• Baron Steens

     

     

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    Merci à Guillaume Kekenbosch.

     

     

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    Merci à Guillaume Kekenbosch.
    Une Classe de l'école 15  "Baron Steens" - rue Haute

     

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    Merci à Guillaume Kekenbosch.
    Une Classe de l'école 15 "Baron Steens" - rue Haute

     

     

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    Merci à Guillaume Kekenbosch.

     

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    Patrimoine Artistique ca 1907.

    Oui, oui on est bien à Bruxelles, cette scène se situe entre les quartiers de la Putterie et le Bas-Fond.

    Ne cherchez plus, vous ne trouverez pas. Nous sommes en haut de la rue d'Assaut, à gauche part la rue de Berlaimont, la montée, c'est la rue de la Collégiale, et dans le dos, à droite, c'est le haut de la rue de la Montagne.

     

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    L’air de rien, la rue de la Collégiale est en forte pente, au 19ème siècle c’était une mine d’or pour les "faits divers" de l'époque.

    En mai 1852, l’échevin Fontainas se cassa le pouce en essayant d’écarter  une vieille femme d’une voiture qui descendait la rue au trot.
     
    Janvier 1855, eut lieu la chute de trois chevaux de la diligence de Louvain, dont l’un fut fort blessé.

     

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    A gauche la rue de Berlaimont. C'est peu avant la deuxième guerre que  l'on a commencé à démolir la rue, pour en faire un boulevard, cinq à six fois plus large.

    La belle maison du coin, a longtemps été au 19ième siècle une boulangerie pour devenir ensuite le siège  de la S.A. des timbres-Rabais, sorte de copérative qui avait des filiales à Anvers, Gand, Liège, Charleroi, Malines. Après la guerre de 14, se trouvait  ici un magasin d'Antiquités. 

     

     

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    Ici  le côté droit de la rue de Berlaimont.
    L'estaminet AU JEUNE RENARD, était situé au n° 4 rue de la Collégiale et était tenu par Ern. De Weerdt-Callebert. (1893)

     

     

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  • Noël

                                    DEUX BRUSSELEIRS A LA RUE POUR NOËL

     

    Jean-Pierre (57 ans), le kiekefretter des basses Marolles et Fred (43 ans), le kuulkapper de la place de Bethléem, seront sans doute à la rue pour Noël. D’aventures en coups durs et en luttes inégales contre les habituels pots de fer, Fred et Jean-Pierre devinrent colocataires, à Saint-Gilles d’abord, à Schaerbeek ensuite. Et là, après maints combats et pérégrinations, nouvelles tuiles : un procès perdu en justice de paix -cette justice « pour tous », mais surtout « pour certains »…- , un avis d’expulsion qui devrait mener Jean-Pierre le débrouillard et Fred l’historien-archiviste, tout droit sous le sapin électronique à 45.000 euros de la Grand Place de Bruxelles, car il faut, de toute évidence, s’attendre à une arrivée rapide de l’ordre d’expulsion. Vous parlez des lenteurs de la Justice ? Ici, ils ont appuyé, par on ne sait quel miracle, sur l’accélérateur ! Retrouver un logement à Bruxelles ? Facile lorsque l’on peut payer les deux mois de garantie locative, sinon, l’Armée du Salut ou la rue, dans une ville où les m² inoccupés ne se comptent plus depuis longtemps. Un logement, ne fut-ce que temporaire et tout simple, serait donc le bienvenu. Si quelqu’un a des idées, des propositions, qu’il nous les fasse parvenir dès que possible. Merci d’avance pour eux. Ce petit appel au secours sera suivi d’un texte de Fred, un « conte de Noël » quelque peu caustique. Et pour cause.

     

    Eric TIMMERMANS

     

    Le kiekefretteur brocanteur et l’archiviste hacheur de choux

    Conte inepte

     

     

     

    Il était une fois deux bruxellois solidaires qui avaient décidé de regrouper leurs talents différents et leur misère commune. Pourtant, ils étaient aussi dissemblables qu’un ouistiti d’une baleine.

    Le grand quarantenaire avait la tête dans les nuages et deux mains gauches qui ne servaient qu’à feuilleter des livres déjà vieux du vivant de ses ancêtres. Boiteux de surcroît, il avait la démarche aussi bancale que l’esprit. Il écrivait des histoires bizarres et parlait un langage que l’on comprenait peut-être à la cour de Louis XV.

    En revanche, le malicieux et industrieux lilliputien, âgé d’un demi-siècle, avait le sens du commerce, la langue déliée et l’esprit malin. Certes, il possédait un net avantage sur l’escogriffe : sa tête était plus rapprochée de ses pieds. Autrement dit, l’un avait des pensées terre à terre, tandis que l’autre songeait à ses contrées oniriques.

    Aristote affirmait que les compagnons finissaient par se ressembler sous l’effet de la patine du temps. L’ami mime l’ami en quelque sorte. Ainsi le petit se mit à la peinture de figurines napoléoniennes en puisant sa documentation dans la vaste bibliothèque de son grenadier rêveur. A l’inverse, le grand dadais s’évertuait en vain à paraître plus débrouillard et roublard – moins eût été plus difficile, voire périlleux. Il n’était capable de machiavélisme qu’en théorie, pour l’application de ses plans contournés, il devait recourir à l’aide du minus.

    Ils habitaient le bel étage d’un hôtel de maître passablement défraîchi, à Saint-Gilles dans le quartier natal du dépendeur d’andouilles et non loin des basses Marolles dont était issu le nain. L’immeuble était occupé par des artistes de tout poil, du collectionneur de journaux au couple de sculpteurs, en passant par la professeur de français déjantée. Nous ne compterons pas nos deux compères dans le lot… ni les nombreux invités des hôtes de « cette maison de fous », comme l’exprima platement le nouveau propriétaire des lieux, qui s’empressa d’expulser « pour travaux » la horde hirsute.

    Voilà donc nos deux personnages sur le pavé bruxellois, entre la porte de Hal et le joli château en bois où jouaient naguère les enfants de leurs voisins. En d’autres temps et s’ils avaient été plus jeunes, on les aurait déposé sur le parvis.

    Une fois n’est pas coutume, une idée concrète surgit du cerveau de l’archiviste. Jouant de ses relations interlopes, il trouva un appartement à Schaerbeek. Précisons que ce grand garçon prétendait que l’esthétique primait l’éthique et que ses goûts l’avaient amené à préférer les éphèbes aux gueuses, contrairement au nain bien monté qui grimpait sur les monts de Vénus. Ainsi, ils aménagèrent non loin de l’âne chevauché à l’envers par un enturbanné qui regardait dans la direction de cul de sa monture. Aussitôt, le petit voulut démolirr ce truc turc qui trônait à coté de leur nouveau domicile. Patient, le flandrin expliqua au nerveux qu’il s’agissait d’une référence aux « Contes des mille et une nuits ». En bon zwanzeur, il comprit vite et, depuis, il rigole à chaque fois qu’il passe devant l’animal paisible et l’humain ridicule.

    Las ! Leur nouveau bailleur, qui habitait au rez-de-chaussée, n’appréciait guère leur mode de vie et décida à son tour de les éjecter. Le type, au départ d’apparence bonhomme, commença à grimacer. Il faut dire que la maison n’était occupée que par des sodomites, nonobstant le gnome. Et le jeu juridique n’était pas égal. L’historien avait appris que le propriétaire des lieux, qui régnait en seigneur sur les locataires de son fief, avait auparavant prêté leur appartement comme planque à la police pour surveiller l’activité du bistrot mal famé sis juste en face et qu’il jouissait de quelques appuis politiques. Evidemment, le fait que nos deux kiekefretter hébergeaient de temps à autres des personnes dépourvues de domicile n’eut pas l’heur de plaire au maître de céans.

    Pas très intelligent, mais un peu argenté et bien soutenu, le sire mit les deux amis, leurs affaires et leurs copains sur le carreau.

    L’ammoralité de l’histoire ?

    « Fred ! Que vas-tu faire de ton bazar ? » dit le nabot en désignant un monceau de cartons emplis de livres.

    « Je comblerai mes vastes lieux de travail. » répondit l’archiviste dont le métier occupait la moitié du troisième sous-sol de la gare du nord. Piqué au vif, l’érudit rétorqua :

    «  Et ton rommelbrol ? » en pointant du doigt un amas de choses diverses qui lui rappelait la Vosseplein.

    D’un air sentencieux, il ajouta :

    «  Les souvenirs ne prennent guère de place, mais leurs supports envahissent l’espace. »

    « Ta connerie est aussi grande que la cinquième dimension ! Et nos copains ? Nous allons les ranger où ? A la gare ? » s’insurgea le roquet.

    « Ils en viennent… » remarqua le fataliste qui aimait Diderot.

    « … Note qu’à coté de nos hectares d’archives, il y a des douches, une cuisine, un lavoir, des toilettes, un lieu d’étude et de quiétude en somme… » ajouta-t-il.

    « Ils n’accepteront jamais. »

    « Il ne coûte rien de rêver… » répondit l’esprit vagabond.

    « Arrête Fred, nous sommes à la porte ! »

    «  Au seuil du renouveau. Allume ton portable ! Nous allons faire appel aux Anciens. »

    « Qui ? » s’interrogea le lutin, la main  posée sur le front, comme s’il était frappé d’une soudaine migraine.

    « Ceux qui nous ressemblent comme nous sommes pairs. Les vieilles souches enracinées qui demeurent malgré que le fût fût emporté par les bucherons. »

    « Ils n’existent plus que dans tes souvenirs d’historien. »

    « Peut-être… »

     

    Frédéric Kisters

     

     

  • Qui sé c'est Ki ?

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    Ki sé c'est Ki ?

     

     

     

     

     

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    Merci à Nicole et Roger - du café les Brigittines - rue du Miroir.

    Les garçons présents sur cette photo ont fréquenté l'école communale n°10, située rue de Rollebeek.

     

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    Au fond de la salle , la maquette en plâtre du monument " t' Serclaes " conservée au Lycée Dachsbeck rue de Rollebeek.

    Cette maquette est un témoin exceptionnel qui permet de comprendre les qualités sculpturales et chromatiques de l'œuvre telle qu'elle apparaissait lors de son inauguration et que la décrit un journal de l'époque : «La figure de t'Serclaes, lugubre et poignante, contraste, en sa désespérance, sur le fond vif et animé de l'ensemble . ( Wikipedia )
    Merci à Andrée Bolsius pour l'info.

     

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  • La Foire de Bruxelles

     La Foire du Midi
    Photos extraites du Livre la Foire du Midi
    Ouvrage réalisé à l'occasion des 125 ans de la Foire du Midi
    Art & Editions.
    Merci à Jef Slagmulder.

     

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  • Toone

    TOC TOC TOC TOC TOC

    TOC TOC TOC

     

    L'Histoire des Marionettes dans les quartiers de Bruxelles.

     

     

    TOONE ET SES MARIONNETTES : L’ÂME ET LE CŒUR DE BRUXELLES

     

    « Bruxelles sans le Théâtre de Toone ne serait plus Bruxelles. C’est lui qui nous fait aimer notre « accent », nos gens et nos rues. Alors que depuis toujours, la capitale subit bien des pressions de toutes parts, le castelet de Toone VII (ndr : auquel a depuis succédé Toone VIII, fils du précédent) reste un des derniers bastions du cœur bruxellois… » (Toone et les marionnettes de Bruxelles, A. Longcheval et L. Honorez, p. 149). 

     

    « C’est dire que Toone VII est parvenu, lui, à sauvegarder l’essentiel du caractère bruxellois tout en ne s’enfermant pas dans un ghetto folklorique. Sans doute dira-t-on que le langage employé devient dès lors artificiel, agaçant parce qu’il prend, dans une société qui cherche à préserver « intellectuellement » des actes, des situations, des langages usés, une forme de passéisme. Nous ne le croyons pas. Il suffit d’aller vibrer en compagnie d’un public de toutes catégories mais toujours survolté dans la maison de 1696 que les autorités restaurent avec beaucoup de foi, pour réaliser combien la familiarité populaire, pétrie d’un simple bon sens et pétillante d’humour est nécessaire à l’équilibre d’une société urbaine. Bruxelles a besoin de traditions, non pas pour vivre dans le passéisme, mais pour mieux explorer l’avenir en s’assurant des bases solides. » (Traditions de Bruxelles, Alain Viray, p. 59).

     

    1. Le théâtre de Toone.

     

    L’on trouve au cœur de l’ « Ilot Sacré » une maison de la fin du 17ème siècle abritant un célèbre théâtre de marionnettes auquel on accède par un estaminet aux allures des plus rustiques, soit par l’entrée située dans la petite rue des Bouchers (au niveau de l’impasse du Schuddeveld), soit par celle de la rue du Marché-aux-Herbes (au niveau de l’impasse Sainte-Pétronille). Cette maison est le siège du célèbre Théâtre de marionnettes de Toone (diminutif bruxellois d’Antoine), véritable institution bruxelloise vieille de plus de 180 ans (site officiel : www.toone.be/ ). Les spectacles se donnent le soir, à 20h30, les jeudis, vendredis et samedis, avec une séance supplémentaire à 16h le samedi. Les thèmes joués, quant à eux, sont innombrables, allant de La bataille de Waterloo aux Quatre fils Aymon, de Guillaume Tell aux Trois Mousquetaires, en passant par Tyl Uilenspiegel et Faust, sans oublier La Passion, la pièce fétiche de Toone. Mais en quelle langue se donnent ces spectacles, s’inquiéteront peut-être certains ? En bruxellois, naturellement, pourrions-nous répondre, mais ce serait là jouer sur les mots, en nous montrant par trop laconique. De fait, la plupart de ces spectacles se donnent dans un bruxellois très largement francisé. Toutefois, un certain nombre de séances se donnent également, pour un public averti, en brussel vloms ou « bruxellois flamand ». Nous n’aimons pas ce qualificatif, auquel nous préférons celui de « bruxellois thiois », et rappelons en outre, que « les marionnettes bruxelloises n’ont pas à connaître d’une version flamande, leur langage restant très particulier et constituant une synthèse huit fois séculaire du roman et du thiois brabançon, avec adjonctions de vocables d’origine bas-allemande, espagnole, voire hébraïque. » (Toone et les marionnettes de Bruxelles, p. 51). Ajoutons que la Maison de Toone, c’est aussi un atelier de confection de marionnettes –on en compterait aujourd’hui plus de 300 !), une bibliothèque, une vidéothèque, un musée de la marionnette et, enfin, comme nous l’avons dit, un estaminet établi dans un cadre ancien où l’on pourra, notamment, se délecter de bières du terroir. Cette maison, dans laquelle Toone VII (José Géal) et Toone VIII (Nicolas Géal) font aujourd’hui encore vivre leurs marionnettes, date de 1696. Le Théâtre de Toone fut totalement rénové en 1979, année du millénaire de Bruxelles. Il a également acquis récemment, une maison mitoyenne de la rue du Marché-aux-Herbes (n°64), qui constitue la Maison de la Marionnette (ouvert le jeudi, vendredi et samedi, de 14h à 18h), où l’on peut également admirer quelques œuvres de Jef Bourgeois, cet homme sans lequel le Théâtre de Toone n’aurait jamais pu survivre jusqu’à nos jours. Que l’on se souvienne toutefois que l’essentiel de l’histoire du Théâtre de Toone se déroula dans le quartier des Marolles, dont Jef Bourgeois était lui-même originaire, et que ce n’est qu’en 1966, que José Géal, alias Toone VII, installa son théâtre, après de bien nombreuses péripéties, à deux pas de la Grand Place.

     

    2. Toone et ses marionnettes, l’histoire d’une dynastie, de 1830 à nos jours.

     

    2.1. La tradition marionnettiste à Bruxelles.

     

    2.1.1. Une tradition très ancienne.

     

    Avant d’aborder l’historique de la dynastie des Toone, rappelons que cette dernière, si elle a survécu jusqu’à nos jours, n’était pas, loin s’en faut, la seule sur la place. Ainsi, si l’histoire de Bruxelles fait remonter l’origine des Toone à 1830, soulignons que les marionnettistes bruxellois n’ont pas attendu la création, la même année, du nouveau royaume de Belgique, pour divertir nos aïeux. De fait, la tradition marionnettiste à Bruxelles remonte à l’époque médiévale et ne s’est pas limitée au territoire des Marolles. « Le théâtre de marionnettes à Bruxelles remonterait à l’époque de Philippe II, époque durant laquelle la population avait appris à détester cordialement les Espagnols. Les chroniques signalent que les chambres de rhétorique ne cachaient d’ailleurs pas leur hostilité au régime. Pour empêcher les manifestations, les autorités « d’occupation » fermèrent les théâtres. Alors les Bruxellois replacèrent les comédiens par les marionnettes. » (Traditions de Bruxelles, A. Viray, p. 59-60).

     

    2.1.2. Des femmes marionnettistes.

     

    On se souviendra aussi du sinistre procès en sorcellerie qui fut intenté à Eppegem, en 1602, contre une marionnettiste parce qu’elle avait eu l’audace de présenter des personnages religieux dans certaines scènes que l’Inquisition jugea offensante. La pauvre femme périt dans les flammes. Car oui, il y eut aussi des marionnettistes femmes ! Telle Moeijer Thoemes (Mère Thomas) qui était contemporaine de Toone I et était installée dans une cave de la rue de la Verdure, près de la place Annessens, bien loin des Marolles, donc.

     

    2.1.3. Une importante concurrence.

     

    Mais Antoine Genty dût fait face à d’autres concurrents, et cela également hors des Marolles, on citera Michel Cautaerts, présenté comme le plus ancien marionnettiste bruxellois du 19e siècle, qui exerça son métier au cœur même des Bas Fonds, ou encore un certain Machieltje, de Molenbeek, commune ennemie des Marolliens ! On évoquera également un autre Toone, à savoir Toone Reper (1801-1891), qui aurait établi une cave de marionnettes à la rue de la Mâchoire, dans les environs de la place Sainte-Catherine. Mais au fait, pourquoi donc cette rue s’appelle-t-elle ainsi ? Selon une certaine tradition populaire, un serrurier en état d’ébriété y aurait un jour broyé le corps de sa femme à l’aide de la…mâchoire d’un étau ! (Bochart) Quoiqu’il en soit, ce Toone Reper aurait été un descendant d’une dynastie de marionnettistes originaire de Moravie (actuelle Tchéquie), qui aurait commencé à exercer à la fin du 17e siècle pour finalement s’installer à Bruxelles en 1823. On dit aussi que Toone Reper appelait aussi l’un de ses petits-fils « mon petit De Wael » (du nom de sa mère), ce qui signifie « le Wallon », dont dérive le nom de Woltje, la marionnette-fétiche de Toone VII. Faut-il dès lors croire Jef Bourgeois, lorsqu’il dit que l’aventure des Toone a réellement commencé il y a près de quatre siècles ? Citons encore des contemporains de Toone II (Pieter Buelens, Laurent Broeders, alias « Spiekoet »), de Toone III (Victor Van Biesen, alias « Caboche », les Dussart), de Toone IV, Toone V et Toone VII (les Cortvrint, les Dufeys ou Toone du Mirliton). Une « guerre des Toone » se déclarera même, Dufeys prétendant être le Toone original et accusant la concurrence de plagiat !). Mais les marionnettes de la dynastie qui nous est si familière, possédaient elles des jambes qui n’étaient point de chiffon, elles étaient vêtues d’armures de cuivre que les autres leur enviaient et le talent de leurs montreurs établit définitivement leur renommée. Aujourd’hui, le seul concurrent bruxellois de Toone est le Théâtre du Peruchet, établi au 50 avenue de la Forêt, à Ixelles, qui abrite également le Musée International de la Marionnette. Mais peut-on réellement parler de concurrence ? Si Toone s’enracine dans une tradition bruxelloise très ancienne et s’adresse à un public d’adultes et d’enfants, le Peruchet, lui, s’adresse prioritairement à un public d’enfants, est actif depuis 1929 et est établi à Bruxelles depuis une quarantaine d’années. Il y a sans doute la plus complémentarité que concurrence.

     

    2.2. Antoine Genty (1804-1890) – Toone I l’Ancien (1830-1880).

     

    2.2.1. Aux sources d’une dynastie.

     

    La dynastie des Toone débuta donc officiellement, en 1830, avec Antoine Genty, dit Toone I l’Ancien. Toone n’est rien d’autre que le diminutif d’Antoine. En 1931, soit environ un siècle après l’avènement de Toone I, un journaliste du nom de Richard Dupierreux écrivit un article sur le règne des Toone, pour le compte d’un hebdomadaire nommé Le Soir illustré. Pour être de qualité, cet article n’inspira guère les journalistes et les auteurs dans les décennies suivantes, tant on semblait persuadé de la disparition prochaine de la dynastie de  marionnettistes, désormais concurrencée par les nouveaux loisirs du 20e siècle : le cinéma, muet puis parlant, le music hall, puis la radio, la télévision… Personne n’aurait sans doute imaginé, en 1931, qu’en l’an 2012, Toone, grâce à la volonté et au talent de José et de Nicolas Géal, se tiendrait toujours debout, animant ses personnages en bois, au cœur même de cette ville de Bruxelles dont il est l’âme incontestable et sans cesse régénérée.

     

    2.2.2. Toone  avant les marionnettes.

     

    Antoine Genty, fils d’Auguste Antoine Ghislain Genty et de Bernardine Heusegem, un couple originaire de Nivelles, naquit donc à Bruxelles le 9 frimaire de l’an XIII de la République française ou, si l’on préfère, le 30 novembre 1804, à deux jours du sacre de Napoléon Ier. La famille Genty, qu’Antoine père fait vivre par son métier de tanneur, habite près du vieux port de commerce, rue des Baraques, qui sera rebaptisée en 1853, « rue du Canal ». Au fait, pourquoi une « rue des Baraques » ? Parce que celles-ci étaient jadis situées à cet endroit et servaient d’écurie pour la cavalerie espagnole. Elles furent démolies sous le régime autrichien (Bochart). Après la défaite de l’Empereur à Waterloo, l’occupant hollandais imposa sa loi et fit changer le nom de notre Antoine, qui a alors onze ans, en « Antoon ». Mais rien n’y fit, Toone, lui, resta Toone, et c’est ainsi que ses proches continuèrent bien évidemment à le nommer. Le jeune Toone, comme tous les enfants issus d’une famille modeste, n’avait d’autre choix que de travailler. Il n’apprendra jamais à lire et à écrire. Avec ses six frères et sœurs, Toone s’installe bientôt dans une maison de la rue de la Rasière, au cœur des Marolles, un quartier populaire à la réputation douteuse. Mais c’est là que s’établissent nombre de métiers tels que les foulons et les tisserands. Or, à l’âge de 23 ans (1827), Antoine Genty exerce le métier de fileur de coton. Le 11 août de la même année, il épouse Jacqueline Coduys, une dentelière de la rue Haute. Le couple s’installe d’abord rue des Renards, puis change plusieurs fois de domicile, sans toutefois jamais quitter le quartier des Marolles.      

     

    2.2.3. Toone l’Ancien, le premier de la dynastie.

     

    C’est semble-t-il à la rue des Sabots (aujourd’hui rue de Wynants) que Toone I commença sa carrière en 1830. C’est alors une ruelle étroite, puante, en un mot, sordide. On le retrouvera bien plus tard à la rue de la Plume (1865), à la rue du Miroir (1866), à la rue des Vers (aujourd’hui rue Pieremans) et à la rue Christine. Toone I terminera sa carrière à l’impasse des Liserons (démolie en 1937 ; elle se nommait auparavant impasse Peeters et se situait au n°369 de la rue Haute) où se retrouvaient les artistes populaires. On accédait alors au théâtre par la rue de la Philanthropie, artère dans laquelle, des décennies plus tard, allait naître Jef Bourgeois, qui joua un rôle essentiel dans la sauvegarde des marionnettes de Toone. De 1830 à 1890, Toone I, qui crée ses pièces d’instinct mais connaît parfaitement son public, mène le jeu d’ « Ourson et de Valentine », de « Vivier et de Malgase », des « Quatre Fils Aymon », ainsi que de quelques pièces d’inspiration religieuse. Antoine Genty perd son épouse en 1866, mais il reste près de ses enfants et petits-enfants. Lors du recensement qui se tient quatre années plus tard, Toone I, qui pourtant exerce le jour le métier d’ « ouvrier peintre en équipage et voiture », se déclare tout simplement « saltimbanque », révélant par là ce qu’il sait être son vrai métier. En 1879, Antoine Genty devient le parrain d’Antoine Taelemans, fils de François Taelemans, également ouvrier peintre et marionnettiste (depuis 1865), et futur Toone II. En 1881, à l’âge 77 ans, Toone I intègre un hospice, le refuge de Sainte-Gertrude, située rue du Vieux Marché aux Grains. Antoine Genty quitte ainsi son vieux quartier des Marolles pour retourner en quelque sorte aux sources, dans ce quartier du canal où il a passé sa petite enfance. Il s’éteint le 19 octobre 1890, à l’âge de 86 ans.

     

    2.3. François Taelemans (1848-1895) – Toone II (1865-1895), « Jan van de Marmit ».  

     

    François Taelemans naît le 6 octobre 1848 à la rue des Ménages. A 17 ans, Taelemans, jeune marionnettiste illettré, habite le même immeuble qu’Antoine Genty, dans l’impasse des Liserons. Nous sommes en 1865 et Genty (61 ans), décide de prendre François Taelemans comme successeur. En outre, nous avons vu qu’en 1879, Antoine Genty allait devenir le parrain du fils de François Taelemans, Antoine. Pendant que Toone l’Ancien poursuit son jeu, François installe son propre théâtre dans d’autres lieux. Etabli dans un local qui se serait appelé In de Marmit, François Taelemans se voit bientôt surnommé « Jan van de Marmit » ! Taelemans joue rue Blaes, chez Jef Patei, mais également à la rue des Vers (actuellement : rue Pieremans), notamment au numéro 53, où on le retrouve en 1860.

     

     

    Eric TIMMERMANS.

     

    Bruxelles, le 17 novembre 2012