Bruxelles vu par les bruxellois.

  • VERLAINE ET RIMBAUD

                            VERLAINE ET RIMBAUD : LE DRAME DE BRUXELLES

     

     

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    I. Verlaine et Rimbaud à Bruxelles.

     

    I.1. Verlaine et Rimbaud : qui étaient-ils ?

     

    I.1.1. Paul Verlaine.

     

    Paul Verlaine (Metz, 1844 – Paris, 1896) est un poète français qui est à l’origine de la notion de « poètes maudits ». Il fréquente les cafés et les salons littéraires parisiens, puis, dès 1866, collabore au premier Parnasse contemporain. Publication des Poèmes saturniens. On sent l’influence de Baudelaire sur ses écrits. En 1867, Verlaine est l’invité d’Adèle Hugo, l’épouse de Victor, qui vit au numéro 4 de la place des Barricades, à Bruxelles.

     

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    Poursuivant sa carrière littéraire -Les Fêtes galantes (1869), La Bonne Chanson (1870)- et dédie cette dernière œuvre à Mathilde Mauté, qu’il épouse. En 1871, Verlaine s’engage aux côtés de la Commune de Paris. La victoire des Versaillais force le couple Verlaine à quitter momentanément Paris. A son retour, Paul Verlaine fait la rencontre d’Arthur Rimbaud. Verlaine quitte son épouse et part avec Rimbaud en Angleterre.

    Commencée à Paris, en 1871, leur idylle prendra fin tragiquement dans les rues de Bruxelles, en 1873 : Verlaine fait feu en direction de Rimbaud qui, blessé, va dénoncer son amant à la police bruxelloise. Paul Verlaine est condamné à deux ans de détention, moins pour le coup de feu que pour son homosexualité, alors illégale. Il purgera sa peine à Bruxelles et à Mons. Durant son incarcération, son épouse, Mathilde Mauté, obtient la séparation de corps. A sa sortie de prison, Verlaine repart pour l’Angleterre et reprend sa carrière littéraire. Dès 1887, sa notoriété s’accroît, mais c’est également à cette époque qu’il retombe et sombre définitivement dans la misère et l’alcoolisme le plus absolu. Verlaine partage son temps entre les cafés et les hôpitaux.  Usé prématurément par cette existence de bâton de chaise, il meurt à Paris, le 8 janvier 1896. Placée initialement dans la 20ème division du cimetière des Batignolles, à Paris, un terrain aujourd’hui situé sous le périphérique, la tombe du poète sera transférée, en 1989, dans la 11e division, en première ligne du rond-point central.     

     

    I.1.2. Arthur Rimbaud.

     

    Arthur Rimbaud (Charleville, 1854 – Marseille, 1891) est un poète qui, dans la littérature française, fit figure d’ « étoile filante ». De fait, s’il a écrit ses premiers poèmes à l’âge de quinze ans et demi, il a également écrit ses derniers à l’âge de vingt ans. En 1870, comme Verlaine, il s’oriente vers le Parnasse contemporain. Antimilitariste déclaré, Rimbaud sera pris d’élans patriotiques durant la guerre franco-prussienne. Toutefois, Arthur est trop jeune que pour participer à la guerre de 1870. Il tente, sans succès, de rallier la capitale assiégée. Le 6 octobre 1870, on le retrouve à Charleroi. En 1871, Rimbaud cherchera à entrer en contact avec des communards, de même qu’avec le milieu des poètes. Jusqu’à quel point il s’est engagé aux côtés de la Commune, on ne le sait pas avec précision, il conspuera toutefois la « lâcheté » des vainqueurs versaillais. Le début de sa relation épistolaire avec Verlaine est tout aussi difficile à déterminer. Sans doute était-ce dans le courant de l’année 1871. Comme nous l’avons dit, Verlaine et Rimbaud partiront ensuite en Angleterre, avant que leur idylle ne sombre dans la tragédie dans les rues de Bruxelles, en 1873 : Rimbaud veut quitter Verlaine qui le blesse d’un coup de pistolet. Le second est incarcéré à Mons, le premier rejoint la ferme familiale de Roche, où il écrit Une saison en enfer. En 1874, Rimbaud a vingt ans et sa carrière littéraire est terminée. Commence alors une vie d’aventure qui le conduira à Chypre, en Egypte, aux îles de la Sonde, au Yémen et, finalement, à Harrar, en Abyssinie, où il s’occupera d’un comptoir de commerce et se livrera au trafic d’armes et d’ivoire. En 1891, Rimbaud souffre de varices à une jambe. Il arrive à Marseille au mois de mai où on lui annonce qu’il doit se faire amputer. Mais rien n’y fera, le mal est trop avancé. Arthur Rimbaud meurt de la gangrène le 10 novembre 1891.

     

    I.2. Le Drame de Bruxelles.

     

    C’est donc vraisemblablement dans le courant de l’année 1871 que commence l’idylle, à l’époque jugée particulièrement scandaleuse, de Paul Verlaine et d’Arthur Rimbaud. Après une relation épistolaire d’une durée indéterminée, Verlaine aurait appelé Rimbaud à lui en ces termes : « Venez chère grande âme, on vous appelle, on vous attend » (A moins que ce ne soit Rimbaud qui ait rappelé Verlaine, le fait ne semble pas d’une grande clarté). Nous sommes au mois d’août 1871, à Paris, où Rimbaud arrive le 15 septembre. Le 7 juillet 1872, Verlaine et Rimbaud quittent Paris pour Londres. C’est là le véritable début d’une relation jugée aussi tumultueuse que « contre-nature », comme on le disait à cette époque.

     

    Le 3 juillet 1873, à la suite d’une violente dispute (qui ne constitue qu’un prétexte), Verlaine quitte brusquement Rimbaud et part pour Bruxelles. Il veut, dit-il, rejoindre sa femme, Mathilde, et prétend être décidé à se suicider si celle-ci (qu’il n’hésitait pourtant pas à battre dans ses nombreux moments d’ivresse) n’accepte pas de renouer avec lui. Mais Mathilde, qui a découvert des lettres compromettantes qui ne laissent aucun doute sur la nature homosexuelle des relations entre Verlaine et Rimbaud, ne viendra jamais à Bruxelles. Là commence ce que la chronique littéraire va retenir sous le nom de « drame de Bruxelles ».

     

    Le 4 juillet 1873, Paul Verlaine prend ses quartiers au Grand Hôtel Liégeois, situé sur le territoire de la commune de Saint-Josse-ten-Noode, au coin de la rue du Progrès (n°1) et de la rue des Croisades (Verlaine aurait déjà occupé une chambre de cet hôtel en 1868). De là, il appelle sa mère (Stéphanie) et son épouse (Mathilde). Une plaque commémorative, placée sur le bâtiment du n°1 de la rue du Progrès, où est aujourd’hui située une brasserie portant le nom de Faubourg Saint-Germain, fait référence au passage de Rimbaud et de Verlaine à Bruxelles.

     

    Le 5 juillet, la mère de Verlaine rejoint son fils à Bruxelles. Mais Verlaine regrette à présent d’avoir quitté son ami et lui demande, par télégramme, de le rejoindre à Bruxelles. Soudainement pris de panique, craint-il que son épouse n’arrive à l’improviste et le découvre avec Rimbaud qui semble également vouloir retrouver son amant et qui doit arriver à Bruxelles d’ici peu ? Peut-être. Quoiqu’il en soit, sa mère et lui déménagent.

     

    Le 6 juillet, Verlaine et sa mère s’installent dans la chambre mansardée de l’hôtel « A la Ville de Courtrai », situé au n°1 de la rue des Brasseurs, non loin de la Grand Place. Le 10 novembre 1991, à l’occasion du centenaire de la mort d’Arthur Rimbaud, la Communauté française de Belgique (qui regroupe non pas les Français de Belgique mais les francophones des régions bruxelloise et wallonne, et qui pour plus de clarté a depuis été rebaptisée « Fédération Wallonie-Bruxelles ») a décidé d’apposer une plaque commémorative rappelant le coup de revolver tiré par Verlaine contre son ami Rimbaud, au n°1 de la rue des Brasseurs (au coin de la rue de l’Etuve), le 10 juillet 1873.

     

    Le 7 juillet, Verlaine rencontre par hasard un parent auquel il fait part de ses intentions suicidaires, mais ledit parent l’encourage plutôt à s’engager dans l’armée espagnole. Confronté au refus de l’ambassade d’Espagne, Verlaine retombe dans ses envies de suicide.

     

    Le 8 juillet, appelé par télégramme par Verlaine, Rimbaud qui, pourtant, ne croit guère aux élans suicidaires de son ami, part à son tour pour Bruxelles.

     

    Le 9 juillet, Rimbaud s’installe au n°1 de la rue des Brasseurs, avec Verlaine et sa mère. Selon d’autres commentateurs, Rimbaud aurait rejoint Verlaine et sa mère au Grand Hôtel Liégeois et, de là, le trio serait parti pour la rue des Brasseurs. Mais cela ne semble pas correspondre aux dates données par le procès-verbal établi par la police de Bruxelles, le 10 juillet 1873 et qui affirme que Paul Verlaine était établi rue des Brasseurs depuis quatre jours, venant de Londres, alors qu’Arthur Rimbaud, venant également de Londres, y était établi depuis deux jours (Ils ont choisi Bruxelles, p. 300-301).

     

    Le 10 juillet, vers 9h, Paul Verlaine se rend au numéro 11 de la galerie dite « de la Reine », dans les Galeries Saint-Hubert, là où était établi l’armurier Montigny, et achète un revolver, de même qu’une cinquantaine de cartouches. Ensuite, il se rend à la Taverne anglaise, située au numéro 7 de la rue des Chartreux, vide consciencieusement un certain nombre de verres d’absinthe, charge son arme et regagne l’hôtel de la rue des Brasseurs où Rimbaud l’attend. Il exhibe son revolver devant ce dernier, puis, vers midi, tous deux vont se saouler à la Maison des Brasseurs, sise Grand Place n°10. Le jeune Rimbaud se montrait toutefois bien décidé à quitter son ami et à rejoindre Paris. A cette volonté clairement affichée, Verlaine ne cessait d’opposer cette menace : « Oui, pars, et tu verras ! ». Vers 14h, les deux amants regagnèrent leur logis. Soudain, Verlaine ferma la porte à clé, s’assit devant ladite porte, arma son revolver et tira par deux fois sur Rimbaud en clamant : « Tiens ! Je t’apprendrai à vouloir partir ! » Tirées à trois mètres de distance, une balle rata Rimbaud, alors que l’autre le blessa au poignet gauche. Rimbaud, accompagné de Verlaine et de sa mère, alla se faire soigner à l’Hôpital Saint-Jean (où Baudelaire avait lui-même été soigné quelques années plus tôt), puis tous trois revinrent rue des Brasseurs, Rimbaud n’ayant pas déposé plainte contre son ami. L’affaire n’était toutefois pas terminée : Rimbaud, bien décidé à regagner Paris, quitta la rue de la Brasserie vers 19h, toujours accompagné de Verlaine et de sa mère. Lorsqu’ils arrivèrent à la place Rouppe, Verlaine devança son ami de plusieurs pas, revint vers lui et porta la main à sa poche qui contenait le revolver. Voyant la manœuvre (Verlaine devait toutefois prétendre ultérieurement, qu’il comptait seulement menacer de se suicider et qu’il ne voulait guère attenter à la vie de son ami), Rimbaud alla trouver refuge auprès d’un agent de police qui invita Verlaine à le suivre au commissariat de police de la rue du Poinçon. Cet ultime incident décida Rimbaud à porter plainte contre son ami (il la retirera toutefois le 19 juillet). Verlaine est alors incarcéré à la prison de l’Amigo.

     

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    Le 11 juillet (ou le 15), Paul Verlaine est transféré à la prison des Petits Carmes (aujourd’hui disparue et remplacée par la caserne des grenadiers également désaffectée) où il devait passer un mois. Durant son incarcération bruxelloise, Verlaine recevra un exemplaire d’Une saison en enfer de Rimbaud, ouvrage imprimé à 500 exemplaires chez Poot, au numéro 37 de la rue aux Choux. Cette maison n’existe plus.

     

    Le 8 août 1873, au Palais de Justice (alors situé place de la Justice et aujourd’hui disparu), Paul Verlaine est condamné à deux ans de prison par le Tribunal de première instance de Bruxelles pour, officiellement, un chef d’accusation de « coups et blessure ayant entrainé une incapacité de travail ». Mais la justice belge, qui a envoyé les médecins traquer les « habitudes pédérastiques » du poète jusque dans sa plus grande intimité, a surtout voulu punir l’homosexualité de Verlaine et sans doute aussi voulu complaire au grand voisin français susceptible de prendre ombrage d’une trop grande mansuétude accordée à un sympathisant déclaré de la Commune de Paris. Deux ans plus tôt, Victor Hugo lui-même n’avait-il pas été expulsé de Belgique pour avoir proposé publiquement d’accueillir chez lui des communards ? Paul Verlaine fut transféré à la prison de Mons (cellule 112) où il purgea ses deux années de détention. Le poète fut libéré le 16 janvier 1875.

     

    A noter que Rimbaud aurait, en cette même année 1875, logé dans une mansarde, chez un marchand de tabac établi dans la Petite rue des Bouchers, mais l’endroit n’a pu être localisé (Luytens).

     

    Durant plus d’un siècle, sur décision de l’administration judiciaire belge, le dossier « Rimbaud-Verlaine » du procès de Bruxelles demeurera non communiqué et inaccessible. Accès sera donné à l’ensemble des documents en 2004, année du 150ème anniversaire de la naissance de Rimbaud.

     

    I.3. Bruxelles, 1893 : le retour de Paul Verlaine.

     

    Paul Verlaine, malgré ses deux années de prison, ne se montra guère rancunier à l’égard de Bruxelles où il donna un certain nombre de conférences, notamment à l’Hôtel Schönfeld (jadis situé rue des Paroissiens), dans la rotonde du Palais de Charles de Lorraine (place du Musée) et, last but not least, au nouveau Palais de Justice de la place Poelaert, dont il n’hésitera pas à vanter les qualités architecturales !

     

    II. La rue des Brasseurs.

     

    La rue des Brasseurs est une très ancienne rue de Bruxelles, mais elle était jadis plus étroite et disposée différemment (derrière la rue de l’Amigo). Elargie en 1954, elle fut notamment habitée par des savetiers et des marchands de sabots, de même que par des loueurs de brouettes et de charrettes à bras. Ce n’est toutefois que le 17 juin 1851 que cette rue reçut son nom actuel. Auparavant, on la nommait la « sale ruelle », transposition pudique de la dénomination populaire et thioise de « Schytstraetke », « Schytstrotje », « Pisstroje », autant de dénominations faisant référence au fait que, des siècles durant, ladite ruelle avait été élue comme toilettes publiques par les maraichers de Bruxelles ! On peut même dire qu’elle était alors dotée de toutes les commodités, puisqu’un mince ruisseau, le Smaelbeek, y coulait…

    Eric TIMMERMANS.

    Sources : « Bruxelles notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 /  « Dictionnaire encyclopédique de l’histoire de France », Charles Le Brun, Maxi-Poche, 2002 / « Dictionnaire hitorique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981, p. 155 / « Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles », Jean d’Osta, Le Livre, 1995, p. 56 / « Ilot sacré », Georges Renoy, Rossel, 1981, p. 88-89 / « Ils ont choisi Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2004.

     

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    Chanson d'automne -  de Paul Verlaine

     

    Les sanglots longs
    Des violons
    De l'automne
    Blessent mon coeur
    D'une langueur
    Monotone.

    Tout suffocant
    Et blême, quand
    Sonne l'heure,
    Je me souviens
    Des jours anciens
    Et je pleure

    Et je m'en vais
    Au vent mauvais
    Qui m'emporte
    Deçà, delà,
    Pareil à la
    Feuille morte.

     


     

     

     


     

  • BERCHEM-SAINTE-AGATHE

     

    En cartes postales anciennes.

     

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    Au début du XXe siècle, Berchem-Sainte-Agathe fut englobée dans le tissu urbain bruxellois, suite à l’extension radio-concentrique de la ville et à l’arrivée du tramway.

    À l’instar des villages médiévaux, l’urbanisation de la commune s’est effectuée de manière peu organisée et la plupart des projets de développement urbanistique du XXe siècle ont été abandonnés ou partiellement réalisés (projet de construction de la place communale dans un style néorenaissance par l’architecte Victor Degand en 1911, projet d’urbanisation du Zavelenberg, du Hogenbos, du bois du Wilder, ainsi que la construction d’un boulevard de rocade entre Ganshoren et Molenbeek, après la Seconde Guerre mondiale).

    Hormis l’église de style roman construite entre 1287 et 1311 (restauration en 1744 et 1974) et l’auberge-relais la couronne bâtie au début du XVIIIe siècle et reconstruite en 1869 dans le style néo-classique sur décision de l’échevin Vandendriesch, l’ensemble des bâtiments actuels de la commune fut construit après 1800.

     
    La vieille Église de Berchem-Sainte-Agathe

    En effet, on distingue des bâtisses de style néo-classique construites au XIXe siècle (Place de l’Église, rue de l’Église et chaussée de Gand) ; un nombre important de maisons ou villas bourgeoises de style cottage anglais, construites au début du XXe siècle, (rue de l’Église, Avenue des Cottages, Avenue Gisseleire-Versé, Avenue René Comhaire et rue Openveld), des maisons ou villas Art-Déco (Avenue du Roi Albert, Avenue Selliers de Moranville et la Cité moderne) et enfin, des constructions contemporaines d’habitations individuelles ou collectives (quartier résidentiel du Kattebroek, t’Hof te Overbeke, drève des Maricoles et logements sociaux de l’Hunderenveld).

    L’urbanisme berchemois est très peu tourné vers l’industrie. Par contre le secteur marchand y est très représenté, particulièrement depuis les années 1980 avec la création du complexe commercial, le Basilix.

    Parmi les richesses architecturales de la commune, la Cité moderne, construite en 1925 par l’architecte Victor Bourgeois, est un des premiers exemples d’architecture cubiste à grande échelle en Europe, selon les idées du Bauhaus de Dessau. On peut voir sur la place des Coopérateurs une géométrie typiquement bauhausienne (maisons disposées en dents de scie, présentant des façades à 45 ° par rapport à l’alignement de la voirie). Cet édifice valut à Victor Bourgeois d’obtenir le grand prix de l’exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925.

    Un autre fleuron de Berchem est la villa Marie-Mirande située au no 11 de l’avenue Selliers de Moranville, seule maison classée de la commune. Cette villa constitue un des très rares exemples de façade affiche à Bruxelles. En effet, le céramiste Guillaume Janssens la fit construire en 1912 sur les plans de l’architecte Tinant et fit recouvrir toute la façade de carrelages artisanaux réalisés dans ses ateliers. Une alternance de frises et de tableaux Art Nouveau décore tous les étages.

    Actuellement, la commune continue à s’urbaniser sous la pression des promoteurs immobiliers (construction d’un complexe d’habitations en face de l’Hunderenveld).

    On peut penser que l’ensemble des zones non bâties de la commune, excepté le bois du Wilder (propriété de la commune) ainsi que le Zavelenberg (site classé), seront urbanisés, dans les prochaines décennies, sous la pression des sociétés immobilières toujours plus forte sur une commune de l’agglomération bruxelloise disposant encore de nombreux espaces à bâtir. Espérons que les pouvoirs politiques ainsi que les organisations locales prendront leurs responsabilités afin que Berchem-Sainte-Agathe demeure cette commune mi-rurale, mi-urbaine où le nombre d’espaces verts agrémente le cadre de vie.

    Source internet.

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    "J'ai lu avec plaisir la chronique consacrée à Berchem-Ste-Agathe et je vous remercie de mettre ainsi notre belle petite commune en lumière. Permettez-moi cependant de réagir à votre dernier paragrahe où vous indiquez que Berchem se construit "sous la pression des promoteurs"... C'est faire peu de cas de notre Plan Communal de Développement voté à l'unanimité du conseil en 2000 après deux ans d'enquête publique et mis à jour régulièrement depuis cette date. Il consacre nos espaces verts dont certains sont "classés" tels que le Zavelenberg ou le Bois du Wilder... et, plus avant, nous avons même renoncé partiellement à des projets d'urbanisation qui avaient été décidés avant mon arrivée comme Echevin de l'Urbanisme en 1996. Je me tiens à votre disposition pour vous présenter ce PCD et toutes les opportunités que nous avons saisies pour sauvegarder les espaces verts et les lieux de convivialité. JOEL RIGUELLE, Bourgmestre"

     

     

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    Carte 1

    l'Hôtel de ville de Berchem-Sainte-Agathe vers 1900

     

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    Carte 2

    La maison communale vers 1906, la porte de gauche  conduite à la seule école communale de l'époque.

     

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    Carte 3


    la place communale en 1920

     

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    Carte 4

    Le garde champêtre prend la pose pour la photo.

     

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    Carte 5

     

    Le tram chocolat (Bourse - Berchem) permettait aux gens de gagner le centre de bruxelles.

     

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    Carte 6

    Le tram à l'heure du départ. A la hauteur du petit ket, la boite postale dans laquelle on pouvait mettre les lettres express.

     

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    Carte 7

    La chaussée de Gand, pas encore de tram.
    L'estaminet D. Steven, se nomme pas encore "A l'arrêt du tram".

     

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    Carte 00

    Chaussée de Gand, deux trams "modernes"

     

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     Place Docteur Schweitzer

     

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    Carte 8

    Berchem-Sainte-Agathe possède aussi une grotte rappelant les apparitions de Lourdes.

     

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    Carte 9

    L'arrière de la grotte reçoit la visite de trois jeunes.

     

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    Carte 10

    La grotte, près de la rue des Soldats.

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    Carte 11

    Les gens dégustent une bière "Perle Caulier"

     

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    Carte 12

    La même place

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     Carte 13

    Un tram sur la chaussée de Gand et déjà un  Delhaize !

     

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    Carte 14

    Une procession sur la chaussée de Gand (1921)

     

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    Carte 15

    Un tram deux autos sur la chaussée de Gand en direction de Zellick. A droite l'avenue Josse Goffin.

     

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    Carte 16

    Le mot "Couronne" avait du succès auprès des brasseurs du vieux Berchem. Il figurait sur pas mal d'enseignes. (1910)

     

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    Carte 17

    Le château d'eau, disparu de nos jours

     

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    Carte 18

    Le même sur un autre angle.

     

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    Carte 19.

    Après la première guerre mondiale, les abords de la chaussée de Gand connurent la faveur des citadins.
    Depuis le calme de ces lieux appartient au passé.

     

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    Carte 20

    1913, la gare de Berchem-Sainte-Agathe.

     

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     Carte 21

    La résidence des seigneurs de Berchem, aujourd'hui un cercle sportif.

     

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     Carte 22

    Cette demeure  appartenait  aux Wolfs et ensuite aux Vandenberghe.

     

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    Carte 23

    Encore une maison de plaisance qui a disparue, actuel parc Jean Monnet.

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    Carte 24

    Villas "Trianon" & "Sans Souci"

     

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    Carte 25

    Et encore une villa à Berchem-Sainte-Agathe.

     

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    Carte 27

    La place communale est derrière nous, en route par la rue qui nous mène à l'église.

     

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    Carte 28

    L'église est en vue, encore une petit effort

     

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    Carte 29

    La photo fut prise en 1907, le bruit de la chaussée de Gand ne parvenait pas encore sur la petite place où ce dresse toujours l'ancien relais de poste devenu le restaurant "La Couronne".

     

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    Carte 30

    C'est le jour du marché annuel.

     

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    Carte 31

    Délaissé à la suite de la création de la chaussée de Gand, l'ancien carrefour est un havre de paix en 1920. 

     

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    Carte 32

    La place de l'église en 1920.

     

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    Carte 33

    Le chemin venant de l'église et l'Allée Verte se rejoignent en bas du sanctuaire.
    Dans le fond, la Couronne, mais plus près de nous, un autre établisement, plus modeste, affiche "A la nouvelle Couronne" 1913.

     

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    Carte 34

    Juchée sur le flanc d'une butte ancienne, l'église de l'ancien vilage.

     

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     Carte 35

    Abandonnée et ruinée, l'église de Berchem allait de plein pied entrer dans le passé.

     

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    Carte 36

    Toutefois, le sort ne l'a pas voulu aussi l'a-t-on restaurée pour y instaurer un centre culturel.

     

     

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    Carte 37

    Sur le mur extérieur, côté Epître, un calvaire rappelait la rédemption aux défunts et aux vivants.

     

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    Carte 38

    Voilà un coin bien calme formé par l'église et la cure.

     

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    Carte 39

     

    Si l'église a été sauvée de justesse, le cadre ambiant a disparu

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    Carte 40

    Image d'un autre temps lorsque l'église recevait encore ses fidèles.

     

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    Carte 41

    En se rendant à l'église on passait devant le prebystère. 

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    Carte 42

    A droite la Brasserie de la Couronne.

     

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    Carte 43

     

    En haut de l'allée verte à droite de l'ancien cimetière se dressait la villa des Hêtres.

     

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    Carte 44

    Le plus bel ornement de Berchem était le château dit "hof te Overbeke" (1908)

     

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    Carte 45

    Le château ayant été loué aux soeurs de Bon-Secours de Courtrai, les socles anciens du parc furent dépossédés de leurs statues.

     

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    Carte 46

    En 1906, le château de Overbeke suscitait encore l'admiration des visiteurs qui voyaient en lui un merveilleux specimen de Louis XVI.

     

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    Carte 47

    En hors d'ouvre, un petit pavillon enrichissait le site.

     

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    Carte 48

    Ancienne résidence des t'Serclaes de Nordeweek

     

     

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    Carte 49

    Villa "Les Hortensias", ancienne propriété de la famille Willox.

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    Carte 50

    Une maison de plaisance du vieux Berchem. Son nom Openveld évoque le site à découvert qui était jadis le sien.

     

     

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    Carte 51

     

    Le nom de Berchem-Sainte-Agathe est aussi synonyme d'une institution sociale. Il y a là un établisement pour sourds-muets et aveugles.

     

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    Carte 52

    Aujourd'hui institut provincial pour les handicapés de la vue de de l'ouïe a été fondé en 1883.

     

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    Carte 53

     

    On commémora en 1908 le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de l'institut.

     

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     Carte 54

    Des pensionnaires aveugles dans l'atelier de vanneries en 1908

     

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     Carte 55

    1915, l'Amérique n'est pas encore en guerre mais envoie des vivres et des vêtements à notre pays.

     

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    Carte 56

    Ce n'est qu'en 1965 que fut démoli l'ancien estaminet "De Zevesterre", témoignage d'un temps à jamais révolu.

     

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    Carte 57

    En 1841, le hameau de Koekelberg fut détaché de Berchem-Sainte-Agathe et érigé en commune autonome.


     

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  • St. Gilles

    première parution le 14 juin 2010.

     


    Saint-Gilles

     

     

    1Tamine & Demeur
    Carte n° 1

     

     

    2
    Carte n°2

     

     

    3
    Carte n° 3

     

    4

    Carte n° 4

     

     

    5 - ma campagne
    Carte n° 5

     

     

    6 ma campagne 2
    Carte n° 6

     

     

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    Carte n° 7

     

     

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    Carte n° 8

     

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    Carte n° 9

     

     

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    Carte n° 10

     

     

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    Carte n° 11

     

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    Carte n° 12 

     

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    Carte n° 13

     

    saint-gilles
    Extrait du DICTIONNAIRE RAISONNE DES RUES DE SAINT-GILLES

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    Carte n° 14

     

     

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    Carte n° 15

     

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    Carte n° 16

     

     

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    Carte n° 17

     

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    Carte n° 18

     

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    Carte n° 19

     

     

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    Carte n° 20

     

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    Carte n° 21

     

     

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    Carte n° 22

     

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    Carte n° 23

    La place Julien Dillens est établie sur l'ancien chemin de la Croix-de-Pierre, grimpant autrefois à travers champs vers la place Paul Janson.

     

     

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    Carte n° 24

    Et voiçi le vieil  Hôtel des Monnaies qui occupe depuis 1880 un hectare de bonne terre Saint-Gilloise.
    Remarquez la charrette laitière à chien, spectacle courant avant 1914.

     

     

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    Carte n° 25

     

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    Carte n° 26

    Rue de la victoire, cette sombre rue engloba vers 1870, le chemin du Haut Pont. Ce sentier grimpait jadis vers Ma Campagne en coupant la rue Moris. Cette dernière alors le chemin du Foin.

     

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    Carte n° 27

     

    A droite, la sortie de la rue Blaes.
    La porte de Hal, se trouve dans le dos du photographe.

     

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    Carte n° 28

    La même vue, mais la maison formant le coin de la rue blaes a changé.

     

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    Carte n° 29

    Cette très longue rue, nous mène à Forest. On trouvait au début de la rue de nombreux bars aux filles légères.

     

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    Carte n° 30

     Par la rue L'Argonne, rue de Prusse avant 1914, nous pouvons voir les colonnes de la gare du midi.

     

     

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    Carte n° 31

    Hôtel de l'Espèrance, à côté, Désiré Médart tenait  l'Hôtel de la ville de Tournai.

     

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    Carte n° 32

    De la terrasse de l'Espèrance, on gardait à l'oeil la grande horloge de la gare du Midi.

     

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    Carte n° 33

    Les Hôtels de l'Avenue Fonsny n'ont presque pas changé. Quant au sergent de ville et le petit ket !

     

    83
    Carte n° 34

    L'Avenue Fonsny, du nom d'un maire Saint-Gillois est vieille comme la rue de Mérode. Et pour le peï qui pose, il y a un tunnel routier sous ses pieds.

     

     

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    Carte n° 35

    La cour arborée de l'Hôtel des Acacias (avant 1914). Dans le quartier passa ici pour la premère fois en 1870, un tram à cheval.

     

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    Carte n° 36

    La place de Constantinople est notre actuelle place des Héros.
    Le tram qui stationnait en terminus chaussée de Forest, regagnait alors par ici, la rue de Suéde et la rue de Mérode.
    Plus tard c'est un 49 électrique que l'on connu ici.

     

     

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    Carte n° 37

     

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    Carte n° 38

    Cette vaste esplanade est entièrement investie par la jonction Nord-Midi.
    les cochers attendent les voyageurs.

     

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    Carte n° 39

     Salut aux porteurs-commissionnaires, (en blanc) aux marchands ambulants, aux receveurs du tram.

     

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    Carte n° 40

     

    Ainsi était les lieux, de 1869 à 1910, lorsque débuta la jonction. Cette gare triomphe de néo-corinthien dûment agrémentée d'allégories diverses, fut enlevée à l'amour des siens en 1949...

     

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    Carte n°  41

     

    Autrefois, à cet endroit les prés des Foulons le long des bas marécages de la Senne.

     

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    Carte n° 42

    Nos Grands-Parents se souviendront probablement du Tramcar Nord-Midi, petit omnibus de deux chevaux qui peupla le spectacle des rues bruxelloises de 1890 à 1914.

     

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    Carte n° 43

    C'est Vanderscheuren et Ci° qui avaient la concession de ces aimables joujoux, si agréablement ventilés l'été, peut-être un peu frais en hiver..

     

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    Carte n° 44

    Les Saint-Gillois désireux de se rendre au Cinquantenaire, pouvaient prendre le tram 59.

     

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    Carte n° 45

     

    Il y avait aussi le tram 49, (le tram du bois), qui passait par la chaussée de forest, de la place Bethléem, et la rue Théodore Verhaegen. C'est en 1895 que les premiers tramways électriques firent leur apparition à Bruxelles.

     

    95
    Carte n° 46

     

    Le tram 82 à la baladeuse ouverte, et son bureau de poste sur le coin de l'avenue Fonsny.

     

    96
    Carte n° 47

    La Senne à ciel ouvert.

     

    98
    Carte n° 48

     

    On voyait avant 1914, rue de France, au coin de la rue de l'instruction, un très ancien moulin à eau.
    C'était le Nieuwmolen, juste à la limite de Cureghem.

     

    99
    Carte n° 49

    Ce Nieuwmolen servait depuis toujours aux exploits de la jeunesse de l'endroit. En 1900, c'était une piscine tout à fait organisée, avec maîtres nageurs, matériel de sauvetage, et même port obligatoire du caleçon de bain.

     

    100
    Carte n° 50

    Après le bain, on allait à la Laiterie du Nieuwmolen.

     

    101
    Carte n° 51

    L'avenue Fonsny et la Brasserie de l'Avenir.

     

    102
    Carte n° 52

     

    L'Avenue du Roi et la Brasserie de l'Avenir.

     

    103
    Carte n° 53

    Un réverbère à gaz à cinq lanternes, une charrette de laitier et son chien.

     

    104
    Carte n° 54

    Devant nous, la rue de Mérode en direction de Bruxelles.

     

    105
    Carte n° 55

     

    Le tram 49 place Bethléem.

     

    106
    Carte n° 56

    107
    Carte n° 57

    Le Lion Belge était situé au coin de la rue Fernand Bernier et de la rue Théodore Verhaegen.

    Une petite pensée pour la maman de Jeanine Goossens, qui a travaillé à cet endroit.

     

    108
    Carte n° 58

    Bien peu a changé, de nos jours, de ces maisons formant l'arrivée de la rue Vanderschriek dans la place Bethléen.

     

    109
    Carte n° 59

     

    Remontons à présent la rue de Bosnie jusqu'aux maisons ouvrières de la rue Gisbert Combaz. Ce cliché nous montre l'entrée du vieux cimetière de la rue au Bois, que l'on vit ici de 1862 8 1893.

     

    Il  faut étre vieux Saint-Gillois pour se rappeler l'ancien cimetière, entourant l'église paroissiale, et qui fut supprimé en 1862. On le remplaça  par le cimetière de la rue au Bois, mis en service le 12 mai 1862, et qui mesurait 67 ares 15 centiares de superficie.
    Ce champ de repos devint bien trop vite exigu, à raison du rapide accroissement de la population. On étudia plusieurs projets d'agrandissement, dont aucun ne fut approuvé par l'autorité supérieure. C'est alors que le chox se porta sur un  terrain sis à Calevoet sous Uccle, à front et à droite de la chaussée menant à Alsemberg. Le cimetière de Saint-Gilles y fut ouvert le 1er mai 1881, pour ne  rester en service que moins de quatorze ans, car il fut désaffectté le 28 janvier 1895. Le terrain n'y convenait nullement pour un champ de sépulture : formé d'un manteau superficiel limoneux, il était, de plus, fort humide dans toute la partie en contre-bas à l'opposé de la chaussée. L'eau suintait dans les fosses, au moment du creusement, et les cercueils s'y trouvaient en pleine nappe aquifère, ce qui empêchait la consommation des corps au point que les cadavres de personnes grasses se transformaient en ADIPOCIRE. 

     

    Cilm
    Photo 1

     

    110
    Carte n° 60

    La rue au Bois de jadis menait aux taillis mal famés du futur parc de Forest.
    La bourgeoise avenue des villas lui est de quelques années postérieures.

     

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    Carte n° 61

     

    La place albert en 1903. Pas la moindre maison sur la gauche de l'Avenue Albert, pas de tram, pas de voitures. Une dame son chien, sa brouette et des fiacres

     

    112
    Carte n° 62

    1910, le tram 14 est maintenant à son terminus du Parc de Sint-Gilles. Des enfants à hautes bottines se hâtent vers l'école.
    En ce temps-là, le tram était un luxe coûteux, en descendait en ville à pied ou des enfants avaient pas de bottines du tout.

     

    113
    Carte n° 63

     

    Le tram 10 muni de ses grands réservoirs de freins à air comprimé, faisait jadis une vaste boucle par la chaussée d'Alsemberg, le Globe et l'avenue Brugmann.
    Le café Albert 1er, à droite, était alors la Brasserie Brabançonne.

     

    114
    Carte n° 64

     

    Remarquez qu'en 1913, la Brabançonne est devenu l'Alcazar et la rue courbe est encore loin de s'appeler rue Arthur Diderich.

     

    115
    Carte n° 65

     

    Saint-Gilles d'avant 14, serait incomplet sans une photo de son régiment de la Garde-Civique, qui comptait pas moins de 1.302 hommes en 1914.

     

     

    Pana rama

    Saint-Gilles en 1904
    Vu à vol d'oiseau du haur de l'Hôtel de Ville.

     

    Monographie

     

     

  • L'église de la Sainte-Famille

     

     

    Eglise de la Sainte Famille.JPG

    Photo Pierrot Heymbeeck.

     

    L'église de la Sainte-Famille est un édifice religieux situé square François Riga dans le quartier de Helmet, à Schaerbeek, commune bruxelloise.


    Une partie de l'église, le chœur et le transept, a été construite en 1890 par l'architecte Émar Collès, cofondateur des écoles d'art Saint-Luc à Bruxelles. Tandis que la tour et la nef ont été construites bien plus tard, vers 1930, par l'architecte Vandendael, dans un style Art déco.


    Le parvis de l'église donne sur le square, l'arrière de l'église est longée par la chaussée de Helmet. Les parties latérales de l'église forment la fin de l'avenue Huart Hamoir.


    La Sainte Famille est le nom donné à la famille formée par Jésus et ses parents, Marie et Joseph.
    La paroisse Sainte-Famille fait partie de l'unité pastorale du Kerkebeek qui fait elle-même partie du doyenné de Bruxelles Nord-Est.

    Source du texte : internet.

  • LA MEMOIRE JUIVE DE L'ESPACE MAROLLES-MIDI

     

    LA MEMOIRE JUIVE DE L'ESPACE MAROLLES-MIDI

     
     

    L'ancien quartier juif des Marolles.

     
     
    Juifs de Belgique, de Bruxelles et des Marolles.
     
    Au début du 20e siècle (1905), nombre de Juifs durent fuir la Russie (qui incluait alors, notamment, une partie de la Pologne) et les pogroms organisés contre eux. Un certain nombre d'entre eux trouva refuge dans les Marolles.
     
    Lorsqu'Adolf Hitler arriva au pouvoir en Allemagne, en 1933, les Juifs d'Allemagne connurent, comme on le sait, des persécutions qui aboutirent, en définitive, à leur déportation, leur enfermement concentrationnaire et leur extermination systématique par le régime nazi.
     
     
    Au moins six millions de Juifs périrent du fait de l'Holocauste commis par le régime concentrationnaire hitlérien et ses collaborateurs. Entre 1933 et 1938, nombre de Juifs fuyant le régime nazi trouvèrent refuge dans les Marolles. On estime à 3.000 le nombre de Juifs qui habitaient les Marolles lors de l'invasion de la Belgique par les troupes nazies en 1940.
     
    Une première synagogue avait même été édifiée rue de Lenglentier. Une plaque commémorative rappelle encore aujourd'hui les déportations nazies. Nous y reviendrons.
    L'historien José Gotovitch, lui-même rescapé de la rafle des Marolles de 1942, rappelle que dans la soirée du 3 septembre 1942, les nazis débarquèrent dans les Marolles et bouclèrent totalement le quartier.
     
    La rafle pouvait commencer. Elle devait se poursuivre durant une bonne partie de la nuit. Chaque maison fut visitée. On en extirpa les Juifs présents et on les fit descendre de force dans la rue. Enfants ou adultes, tous furent embarqués dans des camions et emmenés dans la caserne "Général Dossin" à Mechelen (Malines).
     
    Pourquoi ? Parce que cette caserne était la dernière étape avant la déportation vers le sinistrement célèbre camp d'extermination d'Auschwitz. Contrairement à la police d'Antwerpen (Anvers) ou à la police vichyste, en France, lors de la rafle du Vel d'Hiv (juillet 1942), la police bruxelloise ne participa pas à cette ignominie, alors que Bruxelles subissait pourtant aussi le régime d'occupation.
    Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1942, 718 Juifs non-belges furent arrêtés dans les Marolles par l'occupant allemand. Une seconde rafle visant cette fois les Juifs belges, devait être organisée un an plus tard. Avant l'invasion allemande de 1940, la communauté juive de Belgique s'élevait à 100.000 personnes, dont 20.000 étaient des réfugiés juifs allemands.
     
    Comme de nos jours, les principales communautés juives de Belgique  se concentraient alors à Anvers (55.000) et à Bruxelles (35.000). Pas moins de 25.000 Juifs de Belgique périrent, victimes de la politique concentrationnaire nazie, entre août 1942 et juillet 1944. Aujourd'hui, la communauté juive de Belgique s'élèverait à 30.000 personnes, dont 15.000 à Antwerpen (Anvers). De nos jours, 95 % de la communauté juive de Belgique se concentrent entre Anvers et Bruxelles. Elle a toutefois perdu 70 % de ses effectifs par rapport à 1940.
     
    Les Juifs sont implantés dans nos régions depuis des siècles. Les premiers d'entre eux sont arrivés dans les années 50 et 60 de l'ère chrétienne, soit à l'époque romaine. Ils feront toutefois l'objet de persécutions durant des siècles, notamment dans notre province de Brabant. La communauté juive fut ainsi victime des Croisades : de nombreux Juifs refusant de se convertir au christianisme furent mis à mort.

    En 1261, le duc de Brabant Henri III ordonna l'expulsion des Juifs et des usuriers présents dans cette province. Au 14e siècle, les Juifs qui y habitaient encore furent à nouveau persécutés et chassés du Brabant, suite à la sordide histoire -montée de toutes pièces !- des "hosties poignardées" que nous évoquons dans l'article suivant :
     
    http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2015/08/12/du-saint-sacrement-du-miracle-a-la-foire-du-midi.html
     
    Au 15e siècle, des crypto-juifs (Juifs en apparence convertis au catholicisme mais continuant à pratiquer le judaïsme en secret et nommés marannes en péninsule ibérique) s'installèrent à Anvers. Au 16e siècle, nombre de Juifs sépharades, expulsés d'Espagne (après que la Reconquista fut menée à bien contre les Arabes musulmans en 1492), s'installèrent à Bruxelles et dans les Pays-Bas. Il faudra attendre 1713 pour voir le sort des Juifs s'améliorer sous l'influence autrichienne, puis sous les régimes français et hollandais. Des Juifs ashkénazes se joignirent ensuite aux communautés sépharades déjà présentes dans nos régions.
     
    Parmi les quartiers juifs que l'on compte à Bruxelles au fil des ans et des siècles, on peut citer, outre les Marolles, le quartier du Mont des Arts et du Cantersteen, de même que la commune bruxelloise de Saint-Gilles (Obbrussel). On peut constater une cohérence et une continuité géographiques certaines de la présence juive au coeur de la ville. A noter qu'à l'origine, les populations juives s'installaient souvent à proximité des lieux de pouvoir politique. Ce fut le cas des Juifs du Mont des Arts qui se crurent un temps à l'abri des murs de feu l'imposant palais ducal du Coudenberg, situé, environ, à l'emplacement de l'actuelle place Royale.
     
    Cette situation pouvait, à la rigueur, les protéger des accès de violence de la populace chrétienne, toujours prompte, dans les moments difficiles, à trouver un simpliste mais confortable bouc émissaire dans la population juive. Mais lorsque le pouvoir endetté se tournait à son tour contre les Juifs, accusés de tous les maux financiers -alors que c'est le pouvoir lui-même qui leur imposait de ne pouvoir pratiquer que certains métiers, notamment financiers !-, plus rien ne pouvait les protéger d'une noblesse qui voyait dans la confiscation des biens juifs, une manière aisée de renflouer ses caisses...
     
    Herschel Grynszpan et la commémoration de la rafle nazie des 3-4 septembre 1942.
    Le dimanche 3 septembre 2017, à l'initiative de l'Association pour la Mémoire de la Shoah (AMS), Bruxelles a célébré, dans les Marolles, le 75e anniversaire des rafles nazies opérées contre la population juive bruxelloise, dans la nuit du 3 au 4 septembre 1942.
    Dans la foulée, un certain nombre d'initiatives furent prises pour entretenir la Mémoire de la Shoah et du fait juif à Bruxelles :
     
    - Inauguration du square Herschel Grynszpan (coin des rues Brigittines/Miroir/Tanneurs) :
    Herschel Feidel Grynszpan est né le 28 mars 1921, à Hanovre, en Allemagne, de parents juifs polonais, originaires de Radomsko, en Pologne (territoire russe jusqu'au rétablissement d'un territoire polonais, en 1919, par le traîté de Versailles). Les époux Grynszpan quittent la Pologne russe, en 1911, et vont s'établir à Hanovre. De leur union naîtra, le 28 mars 1921, Herschel Grynszpan. La famille vit pauvrement.
     
    En 1933, Adolf Hitler accède au pouvoir et, en 1935, Herschel envisage de partir pour la Terre d'Israël, qui est alors la "Palestine mandataire britannique". Il compte se rendre chez une tante qui vit à Bruxelles et y attendre son visa pour la "Palestine mandataire". Il quitte donc Hanovre en juillet 1936 et arrive à Bruxelles à la fin du mois. Il est accueilli par des parents de la famille Grynszpan, au n°37 de la rue des Tanneurs. Mais sa situation n'évolue pas et il décide, finalement, de franchir la frontière française clandestinement, le 15 septembre 1936.
     
    Il subsiste un temps à Paris grâce à son oncle Abraham. D'octobre 1936 à août 1938, il tente d'obtenir des papiers en règle : en vain. Il se retrouve bientôt interdit de séjour dans quatre pays : France, Belgique, Allemagne et Pologne. Qui plus est, le 3 novembre 1938, il apprend l'expulsion de ses parents vers le camp polonais de Zbaszynek.
     
    Exaspéré par le manque de réaction de ses proches envers la tragédie que vivent les Juifs d'Allemagne, il rompt avec son oncle trois jours plus tard et s'installe à l'Hôtel de Suez, rue de Strasbourg, 17. Le lendemain, lundi 7 novembre 1938, au petit matin, il écrit une lettre d'adieu à ses parents, au dos d'une photo de lui. Il écrit : "Mes chers parents, je ne pouvais agir autrement. Que D.ieu me pardonne. Mon cœur saigne lorsque j'entends parler de la tragédie des 12.000 Juifs. Je dois protester pour que le monde entier entende mon cri et cela, je suis contraint de le faire. Pardonnez-moi. Herschel." Puis, il se procure une arme, un 6,35 mm, dans une armurerie du Faubourg Saint-Martin (n°61), "La Fine Lame".
     
    Il rejoint ensuite l'ambassade d'Allemagne, où il prétend remettre un document important. Il est accueilli par le troisième conseiller de l'ambassade, Ernst vom Rath, qui lui demande l'objet de sa visite. Herschel sort son arme, tir à cinq reprises sur Von Rath, avant de se laisser arrêter par la police française. Hitler montera l'affaire en épingle, notamment en élevant vom Rath au rang de Conseiller de 1ère classe afin d'aggraver l'acte de Herschel, et l'utilisera comme prétexte pour multiplier les persécutions contre les Juifs d'Allemagne, notamment durant la sinistrement célèbre Nuit de Cristal. Herschel sera incarcéré dans la prison de Fresnes. Après un parcours judiciaire de deux ans, Herschel est transféré à la prison d'Orléans, lors de l'invasion allemande de juin 1940. Dans la cohue générale, il finit par se retrouver seul et libre à Toulouse. Finalement, le gouvernement Pétain-Laval livrera Herschel Grynszpan aux nazis.
     
    Il sera déporté au camp de concentration de Sachsenhausen (30 km au nord de Berlin) et y décèdera probablement, à une date indéterminée.  
    - Pose de 21 pavés de Mémoire : Il fut aussi décidé d'ajouter 21 nouveaux "pavés de mémoire" dans la rue des Tanneurs. Ceux-ci s'ajoutent aux 201 autres déjà posés en Région bruxelloise. Et ce nombre devrait continuer à augmenter dans les dix années à venir. Un pavé de mémoire est un carré de béton d'environ 10 cm de côté, surmonté d'une plaque de laiton ou de cuivre. Ces pavés sont posés devant ce qui fut le domicile des personnes déportées. On y grave dans la langue du lieu "Ici habitait" suivi du nom, de la date de l'arrestation, du lieu de la déportation, de la date de naissance, de même que de la date et du lieu de décès. Les 29 et 30 octobre 2014, de même que le 15 février 2015, 35 pavés de mémoire avaient été placés dans les rues de Bruxelles, à la demande de la Fondation Auschwitz. L'inventeur de ces pavés de mémoire ou Stolperstein, l'artiste Günther Demnig, les pose depuis 1993, pour toutes les victimes du IIIe Reich.
     
    On compte aujourd'hui au moins 45.000 pavés en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Pologne et en Belgique.
    - La soirée de commémoration du 3 septembre 2017, comprenait aussi un parcours guidé dans l'ancien quartier juif/Marolles, la clôture (20h30) se faisant à l'église Notre-Dame de la Chapelle, sous les auspices du cardinal Josef De Kesel.
     
    C'est en 2011 que l'ASBL Mémoire d'Auschwitz lançait un projet de reconnaissance de la mémoire juive du quartier des Marolles. Pour en savoir plus sur cette action et sur les pavés de mémoire, il est possible de consulter les sites suivants :
     
     
     
    La présence juive et la Shoah à Bruxelles : le circuit "Marolles-Midi".
    Divers lieux, dans les Marolles et, plus généralement, à Bruxelles (circuit "Marolles-Midi"), rappellent le passé juif de la ville, de même que les persécutions et les crimes nazis dont les Juifs de Bruxelles furent les victimes :
     
    - Rue des Tanneurs :
    N°52 : Ancien emplacement des établissements Nova où était établi le photograveur Jacques de Wespin. C'est à cette adresse que la résistance Louise de Landsheere sera arrêtée par la Gestapo. Louise de Landsheere créa une filière d'évasion vers l'Angleterre et publia la Libre Belgique clandestine. Arrêtée et soumise à des interrogatoires cinq mois durant, elle sera finalement condamnée à sept ans de travaux forcés qu'elle effectuera en Allemagne jusqu'à la Libération. Elle revint en Belgique en 1945 et rédigea ses mémoires qu'elle ne publiera qu'en 1989, année de son décès.
     
    N°167-169 : L'Entr'Aide des Travailleuses était établie à cette adresse, dès 1931. Elle fut rebaptisée récemment Entr'Aide des Marolles. Durant la deuxième guerre mondiale, l'Entr'Aide des Travailleuses a joué un rôle majeur dans le sauvetage de nombreux enfants juifs.
     
    La "klinikske", comme on l'appelait dans le quartier, était dirigée par la Baronne Van der Elst, qui, après la rafle du 3 septembre 1942, cacha chez elle les deux filles du Grand rabbin Salomon Ullman. Le mari de la directrice, le Baron Van der Elst, faisait, quant à lui, partie du réseau de résistance "Socrate" qui aidait les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire), question que j'aborderai brièvement dans mon entrée concernant le n°3 de la rue des Bogards.
     
    - Rue Roger Van der Weyden, 25-27 :
     
    En 1933, fut créé le Comité d'Aide et d'Assistance aux Victimes de l'Antisémitisme en Allemagne. Il donna suite, en 1938, , au Comité d'Assistance aux Réfugiés Juifs, situé à l'adresse susmentionnée, dont le but fut d'accueillir les Juifs fuyant l'Allemagne, l'Autriche (annexée) et la Tchécoslovaquie (démembrée). Mais, à l'approche de la guerre, la vague migratoire s'accentua et, sous la pression des problèmes économiques, de la peur des infiltrations ennemies et de la montée de l'antisémitisme, les autorités belges durent fermer les frontières.
     
    Le Comité édicta alors des recommandations appelant les réfugiés à la discrétion; peintes sur le mur de la cour intérieure de l'immeuble, certaines sont encore en partie visibles. Voici quelle en était la teneur (texte en allemand doublé d'une traduction en français) : "Réfugiés ! Méritez l'hospitalité qui vous est accordée en Belgique ! Conduisez-vous toujours de manière exemplaire. Respectez les usages du pays. Ne vous faites pas remarquer. Evitez de parler à haute voix dans les rues et endroits publics. Exercez vous-mêmes la discipline. Il s'agit de votre propre intérêt."
     
    Voilà comment on mettait rudement en garde, à cette époque, la génération des Albert Einstein et des Stefan Zweig, des Juifs d'Europe, des citoyens européens donc, fuyant le régime nazi ! A comparer à certaines attitudes excessivement "compréhensives" dont font preuve aujourd'hui, dans un contexte très différent, quoique d'aucuns tentent de nous faire accroire, certains gouvernements européens en matière de politique d'asile...
     
    - Rue de la Prévoyance, 42 (à gauche de la vitrine, près de la porte du n°40) : Plaque murale commémorative, rédigée en français et en marollien. Placée par Andrée Longcheval, l'épouse du marionnettiste José Géal, alias Toone VII, cette plaque rappelle la liesse teintée d'une tristesse feinte et de pure façade, dans laquelle les Marolliens, pleins d'ironie, célébrèrent les "funérailles" d'Adolf Hitler, le dimanche 10 juin 1945. Le cortège prit son départ à cette adresse.
     
     
    - Rue de Lenglentiers, (1a façade arrière de l'école communale n'06) : Plaque murale apposée le 20 septembre 1987. Ce monument a été élevé à la mémoire des Juifs des Marolles victimes du nazisme et du racisme. Ce dernier mot étant aujourd'hui utilisé dans de nombreux sens et se trouvant, de ce fait, largement galvaudé, complétons en précisant "victimes du nazisme, des théories raciales nazies (racialisme suprématiste) et de la judéophobie". Important à souligner à une époque où, précisément, la haine des Juifs connaît une fort recrudescence. Avant l'invasion allemande, une synagogue se situait dans cette rue (n°18).
     
    - Place du Jeu de Balle : Un abri antiaérien datant de la deuxième guerre mondiale existe sous la place du Jeu de Balle.
     
    - Rue des Minimes, 21 - Le Musée juif : Avant le mois de février 2014, je n'avais jamais visité le Musée juif de Belgique. Le 1er février de cette année-là, j'avais décidé, avec quelques amis, de m'y rendre et de le visiter enfin. Nous fûmes chaleureusement accueilli par un jeune homme, Alexandre Strens, préposé à l'accueil du musée, qui nous proposa un café et qui, à la fin de la visite, nous offrit un certain nombre de catalogues du musée. Il est rare me direz-vous que l'on retienne le nom du préposé à l'accueil d'un musée, ni même qu'on le connaisse. Si je connais et que j'ai retenu le nom d'Alexandre Strens, c'est, non-seulement du fait de la grande amabilité dont il avait fait preuve à notre égard, lors de notre visite, mais aussi  parce qu'il nous a quitté définitivement, brutalement, le 6 juin 2014. Quelques semaines après notre visite, le samedi 24 mai 2014, un individu nommé Mehdi Nemmouche, un Algérien doté de la nationalité française, s'introduisait dans le musée, un fusil d'assaut AKM (parent de l'AK-47 Kalachnikov) à la main.
     
    L'assassin, sympathisant des terroristes de Daesh, tua froidement quatre personnes, un couple de touristes israéliens, Emanuel et Miriam Riva, âgés respectivement de 54 et de 53 ans, Dominique Sabrier, une française de 66 ans travaillant bénévolement au musée et Alexandre Strens, 25 ans, qui devait mourir de ses blessures quelques jours plus tard. Le musée fut ensuite fermé pour transformations et je tentai plusieurs fois, sans succès, d'y retourner. Là, il semble qu'une exposition s'y tiendra du 13 octobre 2017 au 18 mars 2018. Quoiqu'il en soit, je ne manquerai pas d'y retourner prochainement.
     
    - Rue Vanderhaegen n°? : Mme Marie Vermeylen (Keysers, premier mariage et Joly, seconde noce), grand-mère d'un copain du nom de Jean-Pierre Keysers, est née le 3 mai 1899 à Bruxelles. Elle travaillait pour le journal Le Soir, dès avant la deuxième guerre mondiale, comme crieuse de journaux. Pendant l'Occupation, si la Libre Belgique évoluait dans la clandestinité, Le Soir, lui, avait pignon sur rue et fut considéré comme un journal collaborationniste. A la libération, si la direction et les rédacteurs furent inquiétés, il n'en fut pas de même pour les ouvriers et les petits employés, tel mon grand-père, Louis Habay, qui y travaillait alors comme simple correcteur. C'est que ma mère, Bernadette Habay, allait naître le 1er novembre 1943 ! Et ma grand-mère, Elisabeth Nys, devait supporter au mieux cette grossesse, dans les conditions que l'on devine. Mon grand-père et Mme Vermeylen ont donc, plus que probablement, dû se croiser durant la guerre. Mais du fait de son emploi, Mme Vermeylen a également participé à la distribution du "faux Soir", un pastiche du journal réalisé par la Résistance et dont nous évoquons brièvement l'histoire ci-après, dans l'entrée consacrée à la rue de Ruysbroeck. Mais Mme Vermeylen fit bien mieux, en cachant dans une cheminée de son domicile de la rue Vanderhaegen (quartier de la Querelle), un couple de Juifs. On peut voir Mme Vermeylen sur la photo ci-jointe, accompagnée d'une très jeune fille, qui n'est autre que la tante et la marraine de JP Keysers. Cette personne, hélas, est décédée récemment, et ni Jean-Pierre, ni moi, ne pouvons vous en dire plus. Au moins aura-t-on pu rappeler les actes résistants de Mme Vermeylen.
     
    - Rue des Bogards, 3 : C'est à cette adresse qu'avait pris ses quartiers l'Ober-Feldkommandantur et son "office d'embauche", termes qui désignaient, en fait, le Service du Travail Obligatoire (STO) dont la mission était de réquisitionner et d'expédier des citoyens des pays conquis pour travailler en Allemagne, afin d'y remplacer dans le secteur économique, les hommes partis pour le front. Nombreux furent ceux qui tentèrent, avec plus ou moins de succès, de s'y soustraire. on les nommait les réfractaires. Mon grand-oncle, Corneille De Mesmaeker, fut de ceux-là. En 1942, il fut donc convoqué par l'Ober-Feldkommandantur...où il ne se rendit jamais. Il resta caché jusqu'à la Libération. Mon grand-oncle et ma grand-tante, Maria Vercaeren, vivait, à cette époque, au 31, rue de l'Abattoir, à Anderlecht. Les autorités d'occupation vinrent évidemment inspecter les lieux, pour tenter d'y débusquer mon grand-oncle. Ma grand-tante aimait à nous raconter qu'un tisonnier tenu discrètement à la main, elle vit l'inspectrice -si je me souviens bien- s'approcher à quelques pas de mon grand-oncle, caché dans un recoin. Elle nous disait toujours que si l'inspectrice avait trouvé mon grand-oncle, elle l'aurait frappé avec le tisonnier, à quoi mon père, Georges Timmermans, ajoutait : "Et je sais qu'elle l'aurait fait !".
     
    - Rue du Poinçon, 18 : En 1926, s'établit à cette adresse, le Syndicat des Tramwaymen. Diverses associations d'extrême-gauche s'y installèrent également. L'établissement était doté d'une imposante salle de réunion et d'un café où se retrouvaient nombre de réfugiés, notamment des Juifs, ayant fui le nazisme dans les années 1930.
     
    - Rue Philippe de Champagne, 52 : En 1939, Belhicem, le siège belge de l'organisation internationale de coordination de réfugiés Hicem, était établi à cette adresse. Il réunissait plusieurs associations caritatives juives dont le but était d'améliorer le quotidien des exilés fuyant le nazisme. Mais en 1940, l'immeuble, dont le propriéraire était juif, est réquistionné par l'occupant. En 1941, Kurt Asche, le chargé d'affaire juive de la Gestapo invite le collaborateur flamand Pierre Beeckmans à installer au n°52 de la rue Philippe de Champagne, la "Centrale antijuive pour la Flandre et la Wallonie" (Landelijke Anti-Joodse Centrale voor Vlaanderen en Wallonië) qu'il vient de créer. Dès 1937, Beeckmans administre les éditions de l'organisation antijuive Volksverwering fondée par René Lambrichts. Beeckmans se servira des archives de Belhicem pour informer la Gestapo, établie à l'avenue Louise (n°453), ce qui favorisera l'arrestation et la déportation de nombreux Juifs vers le camp d'extermination d'Auschwitz.
     
    - Boulevard du Midi, 56 : L'Association des Juifs de Belgique (AJB) était établie à cette adresse. Contrairement à ce que ce nom pourrait laisser penser, cette association a été fondée par les autorités d'occupation, le 25 novembre 1941, soit la Militärverwaltung et la Gestapo. Le Grand rabbin de Belgique, Salomon Ullmann, en devint le président. Il démissionna toutefois après les rafles de l'automne 1942 et fut remplacé par Marcel Blum, le président du Consistoire israélite de Bruxelles. l'AJB servit de paravent pour les autorités nazies. Par ce biais, elles voulaient convaincre les Juifs que leur intention était de les envoyer dans des camps de travail, cachant ainsi leurs véritables desseins, à savoir leur déportation "vers l'Est" et leur extermination. Lorsque des doutes commencèrent à poindre, les Juifs se distancèrent de l'AJB. C'est pour cette raison que les autorités d'occupation décidèrent d'organiser des rafles, dont celles de l'automne 1942, et ce, afin d'atteindre le quota de Juifs à déporter, exigé par Berlin. Cette situation devait évidemment poser de graves problèmes de conscience aux responsables de l'AJB. Mais faut-il rappeler que la marge de manoeuvre des Juifs sous l'Occupation était inexistante ? Il faut voir dans l'action de l'AJB une tentative de mener une politique du moindre mal et non un acte de collaboration. L'AJB devait rester active jusqu'à la veille de la Libération, en septembre 1944.
     
    - Rue de Ruysbroeck, 35 : C'est à cette adresse que fut imprimé, à 50.000 exemplaires, le "faux Soir", sur les rotatives de Ferdinand Wellens. Le "faux Soir" fut un pastiche anti-nazi et anti-collaborationniste du journal Le Soir, tiré alors à 300.000 exemplaires et qui répondait aux voeux de l'occupant. Il fut distribué le 9 novembre 1943 dans le but de ridiculiser ce dernier. Nous évoquons cette question dans un autre article :
     
    http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2013/08/09/temp-f5f730b5b9f954a621837ad962b40454-7892405.html
     
    - Rue Van Lint, 14 (Anderlecht) : On trouvait à l'origine de cet acte de résistance, des membres du Front de l'Indépendance, le principal mouvement de résistance belge à l'occupant nazi. Or, les membres du Front de l'Indépendance se réunissaient -et se réunissent encore- dans un vaste hôtel de maître sis 14, rue Van Lint, à Anderlecht. Mais cet immeuble abritait également, à l'arrière, l'imprimerie-photogravure de Pierre Lauwers, qui y réalisa la plaque photogravée pour la réalisation du "faux Soir". On y établit, en 1946, un Musée de la Résistance qui devint, en 1972, le Musée National de la Résistance.
     
    - Avenue Clémenceau, 70 (Anderlecht) : Le 20 mai 1943, au couuent du Très Saint Sauveur, alors établi à cet endroit, 14 enfants juives et leur accompagnatrice furent sauvées des mains de la Gestapo, et donc, de la déportation et d'une mort certaine. Participèrent à ce sauvetage, Floris Desmedt, Andrée Ermel, Jankiel Parancevitch, Tobie Cymberknopf, Bernard Fenerberg et Paul Halter. Une plaque rappelant ce sauvetage a été apposée sur la façade de l'ancien couvent, le 20 mai 2003.
     
    - Rue Jean Volders, 32 (Saint-Gilles) : Un membre du réseau Orchestre rouge, Abraham Raichmann, habitait cette maison. Orchestre rouge était un réseau de résistance, effectuant une mission de renseignement à destination de l'Union soviétique. Il fonctionna de 1941 à 1943. Une plaque rappelant l'existence d'Orchestre rouge est apposée sur la façade de cette maison. Etrangement, le nom de Raichmann n'y apparaît pas. Arrêté par la Gestapo, il finira par parler sous la torture, attitude qui lui sera reprochée et qui tranche singulièrement avec celle des principaux héros du réseau à savoir Léopold Trepper et surtout, Zosha Poznanska. Je ne me permettrai, pour ma part, d'émettre le moindre jugement sur une question aussi grave que l'attitude humaine face à la torture
     
    - Rue des Atrébates, 101 (Etterbeek) : Trois émetteurs d'Orchestre rouge sont déployés sur le sol bruxellois, à Uccle, à Molenbeek et à Etterbeek. En novembre 1941, les Allemands localisent l'un des trois émetteurs, celui d'Etterbeek. Il est situé au 101, rue des Atrébates, où l'occupant organise une descente, le 12 décembre 1941. A cette occasion, certains collaborateurs du réseau seront arrêtés et emmenés au Fort de Breendonk, où ils seront exécutés. Une plaque rappelant ces événements est apposée sur la façade de cette maison.
    Pour en savoir plus sur la plupart de ces lieux de mémoire, consultez le site http://marolles-jewishmemories.ne/fr