Jean-Baptiste Rousseau

 

 

Rousseau,_Jean-Baptiste[1].jpgJEAN-BAPTISTE ROUSSEAU A L’ARBRE BENIT

 

1. L’Arbre Bénit.

 

La rue de l’Arbre Bénit (parfois orthographié « Arbre Béni ») doit son nom à un arbre qui, au Moyen Âge, fit longtemps l’objet d’une grande vénération de la part des habitants des campagnes environnantes.

 

« Le voyageur qui, au sortir de la porte du Coudenberg ou de Namur, suivait l’une ou l’autre des chaussées ducales qui menaient vers Ixelles et Etterbeek, ne voyait, si loin que son regard pouvait porter, que landes, bruyères et boqueteaux. Lorsque l’horizon était clair, il apercevait sur sa droite dans le lointain l’Arbre bénit (Elterken) qui se détachait énorme, majestueux sur le décor de la forêt. Au XIIIe siècle, lorsque les premiers documents nous parlent du Gros Arbre, il avait empli l’imagination de plusieurs générations ; déjà, il appartenait à la légende. » (Histoire d’Ixelles, Gonthier, p. 32).

 

L’arbre était un gros tilleul qui avait la réputation de posséder des vertus curatives. Une petite chapelle votive avait d’ailleurs été érigée près de son pied. Les habitants de la région avaient pour habitude de coucher sous son feuillage, après la pluie, les enfants qui souffraient de la fièvre. Les gouttes qui tombaient des feuilles étaient réputées être chargées de bénédiction. Selon la tradition, le mercredi des rogations (les trois jours des Rogations sont les trois jours qui précèdent immédiatement l’Ascension dans le calendrier liturgique chrétien ; le terme « rogations » vient du latin rogare, c’est-à-dire « demander »), le clergé de la collégiale des SS Michel et Gudule (actuelle cathédrale Saint-Michel) se rendait en procession à l’arbre sacré après avoir visité la chapelle d’Ixelles et un sermon religieux y était prononcé.

 

Vint la modernité et son cortège d’actes sacrilèges et iconoclastes. Le hameau du Ten Bosch (= « du bois ») se retrouva bientôt enseveli sous les déblais (le nom de « Ten Bosch » désigne toujours une rue et un quartier d’Ixelles aujourd’hui) et « on abattit aussi le fameux Arbre-bénit. Le gros arbre semblait pourtant installé pour l’éternité. Il avait depuis les temps les plus reculés inspiré le recueillement et le respect. Mais l’Homo economicus du XIXe siècle qui ne respectait rien, le coucha par terre à grands coups de cognée et la population, consternée de ce sacrilège, recueillit ses débris qu’elle conserva longtemps comme des reliques. » (Histoire d’Ixelles, Gonthier, p. 157).

 

2. Jean-Baptiste Rousseau.

 

Le poète et dramaturge français Jean-Baptiste Rousseau (né à Paris, le 6 avril 1670, mort à Bruxelles, le 17 mars 1741) aurait vécu rue de l’Arbre Bénit, dans un pavillon carré auquel était annexée une métairie (Bochart), mais cela n’a pu être démontré avec certitude.

 

En 1710, Rousseau ne put se faire admettre à l’Académie française, aussi son humeur s’en ressentit-elle. Il fut accusé de rédiger et de répandre nombre de couplets non-seulement vengeurs, mais franchement injurieux, diffamatoires et, pour tout dire, odieux, contre ses ennemis.

 

L’affaire prit de telles proportions que Rousseau fut condamné au bannissement à perpétuité le 7 avril 1712. Le fait que Rousseau soit le véritable auteur des couplets incriminés ne put toutefois jamais être prouvé.

 

Quoiqu’il en soit, le poète avait devancé l’arrêt du Parlement et d’ores et déjà quitté la France. Il transita par la Suisse, puis vécut trois ans à Vienne.

 

Vers 1716-1717, Rousseau s’installa à Bruxelles, chez le duc d’Arenberg, bien que l’on dise également que « c’est à la ferme de la Montagne des Cygnes que le poète lyrique français J.-B. Rousseau trouva refuge lorsqu’il dut quitter son pays et la légende veut qu’il y mourut en 1741. » (Histoire d’Ixelles, Gonthier, p. 95).

 

Il restera à Bruxelles durant une vingtaine d’années, puis tentera de regagner la France, d’abord par les voies légales, ensuite incognito, à la fin de l’année 1738. Mais en février 1739, il devait reprendre le chemin de son exil bruxellois.

 

Jean-Baptiste Rousseau mourut à Bruxelles, le 17 mars 1741.

 

Ajoutons que durant l’année 1722, Rousseau rencontra Voltaire à Bruxelles. S’ensuivit une violente inimitié entre les deux hommes suite à des circonstances assez obscures.

 

 

Eric TIMMERMANS.

 

Sources : « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles », Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 (p. 95) / Histoire d’Ixelles, André Gonthier, imprimerie H. De Smedt, 1960 (p. 32, 95, 157).

 

Commentaires

  • Ca marche ! Je laisse un peu Jean-Baptiste reposer mais prépare néanmoins Wiertz, comme convenu ! ;-)

  • Pour mes Chaukess : ne confondez pas Jean-Baptiste ROUSSEAU et Jean-Jacques ROUSSEAU qui ont vécu au même siècle... hei ma vast ?

    Je ne connaissais pas Jean-Baptiste... par contre "l'Emile" de Jean-Jacques ROUSSEAU m'a fort interpellé hei ma nog vast ? Si vous ne connaissez pas cet ouvrage assez célèbre je vous le conseille vivement... pour ceux (celles) qui apprécie la (une certaine plutôt) philosophie.

    Voltaire

  • La rencontre de Jean-Baptiste et de Jean-Jacques, je me demande ce que ça aurait donné... Des étincelles, je pense ! ;-))

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