Le Meyboom

LES FESTIVITES « BAFONISTES » DU MEYBOOM
ET LA  DISCORDE DES ARBALETRIERS

 

 

« Le folklore et les traditions doivent rester ce qu’ils sont : un regroupement de personnes qui défendent corps et âmes leurs origines et leurs ancêtres tout en préservant les traditions, certes parfois dictées par des événements locaux, et à mettre dans un contexte économique et social de l’époque. Il n’en reste pas moins que ces traditions et ces fêtes sont tout d’abord populaires à souhait et reflètent le besoin qu’ont les gens de se retrouver ensemble, de faire la fête, le temps d’oublier un peu les dures réalités de la vie. » (www.meyboom.be « Louvanistes v/s Bruxellois »).

 

 

1.La plantation du Meyboom.

 

Chaque année se déroule à Bruxelles une cérémonie essentielle de la tradition bruxelloise : la plantation du Meyboom. Chaque 9 août, l’arbre destiné à la cérémonie du Meyboom est, de nos jours, prélevé en Forêt de Soignes. Mais il n’en fut pas toujours ainsi. Au début des années 1950, le journaliste Louis Quiévreux apprit par le brasseur Jean-Louis Koopman, président des Compagnons de Saint-Laurent, que l’arbre du Meyboom était alors abattu à Diegem, dans la périphérie immédiate de Bruxelles. A cette époque, M. Koopman faisait, depuis 45 ans, partie de la société chargée de perpétuer la tradition de la plantation du Meyboom, à l’angle de la rue des Sables et de la rue du Marais,

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et c’est en cette qualité qu’il affirmera que l’arbre cérémoniel, « le plus souvent un bouleau ou un peuplier, est abattu, à Dieghem, dans le château Marga. M. Marga, ancien président d’honneur des Compagnons de Saint-Laurent donna, par testament, paraît-il, le droit aux Compagnons de choisir, tous les ans, le Meyboom, dans sa propriété. Naguère, après la plantation, l’arbre demeurait debout pendant six semaines. Elles ont été réduites à trois à cause des difficultés de la circulation. » (Bruxelles, notre capitale, L. Quiévreux, P. 119-120). Aujourd’hui, l’arbre ne reste planté que quelques heures, circulation automobile oblige ! Quoiqu’il en soit, le 9 août, dès l’aube, ce sont les valeureux Bûûmdroegers (les porteurs de l’Arbre) qui donnent le ton. Sous la direction de Toine, alias Antoine Wouters (petit-fils de Krumme Baptiste ; il a été remplacé depuis peu au poste de président, par Jean « Tranquille » Vanderhaegen), le groupe de porteurs va chercher l’Arbre dans la forêt de Soignes, avant de sillonner les communes de Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode, puis de parvenir enfin à Bruxelles-Pentagone. Mais leur périple est alors loin d’être terminé. A 13h, hommage est rendu aux Compagnons disparus, au quartier des Bas-Fonds et aux enfants du quartier mort pour la patrie. Vingt minutes plus tard, le cortège se forme au coin de la rue du Marais et de la rue des Comédiens. Quinze minutes plus tard, le cortège s’ébranle. Il remonte la rue Fossé-aux-Loups puis passe par la place de la Monnaie, la rue des Fripiers, la rue de Tabora, la rue du Midi, la rue du Lombard, la rue de l’Etuve d’où il gagnera la Grand Place par l’entrée de la rue de l’Amigo.  A 14h45, commence le défilé de la Grand Place via les rues Chair et Pain (qui devrait s’appeler la rue au Poivre, mais c’est une autre histoire !), Marché-aux-Herbes, de la Fourche, de l’Ecuyer, du Marché aux Herbes Potagères, pour revenir au coin de la rue des Comédiens et de la rue du Marais, afin d’y préparer, à 16h30, la plantation du Meyboom. Celle-ci doit être impérativement réalisée, au coin de la rue du Marais et de la rue la rue des Sables, avant l’heure fatidique de 17h. Mais, me dira-t-on peut-être, voilà qui est bizarre : planter un « arbre de mai » en plein mois d’août ! C’est que le Meyboom, pour être un « mai », comme on dit, est aussi et surtout un « arbre de joie » ! En outre, un « arbre de mai » ne se plante pas forcément durant le joli mois du même nom.


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2. Le cortège du Meyboom.

 

A tout seigneur tout honneur, nous avons évoqué en premier lieu les Bûûmdroegers, les porteurs de l’Arbre du Meyboom et leur périple. Mais ils ne sont pas, loin s’en faut, les seuls protagonistes du Meyboom :

 

-La Fanfare du Meyboom : On peut à peine s’imaginer aujourd’hui ce que seraient nos fêtes populaires sans la Fanfare du Meyboom. Celle-ci fut créée, en 1958, à l’initiative de Paul Croeckelenbergh. De nos jours, c’est sa fille, Marthe Croeckelenbergh, qui a repris le flambeau. Avec ses amis musiciens, elle perpétue la tradition de la Fanfare du Meyboom, non seulement lors des cérémonies du Meyboom, mais également à l’occasion d’autres fêtes populaires bruxelloises. Ainsi la connait-on également sous les noms de « Fanfare Bruegel » et de « musique des Volontaires de 1830 ». 

 

 

 

-La Roue de la Fortune : Le cortège du Meyboom comprend aussi la Roue de la Fortune ou « Rad van’t forteun ». Il s’agit d’un genre de « char » composé d’un traineau et d’un axe central scié en biais. Sur ledit axe repose une roue qui est en contact avec le sol, du côté gauche de l’équipage. L’ensemble est tiré par un cheval et lorsque la structure est mise en mouvement, la roue tourne dans le sens opposé à celui des aiguilles d’une montre. Sur la roue, se tiennent trois couples de mannequins qui représentent les trois classes de la société traditionnelle : la noblesse, la bourgeoisie, et le peuple (le clergé est ici ignoré, peut-être parce qu’il y avait quelques difficultés à le représenter en couple ?). Ce char symbolisant la Fortune, c’est-à-dire non pas la richesse mais les aléas de l’existence, n’aurait  semble-t-il trouvé place dans le Meyboom qu’au début des années 1880. La Roue de la Fortune est également régulièrement présente lors de l’Ommegang.

 

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La Roue de la fortune
Merci à Guillaume Kekenbosch pour la photo.

 

 

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Photo A - merci à Monsieur Dossin pour la photo

 

-Le Garde Champêtre : Personnage inattendu au cœur d’une cérémonie très citadine, le Garde Champêtre (ou Champeter), représentant de l’ancienne police rurale. Il s’agit d’une tradition relativement récente qui trouverait son origine dans certaines expositions, telle la « Belgique Joyeuse » de 1910. Depuis cette année, il y a toujours eu un ou deux gardes « champeters » au Meyboom. Le Garde Champêtre accompagne traditionnellement la Roue de la Fortune. Le costume du personnage évolue selon les envies de celui qui en assume la charge.

 

-Les Poepedroegers (les porteurs de Géants) : Il semble qu’une Société de Saint-Laurent aurait racheté les géants d’une certaine « Guilde de l’Arbalète » en 1799 –nous sommes alors sous le régime français-, lors de la mise en vente de la « reuze schuere » (grange aux géants) et des géants de l’Ommegang. Pour rappel, l’Ommegang avait été interdit par le régime révolutionnaire français (qui débute en 1794) en tant que symbole de l’Ancien Régime aristocratique et clérical. Mais en 1810, la République a cédé la place à l’Empire, et la Société de Saint-Laurent participe au cortège organisé par la Ville de Bruxelles, à l’occasion du mariage de Napoléon et de Marie-Louise. Et il en sera de même, l’année suivante, pour la naissance du Roi de Rome (l’Aiglon), de même que pour l’anniversaire de l’Empereur. Sous le régime hollandais (1815-1830), par contre, la Société de Saint-Laurent disparaît et les géants sont déclarés biens communaux. A la fin des années 1830, la Société tentera bien de récupérer ce qui subsiste du matériel de l’Ommegang, mais sans succès. La Ville hérite définitivement des Géants et les prêtera, durant tout le 19e siècle, pour les cérémonies du Meyboom. Sur ce, la Société de Saint-Laurent décida de confectionner ses propres géants, à l’image des figures gigantesques et populaires de l’ancien Ommegang. En 1852, il semble que les géants Mieke (ou Meeke) et Janneke soient clairement identifiés dans le cortège. En 1868, les géants apparaissent en mauvais état et doivent faire l’objet d’une réfection. Dans les années 1970, la Société Royale des Compagnons de Saint-Laurent décidera d’habiller ses géants de neuf, et tout particulièrement  Meeke et Janneke. Mais le public ne suivra pas et certaines rénovations devront être abandonnées.  A Mieke (habits rouges et jaunes, et tablier bleu), Janneke (un grand bébé) et Jan (habillé à la mode du 18e s., avec perruque), s’ajouteront d’autres géants : Bompa (habillé d’un sareau bleu, d’une casquette et d’un mouchoir à pois blancs) et Boma (habillée d’une robe bleue, d’une collerette de gaze noire ; elle est coiffée d’un chapeau et un tablier complète le costume), apparus durant l’entre-deux-guerres ; Rooske (habillée de rouge) et Jefke (habits noirs, jaunes, rouges et tablier bleu), apparus au début des années 1950 ;  en 1982, apparaît Pitje, le garde champêtre. Revêtus de leurs habits blancs, les Poepedroegers dansent avec leurs géants tout au long du cortège de la plantation du Meyboom. En 2005, la tradition des Géants de Bruxelles fut reconnue par l’UNESCO au titre de patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

 

-Les Kêrstoempers : Ceux-ci ne constituent pas un groupe du Meyboom, à proprement parler. Il s’agit plutôt de personnes dont la spécialité est le maniement des charrettes de fleurs. Toutefois, depuis plusieurs années, les Compagnons de Saint-Laurent ont prévu une tenue qui permet de les reconnaître : chaussures et pantalon blancs, t-shirt vert et foulard rouge et blanc noué autour du cou.

 

-Les volontaires montois de 1790 (Révolution brabançonne), en tenue noire, blanche et rouge. On peut les voir tirer des salves à plusieurs reprises durant les festivités.

 

-Les jeunes lanceurs de drapeaux.

 

-Les Gardevils : C’est en 2001 qu’est créé le groupe des Gardevils, suite à la perturbation des cérémonies du Meyboom par un certain nombre de gêneurs. Tout au long du cortège, les Gardevils vérifient la bonne conduite du public, protègent les membres des différents groupes, de même que l’Arbre lui-même, lors de la descente de la rue des Sables. Les Gardevils sont aussi à l’origine de la journée de l’élection de Madame Chapeau. Un cortège s’étend d’abord dans les rues de Bruxelles. Ensuite, les candidats, tant masculins que féminins, au titre de Madame Chapeau, doivent répondre à des questions se rapportant à la célèbre pièce de théâtre bruxellois, « Bossemans et Coppenole ». Lesdit(e)s candidat(e)s sont alors départagé(e)s par un concours de dégustation de Gueuze et un certain nombre de questions concernant la culture bruxelloise. Un jury choisi avec soin attribue alors les points et c’est ainsi qu’est élue la personne qui correspond le mieux au personnage de Madame Chapeau, qui se verra elle-même flanquée de deux dauphines. 

 

-Les Stewards : Dans la cadre d’une manifestation politique, on les nommerait « membres du service d’ordre », dans le cas du cortège du Meyboom, on les appelle des « Stewards ». Leur présence est un signe du temps et de l’évolution des mœurs d’une certaine partie de la population bruxelloise. En 2011, les Compagnons de Saint-Laurent ont désigné des personnes motivées et aptes à gérer certaines « situations délicates » ou pour, par exemple, encadrer le flux des personnes dans la cour de l’Hôtel de Ville, surveiller le podium, etc. Travail ingrat, certes, mais grandement apprécié par les organisateurs et participants du Meyboom qui peuvent ainsi vaquer à leurs occupations ou participer à la fête. Ils méritent amplement toute notre gratitude et toute notre sympathie.

 

3. Les origines semi-légendaires du Meyboom.

 

Il est pratiquement impossible de démêler ce qui dans l’histoire des origines des cérémonies du Meyboom relève de la légende, de ce qui relève de l’histoire.  Selon le récit le plus connu, la tradition du Meyboom serait née suite à une victoire des Bruxellois remportée au début du 13e siècle, sur les Louvanistes. Nous sommes sous le règne du duc de Brabant Henri Ier (1165-1235). A cette époque, les Bruxellois fréquentaient divers débits de boissons dans des granges situées au nord de la ville, au-delà des remparts de la première enceinte, dans l’actuel quartier de la rue du Marais, que l’on nommait à l’époque « Marais aux Cygnes ». Il s’agissait plus précisément de sept auberges situées sur les bords de la Senne, au lieu-dit « La Fiancée » (« De Bruyt », en thiois bruxellois). Les Bruxellois y allaient généralement célébrer leurs noces par des festins et des danses. Cette retraite éthylique extra muros s’expliquait par le fait qu’au-delà des murs, les autorités de Bruxelles ne pouvaient pas prélever leurs fortes taxes sur les boissons alcoolisées, le lambic en l’occurrence, qu’elles exigeaient intra-muros. « Le lambic se débitait donc à prix doux aux granges du Marais. » (Histoire de l’Ancien Grand Serment Royal et Noble des Arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, O. Petitjean, p. 17). Mais un après-midi de l’an 1213, des Louvanistes (habitants de la ville de Leuven), prévenus qu’une noce allait se dérouler hors des murs de Bruxelles, s’embusquèrent, au nombre de trois cents, dans un bois situé près d’une chapelle dédiée à saint Laurent. Les mariés et leurs convives, ne se doutant de rien, commencèrent à festoyer, lorsqu’ils virent soudain que l’auberge était entourée d’ennemis. Cette auberge portait le nom de Het Cattenhuys (La Maison des Chats) ou Kattenberg (Mont des Chats) et les convives s’empressèrent de s’y barricader. Ils faillirent toutefois succomber sous le nombre des adversaires et auraient certainement été massacrés, si deux d’entre eux n’étaient parvenus à gagner la ville pour aller chercher du secours. Sur ce, les Bruxellois prirent les armes et, avec l’aide particulièrement rapide et efficace des arbalétriers, défirent les Louvanistes qui refluèrent en déroute, voire, dit-on, furent taillés en pièces jusqu’au dernier. Mais qu’était-ce donc exactement que cette « Cattenhuys » ? Il s’agissait  d’un genre de guinguette que l’on nommait « grange », sans doute, tout simplement, parce qu’il s’agissait d’une grange transformée en auberge. Son histoire n’est toutefois pas exempte d’éléments légendaires. Ainsi dit-on par exemple « que la maison des Chats devint depuis le chœur de la chapelle des Espagnols, aux dominicains, et qu’on y vit jusqu’au bombardement [ndr : de 1695], des sculptures en pierre représentant des chats de trois ou quatre pieds de hauteur. Des erreurs aussi matérielles se réfutent d’elles-mêmes. » (Histoire de la Ville de Bruxelles, A. Henne et A. Wauters, p. 50). La tradition du Meyboom se situe à mi-chemin entre l’histoire et la légende. Ainsi, selon les versions, la bataille de la Cattenhuys aurait aussi bien pu se dérouler en 1143, qu’en 1308 ; le problème n’aurait pas été une question de taxe mais le mariage d’un Bruxellois avec une Louvaniste qui aurait tourné court ; ce sont des Gantois qui auraient été repoussés et non des Louvanistes. Bref, ce ne sont pas les variantes qui manquent et bien malin celui qui pourra, d’un point de vue historique, affirmer définitivement quelle est la bonne !

 

3. Le Marais aux Cygnes et la discorde des arbalétriers.

 

3.1. Des arbalétriers au « Marais aux Cygnes » avant 1213 ?

 

Traditionnellement donc, le Meyboom doit être planté avant 17h, le 9 août, soit la veille de la Saint Laurent. Mais pourquoi à cette date, précisément et quel rapport avec saint Laurent ? Dans les parages du « Marais aux Cygnes » se dressait une chapelle dédiée à saint Laurent. On suppose que des hommes devaient se rassembler régulièrement dans cet endroit, situé au 13e siècle, hors des murs de Bruxelles (1ère enceinte), pour s’exercer au tir à l’arbalète. Et ce seraient eux qui, les premiers, auraient paru pour repousser les assaillants de la Cattenhuys. Nous sommes là, faut-il le dire, dans le domaine de la tradition orale. Il est probable que des arbalétriers s’exerçaient au tir, à cet endroit : « On connaîtrait bien mal les Bruxellois, si l’on doutait que ces soldats citoyens, tous volontaires en tant qu’arbalétriers, ne donnaient pas, dès le début, à leurs exercices fastidieux d’entrainement, le caractère d’un divertissement en disputant entre eux, à la flèche la mieux placée, l’enjeu d’un pot de faro ou de lambic. Les autorités communales elles-mêmes veillaient à rendre ces exercices agréables en faisant des concours dotés de prix et de récompenses. Les arbalétriers qui se rencontraient fréquemment pour les joutes courtoises formaient ainsi, en-dehors des exercices obligatoires de la milice, une association de fait pour leur agrément. » (Historique de l’Ancien Grand Serment…, O. Petitjean, p. 16). Ces arbalétriers se sont-ils regroupés dans une gilde avant même les événements de 1213 ou le grand serment des arbalétriers a-t-il été constitué au lendemain des événements de 1213 ? Historiquement, rien n’est certain. L’histoire de la création du grand serment « ressemble à celles que renferment les traditions, l’époque de l’institution du grand serment que les historiens de Bruxelles ont placée en 1213, est encore ignorée, mais il est positif que cette société existait antérieurement à cette date. » (Histoire de la ville de Bruxelles, t.1., A. Henne et A. Wauters, p.50). Peut-être serait-il plus exact de dire qu’il est probable que des hommes s’entraînaient au tir à l’arbalète avant 1213, dans les parages du « Marais aux Cygnes », extra-muros donc, mais qu’il n’est pas pour autant possible d’affirmer avec certitude, faute de preuves écrites, qu’ils étaient réunis dans une gilde. Et il est plus aléatoire encore de vouloir attribuer le patronage de ladite gilde à saint Laurent !

 

3.2. Les arbalétriers de Saint Georges contre ceux de Notre-Dame !

 

Il existe aujourd’hui deux sociétés d’arbalétriers à Bruxelles : l’Ancien Grand Serment Royal et Noble des Arbalétriers de Notre-Dame du Sablon et le Grand Serment Royal et de Saint-Georges des Arbalétriers de Bruxelles. Le premier cité, le Grand Serment de Notre-Dame du Sablon, prétend trouver son origine dans les événements de 1213 et revendique son droit d’aînesse. Selon cette tradition, la victoire des arbalétriers à la Cattenhuys permit à soixante d’entre eux –pas un de plus !- d’être élevés au rang de gilde ou, plus précisément, de serment, ce qui leur permit désormais de jouir d’une grande considération et de moult privilèges. Le Grand Serment du Sablon s’est toujours réclamé de cet héritage « noble » -le qualificatif apparaît d’ailleurs dans sa dénomination complète-, alors que les arbalétriers de Saint-Georges s’inscrivent traditionnellement dans une évolution plus « populaire », plus « démocratique ». Celui-ci rétorque que l’ancienneté revendiquée par le Grand Serment du Sablon ne repose que sur une tradition orale, alors que le serment de Saint-Georges peut se prévaloir d’une tradition ne remontant, certes, quant à elle, qu’à 1381, mais reposant sur des écrits tangibles (il sera définitivement établi dans ses droits en 1388). Que nenni, répondent ceux du Sablon ! Selon la volonté du duc de Brabant, des arbalétriers extérieurs à la gilde d’origine auraient, vers 1314, commencé à rejoindre massivement cette dernière qui portait alors le nom de Serment de Notre-Dame et de Saint-Georges. Les rivalités entre arbalétriers, dont nous épargnerons les détails au lecteur, n’en continuèrent pas moins à empoisonner leurs relations, tant et si bien, disent les uns, que les arbalétriers « extérieurs » (« hors des soixante »), ont décidé de constituer une autre gilde, celle de Saint-Georges, ceux du Sablon abandonnant définitivement cette dénomination pour ne garder que celle de Notre-Dame ; nullement, répondent ceux de Saint-Georges, il n’y a aucune trace écrite de création d’une gilde avant 1381, nous étions donc les premiers ; nous sommes l’Ancien « grand serment », alors que Saint-Georges n’est que le « petit serment » disent ceux du Sablon.

 

 

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Le  local de la Gilde de Saint-Georges se trouvait en 1881 rue des six-Jetons au Jardin aux Fleurs.
Œuvre du peintre Ernest Van den Broeck. (MVB)

 

3.3. L’année-clé de 1381.

 

Bref, nous n’irons pas plus loin dans notre tentative, de toute évidence vaine, de démêler l’écheveau des relations entre nos arbalétriers qui, encore tendues dans la seconde moitié du 20e siècle ( !) seraient aujourd’hui devenues plus cordiales, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter ! J’ai lu la brochure de M. Petitjean concernant le Grand Serment du Sablon, j’ai écouté récemment M. Demarbaix, du Grand Serment de Saint-Georges et j’ai également visité les sites des deux serments, et sans avoir la prétention d’avoir pu résoudre tous les mystères de l’histoire des arbalétriers de Bruxelles, j’espère ne point paraître avoir pris le parti de l’une des deux thèses, ce qui dépasse très largement ma compétence ! Pour résumer disons que dès 1381, deux serments d’arbalétriers coexistent à Bruxelles, celui de Notre-Dame du Sablon, église qui se trouve au cœur, comme on le sait, de la tradition de l’Ommegang, et ceux de Saint-Georges. Les arbalétriers de Notre-Dame du Sablon s’exerçaient au tir à l’arbalète dans l’enclos dit du Fossé-aux Chiens (rue Terarken, futur Jardin des Arbalétriers, aujourd’hui disparu), alors que les arbalétriers de Saint-Georges s’exercèrent quatre siècles durant dans le fossé qui longeait le pan de rempart de la première enceinte, à la rue des Alexiens. L’école Sint-Joris (Saint-Georges) tient d’ailleurs son nom de ce fait historique. On retrouvera également les arbalétriers de Saint-Georges au Jardin aux Fleurs. Pour en savoir plus, il est possible de visiter les sites des deux serments repris sous rubrique.   

 

3.4. Les arbalétriers organisateurs du Meyboom.

 

En 1381, les arbalétriers –ceci dit pour simplifier !- se voient octroyer, par le duc de Brabant, la possession de la Chapelle et de l’Hospice Saint-Laurent  situés dans les parages du Marais aux Cygnes. Jusqu’à la Révolution (1794), ils organisèrent également la cérémonie du Meyboom : « Néanmoins, il [le Grand Serment des Arbalétriers de Notre-Dame du Sablon] organisa régulièrement chaque année la procession que, de très vieille tradition, la Gilde du Marais faisait sortir chaque 10 août, pour la fête de saint Laurent. Il fournit toujours le « meyboom » qui traditionnellement se plantait de jour-là au marais et qui se plante encore aujourd’hui à pareille date. » (Historique de l’Ancien Grand Serment Royal et Noble des Arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, O. Petitjean, p. 23). Si M. Petitjean attribue la plantation du Meyboom aux arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, le 10 août –on notera au passage l’anachronisme, le Meyboom étant planté le 9 août et non le 10 août-, jour de la Saint-Laurent, ceux de Saint-Georges affirment que leur serment ayant été constitué dans les années 1380, ils purent, à ce titre, acquérir le droit de planter le Meyboom. De fait, à proximité du bois où, selon la tradition, se serait embusquée, en 1213, la soldatesque louvaniste, se dressait une chapelle dédiée à saint Laurent.

 

4. Le Meyboom et la Confrérie des Compagnons de Saint-Laurent.

 

4.1. Saint-Laurent : une société arbalétrière ou hospitalière ?

 

La chapelle Saint-Laurent dépendait d’un hospice établi à cet endroit (emplacement actuel de l’annexe de la Banque Nationale de Belgique, à proximité de l’endroit où se croisent les rues de Ligne, de la Banque et du Bois Sauvage) depuis des « temps immémoriaux », et était tenu par une confrérie de bienfaisance. Cette institution attirait de nombreux pèlerins qui se rendaient dans les plus hauts lieux de la chrétienté : Rome, Saint-Jacques de Compostelle, voire Jérusalem. La relation entre la tradition du Meyboom et l’histoire des arbalétriers, nous le voyons, est particulièrement forte. Pourtant, si une Confrérie des Compagnons de Saint-Laurent encadre bel et bien, aujourd’hui encore, les cérémonies du Meyboom, elle n’apparait nullement comme une société d’arbalétriers, bien que certaines voix commenceraient à s’élever pour revendiquer cet héritage, ce qui ne serait guère apprécié par les serments d’arbalétriers existants ! De fait, ne confond-t-on pas ici deux notions ? Les Compagnons de Saint-Laurent sont, de toute évidence, issus d’une tradition hospitalière et philanthropique,  et non arbalétrière et guerrière, même si d’aucuns se plaisent à évoquer l’existence passée d’une « Gilde des Arbalétriers du Marais ou de Saint-Laurent » . Mais sans témoignages écrits, comment pourrait-on accréditer la thèse de l’existence d’une gilde d’arbalétriers, éventuellement rattachée à l’oratoire de Saint-Laurent, avant 1381 ? Encore quelques beaux et houleux débats en perspective, si cette tendance à se réclamer d’une tradition arbalétrière dans le Meyboom devait se vérifier !

 

4.2. La plantation du Meyboom : des origines à 1880.

 

Selon la tradition, le Meyboom fut planté la première fois le 9 août 1308, époque à laquelle les héritiers des vainqueurs de la Cattenhuys (Gilde de Saint Laurent ou autre), auraient (théoriquement) commencé à exercer ce droit. Et voilà pourquoi nous venons de réaliser la 705e plantation du Meyboom, en cette année 2013, alors que l’on aurait pu tout aussi bien célébrer le 800e anniversaire de la bataille de la Cattenhuys, en 1213 ! Mais n’oublions pas que nous sommes là entre histoire et légende ! Pour ce qui est des siècles suivants, les informations qui nous sont parvenues à propos du Meyboom, apparaissent rares et fragmentaires. Elles prouvent cependant que la plantation était d’usage en 1597, 1635 et 1648, année durant lesquelles la Chambre des Comptes autorise les habitants du quartier du Marais à prélever le Meyboom dans la forêt de Soignes. On sait également qu’en 1653, un accident se produisit lors de la plantation : l’arbre tomba sur des bateliers qui étaient en train de le planter et tua trois d’entre eux. Au 18e siècle, l’usage de la plantation semble toujours respecté, un bourgeois de Bruxelles éprouvant le besoin de préciser dans son Livre de Raison que le Meyboom n’a pas été planté en 1725. Bien qu’il soit signalé qu’en 1831, en raisons de difficultés économiques, on faillit bien ne pas planter le Meyboom, mais que quelques vieilles femmes de Bruxelles intervinrent pour que la tradition ne soit point interrompue, il semble que la première relation que l’on ait d’un cortège (moderne) du Meyboom remonte à 1839 : « A l’occasion de la Saint-Laurent, le Meyboom a été planté vendredi dernier, au bout de la rue des Sables, avec un appareil qui n’a point eu d’exemple jusqu’ici. Une foule immense assistait à cette antique cérémonie, dans laquelle figurait un char de triomphe monté par un grand nombre d’hommes et d’enfants des deux sexes, figurant des Grecs, des Romains, etc. Le char était traîné par quatre chevaux bien caparaçonnés, et pavoisé aux couleurs belges et françaises… » (www.meyboom.be/MB/?page_id=48). Il apparaît, en outre, que les cortèges de 1839 et de 1840, furent parmi les plus fastueux. A cette époque, le cortège fut organisé par une Société de Saint-Laurent dont on ignore toutefois la composition. Sans doute était-elle constituée de notables et de commerçants. Elle disposait de tout le matériel que la Ville de Bruxelles lui avait confié et notamment des débris de son Ommegang –les géants et quelques animaux- qu’elle n’avait pu restaurer en 1835. Ces cortèges du Meyboom furent particulièrement riches et sans doute s’est-on montré quelque peu présomptueux…financièrement parlant. Le fait est que l’on ne trouve plus trace de cette « cavalcade de Saint-Laurent » après 1840. Ceci dit, depuis au moins 1836, la cérémonie comprend une partie secondaire incluant notamment le défilé des géants et la Roue de la Fortune. On retrouve, en outre, la trace de la plantation du Meyboom en 1846, 1847 et 1848. Nous savons également que les géants Jeanneke et Mieke assisteront à la fête, en 1852. En 1853, le commissaire de la fête apparaît en habit de marquis, l’épée à la main. La famille des géants est du cortège en 1860. En 1866, l’arbre est planté en catastrophe, entre 5 et 6 heures du matin, sans que l’on sache pourquoi ! En 1870, la famille des géants se présente « au grand complet » ; la foule présente est particulièrement nombreuse. En 1880, l’arbre est dressé à 17h, avec le cérémonial requis.

 

4.3. La plantation du Meyboom : de 1880 au « drame de 1939 ».

 

C’est en 1880, qu’après moult vicissitudes de l’Histoire bruxelloises (régime révolutionnaire et impérial français, régime hollandais, création du royaume de Belgique), est constituée (ou, si l’on préfère, « reconstituée »), la Confrérie des Compagnons de Saint-Laurent , qui est officiellement reconnue par la Ville de Bruxelles, en 1883. Elle détient depuis le privilège de la plantation de l’Arbre du Meyboom et en organise toute la cérémonie, à savoir : l’Hommage au Quartier des Basfonds, la journée Académique au cours de laquelle le cortège déambule dans Bruxelles, rassemblant tous les acteurs du Meyboom. Elle organise également pendant l’année d’autres manifestations, comme la grande parade de Géants à Bruxelles, et poursuit des buts philanthropiques qui renvoient vraisemblablement à sa fonction hospitalière d’origine. Ainsi, à l’occasion du Meyboom, les Compagnons organisent-ils une fête incluant une visite des pensionnaires du home Pachéco (Grand Hospice de Bruxelles). Et chaque 9 août, un petit train est affrété par les Compagnons pour permettre à ces personnes âgées de participer aux festivités. Mais poursuivons notre relation des festivités du Meyboom au cours de la fin du 19e s. et au cours du 20e s. En 1886, la cérémonie est particulièrement animée et la foule y prend une part active. Les divers accessoires traditionnels du Meyboom sont présents lors des festivités de 1890. En 1900, on note la présence dans le cortège d’un « empereur » et de ses pages. Durant la première occupation allemande de 1914-1918, il n’y eut pas à proprement parler de plantation du Meyboom, mais une branche de sapin fut chaque année piquée dans la terre bruxelloise. Dans le cortège de 1922, on note la présence de soldats français en pantalons garance. En 1924, le cortège apparaît particulièrement fourni. En 1933, on trouve dans le défilé le « cortège nuptial ». A partir de 1937, le Tour de France est représenté au Meyboom. En 1938, scène d’ivrognerie haute en couleurs, troupe vêtue en gardes bourgeois de 1830. En 1939, les Louvanistes parvinrent à s’emparer du Meyboom, mais les Bruxellois, furieux, en appelèrent à la gendarmerie qui arrêta les voleurs à l’entrée de Louvain ! Sur ces entre-faits, un autre arbre fut abattu et planté à une vitesse record avant les 17h fatidiques !  Mais les Louvanistes, qui avaient bien organisé leur coup, prétendirent quant à eux que cette plantation ne comptait pas, vu qu’il ne s’agissait pas du vrai Meyboom. Et ainsi, le 9 août 1945, plantèrent-ils un arbre devant leur hôtel de ville ! Cet épisode de l’histoire du Meyboom est parfois nommé « le drame de 1939 ».

 

4.4. La plantation du Meyboom : de la seconde guerre mondiale à nos jours.

 

La tradition du Meyboom fut respectée durant la seconde occupation allemande de 1940-1944, même s’il fallut parfois se résoudre à ne planter qu’un arbuste à l’endroit consacré. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, et notamment en 1947, la fête reprend de plus belle ! Dans les années 1950, les cérémonies du Meyboom intègrent les éléments les plus divers, parfois étrangers à la tradition bruxelloise proprement dite. En 1958, un incident tragi-comique vient pimenter la fête : le cheval de boulanger qui tire la Roue de la Fortune s’emballe ! Mais la fin du vieux quartier des Bas-Fonds approche : le berceau du Meyboom a d’ores et déjà été totalement dévasté par les travaux de la Cité administrative. Au début des années 1960, des éléments totalement étrangers à la tradition des Bas-Fonds –les Quatre Fils Aymon, par exemple- sont intégrés et les géants sont réquisitionnés pour jouer des rôles publicitaires, voire commerciaux. En 1964 et en 1965, les « Bas-Fondistes » mettent sur pied une zwanze de taille : la veille de la Saint-Laurent, ils organisent des démonstrations dans le centre-ville et font croire à un faux vol du Meyboom ! En 1968, on adjoint au cérémonie la fanfare des « Chasseurs de Prinkères », mais on note surtout la présence de la bannière et d’une délégation du Grand Serment Royal et Noble des Arbalétriers de Notre-Dame du Sablon. Lors de la plantation de 1970, on oubliera d’exécuter le Brabançonne ! En 1974, des Louvanistes couperont l’Arbre du Meyboom choisi par les Bruxellois dans la forêt de Soignes et l’emporteront dans leur ville ; évitant de sombrer dans une querelle puérile et « clochemerlesque », non-dénuée de sous-entendus politico-linguistiques, les Bruxellois ont tout simplement planté un autre arbre. Cela n’empêcha pas les Louvanistes de revendiquer le droit de planter le Meyboom chez eux, ainsi ont-ils prétendu, en 2010, planter le 37e. Mais à Bruxelles, nous plantâmes le 705e en 2013, sans que les Louvanistes n’y puissent rien ! Trêve de plaisanteries. Retenons qu’au lendemain de l’anéantissement urbanistique des Bas-Fonds, la tradition sera sérieusement malmenée. Le besoin de sponsors, les interventions extérieures, les apparitions de plus en plus fréquentes de personnalités publiques, feront lentement glisser les cérémonies populaires du Meyboom vers la banalisation et le conformisme officiel.  L’esprit du Vieux Meyboom n’est plus, certes, et comment aurait-il pu subsister sans la population des Bas-Fonds qui en était la sève ? Les têtes grises se multiplient, la relève, pour peu qu’il y en ait une un jour, se fait attendre, certes, mais ne boudons pas notre plaisir et réjouissons-nous du fait que la tradition de la plantation du Meyboom existe toujours, malgré les nombreux aléas de l’Histoire bruxelloise récente ! Puissions-nous la maintenir le plus longtemps possible, au moins l’aurons-nous vécu !

 

5. La rue du Meyboom et la rue du Marais.

 

A Bruxelles, rien n’est simple ! Et donc on ne plante pas le Meyboom à la rue du Meyboom, mais non loin de là, au coin de la rue des Sables et de la rue du Marais, comme nous l’avons dit. La rue du Meyboom est perpendiculaire à la rue du Marais. Quant à la rue du Marais, on se plait à faire remonter l’origine de son nom au « Marais aux Cygnes » du récit semi-légendaire de la bataille de la Cattenhuys. De fait, un marais existait bel et bien à l’angle de la rue du Marais et de la rue de la Blanchisserie. Il fut par la suite transformé en un abreuvoir clos par des murs. Le marais donna son nom à un ancien cabaret, aujourd’hui disparu, de même qu’à la rue. Le terrain fut racheté par un certain Jean Simons, qui y établit une fabrique de carrosserie, qui connut son heure de gloire. Les ateliers Jean Simons s’étendaient jusqu’au rempart. Au milieu du 19e siècle, on situait aussi dans la rue du Marais, en face de la rue de la Blanchisserie, un poste de pompiers et de secours en cas d’incendie. La partie antérieure de la rue du Marais, située entre la rue Fossé-aux-Loups, d’une part,, et les rues des Comédiens et des Boiteux, d’autre part, se nommait jadis la « rue d’Or ». Elle fut ensuite baptisée « rue des Confréries », avant d’être réunie, en 1853, à la « rue du Marais-Meyboom », qui devint finalement la rue du Marais.

 

 

Eric TIMMERMANS.

 

 

Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 119-120 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Histoire secrète de Bruxelles, Paul de Saint-Hilaire, Albin Michel, 1981 / Historique de l’Ancien Grand Serment Royal et Noble des Arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, O. Petitjean, 1963 / Un arbre ancré dans la tradition, R.M. La Libre Belgique, 8-9 août 2009 / Programme du 705e Meyboom – 9/8/2013, les Compagnons de Saint-Laurent / www.arbaletriers-saintgeorges.be / www.arbaletrierssablon.be / www.meiboom.be

 

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Commentaires

  • Les habitants du Bas-Fond sont des bafonistes et non des basfondistes

  • pour une copie de la photo DISTILLERIE du MEYBOOM je né a cotée au 37 rue des SABLES en 1939

    Merci d'avance

  • La charte du 4 mai 1381, accordée par Jeanne et Wenceslas Duc et Duchesse de Brabant aux arbalétriers de Bruxelles, impose aux personnes se réunissant au marais aux Cygnes afin de s'y livrer au tir à l'arbalète, et étant placés sous le vocable de Saint-Laurent; de se fondre dans la Gilde de Notre-Dame,certains dédommagements sont par ailleurs prévus pour ces arbalétriers de Saint-Laurent. La chapelle de Saint-Laurent, située dans la rue du même nom; passe sous l'aile des arbalétriers de Notre- Dame qui en nommeront les responsables jusqu à la fin de l'ancien régime. Si cette charte atteste de l'antériorité de l'existence d'arbalétriers de Saint-Laurent à la date de 1381, elle ne nous donne aucune information quant à leur ancienneté. La charte ne parle pas de l'hospice Saint-Laurent, ni de l'implication des arbalétriers de Saint-Laurent dans la plantation du Meyboom. Il n'est nulle part question de Saint-Georges.

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