• Zinneke

                           NE DITES PAS « ZINNEKE » MAIS « KIEKEFRETTERS » !

     

    1. Les Bruxellois sont des Kiekefretters !

     

    On ne sait trop d’où vient cette habitude de nommer les Bruxellois des zinneke. Il s’agit là d’un terme de burgontje (vieux bruxellois thiois) qui, à l’origine, signifie « lapin ». Autre origine plausible : le 10 octobre 1561 est inauguré le canal de Willebroeck. Afin de maîtriser l’eau de la Senne (Zenne, en thiois) et du nouveau canal, on creuse plusieurs coupures ou « zinnekes » (= petites Senne ou « Sennettes »). Par la suite, pour d’obscures raisons, ce terme est devenu synonyme de « bâtard » et servit à désigner les chiens des rues, homologues canins des « chats de gouttière » (qui d’ailleurs n’existent que dans le langage populaire, les races de chats étant clairement répertoriées !). Et de fil en aiguille, pour étayer la thèse douteuse selon laquelle les Bruxellois ne seraient qu’un mélange bien belge de Flamands et de Wallons, tout comme les chiens de rues sont le résultat de croisements de plusieurs races canines, et ensuite encore, pour souligner le caractère cosmopolite de la population bruxelloise d’aujourd’hui, on a affublé les Bruxellois du nom de zinneke. En réalité, le vrai surnom des Bruxellois est Kiekefretters. Voilà un nom qui, aujourd’hui, même à nombre d’habitants de Bruxelles, ne manquera pas de paraître bien étrange, voire bien exotique (un comble !). Pourtant, c’est là le surnom que l’on donne aux habitants de Bruxelles-Pentagone, et ce depuis la nuit des temps, au même titre que les « hacheurs de choux » de Saint-Gilles, les « ânes » de la cité de Schaerbeek, les « hommes du miroir » de Jette, et j’en passe. Le terme de « Kiekefretters » signifie, approximativement, « mangeurs/bouffeurs de poulet ». Nous voilà, direz-vous, bien avancé, car tout cela ne nous dit guère pourquoi ce surnom est appliqué aux Bruxellois. C’est ce que nous allons tenter de vous conter. Il existe évidemment plusieurs versions de l’origine du surnom de Kiekefretters. En outre, les Bruxellois sont aussi parfois surnommés (mais cela n’est plus connu de nos jours), Hettefretters, soit littéralement « bouffeurs de cœur », ce qui signifie ronchon, grincheux, râleur… !

     

    2. Dans les plaines de Batsweiler, la Bérézina bruxelloise. 

     

    2.1. Le désastre de Batsweiler (1371).

     

    Il est dit qu’en 1371, des bandes de maraudeurs infestaient la région d’entre Rhin et Meuse. Elles jouissaient notamment de l’appui d’un certain nombre de seigneurs locaux dont les châteaux leur offraient une efficace protection. Parmi les seigneurs accusés de telles pratiques peu scrupuleuses, on comptait un certain Guillaume VI, duc de Juliers. Quoiqu’il en soit, le duc Wenceslas de Brabant reçut de Bruxelles 5.000 moutons d’or pour mettre un terme à ces brigandages qui ruinaient littéralement le commerce. Le duc fit donc lever son étendard de guerre au Lion d’or et dirigea son armée contre le duc de Juliers. Nombreux sont ceux qui vinrent se ranger sous sa bannière, à une époque où les nations et les états que nous connaissons aujourd’hui, n’existaient pas. Brabançons, Liégeois, Picards et bien d’autres se mirent donc en marche, de même qu’un important contingent de Bruxellois. Les armées de Wenceslas rencontrèrent l’ennemi, le 21 août 1371, dans les plaines de Batsweiler, près de Gelenkirchen. Mais la bataille tourna au désavantage des troupes de Wenceslas. Le duc aurait commis l’erreur d’engager sa cavalerie sans attendre les archers et les arbalétriers. Vainqueur dans un premier temps –le duc de Juliers fut même fait prisonnier-, il se laissa surprendre par l’arrivée inattendue du duc de Gueldre, Renaud, qui devait d’ailleurs perdre la vie au cours de la bataille. L’aventure se solda donc par un désastre, et, dans l’armée de Wenceslas, l’on dénombra, en définitive, 7.000 tués (dont 700 nobles) et 2.000 prisonniers. Le duc de Brabant resta onze mois en prison et ne dut sa délivrance qu’aux préparatifs de guerre de son frère, l’empereur Charles IV. Relâché en juin 1372, il regagna rapidement le Brabant où son pouvoir était sérieusement menacé. Mais les Bruxellois, eux, « semblent avoir été absolument sûrs de remporter la victoire en cette campagne. Nos compatriotes ont toujours été –ils ont du reste le défaut de la qualité, car ils croient à la légère ce qu’on leur raconte- quelque peu hâbleurs, fanfarons. On ne s’imaginerait pas qu’ils sont nés sous un ciel brumeux qui n’est absolument pur que six jours par an en moyenne. On les dirait plutôt fils du chaud soleil de Provence et habitants de Marseille. Ils ne doutent de rien : forts en paroles, leur tête s’échauffe facilement et, le verre en main, ils sont dignes de ces gais conteurs de Gaulois qui finissaient par croire eux-mêmes les gasconnades qu’ils racontaient. » (Légendes bruxelloises, V. Devogel, p. 120-121). Disons, pour poursuivre dans la fanfaronnade que Victor Devogel nous prête, certainement à tort que, pour une fois, les Bruxellois ne furent point vainqueurs… ! Plus sérieusement,  nombre de partisans de Wenceslas déployèrent une grande valeur durant cette triste journée. Ainsi, « l’un d’entre eux, sir Jean de Relegem ou Redelgem, commença la bataille ; un autre, Jean de Diedegem, fit prisonnier le duc de Juliers ; un troisième, sir Gérald Rolibuc rencontra au milieu de la mêlée Eustache Vandenbogarde, chevalier du pays de Juliers, avec lequel il avait eu, la veille, une dispute et tous deux s’attaquèrent avec tant de fureur qu’ils s’entretuèrent. » (Histoire de la ville de Bruxelles, Henne & Wauters, t.1, p. 124).

     

    2.2. Des victuailles en guise d’armes !

     

    Les Bruxellois comptèrent parmi les prisonniers et leurs bagages furent évidemment soigneusement examinés par les vainqueurs, et qu’y découvrirent-ils ? Des armes de rechange ? Que nenni ! Ils y trouvèrent force boissons et victuailles de toutes sortes, celles-là même qui devaient permettre de fêter dignement la victoire attendue ! « Un contemporain attribue la perte de cette journée aux Bruxellois, « qui, dit-il, autour du duc, estoient sur les champs montés les aucuns à cheval et leurs varlets derrière eux qui portoyent flacons et bouteilles de vin troussés à leurs selles, et aussi parmi ce fourage et pastez de saumon, de truites et d’anguilles enveloppés de belles petites tovailles (serviettes) et empeschoient là durement ces gens la place de leurs chevaulx, tant qu’on ne se pouvoyt ayder de nul costé. » On prétend que c’est à cette occasion qu’ils reçurent le surnom de mangeurs de poulets (kiekeeters). » (Histoire de la ville de Bruxelles, Henne & Wauters, t.1, p. 124). Kiekeeters (mangeurs de poulets) ou Kiekefretters (bouffeurs de poulets), donc. L’ennemi put ainsi se repaître de ces victuailles (parmi lesquelles on comptait également, dit-on, nombre de volailles) que les Bruxellois avaient emportées en nombre et qui leur valut le surnom de Kiekefretters, alors que –ô cruelle ironie !- ils ne se mirent, ce jour là, pas la moindre cuisse ou aile sous la dent et qu’ils durent se contenter des sarcasmes de leurs voraces ennemis !

     

    3. Kiekefretters contre « Souffleurs de Lune ».

     

    Mais à Bruxelles, on vous dira que ceux qui prétendent cela ne sont que des zievereirs (=farceurs, sots), qu’ils ne racontent que des carabistouilles (=bêtises, fariboles) et qu’en fait, loin d’avoir connu cette humiliante défaite, les Bruxellois avaient, après l’une de leurs nombreuses et légendaires victoires, fait largement bombance et que c’est pour cette raison glorieuse qu’on leur a donné le beau titre de Kiekefretters ! Non peut-être ! Il semble, en fait, que ce sont les Malinois –contre lesquels les Bruxellois étaient souvent en conflit- qui ont surnommé les Bruxellois, Kiekefretters. Les Malinois eux-mêmes sont surnommés les « Souffleurs de Lune », et ce depuis qu’un soir de claire de lune ils auraient cru voir brûler leur cathédrale Saint-Rombaud, ce qui aurait mis en joie leurs ennemis bruxellois ! De fait, en 1301, un grave conflit opposa les Bruxellois aux Malinois à propos d’un droit d’étape qui obligeait les bateliers bruxellois à venir exposer leurs produits pour la vente, à Malines avant Bruxelles. Les Bruxellois tentèrent de se soustraire à cette obligation, mais les Malinois tendirent des chaînes en travers de la rivière. La même année, le duc Jean II de Brabant sollicita l’aide des arbalétriers bruxellois pour réprimer une révolte à Malines. Nos arbalétriers ne se firent pas prier et obtinrent ainsi, trois ans plus tard, un terrain dans un lieu-dit nommé « le Sablon », là où se dresse aujourd’hui l’église Notre-Dame du Sablon. En 1432, un conflit du même ordre devait opposer les Bruxellois aux Malinois. Après avoir brisé, le 4 décembre, l’encerclement et le blocus auxquels ils étaient soumis, les Malinois s’emparèrent de Willebroeck. Mais les Bruxellois se retirèrent dans l’église et combattirent avec une telle opiniâtreté qu’ils tuèrent un grand nombre d’assaillants et qu’ils forcèrent les Malinois à la retraite. Une victoire de plus à mettre à l’actif de Bruxelles dans le conflit qui l’opposait alors à Malines. Et pour mettre un terme définitif aux conflits qui les opposaient à cette dernière, les Bruxellois obtinrent le creusement d’un canal pour échapper définitivement aux exigences malinoises. Ce projet fut réalisé entre 1550 et 1561 et on donna au canal le nom qui est encore le sien aujourd’hui, soit le « canal de Willebroek ». Alors, ça n’est pas une belle victoire bruxelloise ça, peut-être ? Mais pourquoi les Malinois nous ont surnommés les « mangeurs de poulets » ? Las, l’histoire ne le dit pas. Peut-être que les Malinois préféraient les écrevisses aux poulets, allez savoir !     

     

    4. Le siège de Gaasbeek.

     

    Nous restons dans le 14e siècle pour la troisième version de l’histoire de l’origine du nom des Kiekefretters. Du fait d’un différend avec la duchesse Jeanne de Brabant, des hommes de main du comte de Gaasbeek assaillirent et mutilèrent Everard t’Serclaes (1320-1388), héros bruxellois, échevin de la ville et conseiller de la duchesse Jeanne. T’Serclaes fut ramené agonisant à Bruxelles où il trépassa. Ce lâche attentat provoqua la colère des Bruxellois qui, appuyés par les troupes ducales, sortirent de la ville pour aller assiéger puis ravager le château du seigneur de Gaasbeek. Pour ce faire, ils s’étaient notamment chargés de vivres parmi lesquelles on comptait de nombreuses volailles dont, vainqueurs et vengés, ils se rassasièrent avec délectation !

     

    5. Des « lanceurs de poulet », les Bruxellois ?

     

    Passons à présent au 16e siècle et au règne du roi de France François Ier, grand rival de l’empereur Charles-Quint. Les troupes françaises avaient mis le siège devant Bruxelles mais celui-ci s’éternisait. François Ier, comptant sur l’épuisement des réserves alimentaires de la ville, pouvait toutefois raisonnablement espérer sa chute prochaine. Les Bruxellois décidèrent donc, en dernier ressort, de bluffer les assiégeants en les bombardant de poulets, histoire de leur faire croire en la possession d’une grande quantité de vivres (ou que les défenseurs de la ville étaient encore vraiment très nombreux) ! Perdant espoir en une chute prochaine de Bruxelles, François Ier ordonna la levée du siège et retira ses troupes.   

      

    Eric TIMMERMANS

    Sources : Histoire de la Ville de Bruxelles, A. Henne & A. Wauters, t.1, 1968,  p. 124, 203 / Légendes bruxelloises, Victor Devogel, TEL/Paul Legrain (Ed. Lebègue et Cie, 1914), p. 113-123 / Traditions de Bruxelles, Alain Viray, Marabout, 1979, p. 22-23, 47, 58.

  • Ki sé c'est Ki ?

     

     

     

    Ki sé c'est Ki ?

     

    Café chez Dikke Pierre,  rue de la Samaritaine
    Concours de belote en 1970,  mois de mars

     

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    Photo 1

     

    Agenouillé avec un saucisson en main mon grand-pere et parrain maternel Charles Peeters dit "Charel de Neus" , a habitè toute sa vie à la rue haute.
    Écrit par Charles Debae.

     

     

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    Photo 2

    Agenouillé avec un saucisson en main mon grand-pere et parrain maternel Charles Peeters dit "Charel de Neus" , a habitè toute sa vie à la rue haute.
    Écrit par Charles Debae

     

     

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    Photo 3

     

     

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    Photo 4

     

     

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    Photo 5

     

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     Photo 6 - merci à Léon Paris

     

    A 1 Jef Horny -

     

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    Photo 7

     

    Le premier boxeur en commencent par la gauche Bounat et le deuxième Alphonse Leclercq dit "kid Leclerq" c'est le Grand-Père maternel de ma fille
    Écrit par Guy De Moté.

     

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     Photo 8

    C'est Josiane Köhne, le fils Olivier De Pature et Guy De Pature, dans les années 70.

     

  • Le duc de Croy

     File:Charles-Alexandre de Croÿ (1581-1624).jpg

     LASSASSINAT DU DUC DE CROY

     

    1. L’Hôtel du duc de Croÿ.

     

    On peut voir, en l’église Notre-Dame de la Chapelle, l’entrée d’une chapelle dominée par le monument funéraire de Charles-Alexandre, duc de Croÿ (1581-1624). Celui-ci, dit-on, serait enterré au pied du pilier. On peut d’ailleurs voir le buste du défunt placé entre les statues de ses deux patrons : Charlemagne et le pape Alexandre. Charles-Alexandre fut tué en 1624 dans son hôtel situé sur l’emplacement des anciennes « rue de la Chèvre, de la Fusée, de lArtifice, et entre les rues aux Laines et des Minimes » (« Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles », p.161). Entre la rue aux Laines et la rue des Minimes se dresse aujourd’hui le « mastodontesque » Palais de Justice de Poelaert. A noter que cette « rue de la Chèvre », contre toute attente, ne devait point son nom à un quelconque caprin vadrouilleur, mais à une énorme machine de guerre conçue par le général espagnol Spinola pour le siège d’Ostende. Cette rue était la continuation d’une « rue du Jockey-Bleu », qui avait déjà disparu à la moitié du 19ème siècle. L’hôtel du duc de Croÿ se situait à l’angle de la rue de la Chèvre (rue du Prévôt).

     

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    Extrait du Plan POPP - 1ere section 1866
    Quartier de la Marolle
    rue de la chèvre - rue d'Artifice - rue de la Fusée

     

    2. Spinola, un général amoureux.

     

    Lorsque Charles-Alexandre épousa Geneviève d’Urfé, celle-ci s’était déjà éprise d’amour pour le général Spinola, cité plus haut. On doit à ce dernier la chute d’Ostende qui résistait depuis trois années, tout en occasionnant de lourdes pertes aux assiégeants. Spinola était d’origine génoise. Illustre commandant des forces espagnoles, il est également connu pour être le vainqueur de Bréda. Retz devait ultérieurement le comparer à César et à Condé. On le retrouvera également sur le théâtre italien en tant qu’assiégeant de Mantoue : « Spinola lassiégeait depuis près de deux ans ; Toiras défendait la citadelle, qui tenait toujours. Mazarin réussit enfin à négocier une trêve entre Espagnols et Français (début septembre 1630). » (Mazarin, p.31-33). Mais revenons à nos amours bruxelloises… Spinola était immédiatement tombé amoureux de Geneviève, il fut toutefois rappelé à Madrid par Philippe III où le roi le fit chevalier de la Toison d’Or. Entre-temps, Geneviève épousa le duc de Croÿ. Ce dernier, dont la santé s’était altérée, décida de se retirer dans son hôtel de la « rue de la Chèvre » (ou de la rue du Prévôt), à Bruxelles. Geneviève l’y suivit. Mais un jour, celle-ci rencontra fortuitement Spinola qui, sans attendre, lui avoua son amour. Hélas pour le général espagnol, il dût sur-le-champ apprendre des lèvres de sa bien-aimée la triste vérité : elle avait été mariée à Charles-Alexandre de Croÿ pour des raisons politiques… Charles Aznavour aurait pu chanter leur histoire, mais celle-ci devait, en définitive, tourner au drame, sur fond de crime passionnel.

     

    3. Un page fidèle et meurtrier.

     

    Spinola devint triste et sombre sans que personne ne sache pourquoi, à l’exception d’un jeune page qui demanda à son maître de lui pardonner une indiscrétion s’il parvenait à lui rendre sa bien-aimée. Spinola, transporté de joie, accepta, peut-être inconsidérément, peut-être en connaissance de cause, l’histoire ne le dit pas précisément… Quoiqu’il en soit, le page sortit sans ajouter un mot. Le soir venu, le duc de Croÿ se promenait dans son pavillon, comme il en avait l’habitude. Une petite lucarne s’ouvrit soudain, le canon d’une arquebuse y parut, un coup de feu se fit entendre et Charles-Alexandre de Croÿ s’effondra, frappé par une fusée emboîtée de fer, que son meurtrier avait placé dans l’arquebuse.

     

    4. Nulle fin heureuse…

     

    Spinola, que Geneviève, dès qu’elle fut veuve, accepta d’épouser, fut évidemment fortement soupçonné, mais personne n’osa l’attaquer de front. Toutefois, la pression de la rumeur publique se fit telle que l’union fut retardée de huit ans. L’infante Isabelle parvint finalement à favoriser ce mariage, mais alors que Spinola, qui était en Italie, se préparait à retrouver sa future épouse, il succomba subitement et jamais le mariage de Geneviève et du vainqueur d’Ostende ne put être célébré. Quant à l’auteur de l’attentat, il resta introuvable. On accusa un innocent du crime commis par le page et on l’enferma, trente-deux ans durant, dans la prison de Vilvorde. Ce n’est que sur son lit de mort que l’assassin, réfugié en Italie, avoua l’assassinat du duc de Croÿ. On dit que celui qui paya de sa liberté le geste du meurtrier, demanda, comme il aurait été incapable d’assurer seul sa subsistance, de rester en prison.

     

    5. Une version (peut-être) historique.

     

    Le page qui était en fait au service de Charles-Alexandre, duc de Croy et marquis d’Havré (et non de Spinola), avait été souffleté par son maître et, pour se venger de lui, décida de le tuer d’un coup d’arquebuse (précisons, à toutes fins utiles, que le duc de Croy avait été nommé depuis quelques mois à un haut poste financier). Le meurtre fut perpétré le 9 novembre 1624, dans l’hôtel du duc, sis rue du Pévot, entre 22 et 23 heures. On s’en doute, des recherches furent rapidement et massivement organisées, en vain cependant : l’assassin resta introuvable. On arrêta donc un innocent qui paya le meurtre du duc de Croy de trente-deux années de prison. Lorsque sur son lit de mort le meurtrier avoua enfin son crime et que l’innocence du malheureux prisonnier fut finalement reconnue, ce dernier demanda de rester en prison, n’étant plus capable de pourvoir à sa subsistance. On le laissa donc à la prison de Vilvorde et le gouvernement lui alloua une petite pension. Par cette triste fin, l’histoire rejoindrait donc la légende.

    Eric TIMMERMANS

    Sources : Brochure de léglise Notre-Dame de la Chapelle (2004) / Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p.137 / Dictionnaire historique des rues, placesde Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 1, A. Henne et A. Wauters, 1968, p. 57 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 2, A. Henne et A. Wauters, 1969, p. 40 / Légendes bruxelloises, Victor Devogel, TEL/ Paul Legrain (Editions Lebègue Cie, 1914), p. 217 à 227 / Mazarin, Pierre Goubert, Fayard, 1990.

  • ETTERBEEK

    Bonjour les ami(e)s,
    Histoire de sortir du Pentagone, je vous propose ici deux petites histoires de fantômes et de diables etterbeekois !

     

                                               LES DIABLES DETTERBEEK

     

    1. La grange du Diable.

     

    Un soir, un paysan d’Etterbeek rentrait chez lui après sa dure journée de labeur, lorsqu’il croisa sur sa route un inconnu habillé de noir. L’inconnu l’ayant salué, le paysan engagea la conversation.

    Au bout de quelques minutes, l’homme en noir fit au paysan cette proposition pour le moins bizarre, sinon suspecte : s’il lui abandonnait ce qu’il avait de plus précieux, l’étranger s’engageait, avant le chant du coq, à lui bâtir une grange sur sa terre.

    Comme le paysan ne possédait rien de précieux, pensait-il, il accepta de bon cœur la proposition de l’inconnu. Son épouse, toutefois, se montra plus futée et elle comprit bien vite que l’inconnu, dont son naïf époux venait de faire la rencontre, n’était autre que le Diable et que l’objet précieux qu’il convoitait n’était ni plus, ni moins, que l’âme du pauvre paysan !

    Durant la nuit, elle constata qu’une grange s’élevait effectivement avec rapidité. Quand elle jugea que les travaux étaient suffisamment avancés, elle se rua vers le poulailler pour y réveiller le coq qui se mit à chanter à tue-tête ! Le Diable comprit alors qu’il avait été dupé, n’ayant pas pensé à réclamer l’âme du paysan avant que se fasse entendre le premier chant du coq (à moins que le Diable, comme dans bien d’autres légendes, fut surpris par le chant du coq prématuré provoqué par l’épouse du paysan). Aussitôt, le Démon prit la fuite.

    Toutefois l’ouvrage diabolique n’était pas terminé : il manquait un mur. Le paysan tenta bien de compléter l’ouvrage mais à chaque fois, la nuit, le Diable venait détruire le travail effectué.

     

    2. Le trésor de la maison hantée.

     

    Il existait, jadis, à Etterbeek, une ferme que l’on disait hantée. La nuit, on y entendait d’étranges bruits, des lamentations plaintives et le bruit sinistre d’ossements entrechoqués.

    Inutile de dire que ce lieu remplissait d’effroi toute la population de la commune ! Et les autorités communales avaient beau promettre d’offrir une maisonnette toute équipée à qui aurait le courage de chasser le spectre perturbateur, personne n’aurait eu la témérité de pénétrer dans la ferme hantée !

    Un jour, toutefois, un miséreux qui n’avait plus rien à perdre, accepta la proposition des autorités communales. En échange, notre crève-la-faim demandait de quoi faire du feu, une poêle et de la pâte à crêpes. Après tout, s’il fallait mourir de la main d’un revenant, ne valait-il pas mieux que ce soit avec le ventre plein ? Il s’installa donc dans la ferme et commença à faire des crêpes.

    A minuit se fit entendre l’infernal tintamarre et une voix caverneuse qui sortait vraisemblablement de la cheminée s’adressa en ces termes étranges à notre bonhomme : « Puis-je tomber ? » Une réponse positive ayant été donnée à cette question, un amas d’ossements tomba littéralement du ciel. Le mangeur de crêpes les rassembla, y ajouta le crâne arrivé tardivement, rassembla le tout dans un coin de la pièce et retourna à son repas.

    Soudain, un nouveau bruit le fit se retourner et il se retrouva devant un squelette entièrement reconstitué qui s’agitait de manière incompréhensible. Ne sachant trop que faire, notre bonhomme tendit au squelette une crêpe au bout d’un bâton, mais l’être spectral la dédaigna et s’en alla frapper du poing contre un mur.

    Celui-ci sonnait creux et notre courageux Etterbeekois entreprit de le défoncer à coups de bûche. Derrière, il découvrit une vaste cachette et, au fond de celle-ci, une grande somme de pièces d’argent.

    Le squelette –ayant vraisemblablement retrouvé l’usage de la parole…- lui expliqua alors qu’il était l’ancien propriétaire de cet argent qu’il avait trop aimé durant son existence terrestre et que, nuit après nuit, il avait essayé d’attirer l’attention d’un homme charitable qui prendrait possession de cet argent pour le consacrer à une bonne œuvre, ce qui permettrait de racheter son âme de spectre errant.

    Le squelette donna la moitié du sac d’argent à l’Etterbeekois et lui dit d’en distribuer l’autre moitié aux pauvres. Il fut fait ainsi. Un cultivateur vint s’installer dans la ferme désormais débarrassée de son fantôme. Quant au courageux Etterbeekois, il reçut la maisonnette promise et y vécut heureux.

     

    Eric TIMMERMANS.

    Sources : La chanson des rues dEtterbeek, Jean Francis, Louis Musin Editeur, 1976.

    +-+-+-+-+- 

     

    ETTERBEEK
    Le temps qui passe...

     

    Période: du VIIIe au XVIe siècles

    VIIIe Suivant une légende, Gertrude fille de Pépin de Landen, ancêtre de Charlemagne, et abbesse du Monastère de Nivelles, séjourne à Etterbeek et y fonde une chapelle.
    966 Un diplôme de l’Empereur Otton 1er mentionne l’église d’Etterbeek, alors orthographiée "latrebache".
    1127 Un prêtre s’installe à demeure à Etterbeek, suite à une décision de l’Evêque de Cambrai, érigeant en demi-église la quarte-chapelle d’Etterbeek (orthographiée "letrabecca"), située près de l’actuelle rue Froissart.
    Peu de temps après, une nouvelle église, plus grande, est construite près de l’emplacement de la dernière Eglise Sainte-Gertrude. En ce qui concerne le nom de la commune, les spécialistes donnent au radical "Ett" la signification celtique de "mouvement vif". Etterbeek signifierait ainsi "ruisseau rapide". L'orthographe "Etterbeek", proche du nom actuel de la commune, apparaît pour sa part en 1138.
    1295 Le Duc Jean II de Brabant accorde aux échevins de la Ville de Bruxelles le droit de percevoir l’accise sur la bière à Etterbeek qui, à l'époque n'appartient pas encore à la banlieue de Bruxelles
    1435 27 habitations à Etterbeek.
    1489 Etterbeek est ravagée par les troupes du Duc Albert de Saxe, en guerre avec les villes flamandes.

     Pour la suite http://www.etterbeek.irisnet.be/votre-commune/hier/sur-la-ligne-du-temps

     

  • Gens du quartier Notre Dame-au-Rouge

    Gens du quartier Notre Dame-au-Rouge

     

     

    Josée-2.jpgPhoto 1 - Merci à Josée pour la photo de sa maman
    La photo date du 20 juillet 1947, elle est prise à Heyst s/Mer  ma maman est devant moi. 
    Les deux dames derrière c'est "Pourre" DE GYNS et Elise DE GYNS,  deux cousines d'Odile DE GYNS
    La maman de Pierrot HEYMBEECK

     

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    Photo 2

    A 1 Odile De Gyns (ma mère) - A 2 "Poure" De Gyns, vendait des moules rue de la Verdure - A 3 La maman de Marie Jeanne (femme de Gérard Lardé), elle tenait un slachewinkel rue de la Verdure - A 4 La fille de "Canard", elle tenait un "bollewinkel" rue de la Verdure à côté de " Mastic" A 5 Elise De Gyns
    Voyage en France.

     

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    Photo 2

    Josée (Nathalie) prend la pose sur le balcon d'une grande maison située rue de Soignies.

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    Photo 3

    Pierre (Maurice) prend la pose avec son  fils Camille HEYMBEECK, devant le bloc social de la rue des Potiers, situé en face de la maison de Josée.