci d'avance

  • Un grand merci à tous ceux qui ont répondu à notre texte ! Hélas, on ne peut pas répondre à tous, en temps voulu... Mais ce qui importe, c'est que par vos commentaires, vous fassiez vivre l'esprit brusseleir, c'est bien là ce que nous voulons tous, je pense, envers et contre tout ! "Tatchenulle", une fameuse colle, mais on cherche ! ;-)

  • Merci de vos réactions...
    De mon côté , je crois avoir un peu avancé : il s'agirait de "tatcheLul" (avec "L" et pas "N" ..?.).. et semblerait devoir se traduire par : quelqu'un de paumé (??)
    Avez-vous des commentaires allant dans ce sens ?
    Bonne journée une fois :)

  • TatcheLul ? Peut-être. Tatchenulle personne ne connaît jusqu'à présent, mais peut-être tatchelul. Si je trouve quelque chose, je le dis ! ;-)

  • repris du dictionnaire du dialecte Bruxellois de LOUIS QUIEVREUX livre que je tiens de mon grand père, tatche lul: un naïf.

  • Tatchenul : Je vous propose une version "souvenirs" . Plus gentil que "labbekak", mais avec une signification proche de peu viril, mollasson, terme utilisé par ma maman pour se moquer gentiment de nous lorsqu'on se comportait en enfant pleurnichard, larmoyant sans raison, voire même un peu casse-pieds. (souvenirs de jeunesse, j'ai 68 ans et hors de Bxl depuis plus de 50 ans).

  • Ha oui, ça je connais ! Labbekak, mais surtout gnangnan ! Ce dernier était fort utilisé lorsque j'étais enfant (j'ai 47 ans). Un très grand merci, Marc, pour ces précisions ! Je vais en boucher un coin à un vrai Brusseleir de 60 ans pour lequel c'était une vraie colle, héhéhé ! ;-) Non peut-être ! ;-)

  • Evidement, évidement, ___ en tant que Brusseleir gesneie enn gebakke qui a entendu ses parents et TOUT le quartier de "LA" marolle et "DES" marolles depuis sa naissance (en 1942) PARLER, DISCUTER, DISPUTER, EXPLIQUER, VANTER, ACHETER, VENDRE, ZIEVERER, etc,, etc, etc, TOUS LES JOURS en VRAI de VRAI (sic) Brussels... ___ je pourrais ajouter là une modification, là une p'tite remarque, là donner une autre définition à ce lexique, bref POUR MOI CE SERAIT PRESQU'INTERMINABLE tant j'en ai encore en mémoire... --- NON, franchement je remercie et félicite l'auteur de ce mini (pour moi, hein !) lexique.. Allez un p'tit stuut que je voulais faire complètement et puis fourt... -- Si mes Chaukess veulent prendre le relais... Je voulais ECRIRE un p'tit texte en Brussels MAIS MAIS en commençant CHAQUE MOT avec les lettres de l'ALPHABET dans l'ordre).. je commence : Awel Beste Chaukess Dass Ewa Formidoebel Gewerkt Het Is Just Keut, Lotch Mo Naa Voilà chaque mot COMMENCE par une lettre de l'alphabet - ai arrêté au "N" (dans l'ordre naturellement), difficile ??? Alors slopel, beste à tout(e)s mes chèr(e)s CHAUKESS.

  • Un grand merci pour vos félicitations ! Eh oui, j'ai bien conscience que ce n'est là qu'un "petit" lexique"....! ;-) Etant né et ayant passé ma jeunesse dans un environnement familial essentiellement francophone, je me suis aperçu que je connaissais malgré tout pas mal (pour moi) de termes brusseleirs et même si je me suis fait (un peu) aider par les flauwskes de Jef Kazak, qui m'ont d'ailleurs rappelé nombre de termes oubliés, je connaissais l'essentiel. Mais, en effet, ce n'est vraisemblablement pas un lexique qu'il faudrait, mais tout un dictionnaire ! ;-))) Et là, bon, tout de même... ;-))) Preuve, en tout cas, s'il en était besoin, que le parler brusseleir est bien riche ! :-)

  • dommage que l'on n'ait pas le son. Bruxellois depuis 1943 je suis aux anges quand je peux causer brusseleir

  • Schaerbeekoise de souche, j'ai 68 ans, et votre lexique m'a drôlement rappelé mon enfance. Mes parents parlaient bruxellois entre eux (pour éviter de se faire comprendre des enfants) et lors des retrouvailles familiales, on parlait uniquement ce dialecte. Quand ma mère était fâchée sur moi, elle m'appelait "afgelekte flerenbol".

  • Je retrouve un site ou l'on se sent entre Bruxellois.
    Né en 1928, je ne parlais que bruxellois jusqu'à mes six ans (entrée à l'école primaire) . Actuellement encore, mon épouse (de mon âge) et moi, parlons bruxellois entre nous. Mes filles comprennent le bruxellois, mais ne le parlent pas. J'admire les wallons qui essaient de conserver ce "patrimoine" : leur langue.
    Existe-t-il un pendant à Bruxelles ?
    Entre parenthèses, une expression assez croustillante : tallure lekker van 't gashoes;

    Un grand bonjour à Gilbert que je retrouve ailleurs que sur le site ALL.

    A plus et bonnes fêtes de fin d'année.

    Gus

  • Bonjour et merci, Monsieur Van Boxem, pour votre passage sur ce site. ---
    Oui, le "brussels" a TOUJOURS tenu une grande place dans ma vie, TRES souvent je "pense" en "brussels" surtout à l'occasion d'une situation particulière... dans laquelle par exemple on ne peut pas dire tout haut ce que l'on pense... euh vraiment, hei ma vast ? ------ Mes parents nous parlaient toujours en français mais entre eux c'étaient toujours en "brussels".. le vrai de vrai, celui qu'on n'entend plus aujourd'hui... le genre : "snatch af, enn lotch ma gerust" ---- Il m'arrive de converser en "brussels" avec... moi-même !!! Question "d'entretenir mon vocabulaire et mon accent...." ---- - je dois reconnaître que j'ai parfois des petites absences car, évidement, évidement, avec les décès des "ancien(ne)s (echtes) ---- les occasions d'avoir une conversation totalement complète en "brussels" sont devenues inexistantes ----- D'autre part je suis, disons un peu en sidération (très) souriante hein, en lisant vos propos sur le patois bruxellois, rappelez-vous, Monsieur Van Boxem, combien ce patois, cet accent étaient brocardés voire méprisés à l'ALL... Autre temps...

    A bientôt et très bonnes fêtes de fin d'année.

    Gilbert


    .

  • A l'ALL, le "bruxellois" était brocardé me dit Gilbert.
    Il faut savoir que nous n'étions plus que trois profs à le connaître ...
    D'abord, le Gust Abeels.
    Ensuite, le Gus Van Boxem.
    Enfin , et cela va en surprendre , le prof de diction française (et oui) : Robert Frère.

    En ce qui concerne le " brus sels" il faut savoir qu'il n'était pas le même partout.
    Ainsi , le marollien terminait ses mots par un " ich"
    Écoute se disait. " Uut ich " alors que d'autres quartiers disaient " Uut is"

    Les exemples ne manquent pas
    Salu en de kost.
    Gus

  • "Uud'ich" est la conversion en "brusseleir" de "Hoor d'eens" c.à d.
    " Ecoute une fois" NB : le -d- facilite la liaison!

  • Super de veiller à la tradition bruxelloise.
    Commentaire sur le "ich" des Marolles , je me rappelle la copine de ma maman qui est de la rue Haute, elle disait "zee ich oen hem" (je l'écris comme je l'entends) - ce "ich" vient peut-être aussi du yiddisch comme "tof" de mazel tof.
    Comme c'est le moment de l'année pour les voeux, je vais dire comme mes cousins à l'époque : ne gelukkege .......

  • Je viens d'apprendre que la Huugstroot était la jaudestraat.
    Soit, on ne peut pas tout savoir.
    Enfin, en guise de vœux : " Ne gelukkege en salu en de kost en de wind van acheter en de broek vol ijtsoep."
    Gus

  • ...en de broek vol erwtensoep (soupe aux pois !)
    Deux commères dialoguent à propos d'une troisième ! Celle qui raconte la
    confidence fait tout les quatre mots émaillier sa version de "zei ze zu teige ma"
    (soit : "me dit-elle" !)

  • Quel plaisir de retrouver Gilbert et les autres.
    J'ai encore beaucoup de choses à dire sur Bruxelles ( à 87 ans , on sait des choses ...)
    Bonne et heureuse année à tous.
    Gus

  • Flûte ! Je viens de m'apercevoir que j'ai mis un "c" de trop dans le nom de mon grand-oncle ! :-( C'est, en fait, De Mesmaeker ! C'est possible de corriger ça, Pierrot ?

    Mon grand-oncle était un artiste, spécialisé dans les métaux d'art (fer forgé, cuivre). Il pratiquait le repoussage au marteau. Son atelier était installé au n°11 de la chaussée de Ninove.

  • Je m'aperçois que j'avais déjà posté un commentaire en 2015, tof nee ?
    D'autres souvenirs me sont remontés à la (re)lecture de votre blog :
    A propos de bas (chaussettes), maman nous disait souvent : ne descends pas les escaliers sur tes pieds de bas, tu vas t'esquinter la figure.
    Chez nous, on ne blaftait pas, on bleffait.
    A propos de brol : dad es bucht van de sarma
    Faire des flauskes, c'est aussi flirter (et même un peu plus !)
    A propos de zinne, il y a aussi striep : ça y est, elle fait sa striep.
    Dans la cour de récréation en primaire, on se moquait des condisciples en agitant deux doigts et en criant deugniet.

  • Super petit lexique !!!
    Juste une chose, "Onnuuzel" s'écrit avec un seul "u" car syllabe ouverte, d'où un "u" long sans être doublé : on-nu-zel

  • Je pars du principe que le brusseleir est largement phonétique, mais il est vrai aussi que certains mots existent en néerlandais et doivent donc être orthographiés d'une certaine façon : pas toujours facile de distinguer un type de mot de l'autre ! Mais merci pour cette précision et pour vos encouragements ! :-) Le lexique connaît un franc succès, ce à quoi je ne m'attendais absolument pas ! L'important, c'est que nous participions ainsi à la préservation de la mémoire du Vieux Bruxelles.

  • J'adore! Je me permets d'envoyer le lien à un de mes collègues, bruxellois également! Il passera un bon moment grâce à vous.

  • J'adore! Je me permets d'envoyer le lien à un de mes collègues, bruxellois également! Il passera un bon moment grâce à vous.

  • Un grand merci pour votre appréciation ! :-)

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